Hello !
Chapitre un peu plus court que les autres… mais riche en émotions ! (enfin, j'espère…)
Chapitre 14
Le soir même, Norman et Ackerley se rendirent à la bibliothèque pour y retrouver Andromeda et Myriam. Ils arboraient tous les deux un grand sourire et ils n'eurent même pas le temps de dire que tout s'était bien passé que les deux jeunes filles l'avaient déjà deviné.
- Jorkins n'a pas perdu une miette de ce qu'on a raconté, dit Norman.
- Quand elle m'a vu baisser la voix pour parler à Joseph, et surtout ma réaction lorsque je l'ai aperçue nous écouter, elle s'est tout de suite dit qu'il y avait quelque chose d'intéressant à savoir.
- Melvil m'a amené comme prévu à l'écart, dans un petit couloir, pour me dire le « secret ». Et elle était là aussi. Elle nous a suivi.
- Génial, dit Myriam. Je suis impatiente de voir tout ça apparaître dans le Journal de Poudlard demain.
Les deux Serdaigles les saluèrent et quittèrent la bibliothèque. Andromeda se plongea dans le nouveau livre prêté par Tonks, « l'île aux trésors » de Robert Louis Stevenson. Elle l'avait à peine commencé qu'elle l'adorait déjà.
- Andro, qu'est-ce qu'on pourrait faire au sujet de Belveder ?
La jeune fille releva malgré elle les yeux de son livre.
- Je l'ignore. Il n'est pas facile à déchiffrer et il ne craque jamais. A croire que quand il n'est pas seul, il ne la regarde jamais.
- On va bien finir par la trouver, son amoureuse.
Andromeda ne répondit pas. Depuis quelque temps, Belveder leur fichait définitivement la paix et elle savait que c'était pour se protéger. Elle et ses amis en savaient trop à son sujet, plus il mettait de la distance entre eux, plus il évitait les risques que la vérité sur sa famille ne soit révélée. Cependant, quelque part, cela la chagrinait. Elle s'était habituée au caractère réservé et méfiant du garçon, et elle devait avouer que si elle voulait découvrir qui était la fille qu'il aimait, c'était pour l'aider. Mais cela, elle ne le dirait jamais à son amie. Même si le garçon les laissait tranquille, elle ne lui faisait toujours pas confiance, ce qui, Andromeda le reconnaissait, était tout à fait justifiable.
Néanmoins, elle sentait qu'ils pouvaient arriver à être amis avec Terry Belveder.
Myriam dut obliger son amie à quitter son livre pour pouvoir aller manger. Elles descendirent dans la grande salle et virent Ackerley et Norman assis dos à dos avec Tonks et Matthews et elles conclurent que leurs amis Poufsouffles avaient été mis au courant du succès de leur plan. Andromeda chercha Belveder des yeux tout en s'installant à la table. Elle l'aperçut à quelques places d'elles en compagnie de Lestrange et Crabbe.
- Je suis vraiment curieuse, lui chuchota Myriam, de savoir qui est cette mystérieuse jeune fille dont Belveder s'est entiché.
Andromeda allait lui répondre lorsqu'elle se rendit compte que le garçon jetait de fréquents coups d'œil vers une autre table. Elle tenta de savoir laquelle, mais il fixait à nouveau son assiette. Elle l'observa pendant le reste du repas, sans succès. Il discutait avec Lestrange sans regarder à nouveau vers la jeune fille mystère.
Alors que les élèves retournaient dans leurs salles communes, Andromeda demanda à Myriam de partir avant elle et elle se glissa jusqu'à Belveder en faisant attention de ne pas se faire repérer par Lestrange. Heureusement pour elle, Belveder avait toujours tendance à se mettre en retrait et à marcher derrière son camarade qui discutait alors avec Crabbe. Elle attrapa le bras du garçon qui se retourna brusquement vers elle. Elle lui fit signe de se taire et le força à la suivre jusqu'à une salle vide. Une fois qu'elle eut refermé la porte, elle se tourna vers lui. Il était appuyé contre une table, les bras croisés, le regard méfiant.
- Qu'est-ce que tu veux, Black ? demanda-t-il lorsqu'il comprit que la jeune fille ne parlerait pas la première.
- Juste… envie de discuter ?
Il fronça les sourcils.
- Tu te fous de moi ? tu m'as amené ici juste pour discuter ?
- Eh bien, oui, après tout, c'est toujours comme ça qu'on a procédé pour discuter, non ?
