Bonjour bonjour !

Bon encore une fois, désolée pour le retard. J'ai eu fort à faire... Mais voilà enfin le chapitre 23, et... le fameux Nouvel An ! Ce chapitre est plus court que les précédents, cependant il est un tournant important dans l'histoire. Je voulais m'excuser s'il y avait des fautes encore, j'ai écrit ce chapitre il y a un petit moment déjà, et j'ai la tête un peu ailleurs en ce moment...

Morenas, comme tu peux le constater, je n'ai pas l'intention d'abandonner cette fic. Il faut juste être (très) patient avec moi... :-S merci pour ta review !

Tar-Celebrian, je ne sais plus si je t'ai répondu personnellement comme je voulais le faire, mais même si c'est le cas, tant pis je me répète : ta review m'a fait énormément plaisir... Cela me donne encore plus l'envie de continuer cette histoire, de ne jamais l'abandonner, pour ne surtout pas vous décevoir...

Goutt2mer : merci beaucoup... toi aussi ta review m'a fait plaisir, et je suis contente que l'histoire te plaise... et merci de la mettre dans tes favoris...! :-)

FireRox : tu vas voir que ça va changer... ;-)

Merci encore à tous pour vos reviews, et pour votre fidélité... Bonne lecture !

Chapitre 23

Andromeda tenait la lettre dans ses mains, dépitée. Elle la jeta finalement par terre en soupirant et s'étala de tout son long sur son lit. Elle ne pouvait pas y croire : Vic lui avait envoyé cette fichue lettre tout ça pour lui dire qu'il n'avait aucun moyen de faire une potion qui pourrait l'aider à convaincre ses parents qu'elle était malade. Et le nouvel an avait lieu… le lendemain.

- Tu veux donc esquiver la soirée chez les Malefoy ?

Andromeda sursauta et se redressa d'un bond, paniquée. Cependant elle fut rassurée en constatant qu'il s'agissait de Sirius. Soulagement de courte durée quand elle s'aperçut qu'il tenait la fameuse lettre dans ses mains.

- Je te comprends. Elle promet d'être bien nulle, cette soirée. Heureusement, moi, j'y vais pas.

- Tu n'y vas pas ?

- Non.

Il s'installa sur le lit avant de continuer.

- J'ai eu une petite dispute avec mère cette après-midi, alors je suis puni.

- Et une dispute sur quoi ?

Il haussa les épaules.

- Elle a pas arrêté de me dire qu'il fallait que je me tienne tranquille à la soirée, que je ne devais pas mettre la honte sur notre famille, que tout le gratin d'Angleterre sera là… Elle m'a franchement agacé avec tout ça, alors je lui ai sorti que je préférais de loin passer la soirée avec des Moldus qu'avec tous ces gens-là. Elle a pris peur que je sois sérieux et que je risque de dire la même chose là-bas, alors elle m'a interdit de venir.

Andromeda poussa un petit soupire en souriant. Ce Sirius… Le pire était qu'il pourrait très bien devenir sérieux dans l'avenir, à force d'avoir la famille sur le dos. Ce qui n'était guère rassurant pour son propre futur, avec tout ce qui s'apprêtait à se passer…

- Tu voulais passer le nouvel an avec ces amis dont tu m'as parlé à Noël ?

- Oui. D'ailleurs, Sirius, pourquoi es-tu là ?

- Tante Druella nous a invités à manger ici ce soir. Tu as oublié ?

Andromeda ne répondit pas. Avait-elle au moins écouté sa mère quand elle le lui avait probablement dit ?

- Si tu veux, je peux t'aider.

La jeune fille sortit de ses pensées.

- Comment ça ?

- Mon père a du polynectar dans sa petite réserve personnelle. Je ne sais pas pourquoi, mais bon…

- Où veux-tu en venir, Sirius ?

- J'ai interdiction d'aller à la soirée, pas toi. Je peux donc me faire passer pour toi.

Andromeda écarquilla les yeux.

- Bien sûr je ne ferais pas ça gratuitement.

« Evidemment », pensa Andromeda en retenant un sourire.

- Je ne peux pas te demander de faire ça, Sirius.

- Bien sûr que tu peux ! Et de toute façon, tu n'as pas à me le demander. Je te le propose.

- Oui, avec quelque chose en échange.

- Evidemment. Je me propose quand même à prendre ta place à une soirée ennuyante semble d'avance.

