Bonjour tout le monde !
Voilà pour votre plus grand plaisir (j'espère, mais en même temps vous ne venez pas ici pour rien, hein ?) le chapitre 16 !
Réponses aux reviews avant : (que vous pouvez passez après tout)
Merci à Christie, Mademoiselle Mime, Endless77, tylwithes et Hikari pour vos reviews !
FireRox : merci, mais tu dois savoir qu'il y a encore quelques semaines, il y avait des fautes dans les premiers chapitres. Je n'avais pas encore pris la peine de les corriger, mais c'est chose faite après une review d'abbelia. Il était temps que je m'en occupe ! :-) Soyez cependant rassurés, ça fait un moment que je ne fais plus ces erreurs aussi bêtes ;-)
J'ai aussi appris que quelqu'un avait conseillé mon histoire au forum de la bibliothèque francophone. ça m'a vraiment fait plaisir, alors peu importe qui l'a fait merci beaucoup ! Et merci évidemment aux autres qui en continuant à me lire font en sorte que c'est toujours un plaisir d'écrire !
Bonne Lecture !
Chapitre 16
Cela faisait maintenant une semaine qu'Andromeda et Belveder sortaient ensembles. Du moins, c'était ce que la jeune fille pensait… Car le garçon n'était décidément pas très expressif. D'un côté, cela l'arrangeait, car elle ignorait complètement comment elle devait agir avec lui, étant donné son peu d'expérience sur ce sujet, et elle avait énormément stressé le matin qui avait suivi sa requête auprès du Serpentard. Mais ce dernier s'était contenté de lui répondre lorsqu'elle l'avait salué, puis avait suivi ses amis jusqu'à la grande salle, ignorant par la suite la jeune fille. Et rien n'avait véritablement changé, mis à part le fait qu'ils se rejoignaient parfois au parc, ou à la bibliothèque, ou bien encore lorsque Belveder entraînait Andromeda à l'écart pour un rapide baiser.
Evidemment, tout cela agaçait profondément Myriam. Ce manque d'action la pesait et elle ne cessait d'être sur le dos de sa pauvre amie pour qu'elle prenne enfin les choses en main.
- Bon sang, Andro, ne me dis pas que cette relation platonique te suffit, lui dit-elle pour la énième fois ce matin là, alors qu'elles étaient assises dans le parc.
- Myriam, je te répète que ce n'est pas une relation platonique.
- Excuse moi, mais ce n'est pas la grande voltige tous les soirs non plus.
Quelques élèves, assis près des deux jeunes filles, tournèrent la tête dans leur direction.
- Myriam, parle moins fort, marmonna Andromeda en rougissant.
- Je parle au volume que je veux. Non, mais sérieusement, Andro, tu ne vas quand même pas me dire que tu te satisfais avec les choses telles qu'elles sont ?
- Eh bien… je dois avouer que c'est bizarre… j'ai plus l'impression qu'il veut me cacher qu'autre chose.
- Pour rendre Tonks jaloux, c'est mal barré.
- Ce n'est pas notre intention, s'empourpra Andromeda.
- Pour toi, peut-être. Mais je suis surprise que Belveder n'en ait rien fait. J'étais persuadée qu'il allait en profiter pour faire jaser Tonks.
Andromeda ne répondit pas. A vrai dire, elle avait craint également que Belveder ne le crie sur les toits, car elle ne voulait pas que Tonks ait une raison de plus de la haïr, ou du moins elle préférait qu'il l'apprenne autrement. Mais il était trop tard pour tout ça, après tout c'était elle-même qui avait demandé au garçon de sortir avec elle.
Lorsqu'elles se rendirent à la grande salle pour le repas, Andromeda se sentit brutalement tirée vers l'arrière. Lassée, elle se tourna, sachant de qui il s'agissait et prête à l'engueuler, énervée par le fait qu'il la tienne aussi fort. Cependant, aucun son ne put sortir de sa bouche. Ce n'était pas Belveder qui se tenait devant elle.
- Tonks… ?
