Paix et longue vie, chapitre 4
Jim avait quitté la passerelle au moment de la pause-déjeuner. Il parcourait à présent le long couloir menant à l'infirmerie, Spock et l'encombrant sac à langer dans ses bras. Spock cherchait à atteindre le sac et son précieux contenu. Etait-il si impatient de manger ? Ce serait surprenant si l'on considère les difficultés qu'avait eu le docteur McCoy à le nourrir ces quatre derniers jours.
Finalement, ces quelques heures passées sur la passerelle lui ont peut-être ouvert l'appétit, se demanda Jim, en se remémorant la matinée.
Spock, comme toujours, s'était montré très curieux. Il avait passé la dernière heure à appuyer sur tous les boutons lumineux se trouvant à sa portée, au grand dam de Jim, incapable de se montrer autoritaire.
Léonard et Christine Chapel les accueillirent dès leur entrée à l'infirmerie.
« Alors Jim, ça s'est bien passé ? »
« On peut dire ça… » Répondit Jim tout en posant le sac à langer sur l'un des lits médicaux.
« Est-ce qu'il a dormi un peu ? » Demanda Christine tout en lui prenant Spock des bras. Ce dernier chercha aussitôt à s'échapper en remuant dans tous les sens.
« Non, pas une seule minute. Cependant il n'a pas l'air d'avoir besoin d'une sieste…Il semble même un peu agité ! » Dit Jim, tout en sortant du sac les biberons et la compote de pommes donnés le matin même par Léonard.
« C'est curieux, il semble en effet plus éveillé. Il a même l'air d'avoir faim ! On devrait le faire manger et le changer. On verra ensuite pour une petite sieste… » Annonça Léonard qui reprit Spock des bras de l'infirmière pour le redonner à Jim. Curieusement, le petit vulcain se calma aussitôt.
« Au fait, c'était quoi cette alerte rouge tout à l'heure ? »
« Oh ça …Ce n'était rien. Spock a déclenché l'alerte rouge en appuyant sur la commande de mon fauteuil. Le lieutenant Uhura a vite annulé l'alerte. » Dit Jim, légèrement embarrassé. Face à lui, Christine et Léonard s'étaient mis à rire, ils imaginaient parfaitement la scène !
« Bien, je vais réchauffer son biberon. Jim, vous devriez l'installer dans sa chaise haute. »
Léonard revint deux minutes plus tard avec le biberon de lait réchauffé, un pot de purée de petits pois et quelques boudoirs. Ces gâteaux, Spock les avait découvert la veille et les avait trouvés bien meilleurs que la purée de carottes du bon docteur !
Spock se débattit comme un diable lorsque Jim essaya de lui faire avaler la purée de petits pois. Il vomit presque aussitôt son biberon de lait sur l'uniforme de Jim, le lait jaillissant de sa bouche comme un geyser, mais mangea sans aucune difficulté deux boudoirs et jusqu'à la dernière cuillérée de la compote de pommes. Léonard, les bras croisés, observait la scène avec une joie non dissimulée. Il avait tout de suite vu une différence avec la veille au soir. Spock était plus ouvert, plus éveillé, il babillait et avait réellement retrouvé son appétit. Certes il se débattait, mais ce n'était pas comme lors d'une de ces étranges crises.
Jim finit par lui retirer son bavoir et le sortir de sa chaise haute tout en se demandant ce qu'il devait faire maintenant. Son uniforme était couvert de vomi, le pyjama de Spock était couvert de purée de petits pois …et sa couche semblait légèrement plus lourde qu'avant le repas.
« Euh…Bones…Vous ne sentez pas comme une odeur ? »
« Mon cher Capitaine, j'attends cet instant depuis mon réveil… l'heure où vous allez changer sa couche ! Par ici, le matelas à langer se trouve dans mon bureau. » Lui répondit Léonard avec un grand sourire. Face à lui, Jim s'était raidi, avant de le suivre avec quelques hésitations tout en tenant Spock à bout de bras !
« Bones…Je ne crois pas que ce soit …hum…à moi de le faire. Vous comprenez, si jamais Spock retrouve sa taille adulte et s'il apprend que je lui ai changé ses couches …Il pourrait être embarrassé… »
« Jim, ne me dîtes pas que le meilleur Capitaine de la flotte, le grand James Tiberius Kirk, reculerait devant la difficile tâche de changer la couche d'un bébé ! » Dit Léonard, d'un air moqueur. « Ne vous en faîtes pas, je vais vous aider ! »
Trois minutes plus tard, Jim était au bord de la panique. Spock se débattait, cherchant à se relever, se retourner, et fuir par tous les moyens la table à langer. De même, il s'était mis à hurler dès que Jim eut fini de lui retirer le bas de son pyjama et son body qui s'ouvrait par l'entrejambe. Une fois la couche ouverte, le cauchemar du capitaine commença.
« Bon sang qu'est-ce que ça pue ! …Mais comment une si petite chose peut dégager une telle odeur ? »
« Jim, tenez lui les pieds ! Non, Spock, arrêtez de bouger ! Jim, empêchez-le de mettre ses pieds dedans ! »
« Merde, merde, merde ! Mais il me pisse dessus en plus ! » Hurlait Jim, essayant de se faire entendre de Léonard malgré les cris de protestation de Spock !
« Jim, ce n'est qu'un bébé ! Il ne se contrôle pas ! » Riait le médecin tout en guidant les gestes de Jim qui peinait à nettoyer les petites fesses du vulcain à coup de lingettes. « Voilà, c'est bien, mettez-lui une nouvelle couche maintenant... »
« Bones, je préfère cent fois me retrouver au milieu d'un combat avec des Romuliens que de revivre ça ! » Finit-il par dire, en refermant la couche. Jim était en nage. Il rebaissa ses manches après avoir fini de rhabiller Spock, lequel avait retrouvé son calme. Assis sur le matelas à langer, les fesses au sec, il bâillait ostensiblement et se frottait les yeux.
Léonard souleva Spock et l'allongea dans son petit lit avant de le couvrir d'une petite couverture en laine. Il alluma ensuite le mobile qui se trouvait au-dessus de son lit et Jim ne put que sourire en reconnaissant la voix du Lieutenant Uhura.
« Elle a enregistrée cette berceuse il y a deux jours, sur la demande de Scotty… » Expliqua Léonard moins d'une minute plus tard. Il fixait Bébé Spock à présent endormi, l'Entreprise et la navette Galileo poursuivant l'oiseau de proie !
Jim soupira.
« Fatigué, Jim ? »
« Un peu…J'avoue que je ne pensais pas que cela serait si épuisant de s'occuper de lui. »
« Et oui…Spock est un hybride…mi- Ange mi- Démon ! » Soupira Léonard, lui aussi exténué.
A suivre…
