Me revoilà !!!
Je me suis pas mal amusée en écrivant ce chapitre, avec une Andromeda vraiment maladroite et… vous verrez bien ! ;-p bon, il est un peu plus court que les précédents, mais ce n'est pas très flagrant.
Quelqu'un m'avait envoyé un lien sur Deviantart, car elle avait trouvé des images d'Andromeda et de Ted. J'en ai trouvé une autre qui m'a vraiment faite rire : .com/art/andromeda-s-revenge-40421580
bon, cette Andromeda et ce Ted là ne ressemblent pas trop à ceux que j'ai imaginé, quoique… en revanche, Bella, c'est tout à fait ça !!!
Réponses aux reviews
Rebecca-Black : parfaitement, il faut savoir vivre au jour le jour, pour ne rien regretter et pour aimer chaque épisode de notre existence !
Lunouche : merci beaucoup pour ta review ! et bah si, y'a plein de choses à dire sur Andromeda et Tonks, après tout, c'est une Black qui a épousé un né-moldu lol. Vu la famille, y'a de quoi faire ;-) j'espère que la suite te plaira également !
NaoO : merci beaucoup toi aussi pour la review ^^ ça fait toujours plaisir, surtout quand ce sont des compliments ! lol. En effet, je m'éclate bien quand j'écris les dialogues, surtout quand Myriam et Matthews sont présents. Bon, dans ces derniers chapitres, il y en a eu moins, ça tournait plus autour de Loversen et de son pari… mais comme il plaît lui aussi, j'imagine que ce n'est pas trop grave ! et puis, il a fallu que je montre les doutes concernant la guerre qui s'annonce... Mais pas de panique, Myriam et Matthews vont bientôt reprendre leurs petites joutes verbales ^^ quant aux couples, c'est une bonne question : Myriam/Loversen ou Myriam/Matthews ? moi, j'ai déjà une idée de la réponse… vous allez d'ailleurs pas tarder à en avoir l'aperçu ;-)
Dumbledorette : j'attends toujours tes reviews à chaque chapitre !!! lol. J'vais finir par venir chez toi pour lui dire ma façon de penser, à ton ordi… ;-p
Bref… bonne lecture !!!
Chapitre 10
Se donner rendez-vous à la Tête de Sanglier était probablement la plus mauvaise idée que Loversen ait eu de toute sa vie. Enfin… le Préfet-en-Chef, lui, semblait parfaitement à l'aise au milieu de ces quelques sorciers à l'allure louche, tandis que ses camarades ne cessaient de surveiller les autres clients. Ainsi, Andromeda jetait sans arrêt des coups d'œil à ce qui ressemblait à une vieille femme assise dans le fond et qui semblait les observer. Tonks, assis à côté de la jeune fille, l'avait également repérée.
- On aurait peut-être du se couvrir le visage, nous aussi, fit-il remarquer.
- C'est inutile, répondit Loversen. Même avec nos visages cachés, les gens devinent quand même tout de suite que nous sommes des élèves de Poudlard.
- Mais on a le droit de venir ici ? demanda Matthews en lançant un regard suspicieux à son verre de Bièraubeurre.
- Bien sûr. Vous ne croyez quand même pas que je vais emmener intentionnellement des élèves dans un lieu interdit, moi le Préfet-en-Chef ?
- De ta part, je ne vois pas trop ce qui pourrait encore nous étonner, répliqua Myriam avec un sourire en coin.
- De toute façon, il vaudrait mieux pour lui d'éviter les ennuis, ajouta Tonks. Son insigne de Préfet-en-Chef vole dangereusement au-dessus de sa tête, et il en faudrait peu pour qu'elle n'aille voir ailleurs.
Les amis éclatèrent de rire, tandis que Loversen fit mine d'être vexé. Ils restèrent au moins une heure dans le bar, puis Matthews et Tonks partirent en premier, et les trois Serpentards en firent de même cinq minutes après leur départ. Andromeda s'arrêta à la boutique Scribenpenne et laissa Myriam et Loversen dehors, ces deux derniers ayant refusé de l'accompagner. Elle entra et retira sa capuche, observant les clients autour d'elle. Elle aperçut un groupe de Poufsouffles de quatrième année, des Serdaigles de cinquième année, ainsi que quelques Gryffondors, mais aucun Serpentard. Elle s'avança vers un étalage qui présentait diverses plumes colorées, puis elle le contourna pour se diriger au fond du magasin, là où étaient proposés des modèles plus anciens. Elle attrapa une plume de paon aussi grande que son avant-bras et l'inspecta avec attention.
