Salut le monde !
Désolée du retard, j'ai bien l'impression d'avoir battu mon record... En ce moment je ne sais plus trop où donner de la tête, mais pas de soucis, je n'ai toujours pas l'intention d'abandonner cette fiction ! ;-)
Merci à vous pour vos reviews, et aux nouveaux lecteurs.
Je sais que vous vous languissez tous de voir Ted et Maggie rompre et de le voir enfin avec Andromeda... mais soyez patients ! ;-p
Missie Moon :oui, Matthews, ça s'écrit bien comme ça :-)
Chapitre 22
L'ambiance était festive dans la grande salle ce soir-là. Les élèves étaient tous joyeux et détendus, et l'on entendait des éclats de rire à travers toute la salle. Andromeda sourit devant son assiette. Vic avait raison : le repas préparé à Noël était délicieux.
- Pourquoi tu souris aussi bêtement, Andro ? lui demanda Myriam.
- Parce que je viens de donner raison à Vic.
Le concerné eut subitement l'air surpris.
- Non, c'est vrai ? Et en quoi j'avais raison ?
Le sourire d'Andromeda s'élargit et elle montra son assiette du doigt. Le Préfet-en-Chef ne sembla pas comprendre au début, puis une illumination apparut dans ses yeux et il sourit à son tour.
- Eh oui. Les Elfes de Maison se surpassent pour Noël, dit-il.
Myriam, ne comprenant pas l'échange qui venait de se dérouler, regarda tour à tour ses deux amis, puis haussa les épaules et commença à manger. Andromeda savoura chaque bouchée, se disant que c'était bien la première fois qu'elle profitait réellement du repas de Noël. Malheureusement, son bonheur fut de courte durée lorsque son amie lui rappela quelque chose de bien déplaisant.
- Au fait, Andro, tu as déjà demandé à tes parents si tu pouvais fêter le nouvel an avec nous ?
La jeune fille reposa sa fourchette, dépitée.
- Non, pas encore…
- Bon, bah tu le feras demain… je pensais que tu préférais le faire par lettre.
- Oui, mais… je ne savais absolument pas quoi écrire.
Vic et Myriam échangèrent un regard.
- Ils vont probablement te demander qui il y aura, vu que c'est une soirée chez les Loversen.
Andromeda grimaça. Elle n'avait pas pensé à cela.
- Elle n'est pas obligée de leur dire qu'elle va chez moi.
- Qu'est-ce qu'elle pourrait bien leur dire, alors ?
- Eh bien, qu'elle a été invitée ailleurs.
- Et chez qui ? Je te rappelle que je suis la seule amie connue de ses parents, et que si elle raconte qu'elle a été invitée dans une famille digne de la sienne, ils ne mettront pas longtemps à savoir que c'est un mensonge, vu qu'ils ont des relations avec pratiquement toutes les familles sang-pur d'Angleterre.
Vic resta immobile un moment, les yeux fixés sur la jeune blonde, l'air interloqué. Andromeda poussa un profond soupire, sachant que son amie disait vrai. Elle pourrait difficilement tromper ses parents, et si elle essayait que ça échouait, elle en paierait le prix... Elle ignorait lequel, mais elle préférait ne rien tenter.
- Andro ? Tu as entendu ?
La jeune fille sursauta et remarqua les regards inquisiteurs de Vic et Myriam. Cette dernière soupira d'agacement.
- Evidemment, non.
- Qu'est-ce que vous disiez ?
- On cherchait une solution à tes problèmes. Tu pourrais quand même faire l'effort de nous écouter, non ?
- Myriam, arrête de l'agresser voyons.
Elle lui lança un regard noir puis se tourna à nouveau vers son amie.
- On disait que, puisque tes parents savent déjà qu'on est amie, on ne voyait pas pourquoi ils seraient contre le fait qu'on passe le nouvel an ensemble.
- Hmm…
- Tu leur diras que c'est en petit comité, juste toi, moi, et Vic. On n'est pas réputé pour notre sociabilité après tout.
Vic toussota.
