Bonjour tout le monde ! Tout d'abord, toutes mes excuses pour ce retard impardonnable, disons que ma vie était assez compliquée et même si j'ai assez d'avance sur les chapitres à venir, je me devais de le rendre aussi parfait que possible. Par ailleurs, j'avais dit que les chapitres étaient particulièrement denses, c'est pourquoi, j'ai décidé de les découper en parties pour les rendre ainsi plus digeste haha. J'espère que vous apprécierez ~

Voilà je pense avoir tout dit. Ah oui, les OC présents dans ce chapitre et dans ceux qui vont suivre sont tous à moi, pas touche donc ! :)

Bonne lecture ~


Chapitre III, partie I

Mars 2012, quelque part en Angleterre.

Un regard échangé, un bref signe de la main, une inspiration, une piqûre et ce fut le noir complet pour plusieurs heures.

Une pétarade d'un moteur éveilla en sursaut un jeune adolescent en pleine phase de puberté. Un peu désorienté, celui-ci s'inquiéta dans un premier temps de son incapacité à se mouvoir correctement mais les souvenirs lui revinrent très vite. On lui avait administré de force – et par surprise – une sorte de sédatif. Son corps était engourdi, il avait la bouche pâteuse mais il commençait progressivement à récupérer.

Tant mieux, pensa Zelo, le jour fatidique était enfin arrivé.

Il essaya de ressentir la présence de ses compagnons autour de lui mais le canon posé sur sa tête lui fit changer d'avis, ils étaient surveillés. Un pas de travers et Zelo ne serait plus de ce monde. Il inspira calmement et se tint tranquille, pour un temps.

Leur seule chance d'évasion se présenterait dans les quelques heures qui suivraient. S'il se fiait à son instinct, leur véhicule n'allait pas tarder à s'arrêter. Zelo ne put s'empêcher de trembler d'excitation, l'instant décisif s'annonçait. Il était loin de redouter un quelconque problème, leur plan était tout simplement sans faille, il pouvait remercier son garde-fou attitré.

Un petit détail pouvait encore faire la différence, c'était la mise en marche de l'évasion. Il fallait à tout prix qu'il parvienne à retirer le bandeau qui le maintenait aveugle durant la diversion et se débarrasser des gardes. Tout reposait sur lui, sur eux. Zelo aurait bien accompli sa tâche s'il n'y avait pas eu ce déchet de soldat pour le tenir en joue. Cependant, l'adolescent conservait son sang-froid, il lui restait une autre chance. Echouer n'était pas dans ses priorités.

Après tout ce temps passé enfermé entre quatre murs gris et froids, le blond n'aspirait depuis qu'à une chose : revoir la lumière du jour, pouvoir enfin sentir le vent frais lui chatouiller le visage et faire voltiger ses cheveux qui avaient considérablement gagné en longueur depuis son incarcération. Zelo n'avait d'autre choix que de les garder tels qu'ils étaient, si par mégarde il changeait de coupe de cheveux, cela aurait alerté son hôte qui se serait posé trop de questions embarrassantes pour lui. De plus – et c'était la principale raison – on lui avait non seulement refusé toute possession d'objet tranchant mais également la présence de toute personne chargée de lui couper les cheveux en raison du danger qu'il représentait paraît-il.

Zelo pouffa, amusé par deux ou trois souvenirs.

Leur mesure n'était pas si stupide au final. Ils n'ont pas tout à fait tort de se méfier de moi, se dit-il avec un sourire sardonique.

Les scientifiques en savaient un rayon sur les capacités dangereuses de Zelo, surtout quand ce dernier les utilisait contre eux. Après tout, il n'avait pas hésité une seule seconde à assassiner tous ses camarades de colonie. Il n'avait pas tremblé une fois quand il leur avait tordu le cou ou après leur avoir tranché la gorge. Pourquoi aurait-il des scrupules à éliminer tous ceux qui voulaient ouvertement du mal à lui ou à son hôte ?

L'adolescent de dix-sept ans avait appris, au fil des années, à maîtriser ses pouvoirs, ce n'était pas encore parfait néanmoins. Son compagnon de chambre – de cellule corrigea aussitôt Zelo – en avait subi les frais quotidiennement. Le brunet eut une petite pensée pour lui. Si ce satané bandeau ne lui bloquait pas la vue, il lui aurait jeté un coup d'œil dédaigneux.

Il le détestait.

Il grimaçait rien qu'à l'idée d'être à ses côtés. L'adolescent sentait sa présence, il était là, dans son véhicule qui les amenait lentement mais sûrement vers un autre enfer : les Etats-Unis. Il pouvait sentir et presque entendre son cœur battre dans sa poitrine. Zelo se retenait avec beaucoup de difficulté de mettre un terme à sa douce et paisible petite vie, sa présence le rendait dingue.