Soudain, Andromeda eut un soupçon.

- Puisque tu ne donnes pas l'impression d'avoir envie d'y aller, à cette soirée, pourquoi me proposes-tu de prendre ma place ?

A sa grande surprise, Sirius rougit, et la jeune fille eut un large sourire.

- Oh, je crois avoir ma petite idée, alors… N'aurais-tu pas un faible pour une certaine Miranda Greengrass ?

Sirius rougit encore plus.

- Pas du tout !

- Pourtant, à l'anniversaire de Regulus, tu étais bien silencieux dès qu'elle était près de toi.

- Tu te trompes complètement ! J'étais juste… perdu dans mes pensées.

- Mais bien sûr, ricana Andromeda.

Elle récupéra la lettre des mains de son cousin et réfléchit un instant.

- J'ai bien envie de me laisser tenter par ta proposition. Après tout, on y gagne tous les deux…

- Mais je veux quand même quelque chose en échange !

- …mais ce qui m'inquiète c'est le comportement que tu pourrais y avoir.

Sirius haussa les épaules.

- Je me tiendrais tranquille, ne t'inquiète pas pour ça. De toute façon, toi tu te mets toujours dans un coin à écouter les autres sans vraiment prendre part aux conversations, et les autres ne te demandent jamais rien du coup, alors ça ne devrait pas être trop dur de jouer ton rôle.

Andromeda eut un léger pincement au cœur. Son cousin avait l'habitude d'être franc, et la façon dont il la voyait lui faisait mal malgré elle. Elle le savait très bien, qu'elle était aussi insipide qu'il le sous-entendait, cependant elle aurait à présent préféré être vue autrement.

- Très bien. Je te fais confiance, dit-elle. Comment vas-tu t'y prendre pour piquer du polynectar à ton père ?

Le jeune sorcier sourit avec malice.

- Oh, ça… C'est mon secret.

- Je suppose donc que ce n'est pas la première fois que tu lui piques quelque chose ?

Une fois encore il haussa les épaules. La jeune fille retint un soupire. Qu'allait donc devenir son cher petit cousin quand il sera adolescent ? De quoi sera-t-il capable ?

Ils mirent au point leur plan ensemble, et une fois encore Sirius l'étonna et l'effraya un peu par sa fourberie. Andromeda n'avait plus aucun doute à présent : il serait forcément envoyé à Serpentard. Cela la rassura un peu. Une fois que son cousin la quitta, elle s'empressa d'écrire une lettre à Vic et Myriam, pour les mettre au courant. Elle pourrait passer le nouvel an avec eux… et Tonks.

Le lendemain arriva vite. Andromeda prétexta vouloir voir son cher petit cousin qui allait devoir passer le nouvel an tout seul dans sa chambre avant de partir chez les Malefoy. Arrivé dans la chambre du garçonnet, elle le vit se baisser et saisir quelque chose sous son lit. Lorsqu'il se releva il tenait dans ses mains une petite fiole.

- Vite, passe-moi une mèche de tes cheveux.

La jeune fille s'exécuta et Sirius l'introduisit dans la fiole. Il la sentit et fit la grimace.

- Sirius… as-tu déjà utilisé le polynectar de ton père ?

Le garçon ne répondit pas.

- Sirius…

Il haussa les épaules.

- Une fois seulement.

Sirius ingurgita la potion, et quelques minutes plus tard la transformation fut complète. C'était une expérience très étrange pour Andromeda et elle en aurait presque ri en se voyant elle-même avec une tenue de petit garçon. Elle alla se changer et tendit sa robe verte foncée à son cousin qui l'enfila tandis qu'elle-même s'habillait à présent avec une petite robe rouge bordeaux aux manches volants. Sirius l'observa un moment, puis sourit.

- Tu es magnifique.

- Merci, Sirius. Maintenant, file.

Le garçon hocha la tête et s'éclipsa. Andromeda s'assit sur le lit et sortit de son petit sac le portoloin que lui avait envoyé Vic et regarda la petite horloge posée sur le bureau de son cousin. Dans dix minutes, elle serait là-bas. Avec eux. Avec Tonks… Elle ferma les yeux, un sourire aux lèvres. Tout allait bien se passer.

Dix minutes plus tard, elle se sentit aspirée par le portoloin et atterrit dans un petit salon.

- Andro ! Enfin !