A sa grande surprise, Belveder éclata de rire. Elle se détendit légèrement en voyant qu'il ne semblait plus autant sur ses gardes à présent. Il tira la chaise la plus près de lui pour s'y installer. Il s'étala autant qu'il le put et Andromeda sourit. Oui, il était beaucoup plus naturel en sa compagnie à présent.
- Bon, et si tu me disais ce que tu voulais réellement ?
- C'est qui, la fille dont tu es amoureux ?
Elle se crispa, se disant brusquement qu'être aussi franche n'était pas la bonne solution avec le garçon. Mais une fois encore, il la surprit en souriant.
- J'étais sûr que tu n'abandonnerais pas.
- Hein ?
- Pour savoir qui c'est. Je pensais que si je t'ignorais, tu finirais par m'oublier.
- Raté. Myriam et moi, on a décidé de percer à jour ton secret.
- Vous ne croyez pas que vous en avez assez percé ?
- Non.
Il ricana. Andromeda vint s'installer près de lui.
- A vrai dire, dit-il, ça m'arrange que tu sois venue me parler, même si c'est pour ça.
- Pourquoi ?
- J'ai aussi quelque chose à te demander. Au sujet de la grand-mère de Loversen.
Devant le regard inquisiteur de la jeune fille, il soupira.
- Tu sais, celle qui malgré le sort jeté sur ma famille, se souvenait encore de toute cette histoire.
- Ah, oui…
- J'en déduis donc que vous n'en avez pas tellement reparlé entre vous.
- Non, pour nous, c'est du passé. Tu ne vas pas t'en plaindre, maintenant ?
- Non, bien sûr que non… mais je veux quand même savoir pourquoi sa grand-mère connaît tout ça.
- Je demanderais à Loversen. Mais…
- Je sais. Si je veux avoir une réponse, je dois d'abord te dire de qui je suis amoureux.
- Exact.
Elle sourit. C'était tellement facile de discuter affaire avec un Serpentard. Ils comprenaient rapidement et ne s'indignait jamais du concept donnant-donnant. Cependant, sa joie fut de courte durée lorsqu'elle réalisa qu'il avait posé ses lèvres sur les siennes. Surprise, elle se jeta en arrière, ce qui renversa sa chaise et la jeune fille se retrouva par terre. Elle leva les yeux vers Belveder, encore abasourdie.
- Voilà, dit-il, maintenant, tu sais.
Et il quitta la pièce avec un petit sourire victorieux.
Andromeda se leva et secoua la tête.
- C'est pas possible, murmura-t-elle. C'est pas possible…
Elle quitta à son tour la petite salle et se dirigea vers la salle commune de Serpentard. Tout en marchant, elle tentait de calmer les battements de son cœur et de reprendre ses esprits.
« Du calme, Andromeda… il n'était pas sérieux… n'est-ce pas ? il ne pouvait pas être sérieux. Il déteste les Blacks… » Oui, seulement, il n'y avait pas si longtemps encore, il lui avait dit qu'il l'enviait parce qu'elle avait su combattre ses préjugés. Et cela avait justement à voir avec une personne dont il était amoureux…
- Oh merde, merde, merde…
- Dis donc, Black, ne sois pas vulgaire.
Elle sursauta et se retourna vers Loversen qui la fixait en souriant, une main appuyée contre le mur tandis que l'autre était sur sa hanche.
- On peut savoir ce qui ne va pas ?
- Non…
Elle voulut continuer mais il la retint par le bras pour pouvoir se placer devant elle. Andromeda chercha alors à passer à côté de lui, en vain.
- Par Merlin, Loversen, tu n'as rien de mieux à faire ?
- Je fais ma ronde, c'est mon devoir de ramener les élèves dans leurs salles communes.
-Et tu as oublié que la salle commune de Serpentard était par là ? justement dans la direction que j'essaye de prendre ?
- Qui me dit que tu t'y rends réellement ?
- Et qui te dit que tu seras encore en vie demain matin ?
- Des menaces, maintenant ?
- Loversen, laisse moi passer…
- Dis moi pourquoi tu fais cette tête d'inferi avant.
- Ça ne te regarde pas.
- C'est bizarre, il n'y a même pas dix minutes, c'est Belveder qui passait par là. Il venait pratiquement d'où tu viens aussi.
Andromeda le repoussa brutalement, mais ne chercha pas à passer.
- Il m'a embrassée, murmura-t-elle.
- Félicitations !