- Ta plume est cassée ?
Elle sursauta et se retourna vivement pour trouver Terry Belveder devant elle.
- Qu'est-ce que ça peut bien te faire ? demanda-t-elle sèchement.
Qu'est-ce qu'elle pouvait avoir horreur de se faire surprendre comme ça !
- Tu n'es pas obligée de me parler comme si j'étais un malpropre, répliqua le garçon avec agacement. Je ne t'ai posé qu'une simple petite question.
- Ça va, ça va. Excuse moi d'avoir réagi comme ça… mais pourquoi faut-il toujours que tu me fasses sursauter comme ça dès que tu t'approches ? ça m'énerve !
Belveder la fixa un instant sans rien dire, puis un sourire vint naître sur ses lèvres.
- Alors, comme ça, je t'ai fait peur ?
- Pas peur, non, je n'emploierais quand même pas ce mot, répondit Andromeda rapidement.
Le Serpentard ricana. La jeune fille décida de l'ignorer et reposa la plume pour en prendre une autre. Comme elle l'avait fait avec la précédente, elle observa l'objet sous toutes ses coutures avant de la ranger sur le rayon et en prendre une suivante.
- Il te faut trois heures pour trouver une plume ?
- Pour trouver une bonne plume, oui… ce que je fais t'intéresse donc tant ?
- C'est quand même bien plus passionnant que Lestrange avec ses bonbons.
Ce fut au tour d'Andromeda de ricaner, et le garçon ne put retenir un sourire.
- Je ne vois pas en quoi m'observer me choisir une plume est plus passionnant que ça, mais bon… quand je pense que Myriam refuse toujours de m'accompagner ici, alors que toi, tu préfères rester là…
Elle s'interrompit brusquement. C'était vrai : pourquoi restait-il ici avec elle ? elle se tourna vers lui et lui lança un regard interrogateur, mais le garçon haussa les épaules et s'éloigna sans un mot. Andromeda l'observa un instant, puis reposa la plume qu'elle tenait en main pour reprendre la première qu'elle avait inspectée. Elle se dirigea ensuite vers la caisse, paya son achat et sortit précipitamment, espérant ne pas avoir mis trop de temps à choisir pour ne pas avoir à subir les moqueries de Myriam. Mais à sa grande surprise, elle ne trouva ni Myriam ni Loversen dehors. Elle jeta un œil à gauche et à droite, mais ne vit aucune trace de ses deux amis. Elle pesta contre eux et entreprit de se rendre au Gaichiffon. Elle voulait s'acheter une nouvelle cape, plus chaude que celle qu'elle portait actuellement. En entrant dans la boutique de vêtements, elle aperçut sa sœur Narcissa avec ses amis, et – horreur ! – Lucius Malefoy et sa clique. Andromeda soupira et tenta de se rendre à l'opposé d'où se tenaient les Serpentards, mais elle se rendit compte qu'ils se trouvaient justement au rayon des capes.
- Zut, zut, zut, marmonna-t-elle.
Soudain, Narcissa tourna la tête, et Andromeda plongea la tête la première derrière un rayon. Elle croisa le regard surpris d'une Serdaigle de cinquième année, mais elle lui jeta un regard noir pour la dissuader de faire un commentaire. La jeune fille haussa les épaules et se dirigea vers un autre rayon, entraînant avec elle son amie qui tentait d'apercevoir la personne qui s'était jetée ainsi près d'elles. Andromeda soupira, voilà qu'elle se rendait ridicule devant des Serdaigles ! enfin, au moins, il ne s'agissait pas de Gryffondors. Lentement, elle se pencha sur le côté pour voir où se trouvaient sa sœur et ses camarades, mais ne les vit pas. Elle se releva doucement pour mieux regarder et constata avec soulagement qu'ils n'étaient plus là. Elle se dirigea alors vers le rayon des capes d'un pas souple et gracieux, juste pour faire bon effet au cas où la Serdaigle était toujours là. Andromeda s'arrêta devant tout un étalage de capes brodées et s'apprêta à en attraper une quand une voix qu'elle connaissait très bien retint son geste.
- Je t'assure, Narcissa, elle te va à ravir !
