Salut everybody !
Bon après divers problèmes avec mon ordi, je peux enfin publier le chapitre 20. J'espère que la fin sera surprenante... et que personne n'aura envie de me tuer ! cependant, vous devez savoir que tout n'est pas dit dans ce chapitre. Quelques points seront éclaircis par la suite... Ou bien dans un bonus !
dedee-06 : de rien, c'était normal, tu l'as également fait !
Kawaikisa : Loversen, le seul à prendre en considération les sentiments de Julian...? hum, j'en suis pas si sûre ;-) Quant à Vanessa Milson, oui elle va réapparaîée, maintenant, non ? ;-p J'espère que tu ne seras pas déçue de la rencontre avec la grand-mère. Elle était assez difficile à développer, celle-là. Je voulais qu'elle ressemble quand même un peu à Vic, tout en étant... complètement différente, avec un caractère qui ferait plus penser à Terry. En parlant de ce dernier, j'espère également que tu ne seras pas déçue de la rupture !
dobbymcl : alors comme ça, j'ai réussi à te partager entre Terry et Ted ? quel formidable compliment ! et Maggie... bah non elle n'a rien fait de tout cela. Toutefois, tu peux constater que Ted passe moins de temps avec Andromeda, et là elle y est sûrement pour quelque chose. Mais qui apprécierait que son mec passe beaucoup de temps avec la fille dont il était (et peut-être est encore) amoureux ?
Merci pour tous les autres qui m'ont laissé des reviews ! et pour tous les mots d'encouragement, et les compliments, et votre fidélité..
Bon, assez de blabla, je vous laisse à votre lecture.
Bye !
Chapitre 20
Andromeda ne pouvait s'empêcher de lancer des coups d'œil vers Terry dès qu'il entrait dans son champ de vision. Elle avait deux raisons d'être nerveuse : la première, la rencontre avec la grand-mère de Vic avait lieu aujourd'hui. La seconde était sa rupture imminente avec Terry. C'était la meilleure chose à faire, elle le savait, néanmoins elle n'arrivait pas à s'habituer à l'idée. Elle se rappela la conversation qu'elle avait eue hier avec Myriam, lorsqu'elle lui avait annoncé sa décision, une fois dans le dortoir.
- Waouh… Je ne pensais pas que tu prendrais cette décision aussi vite.
- Mais… je vous ai pourtant dit il n'y a même pas un quart d'heure…
- Oui, je sais, mais avec toi, il faut toujours s'attendre à un temps d'adaptation, alors…
- Oh, ça va…
- Ne le prends pas mal, Andro, mais tu ne peux quand même pas nier que tu n'es pas une flèche en ce qui concerne tes sentiments. La preuve : il t'a fallu plusieurs mois pour réaliser que quelque chose n'allait pas dans ta relation avec Belveder.
- Oui, parce que toi, évidemment, tu avais tout compris il y a bien longtemps…
Au regard que Myriam lui lança, Andromeda se mordit la lèvre inférieure, coupable. Bien sûr que son amie avait déjà tout compris il y avait longtemps. Elle lui avait même déjà dit tout ça…
- Andro, le plus important, maintenant, c'est que tu aies fini par réaliser tout ça…
- Ce n'est pas tout à fait vrai… Je ne comprends toujours pas ce qui n'a pas tourné correctement dans notre couple… Pourtant, on était devenu proches… Alors pourquoi… ?
- Dès le début, vous n'étiez pas réellement un couple.
- Mais… Il avait commencé à se confier…
- Belveder ? dit Myriam, sceptique.
- Oui, bon, à sa manière… Mais je pensais vraiment qu'on se rapprochait…
- Oui. En tant qu'amis.
Andromeda n'avait su quoi répondre. Myriam avait soupiré, puis avait repris la parole.
- Ecoute, tu n'as qu'à comparer ce que tu peux ressentir pour Terry avec ce que tu ressens pour Tonks. Comparer les situations avec l'un, puis avec l'autre. Et tu comprendras la différence.
La discussion avait été clause sur ces mots.