- La ferme, crétin ! je n'ai aucune envie d'être félicitée pour ça ! je voulais pas, moi ! pas Belveder !
- Bien sûr que non, tu aurais préféré que ce soit Tonks.
Les mots s'étranglèrent dans la gorge de la jeune fille, tandis que Loversen sourit.
- Pas la peine de le cacher, on s'en est tous rendu compte. Même Tonks, j'en suis sûr.
- De le cacher… ? mais quoi ?
- Que tu aimes Tonks.
- Mais non…
- Donc tu ne t'en es pas rendue compte toi-même ?
La jeune fille secoua la tête.
- Je ne l'aime pas. Vous faites tous erreur.
- Donc si tu le vois avec quelqu'un d'autre, ça ne te fera rien ?
- Je ne sais pas où est-ce que vous êtes allés chercher tout ça, mais non, ça ne me fera rien.
- Tu es sûre ?
- Bien sûr que oui.
- Personne ne t'en voudra si c'est le cas, tu sais…
- Tu es pénible, Loversen ! non, je n'aime pas Tonks ! comment je pourrais l'aimer, hein ?
- Euh, Black…
- Après tout, oui, je suis une Black et lui, c'est qu'un… un…
- Black…
- Un sang-de-bourbe !
- J'en suis désolé, alors.
Andromeda sursauta et se tourna d'un bond. Derrière elle se tenait Tonks, le visage fermé, les poings serrés. La jeune fille comprit alors qu'elle venait de faire une grosse erreur. Le Poufsouffle n'avait plus rien de gentil et de doux, il était au contraire furieux et blessé. Elle ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais aucun son ne sortit.
- Quand tu auras fini le livre, pense à me le rendre.
Il fit demi-tour puis commença à s'éloigner sans se retourner vers la Serpentard. Andromeda n'y tint plus. Ses larmes se mirent à couler et elle se laissa tomber au sol.
- Black… cours lui après, murmura Loversen. Il n'est pas trop tard…
Mais la jeune fille ne fit rien. Elle n'arrivait plus à calmer ses sanglots. Comment pouvait-elle arriver à le rejoindre pour expliquer quoi que ce soit ? et qu'avait-il à expliquer ? elle était juste idiote. Une parfaite idiote…
Loversen s'assit à côté d'elle et la prit dans ses bras. Il attendit qu'elle soit calme avant de la ramener à la salle commune. Là, Myriam leur sauta pratiquement dessus, et lorsqu'elle vit l'état de son amie, le Préfet-en-Chef eut juste le temps de l'empêcher de sauter à la gorge de Belveder assis plusieurs mètres plus loin. Il dit à Andromeda d'aller se reposer dans son dortoir le temps qu'il explique à leur amie ce qui venait d'arriver.
Andromeda se sentait complètement vide. Elle laissa Loversen et Myriam pour se rendre dans son dortoir, mais plus rien ne semblait avoir d'importance. Elle s'allongea sur le lit immédiatement après être entrée dans le dortoir, sans prendre la peine de se changer. Elle s'en fichait. Tout lui était égal. Elle s'en voulait tellement.
Quelques minutes plus tard arriva Myriam. Andromeda se releva, espérant pouvoir parler à son amie, se confier, cependant la jeune fille regarda à peine son amie. Sans un mot, elle se changea et se dirigea vers son lit en tenant un livre de sortilèges.
- Myriam…
- Me parle pas, Black. Je suis trop énervée pour avoir envie de discuter avec toi.
Andromeda enfouit sa tête sous l'oreiller pour cacher ses sanglots. Il était normal que son amie agisse ainsi. Jusqu'à présent, elle avait toléré toutes ses erreurs, mais là elle était allée trop loin. Beaucoup trop loin…
Le lendemain matin, lorsqu'Andromeda se réveilla, elle vit que le lit de Myriam était vide. Elle s'assit pendant plusieurs minutes, encore fatiguée. Elle n'avait guère réussi à dormir cette nuit. Et elle sentait que les nuits suivantes n'allaient pas s'améliorer. Lentement, elle se prépara et descendit jusqu'à la grande salle. Elle n'osait même pas regarder vers la table des Poufsouffles et chercha Myriam des yeux. Malheureusement, la blonde était déjà entourée d'élèves et il n'y avait aucune place près d'elle. Andromeda n'était pas idiote au point de croire que c'était un hasard. Elle alla s'installer au bout, près de la table des professeurs et commença à déjeuner avec peine. Elle n'avait pas faim. D'ailleurs, elle n'avait envie de rien. Seulement de disparaître.