- Black, c'est vrai ce que j'ai entendu ?
- Quoi… ?
- Tu sors vraiment avec Belveder ?
Le cœur de la jeune fille se serra. En réalité, elle aurait aimé qu'il ne l'apprenne jamais.
- Alors ? c'est vrai ?
- Oui…
- Mais es-tu devenue complètement folle ?
- Pardon ? s'écria la jeune fille, les yeux écarquillés.
- Eh vous deux, si vous avez des comptes à vous rendre, faites le ailleurs, les interrompit Myriam.
Tonks approuva de la tête et amena Andromeda à l'écart. Puis il se tourna vers la Serpentard blonde qui les avait suivis.
- Tu peux nous laisser, Hales ?
- Bien sûr, c'est demandé si gentiment.
Elle fit un clin d'œil à son amie et s'éloigna. Andromeda gardait les yeux baissés, n'osant pas regarder le Poufsouffle en face. Elle craignait d'y voir à nouveau le même regard dégoûté qu'il lui avait lancé la dernière fois qu'ils s'étaient adressés la parole.
- Black, murmura le garçon après un bref moment de silence. S'il te plaît, regarde moi.
La jeune fille leva timidement les yeux. Bien qu'elle fut rassurée de voir qu'il ne semblait pas écœuré d'être avec elle, elle sentit néanmoins ses forces s'affaiblir et les larmes lui monter aux yeux devant son regard peiné.
- Tu sors vraiment avec Belveder, alors.
- Oui…
- Je ne comprends pas… Tu as oublié tout ce qu'il t'avait fait ?
- Non, mais…
- Alors, pourquoi ?
- Mais qu'est-ce que ça peut te faire ?
Andromeda était à présent énervée. Elle n'arrivait pas à croire ce qu'elle entendait. Pourquoi venait-il lui parler juste pour se mêler de sa vie privée ? C'était en partie à cause de lui qu'elle avait été voir Belveder après tout !
- Rien… enfin, si, quand même… je… ça m'inquiète, c'est tout.
- Pourquoi ? la dernière fois, ça avait plus l'air de te dégoûter qu'autre chose.
Le Poufsouffle fut soudain peiné et parut même se sentir coupable.
- Je suis désolé… j'étais juste… choqué.
- Je m'en étais rendue compte….
- Mais vraiment, pourquoi sors-tu avec lui ?
- Tu sors bien avec O'Reilly, toi !
- Maggie n'a jamais tenté de faire de ma vie un enfer.
- Et alors ? tu ne sais même pas comment s'est comporté Belveder avec moi pendant tout ce temps !
- Peut-être, oui, c'est vrai, mais… par Merlin, pourquoi lui ?
Il s'appuya contre le mur, se tenant la tête avec la main droite. Andromeda l'observa en silence, surprise par sa réaction.
- J'aurais préféré que ce soit quelqu'un d'autre. N'importe qui, plutôt que quelqu'un comme lui.
- Je… je ne comprends pas…
- Il n'y a rien à comprendre, répondit-il avec un sourire gêné.
Ils se turent pendant une seconde, chacun les yeux baissés. Andromeda ne savait pas comment réagir à présent, le silence était pesant, mais également réconfortant par la présence du Poufsouffle. Cela faisait tellement longtemps qu'ils avaient été aussi proches l'un de l'autre. Soudain, Tonks rompit le silence.
- Alors… c'est sérieux ?
- Eh bien, on sort ensemble, oui…
- Donc… tu ressens quelque chose pour lui ?
- Ça ne te regarde pas, répondit-elle en rougissant.
- Probablement, mais… vraiment, ça m'inquiète…
- Tu te fichais pourtant bien de moi ces derniers temps.
- Je sais, je suis désolé, mais… eh, mais pourquoi je m'excuse ? tu t'es excusée, toi, de m'avoir traité de sang-de-bourbe ?
La jeune fille rougit.
- Tu ne m'as jamais laissé le temps de m'expliquer, s'emporta-t-elle.