- Oui, bon, sauf toi, mais jusqu'à preuve du contraire, tu n'as pas tellement d'amis « fixes ».
Le garçon fit mine de se renfrogner, se prenant ainsi un coup sur l'épaule de la part de la jeune blonde. Andromeda rit des bêtises de ses deux amis et décida de profiter à nouveau de son repas, sans se préoccuper de ce qu'elle pourrait dire à ses parents le lendemain.
Malheureusement, le jour suivant arriva bien vite, et Andromeda resta un bon moment debout devant le Poudlard Express, la valise à ses pieds, les yeux fixant le train d'un air inquiet. Elle sentit une main se poser sur son épaule et elle se tourna pour faire face à Myriam qui lui sourit d'un air compatissant. Elles montèrent alors dans le Poudlard Express et cherchèrent le compartiment dans lequel devait les attendre Vic. Elles ne tardèrent pas à trouver.
Le voyage eut au moins pour effet de faire oublier ses inquiétudes à Andromeda, en particulier lorsque Ted les rejoignit pendant un petit moment, seul à leur grande surprise. Vic lui demanda où était Maggie, mais le garçon leur répondit, assez gêné, qu'elle avait préféré rester avec ses amies. Andromeda ne dit rien, toutefois elle mourrait envie de lui demander si quelque chose n'allait pas. Ce que fit évidemment Myriam, sans aucune retenue. Le Poufsouffle sourit tristement, puis haussa les épaules en disant qu'ils s'étaient disputés. Impossible de savoir sur quoi, il changea rapidement de sujet et les Serpentards curieux durent bien l'accepter.
Ils reçurent également une petite visite de Norman et Ackerley. Les deux premières années voulaient leur souhaiter de joyeuses fêtes, sachant qu'ils n'avaient que cette opportunité pour le faire. Andromeda, réalisant à quel point elle – et ses amis également – était appréciée, s'en sentit réellement émue. Prêter attention aux autres avait du bon : elle avait enfin l'impression d'être quelqu'un, bien plus que lorsqu'elle n'était qu'un nom pour les autres, qu'une Black.
Le voyage toucha à sa fin et les élèvent descendirent du train avec excitation. Seule Andromeda ne se pressa pas. Une fois sur le quai, elle chercha sa famille des yeux et la trouva, légèrement à l'écart des autres parents. Narcissa les avait déjà rejoints et elle constata avec horreur qu'elle était accompagnée par Lucius Malefoy et ses parents… Elle poussa un profond soupire.
- J'ai vu, dit Myriam. Bon courage, ma vieille.
Sur ses mots, la jeune fille se dirigea vers ses parents, qui l'attendaient, ainsi qu'un jeune homme… Andromeda fronça les sourcils. Qui était ce garçon ? Elle vit Myriam lui sauter dans les bras, déposant deux grosses bises sur les joues.
- C'est son frère aîné, répondit Vic à sa question silencieuse. Jonas.
- Son frère aîné… ?
- Elle ne t'a jamais parlé de lui ?
- Si… enfin… un peu. Je croyais qu'il était parti en France.
- Apparemment, il est de retour. On aura donc une personne de plus à notre réveillon.
Le garçon lui donna une tape sur l'épaule avant de s'éloigner à son tour vers ses parents. Andromeda observa encore un moment Myriam et sa famille. Son frère était un homme grand, blond vénitien, âgé de vingt-trois ans. Il était probablement la seule personne pour qui Myriam éprouvait un profond respect, voire même de l'admiration. Cependant, elle en parlait peu. Andromeda ne s'était jamais demandée pourquoi, mais à présent elle était curieuse d'en savoir un peu plus sur lui.
Elle se décida enfin à rejoindre ses parents. Elle reçut une remarque désobligeante de la part de sa mère pour les avoir fait ainsi attendre, cependant le sujet fut rapidement clos lorsque la mère de Lucius Malefoy prit la parole.
- Voyons, Druella, elle arrive juste au bon moment pour apprendre la bonne nouvelle. Andromeda, ma puce, dit-elle ensuite en se tournant vers la jeune fille, que dirais-tu de venir passer le nouvel an chez nous, au manoir ?
