Bonjour tout le monde !

Me revoilà pour votre (enfin, je l'espère) plus grand plaisir ! ;-)

J'ai eu beaucoup de plaisir à écrire ce chapitre, car il aborde un côté culturel du monde sorcier que j'ai trouvé très intéressant à développer. J'espère m'en être bien sortie !

Hermidark : j'espère que ça en valait le coup aussi pour ce chapitre ! quoique j'ai fait un effort, là, non ? à peine 5 mois ! je suis fière de moi quand même... ;-p

Linnea Black : merci beaucoup pour ta review, je vais faire de mon mieux pour moins vous faire poireauter, car cette fiction je ferais tout pour la terminer... contente que les perso te plaisent, j'espère leur rester toujours fidèle, car après autant de temps à passer à écrire parfois leur personnalité parvienne à m'échapper... :-/

NinonDG : moi, je te suis très reconnaissante d'avoir eu le courage de me lire, surtout en voyant que ça fait 5 ans et que je n'ai pondu qu'une vingtaine de chapitres :-) je mets un point d'honneur à terminer cette fiction. Et merci infiniment pour tes commentaires, je suis vraiment contente que ça te plaise, et que tu arrives à te souvenir de tous ces perso qui pourtant, commencent à se bousculer au portillon ! ;-)

fanHPTW : je me suis beaucoup amusée en écrivant cette partie ;-)

alwyn13 : j'espère aussi... :-)

Rebecca-Black : eh oui ! la menace monte... il fallait bien trouver le moyen de faire entrer un peu de suspense ;-)

Voilà ! bonne lecture !

Chapitre 25

Andromeda lança un regard noir à son reflet, qui haussa les épaules, ce qui dans son langage voulait sûrement signifier « eh, ce n'est pas ma faute si tu as l'air d'un Inferi ! » La jeune fille poussa un soupir et se détourna du miroir pour continuer à se préparer pour les cours. Ces derniers temps, elle n'arrivait pas à dormir correctement et cela se ressentait fortement sur son moral. Elle avait essayé de parler avec Narcissa, mais celle-ci l'évitait comme la peste, et quelque chose lui disait que Lucius Malefoy avait sa part de responsabilité dans ce comportement. Elle le voyait souvent en compagnie d'Harold Berkley depuis cette fameuse réunion, et cela ne la rassurait absolument pas. Elle voulait tout faire pour que sa sœur reste en-dehors de cette histoire, cependant comme le lui avaient fait remarquer Vic et Myriam, elle ne pourrait rien y changer. Etant une Black, Narcissa allait d'une manière ou d'une autre être confrontée à tout cela à un moment ou à un autre. La meilleure chose qu'elle avait à faire était, elle, de rester en-dehors de ça.

Son autre souci ces jours-ci concernait Ted. Elle l'avait vu se disputer avec O'Reilly une fois, dans le couloir entre deux cours, cependant il n'avait toujours pas rompu avec elle. Et le Poufsouffle venait rarement les rejoindre à la bibliothèque. D'après Kenny, il disait qu'il avait besoin d'être seul ces derniers temps, pour réfléchir. Cependant la distance qu'il imposait entre eux était difficilement supportable pour Andromeda.

- Pourquoi rien ne marche comme je l'aimerais ? demanda-t-elle à Myriam tandis que les deux jeunes filles se rendaient à leur premier cours.

- Parce que ça ne dépend pas que de toi.

- J'avoue que j'aurais préféré une autre réponse… C'est justement ce qui me stresse, le fait que ça ne dépend pas de moi.

- Arrête de t'inquiéter autant. Ted a d'autres soucis en tête aussi, en ce moment, laisse-le les régler de son côté, et après tu verras que ça s'arrangera.