Ainsi, pendant presque toute la nuit, l'esprit d'Andromeda n'avait pu trouver le repos. Et comme Myriam l'avait prédit, elle avait fini par comprendre. Par réellement comprendre. Ce n'était pas si dur, en réalité, et elle se demandait à présent comment elle avait fait pour ne pas s'en rendre compte avant. Elle se sentait vraiment ridicule.
- Bonjour, Black.
La jeune fille releva les yeux, surprise, et vit Norman et Ackerley en face d'elle. Elle se rappela qu'elle était dans la bibliothèque et sourit aux deux Serdaigles en guise de salutation. Ils s'installèrent à la table, comme si c'était une habitude prise il y avait longtemps, et cela ne surprit même pas la Serpentard.
- Ça faisait un moment qu'on ne s'était pas vu, remarqua Norman.
- Oui, en effet… Vous allez bien ? Comment se passent les cours ?
Les deux Serdaigles la regardèrent avec étonnement. Il était rare après tout qu'Andromeda s'enquière de leur évolution à Poudlard.
- Bien, répondit Ackerley. On a eu pas mal de devoirs ces derniers jours, mais ça s'est calmé.
- Et… Et toi ?
Andromeda haussa les épaules.
- Oh, rien de bien passionnant… Mis à part que je fais des recherches pour retrouver des membres de ma famille.
Elle avait hésité à le leur dire, mais elle s'était décidée, car elle avait confiance en ces deux Serdaigles. Ils avaient déjà prouvé leur loyauté après tout.
- Comment ça ? interrogea Norman, curieux.
- Le frère de mon grand-père a été déshérité parce qu'il était cracmol. Il a probablement fondé sa propre famille, j'imagine, dans le monde moldu…
- Oh, je vois. Et tu veux la rencontrer, alors ?
- J'aimerais bien, oui.
- Mais comment tu vas t'y prendre ? questionna Ackerley. Tu n'as aucun moyen de faire des recherches dans le monde moldu.
- En ce moment, je reçois une aide extérieure.
- Une aide extérieure ?
- Le frère aîné d'un Poufsouffle de notre promotion. Il est Cracmol et fait des études dans le monde moldu.
- Ah oui, je vois… C'est donc plus simple pour lui d'effectuer les recherches.
- Oui.
Chacun se tut puis reprit ensuite son travail, et Andromeda apporta son aide à Norman lorsqu'il eut des difficultés avec son devoir de botanique. Ils ne furent interrompus que par l'arrivée de Myriam et Vic, qui furent à la fois surpris et ravis de voir les deux Serdaigles. Ils passèrent une heure ensemble, à plaisanter, à travailler, bien que Norman fut en réalité le dernier à rester sérieux, toujours aidé par Andromeda. Ils se séparèrent pour le repas, et la jeune Black traîna les pieds dans les couloirs.
- Andro, dépêche-toi, râla Myriam.
- Ce n'est pas parce que tu ne marches pas vite que ça va retarder l'échéance de ta rupture.
Andromeda ne releva même pas un sourcil quant au fait qu'il était au courant. Ce n'était plus le genre de chose qui l'étonnait, à présent, ayant parfaitement conscience que Myriam lui racontait quasiment tout.
Lorsque le repas fut terminé, les élèves pouvant aller à Préaulard se dépêchèrent de quitter la table pour aller se préparer. Andromeda, Vic et Myriam allèrent également se changer et rejoignirent Terry, qui les attendait dans la salle commune, assis dans un fauteuil, visiblement tendu. La jeune Black sentit son cœur se serrer. Il semblait si fragile en ce moment, si vulnérable qu'elle sentit soudain un sentiment de culpabilité l'envahir. Elle allait rompre avec lui aujourd'hui… Et si la rencontre ne se passait pas bien ? Pouvait-elle quand même le faire ? Ne lui en voudrait-il pas de lui faire cela ce jour précis ?
Elle sentit la main de Myriam sur son épaule et fut rassurée. Ils n'étaient pas réellement un couple. Il ne pouvait pas réellement l'aimer. Et même si c'était le cas, elle ne pouvait plus faire marche arrière. Elle devait le faire.