Andromeda pâlit brusquement.
- Quoi… ?
- J'ai décidé d'organiser une immense fête au manoir pour cette occasion. Il y en a assez, de ces réveillons ennuyants, c'est un moment important, ce passage à l'an suivant !
Cyrella Malefoy était une femme étrange. Andromeda l'avait déjà pensé auparavant, mais à présent elle n'avait plus aucun doute à ce sujet.
- Alors, nous allons inviter toutes les grandes familles. Oh, que ça va être amusant !
Elle rejoignit ses mains, ses brillaient d'excitation. Son mari, Abraxas Malefoy, lui lança un regard dépité, mais ne dit rien. L'homme avait beau être réputé comme étant quelqu'un de sévère, il s'opposait rarement à son épouse.
Andromeda se ressaisit, se disant qu'elle ne pouvait pas accepter gentiment cette invitation sans rien dire.
- Euh, Mme Malefoy… et mère et père, je voulais justement vous demander…
Tous la regardaient avec curiosité. Elle se sentit brusquement mal à l'aise, mais refusa de se décourager.
- Voilà… On voulait fêter le nouvel an ensemble, avec… Myriam et Vic. En plus, le frère de Myriam est revenu de France pour les fêtes, alors…
Elle se tut devant le regard peiné de Mme Malefoy. Il était évident qu'elle ne s'était pas attendue à ce que son projet ne se déroule pas comme elle le prévoyait.
- Tu préfèrerais passer le nouvel an avec ces traîtres à leur sang qu'avec les plus grandes familles d'Angleterre ? demanda sa mère sur un ton sec.
- Ce ne sont pas… Enfin, je…
- Je me faisais une telle joie de ce réveillon, dit Mme Malefoy d'une voix triste. De vous voir tous présents…
- Je suis désolée, mais…
- Andromeda, je refuse que tu ailles passer le réveillon avec ces gens, l'interrompit son père. Mme Malefoy prépare cette occasion depuis plusieurs semaines, tu ne peux pas lui faire faux bond de cette manière.
- Mais je ne lui fais pas faux bond, j'ignorais que… !
- Il suffit. Nous nous rendrons avec plaisir à votre réception, Cyrella.
La femme retrouva son sourire, et après avoir embrassé chaleureusement Druella, les Malefoys s'éloignèrent, bientôt imités par les Blacks.
Andromeda alla se réfugier dans sa chambre immédiatement après être arrivée à la maison, et se laissa tomber sur son lit. Elle n'arrivait pas à y croire. Elle n'avait même pas pu insister. Tout ça parce que Mme Malefoy voulait organiser ce réveillon stupide entre sang-purs… ! La jeune fille soupira. Elle s'était faite une joie de ce nouvel an en compagnie de ses amis, et voilà qu'elle se retrouvait forcée de se rendre à une réception entourée de petits aristocrates pompeux et hautains. Elle ne supportait vraiment plus ce milieu… Elle voulait être plus libre, plus… différente.
Andromeda se redressa brusquement, une idée lui ayant traversé l'esprit. Elle devait trouver un moyen d'échapper à cette réception, et elle savait comment. Elle n'aurait qu'à faire semblant d'être malade, et lorsque tous seraient partis, elle irait se préparer et partirait rejoindre ses amis. Elle ignorait si ses parents croiront à sa mascarade, mais après tout ils n'avaient jamais eu à se plaindre d'elle. Rester plus qu'à trouver un moyen convaincant de se faire porter malade.
Elle attrapa un parchemin et fit part de ses soucis à Myriam. S'il y en avait bien une qui pouvait l'aider à tout cela, c'était bien elle. Elle reçut une réponse le lendemain.
« Ma chère Andro,
Tu n'as décidément pas de chance avec ta famille… Te connaissant, je suis sûre que tu n'as pas cherché à trop insister, mais puisque tu as eu l'idée de ce plan, je ne te ferais aucune remarque à ce sujet (je sais ce que tu penses, et sache que moi aussi je t'adore !). »
Andromeda eut un petit rire en lisant ces lignes, puis reprit sa lecture.