Andromeda ne répondit pas. Elles arrivèrent à la salle de sortilèges et s'installèrent en silence. Le cours fut une horreur pour la jeune Black. Elle n'arrivait pas à se concentrer et enchaînait les erreurs, de la plus stupide à la plus grave, ayant bien failli mettre le feu à son propre bureau. Ce fut avec un grand soulagement qu'elle accueillit la fin du cours. Soulagement qui ne dura pas, puisque le cours d'après était celui de métamorphose. Elle arriva d'un pas lent devant la salle, cherchant du regard Ted. Elle ne tarda pas à le trouver, appuyé contre le mur en train de discuter avec ses amis. Il sourit en voyant Andromeda, qui détourna le regard vivement. Elle s'en voulut immédiatement, mais elle ne pouvait vraiment pas le regarder dans les yeux en ce moment. Le professeur les fit entrer une fois les autres élèves sortis, et Andromeda s'installa le plus loin possible du Poufsouffle. Elle sentait son regard posé sur elle, et cela la déconcentra encore plus qu'elle ne l'était déjà. Résultat : le cours fut encore plus catastrophique que celui de sortilèges n'avait été. Au lieu de transformer son poussin en hamster, celui-ci se retrouva en coffret avec des ailes, en lapin jaune, ou encore il lui poussa des dents de hamster. Ce fut le meilleur résultat qu'Andromeda put obtenir, et ce fut complètement démoralisée qu'elle quitta la salle sans attendre Ted.

Elle se dirigea vers les quartiers de Serpentard et pénétra hâtivement dans la salle commune.

- Tiens, salut, Andromeda !

Elle sursauta et se retourna vivement vers les canapés où étaient installés Lestrange et Crabbe. Elle retint un soupir.

- Tu en fais une tête. Des soucis en cours ?

- Non.

Sans attendre qu'il ne lui adresse encore la parole, elle monta à toute allure jusqu'à son dortoir, où elle se laissa tomber sur son lit et enfouit sa tête dans l'oreiller. Elle détestait sa vie actuellement. Tout allait de travers : Ted, sa sœur…

La porte s'ouvrit brusquement, la faisant sursauter.

- Andro ! Mais qu'est-ce que tu fais allongée sur ton lit ? Ça fait trois plombes que je t'attends devant la salle de métamorphose !

- Ah… Je suis désolée…

- Allez, debout ! C'est l'heure du repas !

Myriam l'entraîna avec elle. Arrivées dans la grande salle, elles se dirigeaient vers leur table, quand la voix de Vic les arrêta. Elles se tournèrent vers lui et le trouvèrent assis à la table des Serdaigles à côté de deux garçons de son année.

- Venez, il y a de la place ici !

Andromeda pâlit et s'apprêtait à décliner, mais ce fut sans compter Myriam, qui bien évidemment s'élança à la table avec un grand sourire. La jeune Black hésita quelques secondes puis, résignée, alla les rejoindre. Elle s'aperçut que à côté d'eux étaient également assis Ackerley et Norman, qui, bien que surpris, semblaient ravis de les voir à leur table.

- Comment ça va ? ne put s'empêcher de leur demander Andromeda.

Elle devait bien avouer qu'elle était également ravie de se retrouver en compagnie des deux jeunes Serdaigles.

- Très bien, répondit Norman. On a pas mal de travail à faire pour la semaine prochaine, mais sinon ça va.

- Parle pour toi, grommela Ackerley. Moi, je ne dirais pas que ça va, on va mourir étouffés par nos propres devoirs, si ça continue.

- Ce n'est pas le discours qu'un Serdaigle devrait tenir, ça, intervint Vic.

Ackerley haussa les épaules, tandis que l'un des garçons avec qui le Préfet-en-Chef discutait le rabroua gentiment pour ses préjugés.

- Toi, tu es un faux Serdaigle, répliqua le Serpentard. Tu es manipulateur, tu es fainéant, et en plus, tu triches.

- Ce sont de pures calomnies, tout ça, Vic ! Jamais je n'oserais tricher !