Myriam la serra dans ses bras. La jeune fille portait une magnifique petite robe bleue claire avec des volants en bas de couleur bleue pâle. Elle avait également un pendentif représentant un pégase autour du cou et un petit bracelet argenté à sa cheville droite.

- Coucou, Myriam, dit Andromeda. J'ai manqué quelque chose ?

- Non, pour le moment on fait connaissance.

- Et il y a qui, alors ?

Myriam eut un sourire énigmatique.

- Eh bien, viens avec moi, je vais te présenter à tout le monde.

Vic accueillit la jeune fille à bras ouverts. Il avait invité quatre personnes de sa promotion, un Serpentard du nom de Presley Smith, un garçon discret qui n'allait pas trop vers les autres, deux Serdaigles, Devin Carmichael, un grand brun toujours en train de rire, et Neal Hopkins, un métisse plus réservé, puis une Poufsouffle du nom de Carlotta Beckett, une jolie jeune fille blonde vénitienne et aux yeux noisettes, qui s'avérait être la meilleure amie de Vic depuis leur enfance. Etait également présent le grand frère de Myriam, Jonas, un grand blond jovial légèrement frimeur sur les bords. Heureusement, il avait tellement le sens de l'humour que cela ne dérangeait aucunement les autres invités qui parfois s'amusaient à le rabaisser, en particulier Carmichael. Matthews et Tonks étaient là, ainsi que les deux cousins de ce dernier, Sam et Roger. Contrairement à ce qu'avait cru Andromeda, ils étaient parfaitement au courant que leur cousin était un sorcier. D'abord mal à l'aise face à ces deux Moldus, elle tomba rapidement sous leur charme. Les deux garçons étaient aussi déjantés que le leur avait dit Tonks, et ils surent la mettre complètement à l'aise. Sam, le plus jeune, était un garçon plutôt fluet, brun assez clair avec de magnifiques yeux bleus. Il semblait réservé au premier abord, mais était en réalité le plus espiègle des deux frères. Roger avait des cheveux plus foncés, des yeux marrons et une carrure plus importante. Il avait un rire tonitruant, que l'on pouvait entendre à des kilomètres à la ronde, Andromeda en était sûre. Familier avec tout le monde, il ne s'offusquait même pas de l'attitude méprisante de Smith envers lui, mais s'en amusait. Ce qui faisait qu'au bout d'un moment, même le Serpentard semblait apprécier le Moldu.

Andromeda nota immédiatement l'absence d'O'Reilly, toutefois elle n'osa pas en demander la raison. Ce fut Vic qui le fit, et Tonks répondit tout en souriant :

- Elle aurait bien voulu venir, mais elle a une tante qu'elle ne voit pas souvent qui organisait quelque chose. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'on s'était disputé en descendant du Poudlard Express. Elle voulait que je vienne avec elle, mais j'avais déjà prévu de venir passer le nouvel an avec vous.

- Et ça s'est arrangé ? l'interrogea Myriam.

Le garçon sembla à présent gêné.

- Plus ou moins…

La conversation tourna court devant l'air embarrassé du Poufsouffle. Vic décida de changer de sujet, au grand soulagement d'Andromeda.

- Eh, Andromeda, tu penses que ça se passera bien avec ton cousin jouant ton rôle ?

La jeune fille rougit légèrement en sentant tous les regards se poser sur elle. Finalement, ce changement de sujet-là ne l'arrangeait pas vraiment.

- Comment ? s'enquit Smith.

- Tu as dû jouer les filles de l'air pour venir ? demanda Carmichael.

- Oui… Les Malefoy avaient organisé une soirée, et j'avais déjà prévu de venir ici, alors…

- Et comment tu as fait pour t'arranger ? questionna Jonas.

- Mon cousin Sirius n'avait pas le droit de venir, donc… avec un peu de polynectar il a pris ma place. Il en a pour une bonne partie de la soirée, puis vers minuit il devra prétexter se sentir mal et quitter les lieux.

- Minuit ! Comme Cendrillon ! s'exclama Sam, avec grand enthousiasme.

Les sorciers le regardèrent sans comprendre.

- C'est un conte moldu, expliqua Tonks.

- Et ça raconte quoi ? interrogea Carmichael, curieux.

- L'histoire de Cendrillon, qui se retrouve seule avec sa belle-mère et ses deux demi-sœurs, qui la maltraitent et font d'elle leur servante, après la mort de son père.