Le petit groupe de Serpentards se dirigea jusqu'à la taverne et s'installa à une table à l'écart. Il n'y avait pas encore beaucoup d'élèves présents, tous préférant venir boire un coup après avoir fait les magasins, et cela arrangeait grandement Andromeda et, elle le savait, Terry. Une demi-heure passa, et Vic avait beau essayé de réchauffer l'ambiance, c'était peine perdue. Tous commençaient sérieusement à trouver l'attente longue, et les têtes qu'ils faisaient auraient pu faire fuir un troll.
Cinq minutes s'écoulèrent lorsque le Préfet-en-Chef se leva brusquement, un grand sourire aux lèvres. Les trois autres Serpentards se tournèrent vers la personne à qui le garçon faisait de grands signes de la main, et chacun sentit toute couleur quitter leur visage. La femme qui s'avançait avait un visage strict et sévère, une allure digne, un regard froid et hautain. Andromeda jeta un œil vers Vic, se demandant si c'était vraiment sa grand-mère, ne voyant aucune ressemblance entre eux. Cependant, il n'y avait plus aucun doute lorsque la vieille femme prit place à la table, ayant avant demandé, ou plutôt ordonné, à Myriam de lui laisser sa place, ne voulant pas avoir vue sur tous les imbéciles qui se saoulaient à l'intérieur. Curieusement, la jeune fille ne répliqua même pas et se leva pour se placer à côté de Vic. Une fois installée, la femme observa Terry sans un mot, scrutant chaque trait de son visage. Lorsque Vic revint du bar où il était parti chercher un thé pour sa grand-mère, il ouvrit la bouche pour parler, mais elle leva la main, sans même le regarder, et son petit-fils s'interrompit immédiatement, comprenant qu'il devait attendre l'autorisation avant de parler.
- Je vois que tu ne ressembles pas tant que ça à mon frère, dit-elle enfin.
Elle but une gorgée de son thé, ignorant à présent la présence des jeunes gens à sa table.
- Moi aussi, je suis ravi de faire votre connaissance.
La femme faillit s'étouffer avec sa gorgée. Elle tourna un regard furieux vers Terry, semblant vraiment scandalisée, et Andromeda surprit le visage las de Vic. Visiblement, on ne dérangeait pas Sandra Loversen pendant son thé.
- Quoi ? demanda sèchement Terry. Vous n'avez pas cessé de repousser notre rencontre, vous décidez le jour même que l'on doit se voir le lendemain, vous arrivez avec plus d'une demi-heure de retard, vous ne nous saluez pas, vous contentant de me jauger, pour faire ensuite un commentaire méprisant, et après on n'aurait pas le droit de vous faire remarquer votre attitude déplaisante ?
La tante et le petit-neveu entreprirent alors une bataille de regard le plus froid possible. Myriam se pencha discrètement vers Vic.
- On aurait dû prendre en compte le foutu caractère de Belveder, tu crois ?
Vic hocha positivement la tête, un air inquiet sur le visage. Andromeda se tassait le plus possible dans sa chaise, son regard allant de Terry à Sandra. C'était à un véritable combat auquel elle assistait. Les deux refusaient de baisser les yeux. Aucun n'était prêt à s'avouer vaincu. La jeune fille se demandait combien de temps ça allait durer, et surtout comment ça allait se terminer.
Finalement, Sandra eut un ricanement, détourna les yeux et but une nouvelle gorgée.
- Tu n'es pas un Belveder pour rien, on dirait, dit-elle.
Myriam et Andromeda se tournèrent vers Vic, cherchant à savoir s'ils pouvaient se détendre. Au sourire du garçon, elles soupirèrent discrètement de soulagement. Cependant, même si l'ambiance s'était quelque peu détendue, il y avait toujours un grand silence à leur table, Terry et Sandra ne se parlant absolument pas. Ne le supportant plus, Andromeda décida de prendre la parole.
- Alors, Mme Loversen… Vous êtes donc la sœur de Wyatt… C'est bien son nom, n'est-ce pas ?
Pas très original, mais elle ne voyait que cela pour commencer la conversation. Sandra lui jeta un regard noir.
- C'est exact, répondit-elle néanmoins. Cet imbécile de Wyatt qui n'a trouvé rien de mieux que de s'enticher d'une Moldue…
- Vous avez quelque chose contre les Moldus, madame ? interrogea Myriam d'une voix froide.