Paniquée, Andromeda regarda autour d'elle, et se rendit compte qu'elle ne pouvait ni fuir sur la droite – la Serdaigle s'y trouvait avec son amie, hors de question de se ridiculiser une nouvelle fois devant elle ! -, ni à gauche – c'était par là que Narcissa et Lucius arrivaient. Elle s'élança alors devant elle et s'introduisit dans une des cabines d'essayage sans regarder s'il y avait déjà quelqu'un, puis elle rabattit le rideau, le laissant légèrement entrouvert pour pouvoir observer sa sœur. Celle-ci s'était arrêtée à quelques mètres d'où elle se tenait quelques secondes auparavant, Lucius à côté d'elle.
- Tu es sûr ? demandait Narcissa en tenant dans ses mains une magnifique cape noire avec les bords argentés.
- Evidemment ! tu as l'air d'une parfaite petite princesse avec cette cape.
Andromeda fit la grimace. Voilà que ce blondinet se mettait à faire du charme à sa sœur !
- Mais elle n'est pas un peu trop… sombre ? je voulais une cape un peu plus colorée, pour une fois.
Andromeda roula les yeux. Elle connaissait assez sa sœur pour comprendre qu'elle faisait marcher Malefoy juste pour l'entendre lui faire des compliments. Comme si c'était son genre de mettre des capes colorées ! des robes, à la rigueur, mais des capes ! elle ne s'appelait pas Trelawney, quand même ! en repensant à cette folle qui avait quitté Poudlard deux ans auparavant, la jeune fille grimaça. Cette espèce d'allumée lui avait annoncé chaque année qu'elle allait connaître les pires souffrances de sa vie, tandis qu'elle ne cessait de répéter à Myriam que la mort veillait sur elle. Tout ça parce que la Serpentard lui avait dit qu'avec son style vestimentaire et ses doubles vitrages devant les yeux, elle pouvait, elle, lui prédire qu'elle pourrait toujours courir pour se trouver un mari !
- Mais non, elle est parfaite. Quoique… peut-être que celle-ci t'irait mieux, qu'en penses-tu ?
Andromeda prit le risque d'entrouvrir un peu plus le rideau et plissa des yeux pour voir correctement la cape que tendait Lucius à Narcissa. Cette dernière fit une drôle de tête en attrapant l'étoffe, et sa sœur comprit parfaitement sa réaction : c'était une cape de soie d'un vert foncé délavé. Andromeda pouffa et se tourna vers le côté, rabattant le rideau, une main sur la bouche pour s'empêcher de rire. C'est alors qu'elle aperçut deux yeux marrons foncés qui l'observaient. Elle sursauta, un cri s'étouffa dans sa gorge et elle repoussa le garçon qui se tenait légèrement derrière elle. Celui-ci tomba à la renverse, mais se retint de gémir, tandis que la Serpentard, paniquée que quelqu'un ait pu entendre le bruit, entrouvrit à nouveau le rideau. Heureusement, Narcissa était toujours en grande discussion avec Lucius, tentant visiblement de lui expliquer en quoi cette cape n'était pas à son goût. Elle se retourna alors vers le garçon et pesta en voyant l'écusson des Gryffondors.
- Tu aurais pu y aller un peu plus doucement, marmonna-t-il.
- Tu n'avais pas à m'espionner comme ça.
- Dans ce cas, tu n'avais pas à entrer dans la cabine, répondit-il en souriant. Heureusement que tu ne m'as pas surpris à ce moment-là, quand même, car je n'étais pas très… habillé.
Il lui montra la robe qu'il venait probablement d'essayer et la jeune fille se mit à rougir violemment.
- Et je pense que tu es mal placée pour me dire de ne pas espionner. N'est-ce pas ce que tu étais en train de faire à l'instant ?
- De quoi tu te mêles ?
- De ce qui ne me regarde pas, jusqu'à ce qu'une certaine Serpentard pénètre dans la même cabine que la mienne alors que je suis en train de me changer.
- Oui, bon, ça va, pas besoin de le préciser une fois encore. Je suis déjà assez gênée comme ça, répliqua la jeune fille en rougissant de plus belle.
Le garçon parut surpris un instant, fixant la Serpentard avec perplexité.
- Quoi ?
- Rien… c'est juste que pendant un moment, j'ai eu du mal à croire que je me trouvais face à une Black.
Andromeda ne répondit pas. Cette phrase, elle l'entendait de plus en plus. Pourtant, elle n'avait pas l'impression d'avoir tant changé…
- Tu comptes me tenir compagnie encore longtemps ? demanda le garçon avec un sourire. J'aimerais bien essayer cette robe également.