- Et qu'est-ce qui s'est passé à minuit ? s'enquit Smith, à la grande surprise de tous.

- Un jour, un bal est organisé pour trouver une fiancée au prince du royaume. Cendrillon parvient à s'y rendre grâce aux pouvoirs de sa marraine, une fée, mais elle a pour condition de rentrer à minuit. Passé ce délai, le charme est rompu. Pendant la soirée, elle attire le regard du prince qui danse avec elle, mais elle oublie alors l'heure et quand minuit sonne, elle doit s'enfuir précipitamment. Pendant sa fuite, elle perd un de ses escarpins que le prince récupère, et il va alors tenter de la retrouver en faisant essayer l'escarpin à toutes les filles du royaume.

- Retrouver une fille avec une godasse ? Bizarre, comme idée, plaisanta Myriam.

- C'est sûr que si c'était la tienne, de godasse, personne ne chercherait à te retrouver, pas vrai ? lança Matthews.

Myriam sembla hésiter un moment pour répondre, mais en voyant le sourire en coin que le Poufsouffle affichait, elle sourit à son tour et répliqua :

- Tu insinues quoi au juste, hein ?

- Que vu la mauvaise odeur, tout homme normalement constitué se débarrasserait plutôt de la chaussure que d'aller courir pour en retrouver la propriétaire.

Tous éclatèrent de rire.

- C'est ça, c'est ça ! Moque-toi, espèce de stupide Poufsouffle ! Ma vengeance sera terrible !

- Fais attention, toi, c'est à ma petite sœur que tu t'en prends !

- Le grand frère veut jouer son rôle de protecteur ? plaisanta Beckett.

- Oh non ! C'est juste un conseil avisé que je donne à un jeune imprudent !

Myriam lui tira la langue avant d'avaler le reste de son verre.

- J'ai entendu parler de ton cousin, dit Smith à l'attention d'Andromeda. Un vrai casse-tête pour ses parents, non ? Et d'après ce que j'ai compris, il n'est pas facile à gérer. Tu ne t'inquiètes pas qu'il foute tout en l'air ?

Andromeda haussa les épaules.

- Sirius et moi, on s'entend bien. On s'est assez rapproché depuis quelques temps, et je sais que même s'il n'est pas des plus discrets, il saura se tenir tranquille.

Du moins, elle l'espérait. Car depuis que Smith l'avait fait remarquer, elle ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter. C'était vrai, Sirius était très imprévisible, après tout…

- Et pour rentrer ? interrogea Hopkins. Comment tu vas faire, pour ne pas te faire prendre ?

- Je vais rentrer vers une heure, je pense. Comme ça, je suis sûre de rentrer avant eux.

- Ah, faire le mur ! s'exclama Roger. Qu'est-ce qu'on a pu le faire, aussi !

Il fit un clin d'œil à Tonks qui sourit.

- Chez grand-mère, renchérit Sam, l'œil pétillant. Oh, et chez tante Bridget !

Roger grimaça.

- Une vraie gardienne de prison, celle-là !

- Pourquoi ? demanda Myriam.

- Une vieille fille, son mari l'avait quittée pour une autre, du coup elle méprisait toute la gent masculine.

- Un jour, elle a décidé que ce serait bien si elle nous avait au moins deux semaines chez elle pendant les vacances, ajouta Tonks. Et pendant ces deux semaines, elle essayait de nous apprendre à être des hommes « respectables ».

- On y est allé trois années de suite pendant deux semaines, continua Sam. Et après… On a boycotté !

Sur ses mots, Roger éclata de rire.

- C'est Sam qui avait commencé ! Il est allé enterrer sa petite valise, et comme les parents lui en avaient acheté une autre, il avait menacé de la faire brûler dans le jardin s'ils l'obligeaient à retourner chez tante Bridget !

- Quand on a vu ça, ça nous a donné des idées avec Roger. Quand Sam, dans une dernière tentative, s'est attaché aux escaliers le jour du départ, on s'est assis sur les marches et on a déclaré qu'on boycottait ces deux semaines chez elle.

- Et ça a marché ? demanda Carmichael, profondément amusé.

- Pas tout à fait, répondit Sam. On a réussi à négocier pour juste une semaine.

- Vous y allez encore, chez cette tante Bridget ? questionna Beckett.

- Non, elle a exigé à ne plus jamais nous revoir, il y a trois ans.