- Oh, ma famille n'a jamais rien eu de particulier contre eux. Ni contre les nés-moldus, d'ailleurs. Mais dans la situation dans laquelle on était, il aurait mieux valu qu'il coupe les ponts avec cette fille.
- Il a choisi celle qu'il aimait, murmura Andromeda.
- C'est aussi celle qui a mené notre famille dans le chaos. J'ai eu de la chance d'avoir pu reconquérir celui qui devait être mon fiancé. Mais vous rendez-vous compte ce que tout cela a entraîné, jeune fille ? Nous avons été bafoués, humiliés… bannis ! Cela n'était plus arrivé depuis plus de trois siècles !
Elle reposa brusquement sa tasse vide sur la table.
- Nous avions déjà des problèmes d'argent, tout aurait pu se résoudre facilement si monsieur n'avait pas été aussi borné…
- Mon grand-père n'a jamais eu l'air de regretter quoi que ce soit, dit subitement Terry. Je pense que même si ça se reproduisait, il ferait exactement les mêmes choix.
- Et nous, alors ? Il n'a jamais pensé à nous ! Se moquait-il donc des autres ?
- En amour, si l'on n'est pas un minimum égoïste, on ne sera jamais heureux…
Vic et Myriam se tournèrent vers Andromeda, surpris. La jeune fille rougit en se souvenant que cette phrase, elle l'avait entendu de la bouche même du Préfet-en-Chef.
Sandra souffla d'exaspération.
- Ce sont bien des illusions de gamins, ça…
Andromeda rougit encore plus.
- Quand un homme grandit, continua la vieille femme, il doit faire face à des responsabilités que jusque-là, ses parents portaient sur leurs épaules. Et dans ces responsabilités, il y a la réputation du nom que l'on porte, la famille que l'on représente. Mais cela encore, ce ne sont que des détails. Le plus important, c'est également de soutenir sa famille, subvenir à ses besoins… Toujours agir pour la famille.
- Je ne suis pas d'accord.
Sandra dirigea son regard vers Andromeda, qui elle avait les yeux baissés.
- Quand la famille a tort et que l'on ne peut pas le lui faire comprendre, faut-il vraiment agir pour elle ou faire ce en quoi nous croyons ?
-L'un n'empêche pas l'autre.
- Bien sûr que si… On ne peut pas plaire à sa famille en faisant quelque chose qui nous est interdit…
- Si quelque chose est interdite, ce n'est pas sans raison.
- Mais ce n'est pas forcément juste et raisonnable.
Sandra la scruta du regard pendant quelques secondes.
- Et qui êtes-vous ?
Andromeda rougit.
- Grand-mère, intervint Vic, je t'en ai déjà parlé. C'est Andromeda Black.
- Ah, je comprends mieux… Et la blonde, elle accepterait d'aller me chercher une autre tasse de café ?
- Eh bien, la blonde a l'impression que c'est plus un ordre qu'autre chose, mais elle va quand même aller la chercher, cette tasse de café.
Ceci dit, Myriam se leva et partit vers le bar.
-Un sale caractère, celle-là, je me trompe ? questionna Sandra.
Vic lui sourit.
- C'est Myriam Hales, grand-mère.
- Je comprends mieux.
Myriam revint, posa la tasse devant Sandra et se rassit. Elle parut énervée que la femme ne la remercie pas, mais préféra cependant se taire.
- Je suis assez étonnée de voir une Black en compagnie de mon petit neveu.
Andromeda lança un regard vers Terry, attendant un signe de sa part pour lui dire qu'ils sortaient ensemble. Bientôt ce ne serait plus le cas, mais pour le moment elle était toujours sa petite amie. Cependant, Terry ne dit rien, il gardait la tête baissée, le regard perdu sur la table.
- Mais vu votre discours, jeune fille, je suppose que vous êtes différentes des autres imbéciles qui composent votre famille. Cependant… Excusez ma curiosité, mais quel événement vous a détourné de la noble et pure famille des Blacks ?
Andromeda rougit. Elle n'osait pas répondre, pas devant Terry. Même s'ils allaient rompre, elle ne pouvait pas avouer devant lui qu'elle aimait encore Tonks… Mais après tout, elle pouvait juste dire qu'elle était devenue amie avec un né-moldu. Ça n'engageait rien, et c'était vrai.
