Bonjour à vous qui venez vous balader par ici,

Voici le second chapitre de ces tranches d'onirisme, dans lequel monsieur Jane s'en donne, comme il le dit, à cœur joie. J'espère que le vôtre s'en réjouira en parcourant le récit de cette émission de radio, rêvé. Information, si cela est susceptible de vous intéresser: Je vous taquine.

Les dix chapitres de cette histoire, qui seront tous baptisés d'un titre bien spécifique, sont transformés à la sauce Mentalist, inspirés d'une fiction originale de ma propriété privée. Hahaha! Normalement, ces dix parties étaient prévues, à l'origine, pour composer dix fanfictions d 'intrigues policières dont j'avais eu idée entre 2012, 2013, ne les écrivant finalement pas, suite à un coupure définitive de cet apprentissage sur papier. D'une manière imprévisible, impulsive, je l'avoue, cette idée-ci s'est invitée à l'improviste, me soumettant, pourquoi pas, de remanier cette série de songes, issue de cette fiction originale en question. Souhaitons que cette aventure revisitée puisse, dans son intégralité, vous plaire. Si vous éprouvez le désir de poster un avis, aucune obligation de grand discours, rassurez-vous! La simplicité n'est pas exclue comme un vilain petit canard. Le pauvre! Trêve de bavardage! Je vous laisse tranquille, vous souhaitant une agréable lecture, du moins, je prie pour. Hahaha!

Bon vendredi, chers promeneurs, lecteurs.


A votre écoute

Je me retrouve propulsé dans une station de radio dans l'imminence, le rythme rapide d'un rêve se succédant, transporté sans préavis au sein d'un contexte qui nous échappe. Ne disposant d'aucune compétence dans l'art de l'animation verbale, à la cadence soutenue, je constate à l'écoute, que je me défends, en fin de compte, comme un pro. Mon attitude fictive, rêvée, est un mélange d'insolence, d'irrévérence ainsi que d'agressivité pour compléter le tableau psychologique du personnage. Moi en quelque sorte, principalement pour les deux premiers énoncés. Grégory House dans toute la splendeur de son excès comportemental ! Le personnage que je représente m'y fait penser. Ce n'est qu'un songe. Je ne suis aucunement responsable de ce que ce rêve met en scène vis-à-vis de ce sentiment qui entre en contact avec mon fort intérieur, sensiblement réceptif. Je représente uniquement le sujet que l'on utilise afin d'interpréter une situation qui m'est totalement inconnue. Un contexte professionnel plus que libérateur. Vous êtes à l'antenne ! Mon esprit m'informe que ce voyage astral va durer jusqu'au matin. Mon être entier flotte dans les airs bienfaisants. Assis dans le fauteuil de l'animateur vedette, c'est-à-dire moi, casque sur les oreilles, star des ondes sur lesquelles je brille par ma libre expression grâce à ma verve bien acérée en acerbité. Le roi de son émission populaire, audiences plus que satisfaisantes, grandement plébiscité par la tranche d'âge des 14-43 ans, diversité assez large d'après les informations que mon cerveau reçoit, je ne sais d'où afin que celui-ci mémorise les données tel que sur le disque dur d'un ordinateur. Le capitaine qui doit naviguer ce bateau, baptisé Onirisme, sur lequel les rêveurs se laissent bercer par cette traversée sans escale, plaisamment longue, est très certainement ce transmetteur d'informations. La fréquence n'est pas émise par ma bouche, sans doute considéré comme peu important dans ce cas de séquence. Le commandant a dû juger qu'il était inutile de le faire connaître. Je m'entends distinctement, par ailleurs, à intelligible voix, prendre l'appel, le premier, le vingtième ? Aucun renseignement à ce sujet ne m'a encore été transmis. Cependant, ceci n'empêche pas de débuter mon spectacle vocal, détestable, mettant en scène les ingrédients classiques, primordiaux d'un compétent animateur qui se fait trucider non pas par un auditeur ou auditrice, dont l'un des deux l'aurait juste insulté par l'intermédiaire d'une réception de courrier au contenu plus que mécontent, non. Mais premier par contre à être suspecté afin de fausser les pistes, induire en erreur.