Son ami, un grand métis, s'étouffa avec son jus de citrouille. Le Serdaigle le regarda d'un air faussement offensé. Myriam et Vic éclatèrent de rire, et Andromeda réalisa enfin qu'elle les connaissait. Il s'agissait de Devin Carmichael et de Neal Hopkins, qui étaient présents lors du Nouvel An. Elle se gifla mentalement, et dire qu'elle avait dansé avec eux, et ne les avait même pas reconnus... !

Carmichael se tourna vers elle.

- Alors, Black, Vic nous a dit que ton cousin avait malgré tout fait foirer ton plan, la dernière fois. Ça a été, avec tes parents ?

- Ah, euh… ça aurait pu être pire, je suppose…

Le garçon lui sourit, et Andromeda se rendit compte qu'il était vraiment mignon. Il avait des cheveux bruns plutôt foncés, coupés courts, et de magnifiques yeux marron tirant sur le vert. Oui, il était très mignon, et son sourire devait sûrement faire des ravages. Pendant un bref instant, Andromeda se demanda pourquoi elle ne pouvait pas s'intéresser à u garçon comme Carmichael. Les choses seraient sûrement plus simples : il était sang-pur, il était célibataire… Elle se gifla mentalement. Non, elle ne pouvait pas s'intéresser à quelqu'un comme Carmichael. Les choses seraient effectivement plus simples, mais elle aimait Ted. Elle ne pouvait rien contre ça. Elle avait essayé d'être avec quelqu'un d'autre, et ça avait été un échec total.

Le reste du repas se passa dans la bonne humeur. Vic et Myriam plaisantaient avec Carmichael et Hopkins, tandis qu'Andromeda se contentait d'écouter.

- Au fait, Black, demanda brusquement Carmichael, Vic et Myriam…

- Myriam et Vic, un peu de galanterie, s'il-te-plaît, l'interrompit Myriam.

- Myriam et Vic, continua le Serdaigle avec un sourire, t'appellent souvent Andro. C'est assez étrange, comme surnom, d'où est-ce que ça vient ?

- Je déteste ce surnom, répondit immédiatement Andromeda.

- Ah ?

- J'ai essayé de lui donner d'autres surnoms avant ça, intervint Myriam. Au début, je l'ai appelée Andie. Ça ne lui a pas plu…

- Ça me donnait l'impression d'être un garçon, merci bien, se défendit la concernée.

- Après je l'ai surnommée Meda. Ça ne lui a pas plu également.

- C'est moche.

- Alors, je lui ai dit que ça sera Andro, puisqu'elle faisait la compliquée.

- J'aurais de loin préféré Andie à Andro, quand même… marmonna la jeune Black.

Ils éclatèrent tous de rire, s'attirant quelques regards de la part des autres élèves. Andromeda rougit, puis esquissa un sourire. Une conversation s'engagea alors sur les surnoms profondément débiles que l'on pouvait se donner, et le reste du repas se termina sur de nombreux fous rires.

A la fin du repas, la petite bande se sépara, et Vic, Myriam et Andromeda se dirigèrent vers la bibliothèque. Le Préfet-en-Chef leur avait appris en quittant la grande salle qu'il avait croisé Abensford dans la matinée et qu'il avait des informations pour eux. Ils le trouvèrent assis à leur table habituelle, plongé dans un livre de sortilèges. Assis à côté de lui se trouvaient Ted et Kenny. Andromeda sentit son cœur s'affoler. Non, elle ne pouvait pas voir Ted, pas maintenant !

Myriam posa la main sur son épaule, comme si elle avait lu dans ses pensées et qu'elle tentait de la réconforter. Ils prirent place à la table des Poufsouffles et Abensford leur sourit.

- J'ai reçu une lettre de mon frère. Il a commencé des recherches dès qu'on lui a demandé son aide, et il a trouvé quelque chose.

- Déjà ? s'étonna Andromeda, qui ne s'attendait pas à avoir des nouvelles avant plusieurs mois.