- Tu plaisantes, j'espère ? ça fait un mois maintenant ! et je ne me souviens pas avoir fait quoi que ce soit t'empêchant de venir t'excuser auprès de moi !
- Je n'y arrivais pas !
Andromeda avait pratiquement hurlé. Tonks écarquilla légèrement les yeux. La jeune fille détourna la tête, sentant les larmes monter à nouveau, ce qui n'échappa pas au Poufsouffle qui se sentit d'autant plus coupable.
- Je suis désolé, murmura-t-il. C'est juste que… tu vois… j'étais vraiment blessé, Black.
- Je sais ! je suis… je suis désolée… mais j'étais furieuse à ce moment-là, je ne pensais pas ce que je disais…
- Je sais… bien sûr que tu ne le pensais pas…
- Alors, pourquoi tu m'as ignorée… ?
Tonks ne répondit pas immédiatement. Il plongea son regard dans celui de la jeune fille pendant quelques secondes avant de se décider à parler.
- Je t'en voulais vraiment… je me disais que même si tu ne le pensais pas, le fait que tu aies dit ça… pour être sincère, j'en avais assez. Assez de devoir attendre que tu ne sois plus sous influence de ta famille. Alors… j'ai préféré fuir.
Il détourna brusquement le regard, gêné. Andromeda s'en voulut. Elle avait toujours été ravie de voir à quel point ses amis se montraient compréhensifs avec elle, mais elle se rendait compte à présent qu'elle avait été stupide. Tout ça parce qu'ils attendaient gentiment qu'elle se fasse à l'idée que sa famille avait tort concernant les sorciers d'origine moldue, elle n'avait fait aucun effort pour changer.
- Alors… c'est fini… définitivement fini ?
- Comment ça ?
- Je me suis excusée, mais… on ne pourra plus… être comme avant, j'imagine.
Tonks semblait complètement perdu.
- On peut toujours… redevenir amis, non ?
- Euh, oui… si tu le veux…
- Mais toi, tu le veux ?
- Oui ! bien sûr !
Elle lui sourit. Un sourire gêné, mais c'était tout de même le premier sourire sincère qu'elle offrait à quelqu'un depuis le début de toute cette histoire. Tonks le lui rendit, puis se raidit à nouveau légèrement.
- Mais… peut-être qu'on devrait… être plus discrets ? et ne plus… traîner aussi souvent ensemble qu'avant… tu sais, à cause de Maggie. Je n'ai pas très envie qu'elle se fasse des idées. Et puis, toi aussi avec Belveder, j'imagine, non ?
Andromeda sentit son cœur se serrer et eut du mal à garder le sourire. Néanmoins, elle y parvint et acquiesça silencieusement avant de faire un bref signe de la main au Poufsouffle et s'éloigner. Elle arriva dans la salle commune de Serpentard, le cœur plus léger, quoique les pensées assombries par ce qu'avait dit le Poufsouffle. Myriam, assise sur l'un des fauteuils leva à peine les yeux de son livre en sentant son amie s'installer près d'elle.
- Alors, ça s'est arrangé ?
- Oui. Je me suis excusée, lui aussi. On est redevenu plus ou moins amis.
- Super. Donc tu vas rompre avec Belveder ?
- Rompre avec qui ?
Les deux jeunes fille se tournèrent d'un seul coup. Belveder se tenait derrière elle, les sourcils froncés.
- Tu as donc l'intention de rompre avec moi, Black ? demanda-t-il, un peu trop sèchement.
Andromeda pâlit. Pendant qu'elle se réconciliait avec Tonks, elle n'avait pas une seule fois pensé à sa relation avec le Serpentard, même si au fond elle savait qu'elle aurait aimé que les choses se passent différemment. Mais de toute façon cela n'avait aucune importance, puisque Tonks n'avait visiblement aucune intention de rompre avec O'Reilly. Alors, elle secoua énergiquement la tête.