« Ton idée n'est pas mauvaise, quoique peu originale, cependant je vois difficilement comment convaincre tes parents, sachant qu'ils risquent de faire venir un magicomage dès que tu diras te sentir mal… car le mieux serait que tu ne tombes pas malade subitement le soir du réveillon, ce serait trop louche. »
« Je n'avais pas pensé à ça », pensa Andromeda en se maudissant.
« J'ai envoyé un message à Vic, on va voir ce qu'il en pense. Je ne suis pas experte en potions, lui si. Il saura bien nous en trouver une qui saura faire passer tes symptômes plus crédibles !
Je te tiens au courant, fais-en de même de ton côté.
Courage !
Myriam »
Andromeda s'allongea sur son lit, l'esprit occupé par toute cette histoire. Qu'était-elle donc en train de faire, s'opposant ainsi à ses parents, et pourquoi ? Pour passer une soirée avec ses amis ? Et surtout… avec Tonks ? Elle pensa au Poufsouffle. Il allait être présent, et Maggie aussi sûrement. Si elle n'y allait pas, elle aurait l'impression d'être remplacée par la rousse. C'était idiot, mais elle ne pouvait s'empêcher de penser ainsi. Et puis… Elle voulait rencontrer les cousins de Tonks, le frère de Myriam… Elle voulait s'amuser, tout simplement. Quel mal il y avait à ça ?
Le soir de Noël arriva. Une fois toute la famille réunie, Andromeda alla s'installer sur un fauteuil isolé près de la cheminée et regarda le feu brûler. Elle fut rapidement rejointe par Sirius, qui s'assit à ses pieds.
- Tu as l'air bien triste, dit-il.
Andromeda fixa le petit bonhomme d'à peine 9 ans et sourit.
- Ah bon ?
- Tu as toujours l'air de t'ennuyer, de toute façon… Tu es aussi comme ça à Poudlard ?
Le sourire de la jeune fille se figea un moment.
- Non… Tu sais, j'ai des amis à Poudlard. Je regrette juste qu'ils ne soient pas là en ce moment.
- Tu as des amis ? Toi ?
Andromeda lui tira la langue, ce qui eut pour effet de le faire rire.
- Tu me crois incapable d'avoir des amis ?
-Je crois surtout tes amis incapables de te supporter plus de trois semaines.
- Dis donc, sale môme, pour qui tu te prends ?
Elle fit mine de lui tirer les oreilles, et Sirius se débattit en riant. Puis ils se calmèrent et observèrent les flammes pendant quelques minutes, en silence.
- C'est comment ? demanda soudainement Sirius.
Andromeda le regarda avec incompréhension.
- De quoi ?
- Ben… d'avoir des amis…
La jeune fille faillit lui demander s'il n'en avait aucun, lorsqu'elle se rappela qu'elle-même, lorsqu'elle était jeune, ne fréquentait que les enfants des autres familles anciennes lorsque celles-ci étaient invitées à telle ou telle réception ou bien à la maison. Mais en-dehors de cela, elle ne voyait pas souvent d'autres sorciers de son âge.
- C'est agréable, répondit-elle.
- C'est tout ?
Andromeda retint un soupire. Comment expliquer ce qu'elle-même avait réalisé il n'y avait pas si longtemps ?
- Je me sens… bien avec eux. Je m'amuse. Je ris beaucoup. Je…
Elle leva les yeux au plafond, cherchant les mots qui conviendraient le mieux.
- J'adore passer du temps avec eux. Je me sens en confiance, et…
Elle soupira et baissa les yeux pour les reposer sur son cousin.
- Il n'y a pas vraiment de mots pour définir ce qu'est l'amitié. Disons que mes amis sont des gens en qui j'ai confiance, et j'aimerais qu'il en soit de même pour eux.
