Bienvenue à bord

Je me trouve à bord d'un beau paquebot de croisière, accueilli par une hôtesse vêtue d'un ensemble veste, jupe, longueur de celle-ci arrivant en-dessous des genoux. Jeune femme brune souriante, âgé d'une trentaine d'année et de quelques poussières, cheveux coiffés d'un chignon classique élégant, qui me souhaite la bienvenue à bord. Bateau impressionnant, luxueux, à la hauteur vertigineuse, une résidence sur l'eau ressemblant à un certain Concordia. Espérons insubmersible ! Je préfère saluer les résidents marins depuis la promenade plutôt que dans ce vaste océan à perte de vue. Je serais plus ou moins à l'aise de barboter au milieu, à la surface de leur réserve naturelle, considérée comme une propriété privée. Interdiction de pénétrer dans ce lieu. Message reçu ! Mieux vaut respecter la loi des tréfonds du grand bleu. Même pendant un songe, on parvient à exposer ses craintes de dormeur, mentalement. Le psychisme conserve son grand pouvoir. Ça m'épate ! Je remercie l'aimable hôtesse en lui souriant après avoir présenté mes billets, un deuxième, tiens ! En trop, me semble-t-il. Ah ? Je me retrouve ensuite sur le ponton supérieur, le dernier qui se situe au sommet de cet immeuble flottant, comme si j'y étais arrivé à tire de bras. Ce qu'il y a de merveilleusement, magique dans les songes, est que vos jambes peuvent obtenir à leur tour, différemment, le pouvoir de faire un saut bionique ou grâce à la téléportation qui vous permet de gagner des minutes pour accéder à cet endroit, par exemple, étant donné que ma présence y fait acte. Sans claquer des doigts ou remuer du nez comme ma sorcière bien-aimée après avoir garé son balai enchanté. C'est uniquement, oui, de la magie. Une scène éclaire à une autre. Horizon dégagé, habillé de ce bleu azur, vêtement fidèlement porté sans détecter d'aspects usés, élimés, un soigneux entretien apporté. Quelques touches ensoleillées qui se mêlent à cette douce paisible coloration fraîche qui détient également le pouvoir d'en faire profiter, en envoyant un léger souffle à l'attention des gens. Moi, plus précisément, seul sur cette très large promenade, aérant ainsi mes cheveux. Tandis que mes yeux sont rivés vers ce ciel, là, de sereine humeur, je sens un élément étranger, naturel, que l'on trouve sur la terre ferme, cette fois-ci, mais particulièrement dans les villes fantômes au fin fond du Far West, qui m'est encore, à cette seconde inidentifiable. C'est seulement lorsque mon regard s'abaisse, que je suis apte à reconnaître l'identité de ce qui roule devant moi, à peu de distance. Bizarre ! Une meule de foin qui se promène, effectuant sa roulade habituelle, ayant normalement, essentiellement sa place dans les westerns. Que signifie-t-elle ? Que je vais voguer sur les eaux en solitaire ? Ce n'est pas compliqué à le deviner si c'est ça. Ce n'est pas commun comme élément, encore, onirique. Assez fantaisiste, loufoque. Bien souvent les détails qui y sont incrustés jouent des rôles qui sont dits non anodins, primordiaux. Ce figurant représente-il une signification importante ? Je ne saurais le définir, que ce soit par mon esprit conscient, de dormeur ou réveillé. A part rouler grâce au vent, qu'est-ce que ça pourrait jouer d'autre ? Ça n'a parfois pas de sens. A mon goût. Je me retrouve par la suite, à nouveau, téléporté, définissant l'heure de ce temps qui passe bien vite.

Nous sommes le soir à présent. A l'intérieur, dans l'immense salle de bal, avant de descendre les escaliers, un tout petit peu comparable, à la façon dont je me sens, de la scène dans laquelle Leonardo Di Caprio vient à la rencontre de Kate Winslet, dans Titanic. Lui baisant la main avec galanterie, elle lui souriant, étonnée, agréablement séduite, touchée. Je me demande même la raison de ce sentiment, n'étant dans ce genre de situation. Quoique…. Une très ravissante, plaisante, surprise m'attend. Sur une pellicule de film, tout se révèle en heure. Mes yeux, mon repère, détaillent le smoking que je porte élégamment, devinant que j'ai été l'invité d'un dîner qui a précédé, à la table du commandant. Quel privilège ! Une demoiselle, une madame, précisons, à présent, fait son apparition soudainement à mon bras, vêtue d'une longue robe noir bustier au décolleté drapé. Coiffure libre. Belle chevelure lâchée, légèrement ondulée sur le côté droit, port gracieux. Au fur et à mesure que mon regard arpente, atteignant l'acmé, à visage découvert, je suis heureux de pouvoir identifier, de nouveau, prenant conscience telle une évidence, l'importance que cela signifie. Ma sublime, sincère amoureuse d'épouse, me fait l'honneur d'enlacer son bras autour du mien, l'expression de son joli minois, lumineuse. Ce ravissant sourire si radieux ! Oh ! Teresa ! Le plus grand des privilèges qui se classent contre toute attente, supérieurement, sans comparaison. Ma figure transpire une radieuse joyeuseté en la regardant. J'ai l'impression que ma bouche s'épanouit avec largesse due à ce splendide rêve. Le sommeil du mari comblé si vous me voyez dans le lit conjugal depuis votre siège de voyeur. Oh ! Oui ! Je souris. Nous descendons alors les nombreuses marches moquettées de rouge que nos semelles foulent tels des stars de cinéma puis arrivés en bas, nous rejoignons la piste où nous nous mettons à danser, serrés l'un contre l'autre, éprouvant la sensation d'une deuxième scène que nous avons vécue lors de ce slow que nous avions partagé pendant notre mariage. Le bonheur s'accroît, enfoncé dans la félicité de ce moment qui me paraît si réel, sentant Teresa contre moi comme je peux la sentir dans la réalité.