Classique, on penserait mais le meilleur, aussi, comme ingrédient principal. De l'autre côté de mon sanctuaire impénétrable, ne devant se montrer affirmatif, se croire en sûreté, Teresa, bras croisés, se tenant à distance, costume pantalon saillant, grossesse par contre inexistante, observe, en compagnie du patron de la radio dont le nom complet n'est pas communiqué. Je ne peux rien entendre. Signification personnelle à propos de l'invisibilité du petit ventre rond ? Son rôle d'agent n'est que dominant dans cette séquence-ci et non celui de la future maman. Madame Lisbon-Jane, surveille, prête à écouter mon one man show, s'attendant à mon audace exercée avec grande liberté. Tu sais de quoi je suis capable, mon amour. Même dans ce songe, la réalité est relatée. Pas de signe de la main qui enverrait un coucou à travers la vitre, esprit déjà concentré, absorbé par le démarrage de l'émission. Veillez, veillez ! Je vais vous l'animer ! Le coupable qui va être débusqué, aura comme identité inhumaine celle du tueur au sans regret ainsi que du statut professionnel, le collègue de l'exécrable caractère au sans scrupule de l'ambition, au comportement à l'état brute, odieux, médiocrement apprécié, bizarrement vénéré par les plus jeunes en manque de sensation d'autorité. Sadomasochiste pareillement ! Les hormones en ébullition ne s'agitent pas dans le bon sens. Oyez, oyez, jeunes gens ! Vous vous égarez de chemin ! Motif de passage à l'acte; Avoir nui à son professionnalisme d'animateur prometteur auprès du patron, justement, de la radio sans nom, ne m'en ayant été, non plus, informé, racontant, rapportant par le produit de l'imagination de la victime, que son collègue, de six ans son cadet, d'après ce que je peux ressentir, n'avait l'étoffe de briller dans sa propre émission qu'on lui avait promis, contrat signé, à cause de sa consommation abusive de drogue. Sans omettre, sa préférence pour les auditrices mineures dont celui-ci n'hésitait pas à les recontacter hors antenne pour leur proposer des soirées spéciales. Inventé de toute pièce, bien évidemment. Ah ! La soif de l'arrivisme personnifié. Pousse-toi de là, que je m'y mette ! Oust ! Basique, traditionnel mais tout dépend de quelle manière est mené le déroulement de l'enquête, logiquement. Résumé, fabulation à l'appui, succinctement mais important à verser aux pièces à conviction. Le salopard ! Aucune raison, quelque qu'elle soit, justifiée, excuse, de commettre l'irréparable atrocité. Bagarre, fureur, crâne brisé, tête baignant dans une auréole à la couleur sanguine, s'étant acharné dessus avec extrême violence. Corps retrouvé dans le studio de l'émission, plus précisément la pièce enfermée où je me trouve, macabre, angoissant Esprit, es-tu là ? Dont celle-ci, devait revenir au meurtrier. Le conscient du dormeur en apprend ! Quelle histoire d'épouvante ! Racontez-la à un enfant sensiblement réceptif avant qu'il ne s'endorme et surtout ne vous étonnez pas de lui avoir provoqué une terreur nocturne avant qu'il ne se glisse sous les draps de papa, maman. Les parents seraient bons pour partager un lit à trois. Ce n'est pas bien d'avoir effrayé votre progéniture ! Voix moralisatrice qui vous fait la leçon. Non dans le rêve mais en général.

Je crois que Teresa emploierait un ton réprobateur si je m'amusais, involontairement, à effrayer notre futur petit ange. Menottes aux poignets, séjour indéterminé en rétention. Jane ! Tu es puni ! Au cachot ! Ooooh ! La sanction serait lourde ainsi que de conséquence. Lorsque je suis appelé par son nom de femme mariée, par son timbre mélodieusement furieux, miss Lisbon m'en veut. Les bêtises commises se payent ! Je le savais déjà car le montant de la somme que cela m'avait coûté par mon passé, m'avait littéralement, tragiquement ruiné. Le malheur mis de côté, nullement besoin de sortir un mouchoir, celui-ci ne représenterait que broutille, qui aurait toutefois le don de me contrarier. Quand on aime… On peut saigner un peu voire abondamment, émotionnellement.

