Bien que son cœur batte à tout rompre due au stress et la course qu'elle faisait à travers les cachots du palais, Juvia ressentait un soulagement énorme d'avoir retrouvé Gajeel. Elle savait qu'ils n'étaient pas encore tirés d'affaire, mais la jeune femme avait été si inquiète!

** Quelques heures plus tôt**

- Hey! Où tu vas comme ça? Demanda une voix dans son dos.

- Gray… Souffla la jeune femme en se retournant.

Il ne fallait surtout pas se méprendre, jamais Juvia ne serait déçue de sa présence. Simplement, elle était un peu réticente à l'inclure dans leurs histoires. Et s'il était blessé par erreur simplement parce qu'il était avec elle… ou pire. Son cœur se serra plus qu'elle ne l'en aurait cru possible. Jamais elle ne pourrait être près de Gray. Jamais elle ne se permettrait de mettre sa vie en danger. Elle était une fugitive, pouvant se faire abattre d'un moment à l'autre par l'organisation qui l'avait vue grandir. Il ne méritait tout simplement pas ça.

Bien qu'elle soit triste pour Levy, la jeune femme ressentait une pointe de jalousie envers Gajeel. Son ami d'enfance, lui, pourrait avoir la jeune femme, qui semblait elle aussi condamnée à l'exil, à ses côtés. «Non, non, non, Juvia» se réprimanda la jeune femme. Bien qu'il fût évident que la petite interprète ait tapé dans l'œil de Gajeel, elle était certaine qu'il préférait la savoir en sécurité.

- La Terre appelle Juvia, tenta de la ramener à la réalité Gray en agitant la main devant son visage.

- Oui mon amour? Répondit-elle finalement.

Le jeune homme afficha une drôle d'expression suite à la manière dont elle l'avait appelé, mais reprit finalement contenance et fit comme si de rien n'était.

- Où tu vas comme ça?

- Gajeel et Levy sont introuvables. Juvia est convaincue qu'ils sont partis au palais.

- Au palais? Pour faire quoi?

Lorsque Juvia lui raconta ses soupçons, Gray grimaça et se mit à marcher d'un pas décidé vers la gare.

- Gray! Attends!

- On n'a pas de temps à perdre. S'il quelque chose de mal leur arrive, il faut agir vite.

Juvia jouait avec ses doigts.

- Juvia ne veux pas, ne veux pas que… Ah! Juvia ne peut pas mentir à son amour! Se mit-elle à penser tout haut. Elle veut qu'il vienne…

- Juvia…

- Mais elle veut qu'il soit en sécurité! Poursuit-elle. Qu'est-ce que Juvia doit faire? Ajouta-t-elle les mains sur les joues.

- Juvia! Aboya-t-il en agrippant ses poignets, tirant dessus pour enlever ses mains de son visage. Explique. Clairement. Avec des mots cohérents, précisa-t-il calmement, prenant le temps de faire une petite pause entre chaque courte phrase.

- Juvia a peur pour Gray, réussit-elle à résumer. Elle ne se le pardonnerait jamais s'il lui arrivait malheur.

- Et moi? Dit Gray, toujours avec son ton calme. Tu crois que je me pardonnerais de te laisser aller seule alors que t'es recherchée?

Le visage de la jeune femme avait viré au rouge. Malgré ses craintes, elle ne pouvait tout simplement pas se résoudre à lui résister. Puis ils étaient partis vers le palais, y arrivant quelques heures plus tard. Une fois-là, ils prirent bien soin de rester à couvert. Si les choses avaient mal tournées, Gray et elle devaient à tout prix ne pas se faire repérer. Et même si Levy avait réussi à obtenir de l'aide de la part du roi, il ne servait à rien de signaler leur présence si tôt.

Bien évidemment, ils n'avaient pas eu cette chance et surprirent une discussion entre deux soldats concernant l'arrivée de Phantom dans la prochaine heure pour récupérer un fugitif. Elle fut si inquiète pour son meilleur ami qu'elle ne ressenti pas, presque pas, de joie lorsque Gray posa sa main sur son épaule pour la rassurer.

- On va le sortir de là. Lui et Levy.

Elle hocha la tête puis se mit à établir un plan pour les libérer.

** Présent **

Ils entendirent des bruits de pas. Ils avaient couru depuis plusieurs minutes, si bien que la jeune femme ne savait plus où ils se trouvaient. Une chose était certaine, ils n'étaient plus dans le cachot.

- Là-dedans, chuchota Gray alors que les pas se rapprochaient.

Juvia, Gajeel et Levy entrèrent dans la pièce que Gray leur avait indiquée, ce dernier referma la porte derrière eux.

- C'est quoi cette pièce? Dit Gajeel. On dirait plus une pièce d'une maison hantée que celle d'un palais royal.

Prenant la peine de jeter un œil aux alentours, Juvia devait avouer qu'effectivement, la pièce donnait froid dans le dos. Une chose était certaine, elle était abandonnée depuis longtemps. Absolument tout, tout sauf une petite chaise berçante, était recouvert de poussière. En portant un peu plus attention, elle remarqua que c'était une chambre d'enfant.