- Cette Skeeter, disait une voix près d'elle qu'elle reconnut facilement. Elle va le payer. Faire ça à Lucius !
- Tu as raison, Narcissa. Comme si Malefoy s'abaisserait à… ce genre d'activités avec une Gryffondor !
Andromeda demanda le journal qu'un élève de troisième année près d'elle venait de lire. Elle l'ouvrit pour y découvrir que leur plan avait parfaitement fonctionné.
« Le couple sadomasochiste de Poudlard !
C'est avec une immense surprise que votre fidèle journaliste a appris hier une étrange nouvelle. Eh oui, Lucius Malefoy, Serpentard de cinquième année que nous connaissons tous, entretient depuis quelques mois avec Vanessa Milson de Gryffondor une relation… sexuelle. Oui, mes amis, sexuelle. Ils ne sortent pas ensembles, comme M. Malefoy l'aurait certifié de nombreuses fois à la jeune fille, mais ils sont réunis par leurs goûts similaires pour la torture et la douleur pendant l'acte dont certains de nous ignorent encore beaucoup.
Cette pratique se nomme le sadomasochisme. Il est déjà bien étrange d'apprendre qu'un Serpentard et une Gryffondor sont ensembles, surtout les deux élèves les plus populaires et venant tous deux de grandes familles sorcières qui ne s'apprécient guère, mais cela l'est d'autant plus que d'apprendre qu'ils sont pratiquants de ce genre d'acte brutal et sauvage. Un témoin aurait aperçu de longues cicatrices sur les bras de la jeune fille, tandis qu'un autre avoue avoir entendu M. Malefoy dire qu'il aimait faire du mal aux autres.
Nous n'avons pas encore eu l'occasion de demander aux deux concernés ce qu'il en est réellement. Néanmoins, il est à noter que cette découverte vient d'une source sûre.
Votre dévouée journaliste,
Rita Skeeter. »
Andromeda n'eut pas le cœur à sourire. Cependant, elle regarda autour d'elle pour voir la réaction des autres habitants de Poudlard. Les professeurs semblaient tous indignés, encore plus McGonagall qui était en grande discussion avec un Dumbledore silencieux et, pour une fois, sérieux. Myriam ne semblait pas avoir lu le journal. Lucius Malefoy était encore plus pâle que d'habitude, tandis que Milson venait de quitter précipitamment la salle, suivie par Ambers et Caster. Soudain, le regard de la jeune fille accrocha celui haineux de Matthews. Andromeda baissa rapidement les yeux. Elle n'avait subitement plus faim, et elle se leva une minute plus tard pour quitter la grande salle.
L'article de Skeeter créa un grand remue-ménage au sein de l'école. Malefoy et Milson furent appelés au bureau de Dumbledore, probablement pour avoir leur version des faits. Quelques heures plus tard, ce fut au tour de Skeeter d'être convoquée. Le soir même, la nouvelle avait fait le tour de Poudlard : le journal n'existait plus. Malgré cela, tous souriaient au passage de Malefoy ou de Milson, lançant quelques vannes ou parlant à voix basse en les pointant du doigt. Bien évidemment, Malefoy avait promis que sa famille n'allait pas laisser passer cela. Dumbledore avait une fois encore prouvé son incapacité à gérer des élèves en autorisant Skeeter à publier cette immondice. Quant à Milson, le discours était loin d'être différent, quoique plus agressif.
Andromeda était assise sur l'un des bancs du parc, les yeux levés au ciel. Leur plan avait fonctionné, cependant elle n'en était pas satisfaite. D'autres personnes risquaient de payer pour Skeeter. De plus, comment pouvait-elle s'en réjouir alors qu'il n'y avait personne avec elle pour le faire ?
- Black ? qu'est-ce que tu fais là toute seule ?
Elle dirigea son regard vers Belveder. Le garçon se tenait debout devant elle.
- Il s'est passé quelque chose entre toi et Hales ?
La jeune fille secoua négativement la tête, néanmoins, elle ne parvint pas à empêcher les larmes de couler. Gêné, Belveder regarda autour d'eux pour s'assurer qu'il n'y avait personne, puis s'assit à côté d'elle.
- Ça a quelque chose à voir avec… hier ?