« -Qu'est-ce qui t'es passé par la tête ! »

« -Un coup de vent sans doute. »

« -Je ne plaisante pas ! »

« -Moi non plus… Pardonne-moi. Je ne le ferai pas. »

La navigation des pensées dérivent, reprenons les commandes du navire qui maintiennent à nouveau le cap du songe.

Bien sûr que non ! Jamais. Je ne suis pas immature, inconscient principalement à ce point. Je détiens d'une manière responsable, la fibre paternelle. Concernant celle de la sagesse, le personnage que j'incarne en est dénué. De tout, d'ailleurs. Le sens moral. N'importe quelle invention, n'en manquant pas, à revendre, bien construite, pour en revenir à l'immonde mensonge, mentant donc avec crédibilité, fournissant des preuves factices après avoir réalisé un montage audio ignoble, on précipite la dégringolade d'une carrière pour faux délits de mœurs. Espèce de salopard, va ! Le suis-je ? Mais que me faites-vous incarner !

-Bonsoir.

Un salut réactif comme tout animateur qui se respecte, un semblant enjoué dans lequel mon ouïe spectateur, dénote un voile de lassitude, d'agacement, de je m'en foutisme. A moins que cela ne fasse partie du jeu de l'acteur de radio ? Et bien non. J'en souris avec largesse dans mon sommeil.

-Quel Gamin intrépide, facétieux manipulateur effronté qui s'amuse de ces délicates affaires !

-Oui. Je plaide coupable. Présent !

-Insolent !

-Vous n'avez encore rien entendu. Hahahah ! Mais au fait ! Où vous cachez-vous, chère voix mystère ?... Ça ne me regarde pas ? Très bien ! Mon nez fouineur ne mènera pas l'enquête en flairant la piste odorante.

Le marionnettiste guide mes pas.

Mon attitude n'est pas joué mais sincèrement honnête. L'irrespect, la provocation du royal ambitieux, arriviste, vaniteux, insolent irrévérencieux que j'interprète. Les deux derniers, encore, adjectifs qui me définissent. Tout moi, n'est-ce pas ? Rêver d'être dans cette peau quelque peu familière ne me déplaît guère, ne me dérange. Il n'y a pas à faire preuve d'étonnement. Dans un cas réel, j'en rirais ouvertement.

-Quelle offense !

-Vous en êtes offusqué ? Ça vous passera !

Ah ! Ma décontraction, mon audacieux culot verbal légendaire ! On s'y adapte.

Quiconque, je suis sûr, serait pousser à m'enfourner le micro dans la bouche en me souhaitant vivement, de m'étouffer avec.

-Il est 22h45, je n'ai pas pu encore grignoter, à défaut de désirer plutôt, m'avaler un riche tacos à m'en faire éclater la panse, le dévorer comme un goinfre, qui se barbouillerait le contour des lèvres, se l'essuyant à l'aide de la manche de sa veste, comme celle que je porte, la réalité de ma fidèle habitude vestimentaire me suit, rotant comme un porc à l'antenne. Le personnage gougnafier ne vous gêne pas, vous en redemandez, alors autant s'en donner à cœur joie ! J'y mets le ton avec application.

Soudainement, je commence à comprendre. Le capitaine fait resurgir ma préférence culinaire, que j'ai découverte lors de mon exil au Mexique durant deux ans. Pourquoi ? Afin de réaliser une rétrospection de ce passé ? Oh !

-Alors qui que vous soyez, exposez votre problème.

J'ai deviné ! Ai-je envie de me faire virer par ras-le-bol ? Cela m'en a tout l'air !