- Oui. Il a trouvé plusieurs familles de Black, 5 en tout, et parmi elles il y a bien un Marius Black. Peut-être qu'il y a d'autres Blacks en Angleterre, mais il s'est arrêté quand il a trouvé ce Marcus. Peut-être qu'il ne les aurait pas trouvé, de toute façon, parfois certaines familles peuvent choisir d'être plus difficiles à… avoir leurs adresses dévoilées, en quelque sorte, selon les moyens les plus courants chez les Moldus.

Il s'interrompit, se rendant compte qu'il allait les perdre s'il continuait ainsi. Il décida donc de se concentrer sur le plus important.

- Il y a donc bien un Marius Black, vivant près de Londres. S'il est marié, on peut supposer que parmi les autres familles qu'il a trouvées, il y en a qui font partie de la sienne.

- Tu as d'autres informations ? s'enquit vivement Andromeda.

Son enthousiasme fit sourire ses amis.

- Non, il n'a pas voulu en savoir plus. Il m'a envoyé l'adresse et le numéro de téléphone… bien que ça, ça vous sera inutile, ajouta-t-il en voyant les yeux de ses camarades s'agrandir d'incompréhension.

Il tendit la feuille sur laquelle son frère avait inscrit l'adresse et le reste des coordonnées.

- Et… pour le contacter, on fait comment ? On peut lui envoyer un hibou ? demanda Myriam.

Andromeda fut ravie de constater que Myriam n'en savait pas plus qu'elle.

- Vous devriez éviter, je pense, répondit Ted. Peut-être que vous pourriez surtout vous arranger pour aller chez lui pendant les prochaines vacances.

- Tu es sûr que c'est une meilleure idée ? répliqua Kenny. Salut, je suis l'une des héritières de la famille qui vous a complètement rejeté parce que vous n'aviez pas la chance d'avoir la Magie. Comment ça va ? Non, sérieux, Ted, moi je pense qu'il vaudrait mieux qu'Andromeda lui écrive avant de faire une visite surprise.

- Oui, mais dans ce cas… Pas par hibou. Je ne pense pas qu'il apprécierait non plus…

- Et puis, on ne sait pas quand exactement il a été rejeté, ajouta Vic.

- Probablement à ses onze ans, non ? dit Abensford. Après tout, c'est à cet âge-là qu'on reçoit notre lettre pour Poudlard. Et s'il était Cracmol, cela signifie qu'il ne l'a pas reçu, et que c'est comme ça que sa famille a su.

- Oui, mais avant qu'un enfant ait onze ans, on peut déjà avoir des doutes sur le fait qu'il soit un sorcier ou non. Parfois, c'est trompeur, un enfant peut n'avoir présenté aucun signe magique avant de recevoir sa lettre. C'est assez rare, mais ça arrive. Cependant, il y a un autre moyen de savoir si oui ou non c'est un sorcier, et bien avant de recevoir la lettre de Poudlard…

- Qu'est-ce que tu veux dire, par là ? s'enquit Ted.

- A chaque naissance d'un sorcier, son nom est inscrit magicalement sur un registre, que cet enfant soit né dans une famille de sorciers ou de Moldus. S'il est issu d'une famille de sorciers, son nom s'inscrit de lui-même sur l'arbre généalogique de la famille. S'il est issu d'une famille de Moldus, une nouvelle généalogie est créée. Lorsque l'enfant atteint ses onze ans, son nom s'inscrit également sur les inscriptions de Poudlard, qui a alors la liste d'élèves à qui envoyer les lettres pour l'année suivante.

- Et les Cracmols ? interrogea Andromeda.

- Leurs noms s'inscrivent également sur le registre à leur naissance, sur l'arbre généalogique de leur famille. Seulement, contrairement aux noms des sorciers, ils ne sont pas écrits avec de l'encre noire, mais avec de l'encre grise… Enfin, il me semble. Je ne sais plus exactement comment ils font la différence, mais je crois que c'est avec la couleur de l'encre... Bref. A une époque, le nom d'un Cracmol s'effaçait carrément de l'arbre généalogique. Ce n'est qu'au cours du dix-huitième siècle qu'une loi est passée pour que le nom reste inscrit, histoire de laisser une trace quelque part de l'existence d'un possible héritier.