Belveder sourit puis se pencha pour l'embrasser brièvement avant de quitter la salle commune. Plus loin, Lestrange fit la grimace mais ne dit rien. Quand il avait appris que son ami sortait avec sa fiancé, il en avait fait tout un scandale, mais peu de temps plus tard il s'était calmé et avait commencé à ignorer complètement le couple. Andromeda ignorait comment Belveder s'y était pris, mais elle savait qu'il y était pour quelque chose dans ce brusque changement de comportement.
Lors du repas, Loversen s'installa avec les deux jeunes filles, ce qu'il faisait à présent tous les jours. Lui et Myriam étaient encore plus proches qu'avant, bien qu'il n'y avait plus rien de romantique entre eux – si tant est si bien qu'il y avait déjà eu quelque chose de romantique entre eux. Il demanda les dernières nouvelles, ayant immédiatement remarqué le visage plus serein d'Andromeda. Il sourit en apprenant qu'elle s'était réconciliée avec le Poufsouffle, mais tout comme Myriam il était déçu qu'ils n'allaient pas rompre avec leurs partenaires pour se mettre ensemble.
- C'était inévitable, expliqua Andromeda. Il tient à O'Reilly et il ne veut pas la blesser. Il doit probablement l'aimer.
- Et toi, dans l'histoire ? répliqua Myriam.
- Moi, j'ai laissé passer ma chance.
- Tu t'es confessée, au moins ? demanda Loversen.
- Non. Il ne vaut mieux pas. Pourquoi compliquer encore plus les choses ?
- Bon, Andro, bien que je sois ravie de voir que tu aies repris du poil de la bête et que tu es à nouveau une jeune fille bien dans ta tête et dans tes chaussures, il y a quand même quelques petits trucs que je n'approuve pas. Et ne pas te confesser à Tonks en fait parti.
- Mais on vient à peine de se réconcilier, qu'est-ce que je ferais s'il décide de couper à nouveau les ponts s'il apprend que je l'aime ?
Myriam et Loversen se regardèrent, perplexes. Pour une fois, ils ne savaient pas quoi répondre à leur amie.
- Il aime O'Reilly, c'est évident, continua Andromeda. Il tient à elle.
- Il n'est peut-être pas vraiment amoureux, contra Loversen. On n'oublie pas ses sentiments aussi facilement que tu le penses.
- Alors, pourquoi il a conseillé que nous soyons plus discrets et que un peu plus distants qu'avant ?
- Peut-être… qu'il n'a pas assez confiance en lui et ne veut pas blesser O'Reilly, donc il préfère mettre de la distance entre vous. Ou bien… il croit tout simplement que tu veux l'oublier, puisque tu sors avec Belveder.
Ce fut au tour d'Andromeda de ne pas savoir quoi répondre. Désespérée, elle poussa un profond soupir, et posa sa tête sur la table, le front contre le bois dur.
- Pourquoi c'est si compliqué ?
- Ah, personne n'a jamais prétendu le contraire.
- Allez, Andro, déprime pas, ça va bien finir par s'arranger.
- Mais quand ?
- Soit quand tu te seras confessée à lui, soit quand vous aurez tous les deux oublié les sentiments que vous avez l'un pour l'autre.
- Si vous y arrivez.
- Vic, j'essaye de lui remonter le moral, au cas où tu ne l'aurais pas remarqué.
- Ah, excuse moi, je croyais que tu essayais de la déprimer encore plus.
Myriam roula les yeux et s'intéressa à son assiette, histoire d'ignorer le jeune garçon. Ce dernier commença alors une conversation avec sa voisine de droite, une jeune fille de 4ème année. Andromeda lança un regard vers la table des Poufsouffles où elle aperçut Tonks et Matthews discutant avec O'Reilly, Abensford, Kiffer et Stevens. Le groupe d'amis depuis probablement leur première année. Groupe d'amis qui semblait particulièrement bien s'amuser en ce moment. Elle les enviait. Elle ressentait exactement la même chose qu'au tout début, quand Tonks avait pris une forme réelle dans sa vie, et n'était pas juste un nom au hasard parmi les élèves de son année. Ils n'étaient pas encore amis, à ce moment-là, mais elle avait alors senti qu'il y avait comme un manque dans sa vie. Manque qui avait été comblé, et qu'elle avait à nouveau provoqué.