-Bonsoir Daid. Je m'appelle Stace.

-C'est ton vrai prénom ?

Ma perspicacité intuitive revient au galop, s'invitant dans cette vie parallèle onirique.

-C'est le diminutif de Stassy.

-Pourquoi un diminutif ? C'est plus branché ? insistant d'un ton pointue sur l'épithète.

La réponse de l'auditrice, âgé d'une quinzaine d'année, pas plus, dû au son de la très jeune voix que mon rêve me permet d'entendre, de définir le sexe féminin de la demoiselle, est émise par un oui intimidé.

« -Ça ne fanfaronne plus, là ! »

Mon esprit a également le pouvoir, la puissance de s'exprimer, une réflexion désobligeante justifiée, étant vrai dans la réalité par rapport à la jeunesse. Les générations évoluent !

-Quel est le motif de ton appel ?

-Je m'ennuyais alors j'ai voulu téléphoner au standard pour pouvoir passer à l'antenne.

-Et tu as quand même quelque chose d'intéressant à dire au moins ? Ou tu voulais juste faire joujou avec le téléphone ?

-Les deux.

-Oh ! C'est drôle comme amusement ! Le cordon du combiné n'a pas voulu t'étrangler, j'espère ?

Satirique, ironique.

-Non. C'est avec mon portable.

-Je ne savais pas qu'ils en avaient le pouvoir également. Ooooooh ! La méchante révolte mutante des cellulaires ! A force de les triturer, c'est normal que ces téléphones intelligents se rebellent. Vous les malmenez, voyons ! Il faut les comprendre. Ce n'est pas gentil.

Un verbiage sans queue ni tête que je mène insolemment, en me défoulant sans me préoccuper que mon acte vocal pourrait vexer, rendre agressif, provoquant l'insulte. Je me fous d'elle, carrément. J'ai vraiment envie de me faire virer.

-Quel crétin arrogant !

-J'entends ta pensée. articuler, le timbre mélodieusement impertinent. Vexer, hein ?

L'auditrice adolescente ne m'entend pas, attisant ainsi mon désir de persévérer sur la voie de la non bienséance.

Dans toute sa splendeur, jeune fille !

Les présentations faites, continuons sur la lancée après avoir pris la température ambiante de mes capacités en matière d'impolitesse causée par ma langue imprégnée d'inconvenance. Telle une éponge !

-Vous voulez me déstabiliser ?

-Bien sûr que… Oui ! C'est mon métier.

Je l'encourage ensuite à poursuivre, en la bousculant quelque peu.

-Bon ! Allez ! Tu ne vas pas me laisser ronfler face au micro. Tu n'as pas téléphoné pour endosser le rôle d'un somnifère ? Je t'écoute. Pas de spontanéité soporifique. Je m'endors facilement autrement.

Le froncement des sourcils du patron de la station fait ressortir les plis ridés de son front, apercevant au moment de relever le regard de la table, qu'une veine bleue apparente serait presque sur le point d'exploser. Attention ! Tous aux abris ! Mon aimée légitime conserve la même position, voyant subitement Cho faire son apparition. Abracadabra, me voilà !

-Votre collègue est totalement incontrôlable ! Il va ruiner l'émission ! Qu'est-ce que c'est que ce pitre ! Qu'il aille professer dans un cirque avec son nez rouge, en roulant en équilibre sur un gros ballon rouge ! Guignol ! finit-il par hurler, perceptible à mon oreille bionique.

Monsieur au physique de professeur de mathématique et de cadre supérieur aux cheveux brun, lunettes sur le nez au regard de fouine, me semble bien en colère. Mes pauvres doigts fragiles ! La règle en métal n'est pas loin.

-Tiens ! Ça t'apprendra ! Non mais dis-donc ! Espèce de petit impertinent !

-Aie ! Ça fait bobo à mes longs doigts soignés.

Les commandes du bateau sont reprises en mains car nous pourrions bien dérivés.

-Pour ce qu'elle est instructive ! Votre émission est débile.