- J'ignorais que le roi avait eu un enfant, souffla-t-elle.

- Je plains le pauvre mioche qui a ce bâtard comme père, gronda Gajeel.

- Pas le roi Auguste, souffla Levy.

Tous se retournèrent vers la jeune femme, un dessin à la main.

- Cette pièce date de la famille royale précédente.

Juvia avala sa salive. Alors un bébé était aussi mort lors du carnage qui avait emporté ses parents. Elle s'approcha pour jeter un œil sur la photo. Son cœur se serra malgré elle. L'image représentait un homme aux yeux brillants et au sourire rayonnant, ses bras passés autour de la taille de la reine ayant elle-même un poupon d'à peine quelques jours dans les bras. Une larme perlait au coin des yeux de la jeune femme en repensant au sacrifice de ses parents. Si seulement ils avaient pu les sauver. À ses côtés, Gajeel regardait lui aussi le dessin, l'air sérieux. Il avait beau ne pas l'afficher aussi clairement qu'elle, Juvia savait que Gajeel était lui aussi affecté par l'image.

- Ils étaient appréciés de tous, dit une voix chevrotante avec lassitude.

Tous détournèrent leur attention du dessin, pour identifier la nouvelle venue. Ils furent surpris d'y trouver une vieille dame. La dame ferma la porte avec autant de délicatesse qu'elle l'avait ouverte, ne produisant aucun son.

- Merde, laissa tomber Gajeel hésitant à comment il devait agir.

En temps normal, il n'aurait pas pris de chance, assommant l'intrus d'un rapide coup sur la tête. Mais cette mamie ne survivrait très certainement pas à un tel coup.

- Vous n'avez rien à craindre de moi, mes chers, leur sourit-elle.

- Comment pouvons-nous être sûrs que…

- Que je ne vais pas prévenir la garde que les fugitifs qu'ils recherchent sont ici? Si j'avais à le faire, crois-tu vraiment que j'aurais pris la peine de vous parler?

- Mais pourquoi? Demanda Levy d'une petite voix.

- Personne ne rendant hommage à la défunte famille royale de la sorte ne peut être fondamentalement mauvais.

- Vous les connaissiez?

Elle émit un petit rire au commentaire.

- Les connaitre? J'ai assisté à la naissance du roi avant d'avoir le privilège, quoi que bien trop court, de bercer sa propre fille une vingtaine d'années plus tard.

- Vous semblez les avoir beaucoup appréciés, dit Juvia avec sympathie pour la vieille domestique.

- Plus que vous ne le croyez. C'était le meilleur roi que le royaume ait porté. Les temps ont bien changés…

Juvia et Levy jetèrent un regard sévère à Gajeel, lui indiquant de ne pas dire tout haut l'insulte qu'il avait sans nul doute en réserve contre le roi actuel.

- J'aime bien venir me bercer ici, dit-elle en prenant place dans la chaise berçante. Ça me permet d'entretenir mes souvenirs. Je me rappelle encore ses petites mains, ses belles boucles azur. Cette enfant n'arrêtait jamais de sourire. Oh et elle avait cette mignonne tache de naissance en forme d'une petite fleur tout près de son cœur. Elle aurait décidément été une reine fabuleuse…

Les souvenirs de la dame furent interrompus par des pas près de la porte.

- Vite, cachez-vous ici! Indiqua-t-elle une vielle, quoique très large, penderie.

Tous s'exécutèrent, faute d'une meilleure option, retenant pratiquement leur souffle alors que la porte s'ouvrit.

- Nous sommes à la recherche de quatre fugitifs, dit un des gardes à la dame.

- Quatre? S'étonna faussement la domestique. On nous avait fait l'annonce de se méfier de seulement trois.

- Un quatrième les accompagnants, Gray Fulbuster, a été reconnu coupable comme complice envers des criminels graves et est maintenant recherché au même titre que les autres. Ordre de Phantom.

- Je vois, dit-elle. Bonne chance.

L'homme allait refermer la porte puis s'arrêta.

- Que faites-vous dans cette vieille pièce? J'ai cru entendre parler, dit-il avec soupçons.

- Je racontais une histoire à la petite princesse, dit-elle avec naïveté, les bras pliés devant elle comme si elle tenait un poupon.

- Quoi?

- Chut! Elle vient de s'endormir, dit la vieille dame en berçant le bébé invisible.

- Cette vieille est sénile! S'emporta le deuxième garde. Viens, on perd notre temps ici, dit-il avec agacement.

Puis ils quittèrent enfin, permettant aux fugitifs de sortir.

- C'est terrible… marmonna Juvia. Gray est…

- Pas le temps pour ça! Gronda Gajeel. Faut sortir d'ici au plus vite!

- Sortez par la fenêtre, indiqua la dame. Elle donne sur un coin isolé du parc. Vous devriez sortir sans problème.

- Comment vous remercier? Demanda Levy en prenant les mains de dame.