Andromeda soupira discrètement. Cela ne servait à rien de s'en vouloir et de regretter le passé. Et puis, Myriam et Loversen avaient sûrement raison. Ça allait sûrement s'arranger. Du coin de l'œil elle vit Belveder quitter la table, et quelque chose lui revint brusquement en mémoire.
- Loversen.
Le garçon arrêta sa discussion avec la jeune fille et se tourna vers son amie.
- Tu as reçu une réponse de ta grand-mère ?
- Ah, oui. Mais elle n'a pas dit grand-chose. On dirait qu'elle évite le sujet, à vrai dire. je te donnerai sa lettre une fois dans la salle commune.
Elle hocha la tête puis retourna à son repas. Une fois celui-ci terminé, elle suivit ses deux amis jusqu'à la salle commune où elle y retrouva Belveder, installé sur l'un des fauteuils. Loversen lui fit signe de le rejoindre, puis se dirigea vers son dortoir. Andromeda comprit qu'il allait chercher la lettre et qu'il comptait la faire lire à Belveder également. Elle alla alors s'installer à côté de son petit-ami.
- Hey, dit-elle timidement.
- Bien mangé ?
- Très bien.
Belveder se plongea à nouveau dans son livre de Sortilèges.
- Et… et toi ? demanda Andromeda, gênée par le silence.
- Très bien aussi, répondit-il en levant les yeux du livre le temps de répondre.
Andromeda l'observa un instant, se demandant de quoi ils pouvaient bien parler. En même temps, ce n'était pas comme si c'était nécessaire qu'ils parlent, car Belveder semblait beaucoup plus intéressé par son bouquin. Mais elle ne supportait pas ce silence. Et puis, ils sortaient ensemble, c'était normal qu'ils discutent un minimum.
- Tu lis quoi ?
- Un livre sur des combinaisons de sortilèges.
- Ah…
Silence à nouveau.
- Et c'est bien ?
- C'est intéressant.
Loversen arriva alors, et Andromeda l'aurait bien serré dans ses bras, étant donné que le silence s'installait à nouveau et devenait sérieusement pesant.
- J'ai la lettre de ma grand-mère, Belveder.
Il n'en fallut pas plus pour que le Serpentard ne ferma son livre, subitement intéressé, ce qui quelque part agaça profondément Andromeda. Mais elle n'en dit rien.
Loversen tendit la lettre au garçon qui commença à la lire silencieusement, Andromeda faisant de même par-dessus son épaule.
« Mon garçon,
Je me rends compte que c'était une erreur de ma part de te dire ce que je savais. J'aurais préféré que tu oublies tout cela. Je sais que tous les autres sorciers ont oublié l'existence des Belveders, même ton grand-père qui était pourtant ami avec Sandra Belveder.
Tu m'as dit que tu avais fait connaissance avec le petit-fils de Wyatt Belveder, ce qui explique pourquoi tu t'intéresses à cette histoire. Je suis surprise de le savoir à Poudlard. Il me semblait que Wyatt et sa femme étaient partis à l'étranger. Cela signifie que leur fils a décidé de revenir au pays.
Je ne peux que te demander de rester en-dehors de toute cette histoire, mais je te connais assez pour savoir que tu n'en feras rien. Fais tout de même attention à toi.
Je t'embrasse,
Ta grand-mère. »
Belveder posa la lettre sur ses genoux, les yeux perdus dans le vague. Andromeda jeta un œil à Loversen qui scrutait le visage de leur camarade avec attention. La jeune fille fut surprise de le voir aussi sérieux.
- Alors ? demanda-t-il à Belveder. Satisfait ?
- Pas vraiment… mais dis-moi, j'ai la sensation que ta grand-mère en sait vraiment beaucoup.