-Tu crois que c'est lui qui l'a tué ?

Ah ! Ce songe prend une tournure policière. Indivisible de la réalité, de mon statut de mentaliste. Allons-y ! Donnons la réplique !

-Le commandant ?

-Oui.

-Tu en viens à le suspecter maintenant ?

-Peut-être.

-Quand je pense qu'il a été ton petit ami à l'université. Avec son allure de charmeur italien.

Le visage de ma réactive femme, son caractère d'agent domine à cet instant, à nouveau sans faire preuve, par son air, d'autorité, se détache de mon épaule afin de réaliser un face à face, un demi-sourire souligné sur sa jolie bouche attractive, les sourcils froncés avec souplesse, indulgente à l'écoute de ma remarque non exprimée jalousement. Surpris uniquement, qu'elle perçoit.

-Ça te surprend ?

Qu'est-ce que je disais dans mon esprit de dormeur !

-Un peu.

Je me vois distinctement ébaucher un doux, mesuré sourire, sans baisser les yeux sur les siens.

-C'est du passé. A vingt ans et des poussières…

Nous nous regardons, suite à sa déclaration, les lèvres de chacun prenant de l'élargissement, les pupilles scintillantes avant de me taquiner, de tenter de me faire bisquer.

-Anthony est tout de même resté un bel homme. Et revêtu de son costume…. Son charme redouble.

J'acquiesce avec sagesse, le reconnaissant toutefois.

-C'est vrai. Et puisque nous parlons de son uniforme noble de tombeur, chef naviguant, je ne crois pas que ce soit lui le coupable. Il ne voudrait pas se risquer à souiller la blancheur de son costume par des éclaboussures rougeâtres. Quelle horreur !

Mon visage grimace, au timbre sciemment maniéré, amusant mon tendre, précieux amour, qui communique son acquiescement, à son tour.

-Tu as raison.

-Bien sûr que j'ai raison ! Comme toujours.

Les bouches s'agrandissent, nous adressant notre expressive entente cordiale, complicité affectueuse, réciproquement amoureuse, mon éblouissante Lisbon-Jane, abdiquant vis-à-vis de mon sens intuitif, irréprochable de l'observation. Avec les années, elle ne peut prétendre le contraire vu les résultats probants obtenus.

-L'expérience acquise n'est plus à prouver.

L'étirement de nos sourires respectifs se maintient, avant que ma langue ne rajoute.

-Rigsby, Cho, Van Pelt, Wylie se chargeront plus tard d'interroger les autres suspects.

Anciennement C.B.I, F.B.I, réunis, s'associant de concert, l'absence, la nostalgie légère, intervenant. Les sentiments du monde matériel influencent les rêves. C'est bien connu !

Je resserre une nouvelle fois mon épouse, chuchotant à son oreille.

-Profitons de ce moment qui nous est imparti.

Sa joue se repose au niveau de mon épaule, nous laissant tourner sur nous-même au milieu des passagers, dansant. Je peux sentir, alors, cette fois, d'une manière extrêmement réelle, son ventre rebondi, en attente de croître davantage dans les mois à suivre, de notre prochaine progéniture dans notre réalité.

Qu'est-ce que j'aime !

Cette croisière ne s'est pas déroulé en solitaire, début d'enquête inachevé, énumération formelle des noms de l'ancienne équipe de Sacramento que n'est pas apparue. Dommage ! Des retrouvailles supplémentaires. J'aurais apprécié. Cependant, la nature de cette première étape astrale ne s'est pas tournée en direction de ce type de circonstance, contexte. L'attention principale fut dirigée vers notre couple. Une sorte de lune de miel, voyage de noces non rebelles. Magnifique enlacement, instant dansé !

Le songe se termine sur cette étreinte, esquissant, doucement, là, mes lèvres avant qu'une ribambelle, courte, ne s'enchaîne, au contenu, chacun, étrange, de nouveau.