Tous les regardèrent avec stupéfaction.

- Vous étiez si terribles que ça ? s'étonna Jonas.

- Sam, surtout, dit Tonks.

- Ouais ! Faut surtout pas se fier à son visage d'ange ! C'est le pire d'entre nous. Il lui en a fait voir des vertes et des pas mûres, à notre chère tante.

Les autres invités furent soudain curieux de savoir comment ce jeune Moldu à l'apparence si paisible pouvait avoir provoqué la fureur d'une tante au point qu'elle ne veuille plus jamais les revoir.

- Une fois, raconta Roger, il lui avait fait croire qu'il était gravement malade. Pendant toute la semaine, il s'inventait de nouveaux symptômes. Et notre tante, ne faisant confiance qu'en ses plantes médicinales, ne savait plus où donner de la tête pour le soigner.

- Elle a fini par appeler le médecin, continua Tonks. Et bizarrement, Sam s'est alors senti beaucoup mieux.

- J'aurais jamais cru qu'elle allait se décider à faire venir un médecin ! Elle les détestait. A ce moment, je me suis dit qu'il fallait que je guérisse, et rapidement, même si ça aurait tenu à un miracle.

- Il s'amusait souvent à ruiner les plats qu'elle cuisinait. Pas vrai, Tonks ?

Le Poufsouffle éclata de rire à ce souvenir.

- C'était carrément immangeable !

- Ça l'était déjà avant que je m'en charge ! répliqua le jeune Moldu.

- Mais c'était bien sa dernière blague la pire, et qui a achevé notre pauvre tante, dit Roger.

Tonks hocha la tête.

- Oui, celle-là elle était même un peu trop vache.

Sam haussa les épaules, montrant qu'il s'en fichait pas mal.

- Qu'est-ce qu'il a fait ? s'enquit Myriam.

- Il était tombé sur une photo d'elle avec son mari, expliqua Tonks. On ne l'avait jamais rencontré, on n'avait aucune idée de à quoi il ressemblait avant ça. Il était parti, nous n'étions pas encore nés. Et elle disait toujours qu'elle s'était débarrassée des photos.

- Alors, il a commencé à lui faire croire qu'il y avait une présence dans sa chambre. Et qu'une fois, il avait même cru apercevoir un homme. Et il en rajoutait un peu plus chaque jour, au point qu'il lui avait même donné une description précise du soi-disant fantôme.

- Et… elle l'a cru ? demanda Matthews.

- Et comment !

- Elle était très superstitieuse, précisa Tonks.

- Mais tu es un vrai petit diable ! s'exclama Beckett en éclatant de rire.

- Il aurait sa place à Serpentard ! renchérit Vic.

Personne ne le contredit, pas même Smith.

- Et comment elle a su qu'il lui jouait un mauvais tour ? questionna Hopkins.

- Elle a trouvé la photo sous mon oreiller, répondit Sam, l'air penaud.

Ils éclatèrent de rire. Roger continua de raconter toutes les bêtises qu'ils avaient pu faire, chez leur tante ou chez leur grand-mère. Andromeda en pleurait tellement elle riait. Son regard croisa celui de Tonks qui souriait en la voyant rire de bon cœur. Elle rougit instantanément et détourna les yeux, gênée.

Le reste de la soirée se déroula dans la même bonne humeur. Même Smith se détendit et plaisantait avec les autres, en particulier avec Jonas et Carmichael, même avec Roger qu'il semblait réellement apprécier. Andromeda discuta un moment avec Carlotta Beckett, et fut surprise de l'intelligence de la jeune fille. Elle aurait eu sa place à Serdaigle, cependant selon la Poufsouffle elle aurait trop étouffé dans cette maison. Elle apprit également des choses sur Vic, comment il était enfant, qu'il était bien plus sensible qu'il n'y paraissait… Bon ça, elle en doutait encore un peu, mais Carlotta en était elle convaincue, alors elle n'osa pas la contredire.

Myriam et Matthews étaient étonnamment proches. Ils plaisantaient ensemble, se lançaient de petites piques comme au bon vieux temps… Comme si rien ne s'était jamais passé. Bien sûr, l'alcool qu'ils avaient chacun ingurgité y était sûrement pour quelque chose, toutefois cela faisait plaisir à voir, surtout pour Andromeda qui s'était toujours sentie responsable de ce qui était arrivé.