- C'est ce qu'on dit depuis le début, dit Andromeda. C'est justement pour ça que tu en as fait tout un cinéma.
- Non, je ne parle pas que du fait qu'elle n'ait pas perdu la mémoire, mais également du fait qu'elle sait que ma famille a quitté l'Angleterre après cette histoire.
- Ah… parce que personne n'a été mis au courant ?
- Qui ma famille aurait pu mettre au courant de leur exile ? Tout le monde les avait oubliés.
Andromeda rougit, se sentant idiote. Oui, c'était logique.
- Je me suis dit la même chose quand j'ai lu la lettre, avoua Loversen. C'est pour ça que je tenais à être là quand tu allais la lire à ton tour. Ma grand-mère me cache quelque chose, et j'ai vraiment été surpris de voir qu'elle en savait autant sur ta famille.
- Et qu'est-ce que ça pourrait signifier ? questionna la jeune brune.
Loversen haussa les épaules.
- Je l'ignore.
- Comment s'appelle ta grand-mère ? demanda subitement Belveder.
- Ysandra Loversen, née Davies.
Belveder fronça les sourcils.
- A ton avis, jusqu'à quel point on peut considérer que c'est un hasard, étant donné qu'Ysandra Davies est le nom de mon arrière-arrière-grand-mère du côté de mon père ?
Loversen écarquilla les yeux.
- Tu veux dire que… ?
Belveder hocha lentement la tête pour dire oui. Andromeda fixait son petit-ami avec surprise.
- Alors, si je comprends bien, dit-elle enfin, la grand-mère de Loversen porte le même nom que ton arrière-arrière-grand-mère ? ça veut dire que c'est un faux nom ?
- Sûrement, lui répondit-il.
- Mais… pourquoi ?
- Peut-être qu'il s'agit en réalité de Sandra Belveder, intervint une autre voix.
Ils se tournèrent vers la nouvelle arrivante. Myriam leur sourit, mais assez amèrement.
- Dis donc, vous deux, je n'apprécie que moyennement d'être mise à l'écart.
- Désolée, Myriam, ce n'était pas notre intention.
- Oui, je m'en doute.
Elle vint s'installer à côté de Belveder.
- Qu'as-tu dit ? interrogea celui-ci.
- Que la grand-mère de Loversen est peut-être ta grand-tante, Sandra Belveder. Ne me dis pas que tu n'y as pas pensé, Belveder, je ne te croirais pas.
Le garçon ne répondit pas.
- Comment ce serait possible ?
- En réalité, c'est tout à fait possible, Andromeda. Ma grand-mère ne parle jamais de sa famille, elle semble même lui en vouloir. Tout ce qui l'a entouré a toujours été assez mystérieux.
- Qu'est devenue Sandra Belveder, après cette histoire ? demanda Myriam au petit-ami de son amie.
- On l'ignore. Je sais qu'elle s'est violemment engueulée avec mon grand-père, et après plus de nouvelles.
- Est-ce qu'elle avait un fiancé à l'époque ?
- Aucune idée. Je demanderai à mon grand-père.
- Quant à moi, j'enverrai une autre lettre à ma grand-mère. En attendant, on ferait mieux d'aller se coucher.
Ils l'approuvèrent et se levèrent. Belveder fit un rapide baiser à Andromeda avant de se diriger vers son dortoir. Myriam taquina son amie en disant qu'elle voyait à son visage qu'elle était déçue et commençait à vouloir un peu plus, mais la jeune Black la fit taire d'un regard.
Dans son lit, Andromeda repensa aux derniers événements. Il était étrange de penser que Belveder et Loversen étaient peut-être cousins. Eloignés, certes, mais cousins quand même. Tiens, d'ailleurs, elle avait probablement des cousins éloignés dont elle ignorait complètement l'existence, elle aussi ! Bon, il fallait avouer que parmi la communauté sorcière, il y en avait pas mal qui comptait un Black dans leur héritage. Mais elle pensait à tous ceux qui avaient été déshérités. Elle savait que l'oncle de son père était Cracmol et avait donc été exclu de la famille. Qu'était-il devenu ? Avait-il eu des enfants ? Si c'était le cas, ce serait exactement la même situation que Loversen et Belveder, et exactement de la même génération. Sauf que là, ils seraient moldus.