- Sauf qu'ils se font déshérités, donc je ne vois pas en quoi ils peuvent être considérés comme des héritiers, rétorqua Kenny.

- Pas partout. Ce sont d'ailleurs des sorciers qui ont eu des Cracmols dans leur famille qui se sont mobilisés pour que cette loi passe. Car le problème, c'est que souvent, même si les Cracmols n'étaient pas déshérités, il n'y avait aucune trace d'eux dans les registres, et ils ne pouvaient pas prétendre à un héritage qui leur était dû.

Andromeda était fascinée par les paroles de Vic. Jamais elle n'avait su tout cela, et elle en était profondément étonnée. Elle devait avouer qu'elle ne s'était jamais intéressée au sort des Cracmols auparavant, mais ce qu'elle découvrait la passionnait réellement.

- Est-ce que par hasard, ta famille fait partie de ces bons sorciers qui se sont mobilisés pour le sort de ces pauvres Cracmols ? demanda Myriam.

Vic sourit.

- Oui, effectivement. A cette époque-là, un de mes aïeux était au Ministère de la Justice, et comme il avait eu un frère Cracmol qui malheureusement s'était suicidé, les sorciers se sont adressés à lui.

- Il s'est suicidé ? Ta famille l'avait déshérité ? s'étonna Abensford.

- Non, pas du tout. Mais il était très difficile pour un Cracmol de trouver sa place dans la société, et il ne l'a pas supporté. Ça l'est toujours aujourd'hui, mais il y a quand même plus de possibilités qui leur sont offertes. Par exemple, aujourd'hui, un Cracmol peut recevoir des aides pour étudier chez les Moldus, s'il le désire.

- Oui, enfin, tout est relatif, l'interrompit à nouveau le Poufsouffle. Ils te disent que tu peux recevoir des aides, mais elles sont vraiment dérisoires. Ils ne savent absolument pas te renseigner sur l'éducation qu'un Cracmol peut recevoir, et encore moins sur ce qu'il pourrait faire comme métier du côté moldu. Et encore moins du côté sorcier, vu que de toute façon, pour eux, un Cracmol n'y a définitivement pas sa place, puisqu'il ne sait pas utiliser une baguette. Ma famille a fait pas mal de recherches par elle-même pour savoir comment elle pouvait compenser l'éducation que mon frère ne recevrait pas. Et encore, heureusement que ma mère avait des Moldus dans sa famille, du côté de son père. Et côté financement, n'en parlons pas, autant nous donner des chocogrenouilles, on serait plus riche.

Andromeda fut étonnée du ton furieux d'Abensford. Sa famille avait dû avoir beaucoup de difficultés pour permettre à leur fils aîné de pouvoir mener sa vie dignement, et il semblait qu'il y avait de quoi être révolté par le fonctionnement de la société sorcière vis-à-vis de leurs ressortissants cracmols. La jeune Black se souvint soudainement avec dégoût des propos qui avaient pu se tenir dans sa famille sur ses « dégénérés », comme elle se plaisait à les appeler. Andromeda se fit la promesse de ne plus jamais regarder un Cracmol de haut.

- C'est bien joli, tout ça, dit Myriam, on apprend plein de choses intéressantes, mais ça ne nous dit pas où tu voulais en venir, Vic.

- Eh bien, que les parents de Marius Black avaient pu se renseigner en consultant les registres pour savoir si leur fils était Cracmol ou pas. Parfois, le nom d'un Cracmol s'inscrit comme celui d'un sorcier, mais cette « erreur » est modifiée dans les années suivantes. Il est assez rare qu'il faille attendre les onze ans d'un enfant pour que le registre l'inscrive en tant que Cracmol. Encore une fois, ça peut arriver, mais ça ne se produit vraiment que peu souvent.