Pendant que Vic et Carlotta allaient chercher le dessert, Sam proposa un jeu de devinettes.

- Chacun pense à une personnalité, l'écrit sur un papier, puis on distribue les papiers qu'on se colle sur le front. Ensuite, on cherche à deviner qui est cette personnalité en posant des questions aux autres.

- Ça a l'air marrant, dit Hopkins.

- Sauf que… Si vous choisissez des personnalités moldues, nous on ne saura pas les trouver, contra Carmichael.

- Inversement pour vous, ajouta Myriam. Si on choisit des personnalités sorcières…

Sam eut un sourire en coin.

- Méfiez-vous de ce sourire, décréta Roger en riant.

- Tu connais des personnalités sorcières ? s'étonna Smith.

Sam sortit alors de sa poche un petit paquet de cartes distribuées dans les paquets de Chocogrenouilles. Sur les cartes se trouvaient des petites biographies de personnalités du monde sorcier.

- Ted en ramenait souvent.

- J'ignorais que tu les gardais.

- Dans ce cas, c'est bon ! On n'utilise que les personnalités sorcières, s'exclama Jonas.

- Tu avais l'intention d'utiliser les personnalités de ces cartes ? questionna Tonks, un air sceptique sur le visage.

Sam sourit et haussa les épaules.

- Je m'en doutais…

Ils éclatèrent de rire. Il fut convenu qu'ils allaient utiliser les cartes de Sam, et Roger les parcourut rapidement avant que le jeu ne commence, n'ayant jamais réellement pris la peine de les lire. Sans surprise, le premier à réussir à trouver son personnage fut Sam, qui avait appris les cartes par cœur. Celui qui eut le plus de mal fut Matthews, ayant un homme seulement connu pour avoir été le sorcier le plus malchanceux de toute l'histoire de la sorcellerie. Il en avait apparemment écrit un bouquin qui était devenu un best-seller, mais le Poufsouffle n'était pas un grand lecteur.

Soudain, alors que le jeu n'était pas encore complètement terminé, Roger, Matthews et Carmichael n'ayant pas encore trouvé leurs personnages, Vic monta sur une chaise et siffla, attirant l'attention de ses invités. Il eut un large sourire.

- Il est bientôt minuit, les amis !

Il sortit de sa poche une petite boîte et l'ouvrit en soufflant dessus. Une poudre argentée en sortit et se transforma en décompte. Tous se mirent alors à compter en même temps que les chiffres s'affichaient.

- 5 ! 4 ! 3 ! 2 ! 1 ! Bonne année !

Ce fut un festival d'accolades, de baisers amicaux, de rires… Andromeda prit Carlotta dans ses bras, puis Sam, puis Vic, elle se tourna pour continuer… Et vit Myriam et Matthews qui s'embrassaient. Elle sourit et se détourna, faisant soudain face à Tonks.

- Bonne année, Andromeda.

Elle rougit, son cœur battant la chamade.

- Bonne année… Ted.

Il la prit dans ses bras, puis déposa un bisou sur la joue de la jeune fille qui n'osait esquisser le moindre geste, craignant que cela ferait fuir l'instant présent. Il l'éloigna gentiment d'elle, lui sourit. Ils restèrent un moment ainsi, se regardant les yeux dans les yeux, le Poufsouffle tenant encore gentiment la Serpentard par les épaules, lorsque brusquement Roger arriva et donna une grande tape amicale dans le dos du garçon.

- Bonne année, cousin !

Ted sourit, fit un signe de tête à Andromeda et prit le Moldu dans ses bras. La jeune fille, toujours cramoisie, reste quelques secondes debout puis chercha un siège.

La soirée continua. Vic mit de la musique, et tous se levèrent pour danser. Carmichael invita Andromeda à danser. Elle se retrouva ainsi aux bras de Hopkins, de Vic, de Roger, de Sam… puis de Ted. Ils dansèrent ensemble plusieurs danses, à la grande joie d'Andromeda qui, l'alcool aidant, se sentait particulièrement à l'aise dans les bras du Poufsouffle. Au bout de minutes qui semblèrent bien courtes à la jeune fille, le garçon s'excusa et prit la direction des toilettes. La Serpentard s'approcha alors du buffet et remarqua son amie seule en train de se servir un nouveau verre.

- Alors, Myriam, tout se passe comme tu veux ?

- Je pourrais te demander la même chose, rétorqua la blonde avec un sourire.