Peut-être que ses cousins leur ressemblaient. Ils avaient probablement les mêmes traits physiques que l'on retrouvait chez les Blacks, la même attitude aristocratique. Comment avaient-ils été éduqués ? Savaient-ils qu'ils descendaient d'une des familles sorcières les plus anciennes ? Probablement pas. Et peut-être était-ce une bonne chose. Mais la jeune fille mourrait d'envie de les rencontrer. Elle sourit. Elle allait en parler à Myriam dès son réveil.
Ce qu'elle fit durant le petit déjeuner. Comme elle s'y attendait, son amie était partante, non seulement parce que ça promettait d'être amusant de faire des recherches sur sa famille, mais également parce que selon elle, le fait qu'Andromeda veule retrouver de la famille moldue était un signe qu'elle commençait réellement à changer. Evidemment, la jeune brune avait rougi et envoyé promener son amie, ce qui n'avait eu pour seul résultat que de faire rire celle-ci.
Elles se rendirent ensuite au cours de Sortilèges, où elles retrouvèrent Belveder en compagnie de Lestrange, tandis que plus loin discutaient Tonks, Matthews et Abensford. Tonks, en apercevant les deux jeunes filles, leur fit discrètement un signe de tête pour les saluer, signe qu'elles rendirent. Cependant, Matthews leur jeta un regard dédaigneux avant de se détourner d'elles pour continuer sa discussion avec Abensford.
- Il faut croire que lui nous en veut toujours, fit remarquer Andromeda.
- On s'en fiche, de Matthews. C'est qu'un imbécile.
- Il n'y a pas si longtemps, tu disais que c'était toi la fautive.
- Oui, mais franchement, il faut savoir passer à autre chose ! même toi, tu y es arrivée.
- Merci… marmonna Andromeda, peu sûre de comment elle devait le prendre.
- Tu m'as comprise, répliqua Myriam.
- Il a du être autant blessé par ton plan avec Loversen, qu'a pu l'être Tonks à cause de moi.
- Ce n'est pas une raison. Tonks t'a bien pardonné.
- Je me suis excusée.
- Okay, j'ai compris. Tu essayes de retourner la situation, c'est ça ?
Andromeda éclata de rire, attirant sur elle l'attention des autres élèves dont certains furent étonnés de voir Black rire aussi naturellement. Belveder et Lestrange s'approchèrent des deux amies, curieux.
- Qu'est-ce qu'il y a de si drôle ? leur demanda Lestrange.
- Ta tête.
- Ah-ah-ah. Tu es si hilarante, Hales.
- Par Merlin, Andro, t'as entendu ? Lestrange a dit un mot qui fait plus de trois syllabes.
- J'veux la tuer…
- Pas aussi tôt, j'en ai encore besoin.
- Andro !
La jeune brune fit un clin d'œil à son amie qui ne put répondre, puisque le professeur venait d'arriver et faisait entrer les élèves dans la salle. Belveder s'installa à côté de sa petite-amie, ignorant les plaintes de son camarade. Myriam, elle, en était ravie, et le regard qu'elle lança à Lestrange montrait tout ce qu'elle avait derrière la tête, au plus grand désespoir du garçon. Le fait qu'il n'y avait plus de place à côté de son ami n'arrangeait pas les choses, il avait le choix entre s'asseoir à côté de Myriam ou deux rangées devant à côté d'Ambers, Caster et Milson. Il soupira puis s'installa à côté de la Serpentard avec résignation.