- Oui, enfin, tu oublies que ces registres ne peuvent être consultés que par des sorciers qui travaillent dans le Ministère de la Famille, et il n'y en a pas beaucoup, intervint Myriam.

- En plus, il leur est interdit de révéler ce genre d'information, renchérit Kenny.

- Oui, dans les faits, et aujourd'hui ils sont soumis à un vœu de silence, sauf cas particulier. Mais à une époque, c'était courant que ces sorciers soient soudoyés pour donner ce genre d'information. Il paraît même qu'au cours du dix-neuvième siècle, un sorcier, je crois que c'était un Nott, avait réussi à faire renvoyer un employé de ce Ministère. Il avait demandé à ce dernier si son fils était un Cracmol, et il lui avait répondu que ce n'était pas le cas après avoir consulté le registre. Cependant, l'enfant était encore jeune, et peu de temps après il est possible que le registre ait changé cette information. L'homme n'avait pas du tout apprécié, et s'était vengé sur ce pauvre sorcier qui n'était pourtant en rien coupable. C'est d'ailleurs après cette histoire qu'ils ont décidé d'installer ce vœu de silence, je crois.

- Tu en sais des choses, dis-moi, murmura Myriam.

Vic sourit.

- Ma grand-mère travaille au Ministère de la Famille.

- Ça explique bien des choses. Et je suppose que ce n'est pas étonnant, quand on connaît son histoire.

Vic hocha la tête. Ceux qui n'avaient aucune idée de quoi ils faisaient allusion se regardèrent, mais ne posèrent aucune question.

- Mais si les parents de Marius Black ont découvert assez tôt que leur fils était un Cracmol, dit Kenny, et qu'ils l'ont déshérité tout de suite, ça signifie que Marius Black ait pu oublier carrément qu'il vient d'une famille de sorciers ?

- Non, quand même pas, répondit Vic. En général, ce n'est que vers l'âge de sept ans environ que les parents commencent à se poser des questions si leur rejeton n'a encore démontré aucun signe de magie en lui. Et à cet âge-là tu gardes de nombreux souvenirs de ton enfance.

- Oui, mais si ses parents lui ont lancé un sortilège d'amnésie ? s'inquiéta Abensford. Quelqu'un nous a raconté qu'à une époque, ça se faisait.

- Oui, effectivement, mais beaucoup de famille ne se donnait pas cette peine, et c'est vraiment à une époque très lointaine. Je ne pense pas, vu l'âge de ce Marius Black, qu'il ait subi un sortilège d'amnésie. Il a dû être refilé à un orphelinat.

- Moldu ? demanda Ted.

- Peut-être. Mais il existe également des orphelinats pour sorciers. C'est là que sont envoyés les Cracmols en général, car même s'ils n'ont pas la capacité d'utiliser la Magie, ils y sont quand même sensibles, et ne peuvent pas être considérés comme des Moldus à part entière.

- Donc en gros, on ne peut ni lui envoyer d'hibou, ni lui faire de visite surprise, résuma Myriam. Bon, Abensford, on dirait qu'on va encore avoir besoin de ton frère. Il faudra que tu lui envoies la lettre qu'Andromeda écrira à Marius Black, pour qu'il lui envoie par la poste moldue.

- Pas super pratique, tout ça, marmonna la dite Andromeda.

- Oui, mais mieux vaut ne pas stresser le vieux, répliqua Vic en souriant.

- Il n'y a pas de soucis, de toute façon, Baxter acceptera, j'en suis sûr.

- Merci, Julian, lui dit Ted.

- De rien. Bien, je vais vous laisser, je dois rejoindre Edward. A plus tard.

Ils saluèrent le Poufsouffle qui quitta la bibliothèque d'un pas pressé.

- Eh bien, on en a découvert, des choses, aujourd'hui. La plus grande découverte a probablement été de constater que Vic Loversen était vraiment cultivé, quand il le voulait.