L'impassible Kimball, la franchise non branlante dans toute sa beauté ! Tenue droite, yeux rivés en ma direction, en mode positionné, cette fois, à son tour, sur observation, ton posé assumant avec sang-froid, comme toujours. Merci de prendre ma défense. J'ai réellement la sensation de le vivre. L'onirisme rejoint légèrement le large de mon monde matériel. Sans jeter un œil envers le dirigeant de la radio, maintenant, seigneur de sa grande assurance. Le monsieur est pincé, ma moitié s'impose, pondérée, sereine.

-Il sait ce qu'il fait. Et oui. Il risque de ruiner votre émission. On doit bien enquêter pour débusquer le tueur.

Bec clapé !

Oh ! Que je t'aime ! Tu as subtilement retenu ce que je t'ai enseigné, malgré moi, Teresa. Ravissante insolence !

-Vous ne trouvez pas qu'il se débrouille comme un chef ?

Les épaules masculines se haussent brusquement, ne partageant cet avis mais se résigne, battant en retraite. Celui-ci n'a le choix que de se plier à ma façon de régner avec aisance, statut d'un simple intérimaire que je suis pourtant. Le quotidien au F.B.I s'invite. Consciemment, ça marque, influence la vie nocturne du rêveur que je suis, également.

-C'est une question que je voudrais poser. J'ai changé d'avis.

-Tant mieux ! On t'écoute.

-Comment peut-on faire un enfant dans un monde si hideux ?

-Quelle maturité, jeune fille !

Mon ton s'exclame, stupéfait. J'aurais préféré, en toute honnêteté, une question beaucoup plus légère. Un moment de comportement verbal à cet instant, pondéré, sensible, attentif, que ma verve émet. Je ne connais que trop, devinant qu'on la pose pour moi.

« -Capitaine, vous voulez me confronter de nouveau à cette, non si vaste interrogation ? Vu que vous êtes le maître qui tire les ficelles de mes membres, commande ma langue, je ne peux qu'obéir sans me questionner car un pantin n'en n'a pas le pouvoir. »

-Je ne dissimule plus ma blessure qui a réussi à se refermer malgré que la cicatrice sera toujours visible. On conserve à vie le souvenir d'un indélébile tatouage.

-Je veux une réponse plus précise.

Oooh ! Autoritaire soudainement, la gamine. Je réponds, je réponds. Minute, papillon !

-Je n'ai plus de chaos en moi. Il a déserté définitivement, changeant de domicile. Une autre crèmerie, je crois.

-Vous ne pouviez pas vous protéger de vous-même, Teresa est parvenue à cet exploit de vous tenir la tête hors de l'eau.

Mon dieu ! Ce dialogue est si distinct ! Surnaturel. Si dans un état réveillé, je devais analyser ce passage onirique, j'en déduirais que je ressens une crainte suite à ce que j'ai pu subir douloureusement dû à cette tragédie, émotionnellement. Les fantômes n'agitent plus aussi souvent leurs chaînes pour tenter de continuer à me tourmenter mais la peur, je la sais, injustifiée, revient des fois, me hanter. Le traumatisme est tenace même si l'on reçoit des soins intensifs, capables de vous guérir. La protection veille avec évidence sur nous. Ce que j'exprime, éprouve, représente la réalité de mes pensées inquiètes.

-Rien de grave. Ne doutez pas.

Ah ! La fameuse voix mystère ! Mais une différente, me semble-t-il. Un ange gardien ? Je veux bien, le croire. Jeu de mots !

-Oui.

-Une autre. Je peux.

-Oui.

-Vous allez enfreindre les règles encore ? Vous avez peur ?

-Peur de les enfreindre alors que j'en ai tellement enfreint ? Je n'en suis plus à une ou deux près.

Est-ce une question codée qui aurait un rapport avec ma prochaine paternité ? Ou un avertissement vis-à-vis d'une affaire à laquelle je pourrais être confronté, poussé, comme toujours, à enfreindre les agissements orthodoxes ? Qui sait ? Peut-être les deux ?