- Non… mais je n'aimerais pas tomber sur ma sœur, surtout si elle est en compagnie de Malefoy.
- Oh… tu n'aimes pas Malefoy ?
- Non.
Il ricana.
- Ça a le mérite d'être direct. Et moi qui pensais que tous les Serpentards étaient en admiration devant lui.
- Comment tu t'appelles ?
- Kingsley Shacklebolt. Je suis en quatrième année.
Pour toute réponse, la jeune fille lui lança un regard sceptique.
- Si, si, je t'assure. Je fais juste plus mature.
- Mais quand même… tu es bien grand pour n'être qu'en quatrième année.
- Oh, il y a un an, je n'étais pas aussi grand. Et après tout, je ne suis pas le seul à être un peu plus grand que la normale.
- Tout est relatif… mais ta voix, ce n'est pas celle d'un gamin de quatorze ans, non plus.
- Un gamin, répéta-t-il en souriant. Tu sais, j'ai l'âge de comprendre les choses de la vie, maintenant. Quant à ma voix, elle a mué, en quoi est-ce si étonnant ?
- Elle est trop grave.
Il haussa les épaules.
- Je te l'ai dit. Je fais juste plus mature que les autres.
Andromeda n'ajouta plus rien et se tourna vers le rideau qu'elle entrouvrit légèrement. Elle vit que Narcissa était toujours là, essayant apparemment de trouver une cape à Lucius. Elle soupira discrètement.
- Ils sont toujours là ? lui demanda Shacklebolt.
- Oui…
- Et tu ne peux pas essayer de t'éclipser discrètement ?
- Non.
- Tu n'oses pas l'avouer, mais tu aimes bien les espionner, c'est ça ?
- Non, j'attends juste qu'ils s'en aillent pour que je puisse aller me prendre une cape.
- Et tu ne peux pas revenir plus tard, tout simplement ?
- Non.
- Mais j'ai cette autre robe à essayer, moi…
- Et bien, tu n'as qu'à l'essayer et m'ignorer ! répliqua sèchement Andromeda, agacée par le Gryffondor.
- Je suis sensé le prendre littéralement ? parce que moi, ça me dérange un peu, quand même…
Andromeda tenta de cacher son visage devenu rouge en le collant au rideau.
- Mais peut-être qu'après tout, tu peux m'aider…
La jeune fille haussa un sourcil et se retourna vers le Gryffondor qui regardait la robe avec dépit.
- Et en quoi je peux t'aider ?
- J'ai un rendez-vous tout à l'heure. Mais mes amis m'ont conseillé de mettre une autre robe que celle que je voulais porter. Ils disent que le style oriental pour un rendez-vous amoureux n'est peut-être pas une bonne idée.
- Oh… et tu sors avec qui ?
- De quoi tu te mêles ? dit-il en souriant.
- De quelque chose qui ne me regarde pas, jusqu'à ce qu'un certain Gryffondor me demande mon aide.
Shacklebolt se retint de rire, de peur de les faire remarquer.
- Je sors avec Marcy Edgecombe. Elle est à Serdaigle.
- Montre moi cette robe.
Le Gryffondor obéit et lui tendit une robe bleue foncée aux bords plus clairs. Andromeda l'inspecta sous toutes les coutures, tout en jetant des coups d'œil vers le jeune garçon.
- Elle ne t'ira pas, dit-elle au bout d'une minute. Vu que tu es noir, je pense que tu devrais plutôt rechercher une robe… hmmm… dans les teintes rouges. Oui, même rouge bordeaux, mais pas trop foncée. Je pense que ça devrait bien t'aller, cette couleur.
- Ah, j'en ai vu une. C'est vrai qu'elle n'était pas mal. Elle avait des bords et un col blanc.
- Tu vois. Maintenant, tu n'as plus qu'à…
- Mais combien êtes-vous dans cette cabine ?
Andromeda sursauta et se retourna vivement. Le rideau venait de s'ouvrir, laissant apparaître une des vendeuses qui écarquilla les yeux en voyant les deux élèves. La Serpentard pâlit et ouvrit la bouche pour expliquer que ce n'était pas du tout ce qu'elle croyait, quand elle aperçut derrière Narcissa et Lucius qui observaient la scène. Narcissa ouvrit grand la bouche de surprise en fixant sa sœur, tandis que Lucius tendait la tête pour voir qui était la personne dans la cabine en compagnie d'Andromeda Black.