Le brunet avait dû supporter l'autre bon gré mal gré durant de très longues années. Ceci dit, Zelo notait tout de même un fait amusant, s'il n'avait pas autant haï son compagnon de chambre, il n'aurait jamais tenté de lui prendre sa vie ce jour-là et par conséquent n'aurait jamais rencontré celui qui était à l'origine de toute cette entreprise. Autrement dit, cette tentative d'évasion n'aurait jamais eu lieu.

Comme quoi, mon impulsivité a eu du bon, songea Zelo, fier de lui.

L'arrêt brutal du véhicule qui les transportait le sortit de ses pensées. Zelo grogna pour la forme mais se calma aussitôt. Ce n'était pas le moment d'attirer l'attention des autres soldats sur lui, il le ferait seulement quand son acolyte temporaire lui signalerait que tout était fin prêt. Des voix lui parvinrent, la machine allait enfin pouvoir être lancée.

La porte arrière avait dû être ouverte car Zelo put percevoir le bruit d'un pas lourd s'arrêter à ses côtés. L'homme le força à se lever et le tira, avec une certaine rudesse, hors du véhicule, ce qui ne l'aida pas à contenir ses pulsions meurtrières. S'il se lâchait maintenant, leur plan tombait à l'eau. Zelo s'efforça donc à se calmer. On le traîna sur le côté laissant ainsi de la place pour sortir les autres infectés – comme on les avait très amicalement surnommés.

Zelo attendit quelques minutes avant qu'une autre paire de bras ne s'emparent de ses épaules pour le guider. Les soldats les amenèrent très vite dans une salle et les y laissèrent. Ils eurent droit à un « un geste suspect et quick. »

Le blond eut une montée inexplicable de stress, lui qui se sentait si confiant au début sentait l'angoisse lui caresser les entrailles. Tout pouvait se retourner contre eux s'il ratait sa diversion, l'erreur n'était pas envisageable. Aucune seconde chance.

Les scientifiques sauraient comment fonctionner son pouvoir, lui qui avait réussi à le leur cacher en maintenant son hôte dans l'ignorance, un faux pas et c'était terminé. Des années d'entraînement à jeter à la poubelle. Une fine chaleur vint se répandre autour de Zelo réchauffant ses mains et surtout, semblant défaire partiellement ses liens.

Une seule personne était capable de cela, Jongup, son compagnon de chambre. Le moment était donc venu.

« Cobaye n°479, je vous prierais d'arrêter tout utilisation de vos pouvoirs au risque d'en subir de lourdes conséquences. » intervint une voix féminine.

Toute la chaleur qu'avait ressentie Zelo s'évanouit. Peu importait, le message était passé et Jongup venait justement de lui donner une idée de sa diversion. Le brunet s'autorisa un sourire complaisant.

« Si c'est comme ça que tu veux me tuer sale albinos de mes couilles, essaie autre chose, tu ne pourras jamais gagner contre moi. » lança-t-il d'un ton dur et légèrement fou.

« Je ne vois pas de quoi tu parles, Junhong. » insista Jongup.

« Cobaye n°479, taisez-vous immédiatement. » ordonna la femme, semblant sentir le danger.

Bien, cette enflure semble avoir pigé que le mouvement venait d'être lancé. A présent, il faut que je trouve un moyen de faire dégénérer la situation le plus vite possible pour permettre aux autres d'agir.

« Attends, tu m'as appelé comment là sale enfoiré ? Junhong ? » Zelo ignora les ordres de la voix féminine et se tourna vers la source de la voix apaisante mais légèrement provocatrice de Jongup. Encore quelques secondes et il se libérerait de ses liens ainsi que de son bandeau.

« Cobaye n°163, calmez-vous. Ce n'était qu'une simple provocation de sa part. » Essaya de tempérer la voix féminine.

« C'est bien comme ça que tu t'appelles non ? » intervint le plus âgé, toujours aussi calmement.

« Tu me cherches hein ! Cela fait des années que tu me cherches pour un oui ou pour un non. La dernière fois ne t'a pas suffi ? Attends tu vas voir. » Il se débattit et grâce à l'aide de Jongup – plutôt crever que de le remercier – il se libéra des cordes qui le maintenaient. Zelo se débarrassa aussitôt de son bandeau et se jeta sur Jongup. Il lui asséna un bon coup de poing dans le visage avec une sorte de plaisir jouissif.

Enfin, après tout ce temps, je peux enfin le frapper sans qu'il ne cherche à me contrer.

Jongup qui s'était reculé sous la force du coup, se retourna violemment vers Zelo. Il avait également ôté ses liens pour pouvoir repousser, en apparence, les attaques du plus jeune.