- Myriam, ça me blesse, ce que tu dis là. Tu en doutais ?

- Eh bien, on ne peut pas dire que tu fais étalage de ta science très souvent. Donc ça a de quoi surprendre.

Vic la regarda un moment avec un petit sourire en coin.

- C'est que tu es presque sincère, dis-moi.

- Faudrait pas que ça arrive trop souvent, quand même…

- Kenny, sois pas jaloux. Crois-moi, elle ne demande que ça, de t'en faire aussi, des compliments.

- La ferme, Loversen.

Ses amis étouffèrent un rire.

- En tout cas, moi, j'ai appris vraiment des choses intéressantes, murmura Andromeda. J'étais loin de me douter de tout ce qu'il y avait derrière la naissance des sorciers, et plus particulièrement des Cracmols.

- Si ça peut te rassurer, personne ne s'y intéresse, répliqua Myriam. C'est comme les Moldus : ils n'utilisent pas la Magie, donc ils ne sont pas dignes d'intérêt.

- Mais pour les Cracmols, c'est quand même plus rageant, ajouta Ted. Après tout, ils sont issus de cette société. On devrait leur prêter plus d'attention. J'en avais déjà discuté avec Abensford, et vraiment il y a beaucoup de choses aberrantes concernant la façon qu'a la société sorcière de traiter les gens comme son frère.

- Ce serait bien que la situation s'améliore un peu plus pour eux, approuva pensivement Andromeda. C'est quand même incroyable ces discriminations qu'il y a envers eux… Ils viennent quand même d'une famille de sorciers. Ça devrait être pris en compte, et…

Elle s'arrêta brusquement quand elle réalisa que tous la regardaient avec un petit sourire aux lèvres.

- Quoi… ?

- Voilà que notre petite Andromeda se réveille comme grande justicière, se moqua gentiment Vic.

- Du moment qu'elle n'en devient pas soûlante.

- Myriam, tu ne sais décidément pas ce que tu veux. Tu voulais qu'elle change, non ?

- Qu'elle change, oui. Mais pas qu'elle me soûle pendant des heures pour des grandes causes.

- Tu admets quand même que c'est une grande cause, rétorqua Andromeda.

- Oui, mais laisse-moi en-dehors, d'accord. Je ne veux pas me fatiguer.

- Parfois, je me demande bien ce que je peux aimer chez toi…

- Le dépucelage ?

- Loversen… !

Ses amis s'étouffèrent à nouveau de rire. Kenny se renfrogna, sachant d'avance que s'il voulait répliquer il allait perdre, d'autant plus que connaissant sa petite amie, elle n'allait pas se priver de lui sortir également quelques bonnes petites piques.

Tandis que les amis continuaient de discuter, ils ne remarquèrent pas un élève assis par terre, non loin de là, appuyé contre une des étagères du rayon de derrière. Ce dernier avait le souffle court, et tenait fermement un livre contre lui. Les yeux écarquillés, il digérait ce qu'il venait d'apprendre, lorsque soudain il entendit les cinq amis bouger. Ces derniers s'étaient levés et s'apprêtaient à quitter la bibliothèque. Andromeda Black parcourut rapidement l'endroit des yeux, mais ne vit toujours pas l'espion qui tenta de se faire encore plus petit. Le petit groupe quitta les lieux, les Poufsouffles devant, les Serpentards quelques pas derrière, comme souvent.

Kenny et Vic se séparèrent de leurs amis, qui devaient se rendre au cours de DCFM. Andromeda, qui s'était sentie légère et bien dans sa tête après cette discussion en compagnie de ses amis, et surtout grâce au fait qu'elle ait pu parler à nouveau avec Ted sans retenue, sentit tout enthousiasme la quitter rapidement. Un cours en compagnie du professeur Lawkins ne l'enchantait absolument pas.

Personne, une fois encore, ne remarqua l'élève qui les avait suivis et les regardait partir avec curiosité.