- Pas avec toi, non… c'est moi, j'ai été conne…
Elle lui raconta alors ce qui était arrivé. Elle ignorait pourquoi, il allait probablement se moquer d'elle, lui disant qu'elle était ridicule de se prendre autant la tête pour un sang-de-bourbe, mais c'était peut-être ce qu'elle recherchait puisqu'elle lui racontait tout. Lorsqu'elle eut fini, le garçon se contenta de la dévisager.
- Alors, tu l'aimes vraiment ?
- Mais non, je…
- Si tu étais sincère avec toi-même, tout cela ne serait jamais arrivé.
Elle ne répondit pas. Aimait-elle Tonks ? elle y avait déjà pensé, mais était-ce réellement parce qu'elle l'aimait ? Elle sanglota.
- Quoiqu'il en soit, il est trop tard, maintenant…
Belveder soupira.
- Bien sûr que non. Connaissant Tonks, il serait tout à fait capable de te pardonner. A part s'il…
- S'il ?
- S'il a lui aussi des sentiments pour toi, ce sera probablement beaucoup plus difficile pour lui de le faire.
- Je ne pense pas…
- Qu'il t'aime ? par Merlin, Black, tu es vraiment lente, tu sais ? vous passez votre temps à vous observer discrètement, et cela sans même vous en rendre compte ! enfin, en ce qui te concerne, en tout cas, parce que lui, je suis sûr qu'il sait ce qu'il ressent.
- Mais…
- Vas t'excuser. Qu'est-ce que tu as à perdre ?
Elle sécha ses larmes du revers de la manche. Belveder n'avait pas tort. Elle n'avait pas grand-chose à perdre. Même si elle ignorait encore si elle avait des sentiments pour lui, elle pouvait quand même aller s'excuser pour l'avoir insulté et lui dire qu'elle était juste énervée, qu'elle ne pensait pas à ce qu'elle avait dit.
- Ce n'est pas aussi simple, cependant, ajouta Belveder.
- Comment ça ?
- Si tu vas t'excuser juste pour l'avoir traité de sang-de-bourbe, je ne pense pas que ça changera quelque chose pour lui. Je suis persuadé qu'il t'aime, mais il attendait patiemment que tu apprennes à oublier tes anciens préjugés pour pouvoir faire le premier pas. Imagine maintenant ce qu'il a pu ressentir que tu lui as balancé tout ça à la tête.
- Mais…
- Si tu veux t'excuser, il vaudrait mieux que tu te rendes compte de tes sentiments avant.
Ceci dit, le garçon se leva et laissa la jeune fille seule avec ses pensées.
Andromeda quitta le parc plusieurs minutes plus tard. Elle n'avait toujours pas trouvé de solution. Etait-ce aussi facile de se rendre compte qu'on était amoureux de quelqu'un ? bien sûr que non.
- Belveder est un imbécile…
Elle s'arrêta brusquement. Pourquoi le Serpentard l'encourageait-il autant à avouer ses sentiments à Tonks ? n'était-il pas sensé être amoureux d'elle ?
Ou alors, c'était ça aussi, être amoureux. Accepter que l'autre ne l'était pas. Andromeda se demanda ce qu'elle ferait si elle se retrouvait dans cette situation. Est-ce que Tonks l'accepterait si elle ne l'aimait pas ? Son cœur se serra violemment à la pensée du Poufsouffle. Elle comprit qu'elle ne voulait pas que le garçon l'accepte. Elle ne voulait même pas qu'il pense cela. Etait-ce parce qu'elle l'aimait ?
Fatiguée de se poser toutes ces questions, la jeune fille soupira et se rendit dans son dortoir pour s'y allonger. Myriam n'y était pas. Elle ne mit pas longtemps pour s'endormir et lorsqu'elle se réveilla, elle était seule dans le dortoir. Elle se rendit alors compte qu'il était l'heure du petit déjeuner. Lasse, elle se prépara et se rendit dans la grande salle où émanaient des protestations. Surprise, elle vit que le père de Malefoy était là, debout devant la table des professeurs, discutant bruyamment avec Dumbledore. Skeeter était là elle-aussi, ainsi qu'un homme d'une cinquantaine d'année.
- Qu'est-ce qui se passe ? demanda Andromeda à Myriam tout en s'installant à ses côtés.
Elle se mordit les lèvres en se rappelant que son amie ne lui parlait plus. Cependant, la blonde ne sembla pas s'en rappeler, car elle lui répondit avec une voix ennuyée.
- Ms. Malefoy et Milson viennent exiger que Dumbledore renvoie Skeeter.
- Quoi ?