- Vous vous croyez où, vous deux ? s'exclama la vendeuse.
- Ce n'est pas du tout ce que vous croyez, s'empressa de dire Shacklebolt en s'avançant, mais Andromeda le repoussa brutalement vers le fond de la cabine, espérant que ni sa sœur ni Malefoy n'aient eu le temps de voir le garçon.
- Ce que je crois ? ah, mais vous n'allez pas me faire gober n'importe quoi, mes lascars ! sortez de là, je vais vous emmener voir l'un de vos professeurs, et sur le champ !
- Mais c'est une erreur ! s'exclama Andromeda, qui paniquait à l'idée de sortir d'ici avec le Gryffondor. Je suis entrée dans la cabine en croyant qu'il n'y avait personne, et…
- L'une de mes clientes m'a dit que cela faisait au moins dix minutes que cette cabine était prise ! qui croyez-vous donc duper ?
- Mais… je vous assure…
- Suffit ! sortez de là, et tout de suite !
Shacklebolt obéit sans chercher à discuter davantage, faisant ouvrir d'effroi les yeux de Narcissa et Lucius, tandis que les autres élèves pouffaient de rire, certains riaient même franchement, surtout quand ce fut le tour d'Andromeda de quitter la cabine.
La vendeuse les emmena à l'extérieur et héla un professeur qui se trouvait à quelques mètres de là. Andromeda retint un soupir de soulagement en voyant qu'il s'agissait du professeur Slughorn. Ce dernier s'approcha, curieux, et la femme lui raconta sa version des faits, tandis que Shacklebolt donnait un léger coup de coude à Andromeda pour lui montrer les élèves qui les avaient suivis derrière afin de ne perdre aucune miette de ce qui allait se passer. La jeune fille serra les dents et lança un regard noir au troupeau collectif.
- Ils ont l'air particulièrement ravis de te voir dans cette situation, fit remarquer le Gryffondor.
- Bien sûr. Voir une Black se ridiculiser ainsi, c'est toujours un excellent spectacle, répondit Andromeda amèrement.
- S'ils te connaissaient, je suis sûr que ce serait différent.
- Ne fais pas comme si toi, tu me connaissais bien. Par ailleurs, je suis désolée de te le dire, mais apparemment, tu ne pourras pas t'acheter ta robe.
- Ce n'est plus utile, je pense, murmura le garçon en fixant à présent quelqu'un dans la foule d'élèves.
Andromeda suivit son regard et aperçut une jeune Serdaigle blonde qui avait les larmes aux yeux et les poings serrés sous la colère. Marcy Edgecombe, bien évidemment…
- Eh bien, merci, mademoiselle, je vais régler cela.
La vendeuse retourna dans la boutique en arborant un air triomphant lorsqu'elle passa devant la Serpentard, si bien que celle-ci la soupçonna d'avoir fait cela rien que pour s'en prendre à une Black. Elle secoua doucement la tête, se disant qu'elle devenait vraiment parano.
- Monsieur Shacklebolt, mademoiselle Black, puis-je avoir une explication à votre comportement ?
Le Gryffondor jeta un coup d'œil à Andromeda qui fixait le sol, les poings serrés. Elle ne savait quoi dire. Comment éviter de raconter qu'elle cherchait à éviter sa sœur et Malefoy ? Narcissa le prendrait mal, et elle se trouvait justement à quelques mètres d'ici…
- C'est une erreur, professeur, dit alors Shacklebolt. Black est arrivée dans ma cabine en pensant qu'il n'y avait personne, et elle m'a surpris. Je lui ai alors demandé de m'aider à choisir une robe, j'ai un rendez-vous tout à l'heure et je n'arrivais pas à trouver quelque chose à me mettre, j'étais vraiment désespéré…
- Mais j'ai refusé de l'aider, ajouta précipitamment Andromeda en levant les yeux vers son professeur. Et il a insisté. C'est pour ça qu'on est resté un moment dans cette cabine.
Shacklebolt fronça les sourcils mais ne dit rien. Slughorn toisa ses élèves un à un, semblant réfléchir à cette version des faits. Puis un sourire apparut ses lèvres.
- Soit. Puisqu'il en est ainsi, nous allons oublier ce fâcheux accident.
Andromeda soupira discrètement.