Sirius hocha lentement la tête. Ses yeux étaient grand ouverts, et il buvait chaque parole d'Andromeda, ce qui quelque part la mettait mal à l'aise. Elle n'était pas experte en la matière ! Si elle n'avait pas connu Myriam, elle serait sûrement encore seule dans son coin, sans amis. Elle se sentait idiote, mais c'était réellement le cas…
- Comment ils s'appellent, tes amis ? questionna à nouveau Sirius.
- Oh, eh bien… Il y a Myriam, Vic… Ted…
C'était la première fois qu'elle disait son prénom, cependant mieux valait que personne ne connaisse son nom de famille.
- Ensuite, il y a aussi… Kenny… Il y a aussi deux premières années qui viennent souvent nous voir. Ils sont très sympas. Tu les rencontreras quand tu iras à Poudlard.
- Ils sont à Serpentard ?
Andromeda se gifla mentalement. Pourquoi lui avoir parlé de Norman et Ackerley ? Norman était un né-moldu, en plus ! Elle inspira discrètement. Elle n'a pas dit leurs noms, elle ne risquait rien. Elle n'avait qu'à continuer à les cacher à Sirius.
- Non, ils sont à Serdaigle.
- Oh... Mais comment tu les as connus, alors ?
Comment raconter sa rencontre avec les deux Serdaigles sans se trahir ? Il fallait qu'elle donne une explication évasive.
- Eh bien… je ne me souviens plus trop, en réalité…
Ça, c'était une réponse évasive… Andromeda se mordit la lèvre, gênée. Sirius la regarda comme si elle était stupide, mais à son grand soulagement, il n'insista pas. Il détourna le regard pour fixer à nouveau le feu.
- Il me tarde d'aller à Poudlard, murmura-t-il.
- Il te tarde d'avoir des cours, des devoirs, le stress des examens… ?
- Non, il me tarde juste d'avoir des amis là-bas, la coupa-t-il. Je m'ennuie, ici. Il n'y a rien à faire, et ma mère est toujours sur mon dos…
- Si tu arrêtais de la provoquer, elle te laisserait un peu plus en paix, tu sais.
- Mais elle m'énerve. Toujours à dire les mêmes choses, à se plaindre, à vouloir qu'on pense tous comme elle, qu'on fasse tout comme elle le veut…
Andromeda ne sut quoi lui dire. Etrangement, elle ressentait à présent la même chose que son cousin. Elle-aussi aimerait pouvoir être différente de sa mère, et agir comme elle l'entendait. Elle repensa soudainement à sa conversation avec Vic et les autres lorsqu'ils mettaient en place le plan de vengeance contre Rita Skeeter, et plus particulièrement lorsqu'ils avaient abordé le sujet de sa famille.
- Sirius, tu aimerais aller dans quelle maison, à Poudlard ?
Il la dévisagea avec surprise. La question ne se posait pas dans la famille, et il était vraiment étonné que sa cousine lui demande cela.
- Ben… J'irais à Serpentard, non ?
Andromeda réalisa à quel point la répartition n'avait plus aucun intérêt quand elle touchait une famille comme la leur. Sirius ne se demandait même pas dans quelle maison le Choixpeau pourrait l'envoyer. Elle se souvenait de Tonks quand il lui avait raconté comment il était inquiet et excité de savoir à quelle maison il allait appartenir. Elle, elle ne s'était pas posé la question une seule fois. Elle savait qu'elle irait à Serpentard, et quand elle avait failli être envoyée à Serdaigle plutôt, elle avait été morte de peur à cette idée. A présent, elle regrettait presque ne pas avoir laissé le Choixpeau décider. Et elle ressentait presque de la pitié pour son cousin, qui tout comme elle n'aurait pas la chance d'être envoyé dans la maison qui lui convenait le mieux.
- Sûrement… murmura-t-elle.
Sirius lui sourit et se concentra à nouveau sur les flammes. Andromeda ne put cependant pas en rester là.
- Mais tu n'as pas envie d'être envoyé ailleurs ?
Il parut réfléchir un moment puis haussa les épaules.
- Je suis un Black, non ? Il paraît que le Choixpeau ne prend même plus la peine d'hésiter pour nous.