Andromeda eut un large sourire.

- Je passe vraiment une excellente soirée, murmura-t-elle.

- J'ai vu ça. Et on dirait que lui aussi.

La jeune fille brune rougit.

- Et… Matthews, alors ? demanda-t-elle pour changer de sujet.

- On a un peu parlé, on s'est expliqué, et… On s'est dit que ça valait peut-être le coup d'essayer malgré tout ce qui s'était passé.

Andromeda fut quelque peu déçue par cette explication, cependant elle savait qu'elle était fidèle à la réalité. Myriam calculait tout après tout. Elle n'aimait pas faire un second pas si elle ignorait où cela la mènerait. Ce qui était assez contradictoire, puisqu'en amour on ne pouvait jamais savoir.

Son regard tomba sur Ted qui l'aperçut et sourit, et elle se mit à rougir furieusement. A côté d'elle son amie ricana.

- Allez, Andromeda, lâche-toi. Tente le coup. Je pense que tu as beaucoup à y gagner.

- Il est encore avec O'Reilly…

- Et tu seras la garce pour le lui avoir piqué. Mais tu l'aimes assez pour te le permettre. Et si même lui veut être avec toi, O'Reilly n'aura aucun droit de te le reprocher.

Myriam s'éloigna alors, laissant son amie seule avec Ted qui arrivait.

- Désolé, dit-il. Cette chanson était pourtant bien. Mais bon, envie pressante, que veux-tu…

Andromeda ne put s'empêcher de sourire.

- Ce n'est rien. Il y en a d'autres, des biens, qui vont passer d'ici la fin de la soirée.

Ils se fixèrent un instant dans les yeux, puis gêné, le jeune garçon lui proposa de retourner sur la piste de danse. Ils dansèrent donc à nouveau ensemble, cependant quelque chose avait changé. Comme si une certaine gêne était venue s'installer entre eux, une gêne pourtant agréable. Andromeda n'osait plus regarder le Poufsouffle dans les yeux, et néanmoins elle ne cessait de rechercher son regard. Le garçon lui la fixait parfois, un air absent sur le visage, avant de sourire avec embarras et de détourner les yeux. Une étrange barrière s'était installée entre leurs deux corps, toutefois il leur arrivait soudain d'être extrêmement proches, au point que la jeune fille pouvait sentir le souffle chaud du garçon. Puis ils se détachaient aussi brusquement qu'ils s'étaient rapprochés. Dans sa main, celle de Ted était incroyablement chaude et moite. Pas un contact très agréable normalement, mais pour rien au monde elle ne voulait lâcher cette main-là. Pour rien au monde elle ne voulait s'éloigner de là où elle se tenait actuellement.

Mais elle aurait dû savoir que tout avait une fin. Vic s'approcha d'elle et lui murmura à l'oreille qu'un hibou était arrivé avec une lettre pour elle. Avec un sourire d'excuse au Poufsouffle elle se dirigea vers la cuisine.

Le hibou était là et son cœur manqua un battement. C'était celui de son père.

- Quelque chose ne va pas ?

Elle sursauta et se retourna brutalement. Ted l'avait suivie.

- Pourquoi ne rentres-tu pas ?

Andromeda se mordit la lèvre.

- C'est le hibou de mon père…

Le garçon jeta un œil sur l'oiseau, puis attrapa gentiment la main de la jeune fille et l'amena près de la table où le hibou était posé. Il prit la lettre et la tendit.

- Tiens. Ouvre-la. Je reste avec toi.

Andromeda soupira puis attrapa la lettre. Au fur et à mesure de sa lecture, elle pâlit.

Sirius s'était fait démasquer et avait été obligé de tout avouer. Mme Malefoy s'était alors révoltée contre l'attitude des deux cousins et avait fait un scandale. Son père la sommait de rentrer immédiatement. Les mots étaient secs, les phrases brèves. Signe qu'il était furieux. Andromeda reposa la lettre sur la table et s'assit sur une chaise. Ted s'agenouilla en face d'elle.

- Ça va aller ? murmura-t-il, inquiet.

- Non… Je dois rentrer… Ils ont tout découvert…

Elle n'empêcha même pas les larmes de couler. Pour cela, l'alcool n'allait certainement pas l'aider.

- J'ai peur…

Ted lui prit délicatement les mains et les caressa gentiment.