- Mais quand même… je serais curieux de savoir ce que vous alliez faire dans cette cabine, Mademoiselle Black, surtout en sachant que vous n'aviez rien à essayer.
La Serpentard pâlit, tandis que des élèves éclataient de rire. Slughorn, satisfait de sa petite plaisanterie, s'éloigna, laissant les deux coupables seuls face aux autres élèves. Shacklebolt observait Andromeda en ne sachant quoi faire, cependant il n'eut pas besoin de se creuser la tête bien longtemps, car Narcissa Black arriva comme une furie auprès de sa sœur.
- Mais qu'est-ce qu'il t'a pris, Andromeda ? s'écria-t-elle. Fricoter avec ce… ce…
Elle fit une grimace éloquente en regardant le Gryffondor qui se crispa.
- Déjà que tu traînes avec Hales, maintenant, tu te trouves des affinités avec un crétin de Gryffondor !
- Ça te pose un problème, Black ? s'exclama brusquement une voix derrière elle.
Ils se retournèrent et Andromeda jura entre ses dents en voyant qu'il s'agissait de Wendy Ambers, accompagnée de ses amis, Lullaby Hookles, Vanessa Milson, Henry Caster et Denis Brown. Il ne manquait plus que des Gryffondors de son année pour compléter sa journée déjà si merveilleuse!
- Tiens, Ambers, dit Malefoy. Tu viens défendre quelqu'un de ta maison, ou tout simplement quelqu'un de ton espèce ?
- La ferme, Malefoy !
- Remarque très spirituelle, Caster. Jouer au Quidditch ne te réussit décidément pas. A quand ton prochain rendez-vous à Ste Mangouste ?
- Vous… vous êtes vraiment détestables ! répliqua Ambers. Vous êtes si frustrés dans votre vie pour vous en prendre aux autres ainsi ?
- Andromeda Black doit l'être en tout cas, puisqu'elle en arrive à fricoter avec l'un d'entre nous, fit sarcastiquement Milson.
- Tu vois ce que tu as fait ? dit Narcissa en se tournant vers sa sœur. Tu viens de déshonorer le nom de notre famille avec tes actions !
La gifle qu'asséna Andromeda à sa cadette fit soudainement taire tout le monde. Narcissa écarquilla les yeux, tandis que les autres fixaient la Serpentard de sixième année avec stupéfaction. Jamais au grand jamais on n'avait vu cela, une Black en giflant une autre, encore moins quand il s'agissait d'Andromeda Black. Cette dernière était complètement hors d'elle.
- Je t'interdis de me parler ainsi ! jusqu'à preuve du contraire, je suis encore la plus âgée de nous deux !
- Tu…
- Et sache que si je me suis retrouvée dans cette foutue cabine en compagnie de Shacklebolt, c'est tout simplement parce que j'essayais de t'éviter ! toi et cet imbécile de Malefoy !
Sans attendre de réponse, Andromeda s'éclipsa rapidement. Elle eut toutefois le temps d'apercevoir le sourire et le regard compatissant de Shacklebolt. Furieuse, humiliée, elle décida de rentrer au château. Elle en avait assez de cette sortie à Pré-au-Lard, tout ce qu'elle désirait à présent c'était s'allonger dans son lit, dormir et oublier tout ce qui venait de se passer.
Mais elle ne pouvait pas oublier, et elle eut l'horreur de constater au repas qu'il en était de même pour tous les autres élèves. Ceux qui avaient été présents, s'étaient empressés de le raconter aux autres, avec des versions qui pouvaient changer d'un élève à l'autre. Lorsqu'elle entra dans la grande salle, Andromeda vit plusieurs regards se tourner vers elle, certains ricanaient sur son passage, d'autres s'étouffaient de rire. Furieuse, elle alla s'asseoir précipitamment à sa table en jetant des regards noirs à ses camarades de Serpentard pour les dissuader de lui faire la moindre remarque, ce qui marcha à merveille, chacun détournant les yeux dans la seconde qui suivit, Lestrange lui-même préféra ignorer la jeune fille pendant toute la durée du repas.
- Eh bien, ma vieille, quelle histoire…
Andromeda releva les yeux et vit Myriam s'asseoir à côté d'elle.
- Où étais-tu ?
- Moi ? dans la salle commune.
- Je veux dire à Pré-au-Lard. Vous m'avez lâchée, Loversen et toi.