Le patron paraît furieux quand je relève la tête, l'entendant d'une manière audible, de nouveau.

-Vous vous foutez de moi ! crie-t-il. Furie !

Ma veste ôtée juste à l'instant, mes mains se chargent de retrousser les manches de ma chemise, après avoir déboutonné celles-ci, ma bouche ensuite, malicieusement étirée, casque conservé sur les oreilles, je lui réponds en appuyant sur un bouton afin que l'énervé m'entende, réciproquement. Insolent offenseur !

-Oui. Complètement.

Mes cordes vocales ont ainsi évité de s'égosiller excepté celles du dirigeant de la station à l'énervement accentué avant de quitter le studio. Mon ouïe ne perçoit rien à cet instant. Non important, non plus, certainement. C'est curieux, sensation à l'opposé mais ce songe me fait penser quand je m'étais retrouvé invité à l'antenne, sciemment, dans cette station de radio afin que l'on provoque la manifestation de Lazar, tueur en série, qui à mon goût personnelle, était moins machiavélique, l'étant quand même, adversaire beaucoup moins redouté que John Le Rouge, diable en personne. Heureusement que le mariage n'a pas connu d'imprévu dramatique. Le bonheur ne l'aurait pas permis, exterminant la menace. Celui-ci a chassé le nuage démoniaque qui flotter au-dessus de nos têtes. Un dénouement festif, émouvant. Mon esprit endormi est toutefois apte à se remémorer ce type de fait. Chapeau ! Mon cerveau est toujours en activité même durant la nuit. Brillant allié loyal ! Je reprends mon rôle d'animateur, la légèreté du dialogue revient au galop au bout du micro.

-Tu as un problème autrement que tu aurais à exposer, Stace ?

Mon ton insiste bien sur l'articulation du prénom, un peu méprisant, agacé, se tenant au précipice de la lassitude. Le commandant accélère la vitesse de croisière afin d'enchaîner rapidement sur cet entretien téléphonique qui domine une nouvelle fois sur la nature du début. Nous sautons d'un état à l'autre. Il faut suivre avec réactivité ! Grâce au capitaine, à l'identité inconnue, je suis en pleine immersion tel un explorateur aquatique.

-Vous avez peur de vous ennuyer ?

-Il y en a des peurs qui sortent de ta bouche. Moins que les miennes maintenant.

-Oui.

La mademoiselle confirme. Ah ! Une très bonne nouvelle alors.

-Honnêtement, on ne s'emmerde pas, là ?

-Oui.

-Ta petite cacahuète qui roule dans ta boîte crânienne n'a que ça à répondre ? C'est à bâiller.

-Vous avez résolu l'énigme dans la station de radio ?

Tiens ! Une questionneuse. L'adolescente incarnerait-t-elle une journaliste, un détective privée qui veut s'immiscer dans cette enquête onirique, se l'approprier ou la complice du coupable ? Non. Je sens que celle-ci joue simplement le rôle d'une sacrée grande curieuse. A cet âge, on l'est. Notre futur enfant, celui de moi et Teresa le sera sûrement d'autant plus dû au patrimoine génétique qui sera reçu en héritage. Mes questionnements à ce sujet dans la vie réelle, rejoignent, encore, ceux des songes. Cela signifie que l'esprit s'en préoccupe activement en dehors de cette promenade à bord de l'onirisme qui vogue sous ce ciel nuit bleuté.

-Pourquoi ? Tu veux rejoindre la partie de cluedo ?

-Non. Je suis nulle à ce jeu. Je n'aime pas les intrigues policières.

-On se débrouille de toute façon très bien sans ta participation. Si tu n'es pas douée, ça nous ralentirait.