Aucun des quatre Serpentards ne furent attentifs au cours. Myriam ne cessait de se moquer de Lestrange, qui de ce fait ne pouvait pas se concentrer plus de cinq minutes, tandis qu'Andromeda et Belveder suivaient avec attention les échanges entre leurs deux camarades ou bien discutaient entre eux. C'était probablement la première fois que l'on les voyait ensemble ainsi, plaisantant, riant, même si techniquement Lestrange subissait plus qu'il ne participait. Cependant, il devait lui-aussi s'amuser puisqu'à la fin du cours, il attendit patiemment ses trois camarades, continuant de se « disputer » avec Myriam. Lorsque le petit groupe se sépara, Andromeda regarda les deux garçons s'éloigner, pensive.
- Eh bien, Black, tu veux prendre racine ?
Elle se tourna vers son amie et sourit.
- C'était une étrange matinée.
La blonde hocha la tête pour approuver. C'était le moins que l'on pouvait en dire : elles étaient restées deux heures avec les deux garçons qui en étaient ressortis vivants. C'était surtout étrange concernant Lestrange.
- Il n'a fait aucune remarque sur toi et Belveder.
- Oui. J'ignore ce que Terry lui a dit, mais ça a fait son effet.
- Terry ? Tu t'es enfin décidée à l'appeler par son prénom ?
Andromeda rougit légèrement.
- Il me l'a demandé.
- Donc il t'appelle Andromeda ?
- Oui…
- Eh bien, quel progrès ! bientôt, vous allez enfin pouvoir vous toucher.
- Myriam ! s'exclama Andromeda, encore plus rouge.
La Serpentard blonde éclata de rire et attrapa le bras de son amie pour la tirer jusqu'au parc. Le reste de la journée se passa agréablement pour Andromeda qui ne vit pas le temps passé. A la fin du dernier cours, elle fut surprise de voir Loversen devant leur salle. Il lui fit signe de le suivre, ainsi qu'à Belveder, et ils se rendirent à la bibliothèque, à leur place habituelle, où se trouvait déjà Myriam.
- Pourquoi tu nous as tous amené ici ? demanda-t-elle tandis que les nouveaux arrivants s'installaient.
- Ce matin, j'ai parlé avec ma grand-mère.
- Comment ? s'étonna Andromeda.
- Hier soir, je lui ai envoyé une lettre lui demandant de prendre contact avec moi par la cheminée, car j'avais beaucoup de choses à lui demander. Bien sûr, elle n'en était pas ravie, mais bon…
- Et ? le pressa Belveder.
Ses sourcils étaient froncés et il semblait particulièrement tendu.
- Et on avait raison. Son véritable nom est bien Sandra Belveder.
Il se tut, attendant de voir la réaction du garçon qui ferma les yeux.
- Pourquoi elle n'a jamais donné de nouvelles ?
- Elle en voulait à ton grand-père. A cause de lui, elle dit qu'elle avait tout perdu. Son petit-ami, qui l'avait demandé en mariage, ne se souvenait plus d'elle, ses amies non plus… elle a réussi à reconquérir mon grand-père, car il ressentait encore quelque chose pour elle, mais après, elle a voulu tout oublier à son tour… changer complètement de vie.
Terry Belveder rouvrit les yeux et fixa la table pendant quelques secondes avant de reprendre la parole.
- Et… maintenant ?
- Je lui ai parlé de toi. Elle accepte de te rencontrer si tu le désires. Elle a été étonné de savoir ce que tu sortais avec Andromeda, ajouta-t-il en faisant un clin d'œil à la jeune fille.
Le jeune garçon ne répondit pas tout de suite, puis il leva les yeux pour regarder Loversen et le remercia. Il se leva ensuite et leur fit un bref signe de la tête avant de partir.
- Donc, tous les deux, vous êtes vraiment cousins ? murmura Myriam une fois qu'il fut parti.
- Oui. C'est étrange de se dire ça, pas vrai ?
- Oh oui. Vous ne vous ressemblez pas du tout. Le pauvre…
Loversen ricana et la pinça gentiment pour toute réponse. Andromeda ne fit plus attention à eux, une seule chose lui occupait l'esprit : ses cousins éloignés à elle. Elle était à présent sûre qu'elle devait les retrouver.
