Merci pour vos reviews. Celles-ci m'encouragent à écrire la suite. Bonne lecture.
Paix et longue vie, chapitre 13
Spock se réveilla 10 heures plus tard, seul et un peu désorienté. Son dernier souvenir avait été d'être dans les bras de son père. L'avait-il rêvé ?
Spock secoua la tête, se rappelant soudain les événements de la veille.
Ses parents, Sarek et Amanda, étaient arrivés à bord de l'Entreprise. Le soir, ils avaient diné en sa présence et en compagnie de Jim et du Docteur McCoy. Leur conversation avait dérivée vers le développement du lien télépathique entre l'enfant Vulcain et ses parents…C'est alors que Spock lui-même avait indiqué, en tendant les bras vers son père, qu'il souhaitait fusionner avec ce dernier!
Cette action aurait été impensable il y a encore quelques mois, se dit-il.
Puis se mettant debout et prenant appui sur la barrière du petit lit, Spock entreprit d'en sortir sans attendre l'aide d'un médecin ou d'une infirmière. Malheureusement, il fut stoppé dans sa tentative au moment où sa jambe était enfin passée par-dessus la petite barrière.
« Spock ! Mais qu'est-ce que vous faîtes ? » Hurla le docteur McCoy qui d'un geste attrapa le petit vulcain, le forçant à se rasseoir dans son lit.
De toute évidence, mon cher docteur, j'essayais de m'évader de ce lit. Vous qui ne cessez de répéter que l'infirmerie n'est pas la prison d'Alcatraz, permettez-moi d'en douter, à présent que vos lits ont des barreaux ! Songea Spock tout en fronçant les sourcils. Etre incapable d'envoyer une pique au médecin et de se faire comprendre par lui était l'une des conséquences les plus frustrantes de sa condition actuelle.
Spock soupira bruyamment avant de poser son regard sur le docteur McCoy. Le pyjama de Starfleet, les cheveux hirsutes, la barbe naissante, les marques sur le visage laissées par un drap froissé, tous ces détails ne laissaient aucun doute à Spock : le docteur avait lui aussi dormi son compte d'heure ! Même ces cernes semblaient s'être atténués.
« Bon, oublions ça ! Il est grand temps de nous préparer. » Annonça le Docteur McCoy tout en sortant des vêtements propres de l'une des armoires pour les poser ensuite sur la table à langer. Sans ménagement, il extirpa Spock de son petit lit, ôta son bas de pyjama et sa couche avant de le poser sur le pot avec cette seule consigne : « Ne bougez pas, je reviens tout de suite ! »
Après quoi, le bon docteur sortit en hâte de son bureau, laissant Spock tout seul ou presque…En effet, le sol autour de lui était encore couvert des peluches, jouets et autres doudous échappés la veille de la plus grande armoire… Spock soupira alors bruyamment, pour la seconde fois de la journée, se demandant si sa situation pouvait être pire…
Et la réponse à cette question fut : oui, assurément !
oOOOo
Spock en était à débattre philosophiquement du bien-fondé de sa décision à se passer de couche lorsqu'il reconnut au loin les voix mélodieuses de l'Officier des communications et de sa mère.
« Merci me m'avoir accompagnée, Lieutenant. Habituellement j'ai une assez bonne mémoire des vaisseaux sur lesquels j'ai déjà voyagé mais là, je ne sais pas pourquoi, j'avais oublié le chemin de l'infirmerie. C'est étrange, compte-tenu du temps que j'y ai passé lors de ma première visite sur l'Entreprise… »
« Oh ne vous inquiétez pas, Lady Amanda, je devais de toute manière m'y rendre pour voir Christine. Le bureau du Docteur est par là ! »
Spock aurait voulu crier, protester, les stopper avant qu'elles n'entrent, se lever, fuir et enfin se cacher …mais aucune de ces options ne furent réalisables à temps.
« Oh my… » S'écria Amanda à la vue de son fils assis sur le pot, avant de détourner le regard, le visage rouge de confusion. A ses côtés, la jeune bantoue affichait le plus beau des sourires avant de virer elle aussi de bord.
« Oh, Monsieur Spock je suis désolée… » S'excusa Nyota tout en étouffant un rire nerveux.
Ce fut bien sûr à ce moment précis que le docteur McCoy refit son apparition, coiffé et rasé de près, il portait de nouveau son uniforme bleu de médecin.
« Et bien Mesdames, vous arrivez un peu trop tôt. Comme vous le voyez, Spock n'est pas encore prêt à recevoir de la visite ! » Annonça le docteur. Ce dernier s'accroupit aussitôt devant Spock, formant ainsi un paravent entre lui et les deux femmes. Tout en l'aidant à se relever du pot, il lui adressa un bref et timide « désolé » avant de l'emmailloter dans un immense drap de bain et de l'emporter dans la salle de bain la plus proche. Là, comme tous les matins, il finit de le déshabiller entièrement avant de l'asseoir dans une petite baignoire, déjà remplie d'une eau à la bonne température.
Tout en le savonnant, le médecin renouvela ses excuses mais Spock ne semblait pas vouloir les accepter.
Les lèvres pincées, Spock adressa un regard noir au médecin tout en l'arrosant copieusement !
« Spock, je vous répète que je suis désolé ! J'ignorais que votre mère et Nyota arriveraient pendant que je prends ma douche et que vous êtes sur le pot ! » Répéta Léonard. « Spock, je vous jure que je l'ignorais ! J'ai été surpris autant que vous ! »
Spock finit par se calmer mais refusa de regarder le médecin dans les yeux. De nouveau, il se sentait frustré, honteux et en colère contre lui-même. Sa réaction démontrait qu'il avait grand besoin de méditer et contrôler les émotions qui l'assaillaient. Il soupira pour la troisième fois, espérant rejoindre Sarek au plus vite, afin de reprendre là où leur leçon s'était arrêtée.
McCoy fit très vite pour le sortir de la baignoire et le sécher. Tous deux retournèrent dans le bureau faisant office de nurserie, après avoir croisé Nyota et Amanda, en grande discussion avec l'infirmière en chef, Christine Chapel.
Léonard adressa à la mère de Spock un « nous arrivons tout de suite », avant de s'enfermer avec Spock dans son bureau.
Spock, assis sur la table à langer, se laissa faire, aidant même le médecin avec ses chaussettes et les scratchs de ses petites chaussures. La hache de guerre était visiblement enterrée.
« Vous savez, » Dit soudain le médecin d'une voix grave, « Votre situation est inédite. La chance de revivre une partie de son enfance, entourée de ses parents, n'est pas donnée à tout le monde … et votre mère n'a pas fait ce long voyage pour vous embarrasser. Elle aimerait certainement passer, elle aussi, un peu de temps avec vous… »
Spock acquiesça. Sa mère humaine, bien que beaucoup plus jeune que Sarek, était néanmoins plus proche du crépuscule de sa vie que du commencement! Ce serait lui faire un beau cadeau que de passer quelques heures, seul avec elle…
Si seulement …Si seulement c'était elle qui avait bénéficié de votre erreur, docteur McCoy…si seulement vous lui aviez permis de rajeunir de 20 ou 30 années, songea Spock à cet instant, une boule se formant dans sa gorge…Vous n'imaginez pas combien mon père et moi vous serions reconnaissant de nous permettre de la garder à nos côtés quelques décennies de plus…
« Que diriez-vous d'une promenade avec elle, » Dit le médecin, le sortant de sa rêverie. « Cet après-midi, dans le jardin botanique par exemple. Je suis sûr que cela lui ferait plaisir. »
Spock acquiesça de nouveau.
A suivre …
