Aypierre posa doucement la boite de chocolats en forme de cœur qu'il venait de recevoir des mains d'Azenet sur sa table basse.
Il soupira en essayant de calmer les tremblements de ses mains. Il haïssait la St valentin. Vraiment. Il se laissa tomber sur son lit, sur le dos, et pris sa tête dans ses mains, étouffant un cri de frustration. Pourquoi l'amour devait être si compliqué ?!
Il ne pue s'empêcher de penser à l'adorable air gêné qu'arborait son petit Aze, lorsqu'il lui avait timidement tendu le paquet. Et puis, il avait prononcé cette phrase.
- J'espère que BBoy ne t'a pas encore donné les siens...
La joie première qu'Aypierre s'était brutalement transformée en malaise, en remords... En doute.
Il ne pouvait accepter qu'un présent. Il ne pouvait répondre qu'au sentiment d'une personne.
Azenet ou BBoy. BBoy ou Azenet.
Qui son cœur préférait-il ? Battait-il plus fort pour l'air timide et systématiquement embarrassé de Aze ? Pour l'insolence dont BBoy faisait preuve ? La douceur ou le piment ?
- Aypierre ! S'exclama l'homme à la capuche qui venait d'entre en hâte dans sa chambre.
Le sus-nommé se redressa en sursaut, son regard paniqué couvrant le paquet de Aze par réflexe, avant de fixer BBoy. Pourvu qu'il ne le voie pas, pourvu qu'il ne le voie pas...
- Frère faut que je te... Donne... Un truc. Aypierre se mortifia au fil de l'extinction de la voix de Bboy, dont les yeux couleur ténèbres venait de se poser sur le paquet finement emballé dans un papier rouge passion.
Doucement, presque imperceptiblement, un sourire forcé distendit ses joues. Alors qu'il tentait subtilement de cacher dans son dos un petit paquet mal emballé, criblé de scotch.
- ... Ça peut attendre. Sa voix tremblait.
- BBoy...
- Azenet est dans la cuisine si tu le cherches. Je crois qu'il se fait un MugCake. De plus en plus.
- BBoy... Montre-moi ce paquet, s'il te plaît... Il était suppliant. Il ne savait pas quoi faire, quoi lui dire pour ne pas le voir partir.
Les joues du brun se teintèrent de rose et il baissa la tête, pour se cacher dans sa capuche, gêné. Il lui lança le paquet en grommelant, feignant un détachement total.
- Je... Je me faisais juste chier et j'ai voulu essayer de cuisiner... Je ne pense pas qu'ils soient mangeables.
Aypierre attrapa le paquet et l'ouvrit minutieusement, attendrie. Il les avait faits main...
Doucement, presque religieusement, il porta un chocolat en forme d'étoile, pas trop cramé, à sa bouche.
- Ils sont délicieux. Je te remercie.
Aypierre se leva, posa le paquet de BBoy sur sa table basse et pris celui d'Azenet. Il se dirigea vers la porte, déposant un calme bisou sur le front de Bboy en passant près de lui.
- Attends-moi là. Mets un film, j'arrive dans dix minutes.
Dix minutes. Juste le temps de rendre des chocolats, de repousser des sentiments, de sécher les larmes d'un ami...
Azenet était adorable. Et Aypierre l'aimait énormément...
Mais pas autant qu'il aimait le Tardos qui était dans sa chambre.