Mon cerveau me fait demander si cela n'aurait pas un lien avec la nouvelle recrue au sein de notre équipe au F.B.I qui devrait sous peu la compléter de nouveau ? Après la mort de l'agent Vega, qui l'a emporté suite à cette intervention dans ce café, scène tournant au drame. A cause de cette disparition, ma résistance émotionnelle face aux meurtres, eu raison, temporairement de moi. Pauvre Cho, submergé par la culpabilité. La capitaine ravive les tragédies générales du passé, proches ou lointaines. Les kilomètres de cette balade sur ce navire, représentent un juste milieu. Je réponds à ma propre interrogation. Cela se pourrait. Mais je suis certain que la nouvelle arrivante sera, quant à elle, douée. Une mélange entre l'agent Fisher et Vega. Ça promet si tel serait le cas ! Une fusion génétique non mutante dans ce cas de figure. Nous ne vivons pas dans une colonie extraterrestre dont ces petits hommes verts, le sont-ils vraiment ? Manipuleraient avec machiavélisme la cervelle des simples mortels que nous sommes. Nous avons dévié une deuxième fois. Le commandant reprend le cap de la route qui reste à parcourir. Ne perdons pas une seconde supplémentaire. Le minutage du trajet doit être quant à lui respecter, le sommeil réglé telle une horloge, pouvant s'interrompre à n'importe quelle heure. Continuons !

-Mon petit ami m'a critiqué en disant que je conduisais mal. Il a pris le volant à ma place et nous avons mieux roulé.

Mon cerveau déductif en conclut immédiatement que ce problème confié qui paraît futile, à l'oreille, a un rapport, en analysant, de nouveau, avec ma relation sentimentale d'homme marié. Teresa reflète ce petit ami, remplissant adroitement, talentueusement, la mission de l'impeccable conductrice qui sait mieux, en effet, nous guider tous deux, bientôt tous les trois, craignant, indubitablement, contrairement à moi, de commettre des erreurs de conduite. Nous roulons sur cette autoroute sans zigzague, grâce à mon amour précautionneux, vigilant qui ne provoquera aucune faute du code routier, ce volant, élément métaphorique de notre existence de couple, familiale . J'ajouterais Un tout. Ses mains le possèdent solidement.

-N'ayez peur d'aucun accident. Il n'y en aura pas d'autre.

La voix douce de l'ange gardien s'impose, à nouveau, délivrant cette prédiction, je peux le ressentir, encore. Médium ? Intuition décuplée concernant ce domaine qui me tient à cœur avec une importance majoritaire qui se hisse en premier, indétrônable. J'en fais usage à bon escient, m'en servant pour cet intérêt personnel, plus que précieux, vital, afin d'être sécurisé en permanence. Une manie, un trouble obsessionnel de cette préoccupation. Pourtant, injustifié. Que l'on se rassure ! Je suis suivie dans ces soins intensifs. La guérison s'est incluse dans mon quotidien, œuvre efficacement. Les bleus à l'âme se sont apaisés, estompés malgré les légères traces colorées qui ne s'effaceront jamais totalement. Mais la sérénité a eu de l'ascendant sur la douleur. Teresa Lisbon-Jane, mon remède miracle, ma potion magique. Reconnaissance éternelle, amour incommensurable. Jusqu'à la fin. Je suis finalement une force, inconsciente de la nature.

-Il faudrait peut-être apprendre à mieux conduire alors.

Et oui !

-Mais je sais.

-Non.

Timbre catégorique, fermement sans appel. Un bref silence grésille à l'antenne. Une meule de foin doit sûrement passer.

-J'ai un autre problème.

-Lequel ? Je n'ai pas que ça à écouter. Empresse-toi, mignonne cacahuète !

Quel personnage antipathique, odieusement suis-je, exprès, je le devine ! Mon tempérament est exagérément poussif car dans les rêves, le comportement peut-être dénaturé, amené à l'extrême des limites. Vu que les miennes en sont capables, réellement, un défouloir dans cette spacieuse cour de récréation. On tenterait, comme très souvent, de me freiner. Pas là. J'en ris ! Regardez-moi ! Toutefois, la demoiselle ne s'en indigne aucunement. Elle a vraiment, désespérément besoin de confier ses anodins tracas. Tant mieux ! Ma bouche est bien décoincée, huilée ne la censurant point.