- Non, c'est faux. Il a failli m'envoyer à Serdaigle, tu sais.
Sirius se tourna brusquement vers elle, les yeux écarquillés.
- Quoi ?
Andromeda se maudit.
- Chut, Sirius… ! Personne n'est au courant, alors tiens ta langue.
Sirius hocha positivement la tête.
- Quand on m'a posé le Choixpeau sur la tête, il a effectivement dit « Tiens, une autre Black. Serpentard, alors, je suppose ? »
Sirius rit devant l'imitation du Choixpeau de sa cousine.
- Mais il n'a rien proclamé, pourtant, continua-t-elle. Il s'est tu, et il a dit que peut-être, Serpentard ne me conviendrait pas. Que j'étais intelligente et que ma soif d'apprendre serait mieux servie à Serdaigle.
- Et pourquoi il t'a envoyé à Serpentard, alors ?
Andromeda mit un petit moment à répondre, se sentant honteuse d'avouer ce qu'elle s'apprêtait à faire.
- Parce que justement, tous les Blacks vont à Serpentard… J'ai eu peur. Et j'ai supplié le Choixpeau de m'envoyer là-bas, plutôt qu'à Serdaigle.
Sirius la regarda avec compassion.
- C'est idiot, alors, dit-il. Si ça se trouve, tu aurais été mieux à Serdaigle, si c'était la maison qui te convenait le mieux.
Elle hocha doucement la tête.
- Alors, moi, je laisserais le Choixpeau décider, décida Sirius.
Andromeda se sentit mal à l'aise.
- Il t'enverra peut-être quand même à Serpentard, tu sais…
- Mais dans ce cas, je veux que ce soit vraiment parce que je suis destiné à cette maison. Sinon, il devra m'envoyer ailleurs !
Andromeda lui fit mine de baisser la voix. Qu'avait-elle donc fait pour faire penser son cousin ainsi... ?
- De toute façon, je pense que tu aurais ta place à Serpentard. Tu es rusé, après tout, n'est-ce pas ?
- Les autres élèves des autres maisons doivent bien être rusés aussi, non ? Au moins quelques-uns d'entre eux.
- Oui, c'est vrai, mais… Tu as le vrai caractère d'un Serpentard, tu peux me croire.
Elle tenta de rire pour donner plus de convaincant à sa tirade, cependant cela ne sembla pas satisfaire Sirius.
- Je veux quand même que le Choixpeau prenne son temps pour m'envoyer dans la bonne maison.
Il se leva et se dirigea vers le buffet, tandis qu'Andromeda se massait les tempes. Dans quelle voie venait-elle de lancer son cher cousin ? Lui qui était déjà assez rebellé contre ses parents et les étiquettes familliales, voilà qu'elle l'encourageait à se faire envoyer dans une autre maison que Serpentard… ! Il ne manquerait plus qu'il ne se retrouve à Gryffondor…
- Par Merlin, mais qu'ai-je donc fait… ? murmura-t-elle.
Elle décida de rattraper son erreur et de convaincre Sirius que Serpentard était décidément la meilleure maison qu'il soit. En vain. Le garçon n'était pas idiot et voyait parfaitement clair dans son jeu. Ce qui ne surprit pas tant que ça Andromeda. Elle n'arrivait pas à dire des choses sympas sur ses camarades, à dire pourquoi elle se sentait bien dans cette maison… Elle se sentait vraiment pitoyable.
Alors que la soirée touchait à sa fin, Sirius s'approcha d'Andromeda et attrapa son bras pour qu'elle se baisse à son niveau.
- Pourquoi tu tiens tant à ce que je sois envoyé à Serpentard, alors que tout à l'heure tu me demandais dans quelle maison je souhaiterais être envoyé ?
La jeune fille ne sut quoi répondre, et, les larmes aux yeux, elle serra son cousin dans ses bras.
- J'aimerais juste que tu ne fasses pas les mêmes erreurs que moi, lui chuchota-t-elle avant de le relâcher et de s'éloigner, le laissant perplexe.