- Ça ira. Ne t'inquiète pas. Tous les ados font ce genre de chose au moins une fois dans leur vie, tous les parents le savent. Tu vas avoir des reproches, une punition, et ça passera. Tu verras…

- Ce n'est pas aussi simple ! Tu ne connais pas mon père… Tu n'as aucune idée de comment est ma famille…

Les mots s'étranglèrent dans sa gorge et elle se cacha le visage dans ses mains. Ted prit une chaise, s'installa à côté d'elle et la prit timidement dans ses bras. Andromeda se laissa aller. Elle était tellement effrayée à l'idée de ce qui l'attendait chez elle qu'elle ne profita guère de ce moment.

Le Poufsouffle la berça doucement, jusqu'à ce qu'elle soit plus calme. Lorsqu'il sentit que ses larmes avaient cessé de couler, il déposa un baiser sur son front et resta un moment immobile, ses lèvres encore appuyées sur la peau de la jeune fille qui n'osait bouger.

- Tu ne devrais pas trop tarder, il murmura. Si ton père est déjà énervé, mieux vaut ne pas en rajouter.

Il la sentit se raidir, et il serra alors un peu plus son étreinte.

- Ne t'inquiète pas. L'orage passera. Et si tu as besoin, tu sais qu'on est là.

Elle hocha doucement la tête.

- Tu veux aller dire au revoir aux autres ?

Elle hésita un moment, puis refusa. Elle n'arriverait pas à expliquer aux autres que son plan avait échoué.

- Je leur dirais au revoir de ta part, alors.

Andromeda sentit ses larmes revenir, et elle s'accrocha désespérément au garçon qui en fut surpris mais qui ne la repoussa pas.

- Je ne veux pas… Je ne veux pas partir…

Elle renifla.

- J'étais si bien… Avec vous… avec toi… Je ne veux pas que la soirée se termine ainsi…

Elle renifla une fois encore, et ajouta d'une voix encore plus étranglée qu'elle ne l'était déjà :

- Je ne veux pas te quitter maintenant…

Elle resserra son étreinte, enfouissant son visage sur la poitrine de Ted. Quelques minutes s'écoulèrent, lorsque le garçon repoussa gentiment la jeune fille.

- On se reverra bientôt… Mais il faut que tu y ailles, maintenant.

Andromeda hocha timidement la tête, approuvant ce qu'il venait de dire. Toutefois, elle ne pouvait se décider à lâcher ces deux mains qui tenaient à présent les siennes.

- Andromeda…

Elle baissa la tête, n'osant relever les yeux. Alors il lui prit gentiment le menton et l'obligea à le regarder.

- Moi aussi, j'aurais bien aimé que la soirée continue ainsi…

Il l'embrassa délicatement sur le front puis se leva, la forçant à en faire autant. Ils se dirigèrent vers le salon et le garçon lui donna la poudre de cheminette.

- A plus tard, murmura-t-il.

Andromeda le regarda un moment, puis hocha lentement la tête. Elle eut envie de pleurer à nouveau, mais retint ses larmes et se précipita dans la cheminée. Ce fut sans un autre regard pour le garçon qu'elle jeta la poudre en donnant son adresse.

Elle fut accueillie par son père, assis dans son fauteuil en cuir, l'air sévère. Sans un mot, il la fixa puis se leva et quitta la pièce.

Ce fut sa mère, au lendemain matin, qui lui fit la morale. Andromeda fut punie jusqu'à nouvel ordre. Son père, lui, refusait tout simplement de lui reparler, et semblait bien décider à ce que cela dure. Elle reçut une lettre de Myriam, qui lui reprocha de ne pas être venue leur dire au revoir elle-même, et qui lui demandait comment ça s'était passé avec ses parents. Toutefois, Andromeda ne put lui répondre : sa mère le refusait.

La jeune fille repensait sans cesse à ce qui s'était passé pendant la soirée. Elle se demanda comment réagirait ses parents s'ils étaient au courant qu'elle avait passé un moment dans les bras d'un né-moldu. Sûrement très mal, même s'il ne s'était pas réellement passé quelque chose de concret, cependant elle ne regrettait rien. Mis à part qu'elle craignait à présent de faire face au jeune garçon. Comment allait-il réagir le jour de la rentrée ? Et elle, qu'allait-elle faire ?

C'était dans ces moments-là qu'elle regrettait les conseils plus ou moins avisés de Myriam et Vic…