-A l'aide de ventouses, j'ai grimpé un immeuble de six étages, deux tranches d'ananas ornaient mes chevilles, telle des menottes j'ai l'impression ? Image qui s'installe dans mon esprit, qui étaient légères.

J'interromps.

« -Ça y est ! Je sais. Malgré le sentiment d'encore, parfois, ressentir ces bracelets métalliques froids comme des chaînes qui m'emprisonneraient, ceux-ci ne sont qu'une sensation du passé dont j'ai été libéré. Qui étaient légères. C'est ça ! »

Mon cerveau fonctionne sans le commander quant à moi. Mise en lecture.

-Je suis arrivé jusqu'au toit sans trop de mal où m'attendait mon copain qui était en train de briser un bloc de glace à l'aide d'une pioche. Poêle à la main, j'ai fait flamber des pancakes au rhum, lui en ai donné et il s'est brûlé les lèvres. Un sale goinfre !

Je comprends que le sens n'est pas figuré. La clé des songes n'ouvrent parfois pas toutes les serrures. Un peu absurde, non ? Mon oreille semble écouter du charabia. Énervée la gamine subitement ! Agacée des mauvaises manières de son petit ami. La pauvre ! Ironie.

-Qu'est-ce que tu as fait ?

-J'ai pris le bloc de glace, lui est enfoncée la tête et j'ai chanté en me gavant d'ananas et de pancakes. Il s'est envolé avec le gros cube gelé, les ventouses dans les mains, l'utilisant comme un cerf-volant.

Il ne doit pas avoir toutes les lumières allumées dans les pièces de son cerveau, je pense. Le sens de cette confidence se situe à l'angle de l'agonie. La capitaine du bateau doit savoir de quelle façon diriger ce second rôle, manipuler les commandes du vocabulaire codé. Celui-ci, n'est en tout cas, du tout, linéaire. Un zigzague, là, d'un authentique charabia.

-C'est fini ?

-Non.

-Dommage !

-Je n'arrive pas à le faire redescendre.

-Ton goinfre dégueulasse ?

-Oui.

Plus d'énervement dans la voix. Ca s'apaise vite, dis-donc !

-C'est complètement débile ton problème. Et puis je m'en fous éperdument. Tu ne peux pas le régler à ton âge ? Tu es idiote ?

Odieux, irrévérencieux.

-J'étais plus débrouillard, moins empoté que toi. Tu es immature.

Arrogant, insolent.

-J'ai 16 ans.

Innocente, naïve, petite biche perdue ! Ironie quand tu me retiens en otage ! Ah ! L'âge, enfin, cependant, m'est révélé. Un an de plus. Je n'étais pas loin.

-Tu le reconnais alors ?

Ma tonalité est teintée d'irritation, toujours expéditive, celle-ci un tantinet excitée par cette émotion bien sûr. Non sexuellement, voyons ! D'où l'agacement, à mon tour.

-Oui, je le reconnais.

L'aveu de la jeune fille s'exporte à travers les ondes sur lesquelles, son écho règne.

-Bonne nouvelle ! Mais honnêtement, ma compétence de conseiller pour des conneries de ce genre se situe en-dessous du niveau. Ca me dépasse ! Tu vas devoir t'en dépêtrer toute seule comme une grande.

Mon regard se relève, fixe cette fois les techniciens, annonçant avec désinvolture ma décision de me retirer sans que ma voix ne soit formelle, celle-ci prenant librement ses aises.

-Comme l'a dit mon ami Cho, cette émission est débile. Démerdez-vous. Je me casse.

Je suis doué pour incarner cet insupportable animateur sous couverture !

Narquois, effronté, le sourire qui les colore, soulagé. Quant au déroulement de cette enquête, elle fut menée d'une manière désordonnée, dévoilant l'identité professionnel du coupable à l'envers, embrouillant légèrement mon esprit comme si de rien ne s'était encore produit. Mon travail de consultant me suit jusque dans mes rêves. Ce n'est pas pour rien.

La clé des songes verrouille, je déserte le studio.