- Désolée. Il voulait me montrer quelque chose. Et je pensais que t'en aurais pour bien plus longtemps à te choisir une plume.
Andromeda fixa son assiette en silence. Myriam posa sa main sur l'épaule de son amie.
- Alors ? tu ne me racontes pas tout ça ?
- Et qu'est-ce que tu veux que je te raconte ? tu as entendu les rumeurs, non ?
- Franchement, j'ai du mal à croire que tu as essayé de violer Kingsley Shacklebolt, ou encore que tu as giflé ta sœur devant tous les autres élèves.
- Et pourtant, il y a une de ces rumeurs qui dit vrai.
- Quoi ? je ne te savais pas aussi perverse ! je devrais peut-être prévenir Tonks.
- Myriam, c'est l'autre partie qui est vrai, répliqua Andromeda en ne pouvant s'empêcher toutefois de sourire.
- Sans blague ? bon, allez, raconte moi tout.
- Okay… mais où est Loversen, en fait ?
- Oh… il est allé manger aux cuisines.
Andromeda remarqua le petit sourire en coin de son amie, ainsi que son regard subitement un peu lointain, mais elle ne put s'attarder dessus encore longtemps car Myriam revint à elle et la pressa de raconter ce qu'elle avait manqué. Elle ne se fit pas prier plus longtemps. Myriam ne put s'empêcher d'éclater de rire, et Andromeda se surprit elle aussi à rigoler à gorge déployée, alors que peu de temps auparavant, elle voulait massacrer tous ceux qui lui rappelleraient cette mésaventure. Elles virent Narcissa un peu plus loin avec ses amis ainsi que Malefoy, et leurs rires redoublèrent. Myriam félicita Andromeda pour sa gifle, la chose la plus intelligente qu'elle est faite jusque là, selon elle. La jeune fille ne répondit pas, mais dut s'avouer qu'en effet, elle était assez fière de son geste… même si elle savait qu'elle allait le regretter.
Et le lendemain matin, son pressentiment s'avéra juste, lorsqu'un hibou posa devant elle un petit objet rouge qu'elle reconnut sans peine. Myriam eut un sourire moqueur tandis que les autres élèves murmuraient entre eux que Black venait de recevoir une beuglante. Andromeda n'eut pas le temps de s'éclipser quand la voix de sa mère retentit à travers toute la grande salle.
« ANDROMEDA BLACK, TU VAS NOUS FAIRE LE PLAISIR DE CESSER TOUTE ACTION HUMILIANTE POUR TA FAMILLE !!! NOUS TOLERONS DEJA TON AMITIÉ AVEC UNE TRAÎTRE A SON SANG COMME CETTE MYRIAM HALES, MAIS EN FREQUENTANT UN SANG MÊLÉ GRYFFONDOR DE SURCROÎT, TU DEPASSES LES BORNES !!!! ET JE NE VEUX PLUS JAMAIS QUE TU PORTES LA MAIN SUR TA SŒUR !!!! SUIS-JE ASSEZ CLAIRE ?!!!!! »
Puis la beuglante s'évanouit en fumée.
Andromeda resta un instant figée, trop interloquée pour pouvoir réagir, quand brusquement le rire de Myriam la fit revenir sur terre. La jeune fille était quasiment écroulée sur la table, les larmes aux yeux. Certains élèves ricanaient, mais la plupart était bien trop surpris par la réaction de Hales, qui ne semblait pas le moins du monde choquée d'avoir été appelée traître à son sang par la mère de son amie. Andromeda releva la tête et croisa le regard de Tonks qui lui sourit alors, puis elle se tourna vers sa sœur qui fixait Myriam avec dégoût. Se sentant observée, Narcissa détourna les yeux vers Andromeda qui lui fit un sourire éblouissant et continua son petit déjeuner en ignorant les regards des autres. Furieuse, Narcissa se leva et quitta la grande salle, suivie par Susan Derrick.
Andromeda pouvait l'avouer sans honte. Elle était fière d'elle. Fière d'avoir giflé sa sœur, fière d'ignorer les remontrances de sa mère, fière de pouvoir enfin se comporter comme elle le désirait. « Poudlard, fais attention à toi ! voici la vraie Andromeda Black ! » pensa-t-elle en levant les yeux au ciel, un petit sourire scotché sur ses lèvres. Et il fallait le dire : Andromeda Black n'était plus la même, mais elle se sentait sans aucun doute beaucoup mieux ainsi.