- Si tu voulais te venger, c'est réussi.
- Dumbledore refuse cependant, ajouta Loversen, assis en face des deux jeunes filles.
- Mais il ne pourra pas refuser longtemps encore. McGonagall est d'accord avec les deux guignols, de même que la plupart des professeurs.
Andromeda était abasourdie. Ainsi, son plan de vengeance allait jusque là ?
- Tu n'as rien à te reprocher, lui dit Loversen. C'est Myriam et moi qui avons amplifié la rumeur en inventant cette histoire de sadomasochisme.
- Et tu n'as aucune raison de te reprocher quoi que ce soit. Tu voulais te venger, après tout, non ?
Même si Myriam lui reparlait, sa voix était mauvaise et son ton sec. Andromeda hocha positivement la tête. Oui, elle voulait se venger. C'était fait.
Dans l'après-midi, tous apprirent que Rita Skeeter était exclue de Poudlard pendant une semaine.
Fort heureusement pour les compères, même si Skeeter avait facilement avoué qu'elle tenait cette rumeur de Bertha Jorkins, ce qui permit aux professeurs de remonter jusqu'aux deux Serdaigles de première année, Ackerley et Norman avaient inventé une histoire qui justifiait comment ils avaient appris la rumeur. Ils n'eurent qu'une semaine de détention et des devoirs en plus. Tonks leur promit qu'il les aiderait à les faire, ainsi que Loversen. Andromeda alla elle-aussi trouver les deux Serdaigles pour s'excuser des problèmes qu'elle leur avait causé et leur promit à son tour de les aider pour les devoirs supplémentaires.
Cependant, elle n'avait toujours pas pu parler avec Tonks. Myriam acceptait de lui reparler, mais c'était toujours avec froideur. Elle tolérait sa présence, mais ne la cherchait pas vraiment. Quant à Tonks, il ne la regardait plus. Andromeda avait essayé d'aller lui parler, mais Matthews l'avait rejetée violemment, lui conseillant de ne plus les approcher. Seul Loversen continuait à être le même avec elle, ainsi que Belveder, qui s'était métamorphosé en une sorte de confident. Elle n'avait que rarement l'occasion de discuter avec lui, mais dès qu'elle le faisait, il l'écoutait sans rien dire. Il ne se moquait jamais mais ne lui donnait pas de conseils non plus. Néanmoins, cela suffisait à Andromeda. Du moins, pour l'instant…
Car deux semaines plus tard, rien ne s'était arrangé. Myriam était toujours aussi distante et Andromeda n'avait oujours pas réussi à aller s'excuser auprès de Tonks. Elle sentait que sa vie prenait une tournure de plus en plus désastreuse. Mais que pouvait-elle y faire ? elle n'avait aucune envie de sombrer dans la déprime, cependant plus elle essayait d'arranger les choses, moins cela fonctionnait.
De plus, plus le temps passait, plus elle s'avouait qu'elle éprouvait effectivement quelque chose pour Tonks. Il n'était pas qu'un simple ami. Du moins, elle ne le voyait pas ainsi. Il y avait autre chose. Elle ne savait pas mettre le mot « aimer » dessus, mais elle savait qu'il y avait autre chose. En revanche, plus le temps passait, plus Tonks semblait se remettre complètement de leur différent. Ne plus traîner avec les deux Serpentards, elle en particulier, ne semblait absolument pas lui manquer. Il était souvent en compagnie de Matthews et de d'autres Poufsouffles. C'était vrai qu'après tout, il avait toujours eu des amis. Ce qui n'était pas le cas d'Andromeda. Elle n'avait toujours eu que Myriam, qu'elle ne considérait même pas encore comme une véritable amie à cette époque. Le fait de voir d'autres personnes avec Tonks faisait naître chez elle une pointe de jalousie.
Le coup final lui fut porté lorsqu'elle vit Tonks entrer dans la grande salle avec une Poufsouffle de leur année, Maggie O'Reilly. Ils discutaient joyeusement mais ce n'est pas cela qui la troubla le plus. Non, ce qui la troublait, c'était qu'ils se tenaient par la main…
Elle sentit quelqu'un lui toucher l'épaule. Elle leva les yeux vers Myriam qui la regardait avec inquiétude. Ce ne fut qu'à ce moment qu'elle comprit qu'elle pleurait…
Note de l'auteur :
Je sens qu'il y en a qui vont me détester après ce chapitre… mais pas d'inquiétude, vous savez déjà que ça va s'arranger !