- Elle est tombée amoureuse d'un né-moldu, la devança Vic.
- Eh ! s'exclama Andromeda, rougissant de plus belle. Ce… ce n'est pas… On est ami, c'est tout !
Son regard se posa sur Terry, mais se détourna instinctivement quand elle remarqua que celui du garçon était également posé sur elle.
- Ceci explique cela. Il est normal que vous réagissiez ainsi, sachant très bien que si votre relation avec ce né-moldu est dévoilée à votre famille, ils essayeront de vous obliger à vous en séparer. Et si vous refusez, vous savez que vous perdrez tout.
- Mais est-ce que je fais le bon choix en voulant rester amie avec lui ?
- Je suppose. Un individuel dans un groupe de moutons, ça ne peut que faire du bien.
- Mais Wyatt, lui, avait tort ?
Sandra tapa la table de son poing, son visage à nouveau déformé par la colère. Il était impressionnant de la voir changer si rapidement d'attitude, que les jeunes élèves en sursautèrent et en furent un moment effrayés.
- Evidemment ! Cette histoire ne le concernait pas uniquement !
- C'était sa vie amoureuse, je vois difficilement le contraire, répliqua Myriam.
- Avec son entêtement, il a causé du tort à toute sa famille !
- Et évidemment, c'était contraire aux règles d'or, riposta Terry, surprenant tout le monde, celles qui disent qu'il faut toujours agir pour la famille.
- Parfaitement !
- Quelle hypocrisie…
Sandra se tourna brusquement vers Andromeda, choquée. La Serpentard avait les yeux baissés, elle était pâle et ses mains se tordaient nerveusement. Cependant, elle continua à parler.
- Quand votre frère est tombé amoureux d'une femme que d'autres, qui n'étaient même pas de votre famille, essayaient de repousser, vous n'avez rien fait pour l'aider. Vous étiez d'accord avec ceux qui voulaient vous humilier, et vous avez blâmé votre frère…
Elle releva les yeux pour plonger son regard dans celui de la femme.
- Et après, vous nous dites qu'il faut toujours soutenir notre famille ?
Sandra ouvrit la bouche, mais aucun son n'en sortit. Elle soutint le regard de la jeune fille, pendant au moins trois minutes, lorsque celui d'Andromeda changea pour être plus sûr de lui, plus sévère. Elle reprit la parole, d'une voix ferme et hautaine.
- Je refuse d'écouter plus longtemps quelqu'un d'aussi hypocrite.
Elle se leva et quitta précipitamment la taverne. Arrivée dehors, elle ne s'arrêta pas et courut jusqu'à trouver un coin tranquille. Elle arriva près d'une vieille maison abandonnée et se laissa tomber au sol, s'appuyant contre un arbre, les yeux fermés. Elle avait du mal à réaliser ce qu'elle venait de dire à Sandra. Ou plutôt, elle avait du mal à réaliser que c'était elle qui avait dit cela. Mais elle n'avait pas pu s'en empêcher. La femme l'avait tellement agacée, et dégoûtée… Comment avait-elle pu comparer ce qui était arrivé à Wyatt avec sa propre situation ? Dans son cas, elle ne pouvait pas obtenir le soutien de sa famille, car elle faisait quelque chose qui était entièrement contre tout ce en quoi les autres Blacks croyaient. Mais Wyatt… Il aurait dû avoir le soutien de ses proches. Sa famille n'avait rien de particulier contre les Moldus, elle ne pensait pas exactement comme les autres sang-purs. Et malgré cela, Sandra avait rejeté son frère, parce qu'il aimait une Moldue.
Andromeda rouvrit les yeux et regarda le ciel. Elle était sûre que Sandra avait été une fille populaire, entourée d'amis, qu'elle avait auparavant de l'ambition et pleins de projets, mais que tout avait été détruit à cause de ce qui était arrivé. A cause de la famille Black… La jeune fille eut un sourire las. Si Sandra apprenait qu'elle et Terry sortaient ensemble, elle était sûre qu'elle n'aurait pas le temps de rompre que la femme essayerait déjà de le faire à leur place.