- Préservez la mémoire de notre bon roi et nous seront quittes, sourit-elle.

- Allez crevette, la pressa Gajeel, saluant la dame d'un hochement de tête avant de tirer Levy par le poignet.


Le groupe s'arrêta, haletant, après une longue course dans la forêt. «Y'en a marre de toujours se cacher dans le bois» pensa Gajeel. Si le jeune homme n'avait pas été autant à bout de souffle, il aurait très certainement laissé tomber un juron. Il passa plutôt une série de gros mots dans son esprit. Il était clair qu'ils ne pouvaient pas retourner à Fairy Tail. L'air grave sur le visage de tous montrait clairement que chacun l'avait compris.

- Je vais essayer de nous trouver quelque chose à manger, laissa tomber Gray alors qu'ils avaient choisis l'endroit pour s'installer.

Gajeel vit son amie d'enfance éclater en larmes alors que le pervers s'éloignait.

- C'est de la faute à Juvia ce qui arrive à Gray, lui dit-elle.

- Ah non! Tu vas pas t'y mettre toi aussi! S'exclama-t-il.

- Mais Juvia a…

- Tu l'as obligé à venir?

- Non, mais…

- Alors il a pris sa décision tout seul! Tu crois que j'en veux à crevette parce qu'on a décidé de l'épargner?

- Bien sûr que non.

- Alors il ne t'en voudra pas. Et si c'est le cas, c'est un connard en plus d'un pervers et il mérite mon poing sur la figure, ajouta-t-il pour lui-même les bras croisés.

Elle sourit, ayant entendu sa dernière phrase. Elle posa un baisé sur sa joue comme elle le faisait quand ils étaient enfants, déclenchant un grondement de sa part. Elle savait qu'il détestait ça et sourit un peu plus.

- Gajeel devrait aller voir Levy, dit-elle après un moment.

- Je voudrais être seul à sa place, grommela le jeune homme.

- Mais Levy n'est pas Gajeel. Et elle a besoin de lui.

- Moi? Répéta-t-il incrédule. Je sais pas si t'as remarqué, mais j'ai pas vraiment la tête du type qui rassure les gens.

- Gajeel le fais toujours pour Juvia.

- Toi t'es bizarre.

- Peut-être que Levy est spéciale elle aussi? Dit Juvia d'un sourire. Mais une chose est sûre, Levy à un drôle d'air depuis notre sortie du château.

Malgré lui, Gajeel flancha finalement et se dirigea vers la jeune femme qui tenait ses genoux dans ses bras, en petite boule sur un rocher, un peu plus loin.

- Éloigne-toi pas trop crevette, engagea-t-il la conversation, c'est difficile de retrouver une si petite personne. En plus, avec ta chance, d'autres loups vont rappliquer.

- Humm… dit-elle simplement.

La crevette qui ne réagissait pas à des commentaires sur sa grandeur? Qui refusait de parler? Peut-être que Juvia avait raison après tout, quelque chose ne tournait pas rond.

- Crache le morceau, dit-il de but en blanc.

- De quoi tu parles?

- De toi qui est un peu trop silencieuse à mon goût.

- Moi qui croyait que j'utilisais trop de mots, dit-elle, bornée.

Il leva les yeux au ciel, commençant à perdre patience.

- Tu vas me dire ce qui se passe ou pas? Commença-t-il à s'emporter.

- Tu sais ce qu'est la couleur azur? Demanda-t-elle.

- C'est quoi cette question stupide?

- C'est une sorte de bleu, répondit-elle tout de même elle-même à la question.

- Et alors?

- Mes cheveux sont bleus.

- Au risque de me répéter… et alors?

- Tu as dit que tu avais à peine un an quand tes parents sont décédés. Alors moi je devais avoir quelques semaines au maximum…

- Attend minute crevette! Commençant à comprendre où elle voulait en venir. Cette histoire commence à te monter un peu trop à la tête, gronda-t-il. Tu ne crois quand même pas qu'il n'y a qu'une seule fille aux cheveux bleus née il y a dix-huit ans?

La jeune femme lui jeta un regard désespéré, des larmes commençant à emplir, comme beaucoup trop souvent ce jour-là, ses beaux grands yeux noisette. De ses doigts tremblants, elle entreprit de soulever le bas de son chandail jusqu'à juste en dessous de sa poitrine.

- Qu'est-ce qui te prend! S'exclama-t-il, les joues rosissant légèrement, avant de remarquer une tache sur son côté gauche.

L'espace d'un instant, son cœur oublia de battre. Tout juste au-dessous de son cœur, il pouvait voir une tache de naissance d'une forme bien particulière. La forme d'une petite fleur.

Grosse révélation que viennent de recevoir nos personnages! Prochain chapitre, nous allons voir ce qu'il vont faire de cette annonce plutôt déstabilisante! ;)

J'espère que vous avez apprécié! Si c'est le cas, n'oubliez pas de suivre, ajouter aux favoris et/ou de me dire vos commentaires!

Bonne journée!

Lily xx