Paix et longue vie, chapitre 14

« Spock continue de faire de grands progrès.» Affirma un soir Sarek à sa femme, laquelle marchait de long en large, dans les quartiers qu'ils occupaient depuis maintenant une semaine.

Si Amanda écoutait avec sérieux le rapport quotidien de son époux sur les avancées de Spock, souriant et hochant poliment la tête de temps en temps, elle était davantage occupée à bercer son fils qui se trouvait endormi dans ses bras.

« Ses capacités d'apprentissage et de concentration sont remarquables. Il a à présent la capacité d'accéder seul à un stade avancé de méditation…et comme je vous l'ai dit précédemment, son cycle de sommeil est adéquat pour son âge que j'estime à 11 mois et quelques jours… Voyez par vous-même, Spock dort profondément et ne montre aucun signe de réveil imminent. Il est donc illogique de continuer à le bercer comme vous le faîte... » Déclara Sarek, retenant un soupir.

« Onze mois et combien de jours ? » Demanda Amanda, qui continuait de promener Spock avec un petit sourire aux lèvres, faisant fi de la remarque de son mari.

« Je ne peux donner un âge plus précis mon épouse…Mais …Puis-je vous demander ce que vous apporterait cette précision ? »

« Oh et bien …Je me demandais si nous pourrions à nouveau fêter son premier anniversaire… oh, en petit comité, bien sûr…» Répondit Amanda, souriant toujours avec malice. Elle envoyait à travers leur lien télépathique l'image de son fils assis dans sa chaise haute et soufflant une petite bougie posée sur une part de gâteau, dans une salle décorée de ballons colorés, gonflés à l'hélium…

« Amanda, Spock a 38 ans ! Il serait illogique de vouloir fêter son premier anniversaire! Il est clair que cette situation serait très embarrassante pour Spock. Désirez-vous l'humilier davantage et cela devant tous ses amis? Notre objectif est de restaurer la santé physique et psychique de Spock jusqu'à ce que les efforts du Docteur McCoy pour lui redonner sa taille adulte payent !» Répondit Sarek, ne cachant plus le fait qu'il était irrité par le comportement trop maternel et humain de son épouse.

« Sarek…C'était une plaisanterie ! Jamais je ne ridiculiserai Spock et vous le savez très bien ! Sarek, je vous soupçonne d'être jaloux de votre fils…»

Amanda souriait de plus belle. Elle devait bien l'admettre, elle s'amusait de voir la réaction outrée de son époux.

Depuis son arrivée à bord de l'Entreprise, Amanda vivait un rêve éveillé. Avoir la possibilité de porter à nouveau son fils contre sa poitrine, lui parler et se promener quotidiennement avec lui, d'abord dans les jardins de l'Entreprise puis sur le pont d'observation, tout cela la ravissait…Et quant au bout de trois jours, Spock avait exprimé le désir de dormir dans les quartiers de ses parents, Amanda avait tout simplement laissé éclater sa joie. Et en effet, depuis ce jour, le petit lit à barreau de Spock occupait un coin de la pièce. Ce soir cependant, son envie était très grande de le coucher dans l'immense lit qu'elle partageait avec son époux…Lequel n'était visiblement pas aussi enthousiaste à l'idée de partager à nouveau son lit et sa femme avec son fils !

« La jalousie est une émotion, Amanda…Cependant, je dois admettre que le contrôle de mes émotions a été fragilisé ces derniers jours, de par mes échanges avec Spock. Pardonnez-moi. Il est nécessaire que j'aille méditer… Ne veillez pas tard…» Dit-il, esquissant un tendre sourire tout en joignant ses doigts à ceux de son épouse.

Lorsqu'il revint deux heures plus tard, Sarek ne fut pas surpris de trouver le petit lit vide. Il se changea pour la nuit et entra prudemment dans le lit, se rapprochant du corps de sa femme centimètre par centimètre jusqu'à apercevoir une petite tête brune enfouie contre la poitrine de sa femme. Après un bref soupir, Sarek commanda l'extinction des lumières.

Jaloux…je le suis peut-être un peu…admit-il.

oOOOo

Une semaine plus tard, à l'invitation du Dr. McCoy, le Capitaine Kirk et les parents de Spock se retrouvèrent dans l'une des salles de réunion de l'infirmerie. Tous trois espéraient une bonne nouvelle. Si Amanda et Jim ne cachaient pas leur nervosité, Sarek restait impassible et serein. Comme à son habitude, il se tenait assis les mains jointes soutenant son menton. A cet instant, Jim trouvait fascinant la ressemblance entre Sarek et son Premier Officier.

La porte s'ouvrit sur un Dr. McCoy souriant, portant Spock dans ses bras. Après les salutations d'usage, Léonard déposa Spock sur les genoux de sa mère et entra dans le vif du sujet.