Andromeda resta presque une heure assise là. Il ne faisait pas trop froid comparé à d'autres jours, et le calme environnant l'apaisait énormément. Cependant, il lui fallait bien revenir à la réalité à un moment ou à un autre. Elle se leva à contrecœur et prit la direction du château. Lorsqu'elle arriva enfin à la salle commune de Serpentard, elle s'arrêta, prit une profonde inspiration et entra. Il était temps de rompre avec Terry.
Elle s'immobilisa brusquement en apercevant ce dernier assis dans l'un des divans, les yeux perdus dans le vide. Il les releva et son regard se posa immédiatement sur Andromeda qui ne put s'empêcher de rougir et de détourner le sien. Terry quitta le divan et s'avança vers elle.
- On se demandait où tu étais passée.
« On ». Pas « je ». Il y avait un progrès, puisqu'avant il aurait probablement dit « Hales et Loversen », mais cette fois-ci Andromeda ne s'en sentait pas le moins du monde heureuse.
- Terry… On peut parler ? Ailleurs, je veux dire…
Il lui lança un regard surpris, mais accepta. Ils quittèrent la salle commune et se rendirent dans un cachot vide. Andromeda prit une nouvelle inspiration, puis se tourna vers le Serpentard.
- Terry…
Sa voix s'étouffa dans sa gorge.
- Oui ?
- Euh… Comment… comment ça s'est passé, après que je sois partie ?
Elle se gifla mentalement pour sa lâcheté. Terry la scruta du regard un instant avant de répondre.
- Elle a eu du mal à se remettre de ce que tu lui as lancé à la tête. Elle n'a plus rien dit pendant quelques minutes, et n'arrêtait pas de regarder partout, bien que je ne pense pas qu'en réalité qu'elle regardait quelque chose en particulier. Loversen lui a finalement demandé si ça allait, et elle l'a questionné sur ce que lui pensait de tout ça.
Il soupira avant de reprendre.
- Enfin, elle lui a posé tout un tas de question, mais il n'a pu en répondre à aucune. Elle ne lui en a pas laissé le temps. Et puis, soudain, elle s'est levée, a dit qu'il était tard et qu'elle n'avait pas vu le temps passé, puis elle est partie.
- Oh…
Andromeda n'en croyait pas ses oreilles. Elle était persuadée que la vieille femme aurait été en colère, qu'elle se serait vengée sur ses amis, et en particulier sur Terry. Ce comportement n'était absolument pas celui qu'elle attendait de sa part, et pourtant elle devait se rendre à l'évidence : ses mots avaient eu un effet considérable sur Sandra Loversen.
- Loversen m'a dit que cette réaction était plutôt bon signe, mais sincèrement j'en doute.
- Je pense que tu peux lui faire confiance, déclara Andromeda.
- Sûrement… Mais dis-moi, c'était pour parler de cette vieille folle que tu m'as amené ici ?
La jeune fille se mordit la lèvre. Terry et sa foutue perspicacité !
- Non… murmura-t-elle.
- Alors ? Tu voulais parler de quoi ?
Andromeda eut soudain envie de s'enfuir à toutes jambes, d'oublier toute cette histoire. Après tout, s'ils ne se comportaient même pas comme un couple, elle pouvait peut-être tout aussi bien faire comme si de rien n'était, ensuite le jour viendra où elle trouvera quelqu'un d'autre – Tonks de préférence – et cela paraître tout à fait normal qu'elle sorte avec lui… La jeune fille soupira. Bien sûr que non, ce n'était pas possible. Elle ne pouvait pas faire comme ça.
- Terry… Je… Pourquoi…
- On ne va peut-être pas y passer la nuit, l'interrompit-il, sans aucune méchanceté cependant.
- Pourquoi tu n'as pas dit à Sandra que l'on sortait ensemble ?
Il parut surpris de la question, mais reprit rapidement un visage impassible.
- Eh bien, je ne pense pas que c'était le bon choix de le lui dire maintenant.
- Et quand sera le bon moment ?
- Je l'ignore.
- Est-ce que c'est quelque chose que tu pourras dire à ta famille ?
Il sembla un instant embarrassé, mais tenta de ne pas le montrer.
- Pourquoi est-ce aussi important ?
Andromeda sentit son cœur se serrer, mais ne détourna pas son regard de celui du garçon. Elle était prête.
- Dans ce cas, je vais poser la question différemment, murmura-t-elle. Est-ce qu'on sort toujours ensemble ?
Le visage du garçon s'assombrit.
- Qu'est-ce que tu veux dire ? demanda-t-il sèchement.
- Eh bien… je…
Elle inspira profondément.
- On ne fait rien comme un couple normal. Je veux dire… C'est trop bizarre, on… on ne se parle pas beaucoup, on ne passe pas beaucoup de temps ensemble… Pour ne pas dire qu'on n'est quasiment jamais ensemble…
Elle cessa de parler, afin de trouver ses mots.
- Jusqu'à présent, je trouvais qu'il y avait du progrès dans notre relation, mais… ça n'a rien à voir. On se comporte plus comme deux personnes qui apprennent à devenir amis plutôt qu'à développer notre couple. Et…
Elle détourna le regard.
- Je pense qu'il vaut mieux qu'on se sépare.
Une minute passa. Puis une seconde. Andromeda attendait la réaction du garçon, qui ne venait pas. Elle se décida enfin à poser ses yeux sur lui et constata qu'il regardait ailleurs. Elle attendit encore un peu, puis ne supportant plus ce silence elle reprit la parole.
- Terry… Dis quelque chose…
Il ferma les yeux, inspira discrètement puis releva les yeux pour les poser sur Andromeda, dont le cœur se serra. Il souriait.
- J'aurais vraiment échoué du début jusqu'à la fin, on dirait.
La jeune fille ouvrit la bouche, tenta de dire quelque chose, mais ne sut y parvenir. Terry soupira, et se détourna, sans se départir de son sourire.
- Je ne pensais pas que tu me croirais. Quand tu as accepté de sortir avec moi, j'ai cru que c'était une blague.
Il ricana, comme il était le seul à avoir compris la plaisanterie en question.
- Je… Je ne comprends pas, murmura Andromeda.
- C'est pourtant simple, non ? C'était une autre façon de me venger. J'avais l'intention de sortir avec toi, que tu le dises à ta famille… J'avais même imaginé à ce qui se serait passé après. Le mariage, et tout ça… Quelle ironie, non, que le petit-fils de l'homme qui avait humilié les Blacks épouse quelqu'un de cette même famille qui en réponse de cette humiliation avait banni cet homme et les siens ! Tu ne trouves pas, toi, que c'est particulièrement ironique ?
Il posa ses yeux sur Andromeda, mais les détourna rapidement. La jeune fille se tenait immobile, le visage à présent pâle, les yeux légèrement humides.
- Si tu n'as plus rien à me dire, ajouta Terry, sans pour autant se retourner vers elle, je vais te laisser.
- Tout ça, c'était un plan… ? Juste… pour ta vengeance ?
- Tu es vraiment lente à la détente, marmonna-t-il.
Il voulut se diriger vers la porte, mais Andromeda le retint par le bras. Il se tourna vers elle, surpris.
- Tu mens, dit-elle, la voix étouffée par les sanglots qu'elle tentait de retenir. Tu ne peux pas… tu ne peux pas avoir fait tout ça juste pour cette vengeance..?
Terry se dégagea brusquement et tourna le dos à la jeune fille qui ne parvenait plus à empêcher ses larmes de couler. Puis il lui fit à nouveau face, le visage froid, un léger sourire aux lèvres.
- Je te l'avais pourtant dit, non ? Que tout ce que je souhaitais, c'était de te voir, toi et tes sœurs, sombrer en enfer.
La main de la jeune fille partit toute seule. Elle claqua violemment contre la joue du garçon, qui ne bougea pas, pas même lorsque la Serpentard quitta précipitamment le cachot.
C'était bel et bien fini. Cependant, jamais Andromeda n'aurait cru que ça se serait terminé ainsi. Ni même que ça aurait commencé pour les raisons que Terry avait énoncé. Elle avait l'impression que quelque chose sonnait faux, qu'il y avait quelque chose qui lui échappait, mais elle refusait d'y réfléchir. Ce qu'elle voulait à présent, c'était oublié tout ceci. Passer à autre chose. Et surtout, tenter de ne plus penser à la peine qu'elle avait ressentie en entendant les mots de Terry…