« Mes collègues et moi avons enfin mis au point un antidote, basé sur la réaction immunitaire de Spock au premier antivirus que j'avais mis au point… et sur …le dosage utilisé. Toutefois, je tiens à être honnête, mes confrères et moi n'avons pu le tester in vivo. Le virus et son anti-virus étant trop instables, nous n'aurons droit qu'à un seul essai. En revanche, l'ordinateur a confirmé tous nos calculs à la dixième décimale près et donc, la dose de vaccin est prête. J'en ai parlé à Spock et il est d'accord pour recevoir l'injection dès aujourd'hui. »

Si Amanda s'était davantage enfoncée dans le fauteuil qu'elle occupait, Sarek et Jim s'étaient levés d'un bond !

« Docteur, je ne partage pas votre enthousiasme. Si aucun test n'a été réalisé il est hors de question que vous expérimentiez votre vaccin sur mon fils. Je m'y oppose ! » Annonça Sarek d'une voix monotone mais néanmoins autoritaire.

« Et de quel droit vous y opposeriez-vous, peut-on le savoir ? » Demanda soudain Jim qui faisait maintenant face à l'Ambassadeur.

« En tant que père de Spock ! Il est de ma responsabilité de veiller à ce qu'il ne prenne pas une mauvaise décision pouvant bouleverser sa vie !»

« Mais Spock m'a déjà donné son accord ! » L'interrompit Léonard McCoy.

« Et de quelle manière ? Spock ne peut parler. Et combien même il le pouvait, Spock ne mesure pas la gravité d'une telle décision. Ce vaccin n'a pas été expérimenté, la prise de risque est trop élevée ! »

« Ambassadeur, votre fils et moi avons depuis hier après-midi un autre moyen de communiquer. Il a en effet réussi à établir une brève fusion mentale avec moi. Il a pris en compte tous les calculs que je lui ai fournis et il estime le risque d'erreur très faible, cette fois. »

« Cette fois, Docteur, pourrait être la dernière ! Vous l'avez dit vous-même, vous n'aurez droit qu'à un seul essai ! J'estime que Spock n'a pas son mot à dire dans ces circonstances. Il est trop jeune… Son contrôle sur ses émotions est trop primitif. Je regrette, mais Spock n'est pas en mesure de décider.»

« Trop jeune ? Sarek ! Votre fils est un adulte, vous l'avez dit vous-même, il a 38 ans ! Il est majeur et n'est plus sous votre tutelle !» Cria soudain Amanda, qui s'était levée pour rejoindre Léonard.

« Je maintiens que Spock est trop immature pour prendre une telle décision et qu'en tant que père, la décision doit en toute logique me revenir. »

« A quelle décision faîtes-vous allusion, mon époux ? A celle de recevoir cette injection ou à celle de s'engager dans Starfleet ? »

« Ça suffit ! Bones, je vous interdis d'utiliser ce vaccin sans une étude complémentaire. » Ajouta Jim.

« Et de quel droit prendriez-vous part à cette décision, Capitaine Kirk ? » Demanda Sarek.

« Spock est un Officier de Starfleet, en tant que son Capitaine et donc son officier supérieur, Spock est sous ma responsabilité ! Je suis le seul à pouvoir prendre une telle décision. »

« En effet, vous êtes responsable…Vous êtes responsable de son état actuel et de toutes les blessures qu'il a pu recevoir au cours de ces soi-disant missions d'exploration au nom de Starfleet ! » S'emporta Sarek qui avait visiblement quelques difficultés à maintenir son calme vulcain légendaire.

« Messieurs… »

« Vous en êtes donc encore là, Ambassadeur ? Vous en êtes encore à regretter la décision de Spock à avoir fui l'Académie des sciences de Vulcain pour l'Académie de Starfleet ? » Répliqua Jim, se redressant et tirant sur sa tunique dorée, symbole de sa position de Capitaine à bord de l'Entreprise.

« Un Vulcain n'a pas sa place dans une organisation militaire ! Au moins, s'il avait suivi mes pas et s'était engagé dans la fonction diplomatique… »

« Messieurs… » Répéta Amanda.

« Amanda, » soupira Sarek qui s'était enfin tourné vers son épouse. Le Vulcain releva soudain un sourcil, balayant l'ensemble de la pièce. « Où sont Spock et le Dr. McCoy ? »

« Partis…Pendant que vous et Jim batailliez à grand renfort de titres et d'égo démesurés ! »

Sans plus attendre, Jim sortit en courant de la salle de réunion, Sarek sur ses talons. Tous deux avaient compris les intentions du Docteur. Les questions que tous deux se posaient étaient dans quelle salle se trouvaient-ils et arriveraient-ils à temps pour empêcher l'injection ?

A suivre…

Puisque toute fic à une fin, le prochain chapitre sera le dernier…