« Alors qu'est-ce qui t'arrive ? Qu'est-ce qui te retient de m'envoyer un coup de jus ? T'as peur c'est ça ? Petit Jongup est si effrayé du grand Zelo qu'il n'ose pas utiliser ses pouvoirs sur moi ? Haha laissez-moi rire quoi ! Tu es minable. » lui balança Zelo tout en essayant de s'approcher pour lui en remettre un autre.

« Cobaye n°163, arrêtez immédiatement toute forme de violence à l'encontre du cobaye n°479. » commença à paniquer la voix féminine.

« Vous, allez-vous faire foutre, je n'en ai pas terminé avec lui. »

Zelo constata qu'il n'y avait qu'eux deux dans la pièce. Mais où étaient passés les autres ?

« Soldats ! Soldats ! Allez tout de suite arrêter ces de- » le micro fut aussitôt coupé. Le plan se déroulait exactement comme prévu, à peu de choses près.

Il se concentra tout de même vers Jongup qui lui fit signe bref de la tête. Zelo allait pouvoir passer à la phase B du plan. Génial, il mourrait d'envie d'utiliser ses pouvoirs depuis quelques temps.

OoO

« Tomás. Oh Tomás réveille-toi. »

Le dénommé Tomás ouvrit brusquement ses yeux, prêt à sauter sur la personne qui n'avait cessé de le secouer. Il tenta de se redresser mais s'aperçut qu'une chaîne solide liait ses deux mains. Sa vision se stabilisa graduellement et il put regarder l'homme asiatique en face de lui. Les cheveux bruns de l'asiatique étaient ébouriffés et gras. Ses traits étaient fins, sa mâchoire carrée et ses joues creusés.

Sans doute souffrait-il de malnutrition, se dit l'adolescent désorienté.

Tomás ne pouvait s'empêcher de se demander qui était ce type et comment il avait fini par se trouver dans cet…entrepôt ? L'asiatique passa derrière lui et retira ses chaines, ce que remercia l'irlandais du bout des lèvres. Celui-ci osa demander, braquant ses yeux bleu-vert dans ceux sombres de son vis-à-vis :

« Qui êtes-vous ? »

L'asiatique lui répondit dans un anglais parfait après s'être assuré que les effets du sédatif s'étaient dissipés :

« Appelle-moi Micky. Maintenant, si tu n'as plus de questions, dépêchons, le signal a été lancé. »

« Attends, mais de quoi tu parles ? De quel signal tu veux parler ? Hey, attends-moi ! »

Micky, sans s'inquiéter outre mesure, ouvrit violemment la porte. Il marqua une pause et jeta un coup d'œil dans le couloir. Tomás le rejoignit et fit de même. Comprenant que Micky tenait à se faire discret, il lui chuchota.

« Pourquoi est-ce que nous nous cachons ? »

L'asiatique soupira bruyamment avant de jurer dans une langue que ne comprenait pas Tomás. Il ferma la porte doucement, se calma puis reprit en se retournant :

« Pour faire court, depuis quelques années, nous sommes de véritables rats de laboratoire à cause des capacités hors du commun qu'on possède, tu en fais partie. D'autres cobayes et moi avons mis en place un plan pour nous échapper mais il a fallu que je tombe sur le seul petit nouveau qui vient à peine de devenir un Genius. Tu as de la chance de faire partie de la même famille que Ganaël ou sinon… »

Tomás le dévisagea comme s'il était devenu fou.

C'est quoi cette histoire de tarée ? Il veut réellement que je gobe un truc pareil ?

« Mais… comment tu peux connaître Ganaël ? Ce n'est.. ce n'est pas possible, il est mort il y a quelques années ! »

« Oh merveilleux… » Micky soupira bruyamment avant de se frapper le front. « Il ne sait rien de rien. »

Il fit une courte pause avant de s'arrêter de bouger. Il fixa les yeux bleu-vert de l'irlandais. Ce qui suivit impressionna et effraya le jeune Tomás. Les yeux de Micky s'éclairèrent d'une lueur verte. Son visage pâlit mais il conserva son regard fixe dans celui de Tomás. Celui-ci murmura alors :

« Cela explique ta cicatrice. »

Tomás, paniquant, ne put s'empêcher de s'approcher de Micky, craintivement.

« Micky, de quoi tu parles ? De quelle cicatrice tu parles ? Qu'est-ce qui t'arrive ? Micky ? Micky ! »

Tomás avait fini par hurler ces derniers mots. Tout d'un coup, trois ou quatre soldats ouvrirent brusquement la porte derrière Micky. Tomás, en proie à un mauvais pressentiment, tira la manche du pull que portait le plus vieux, toujours en transe, le décala derrière lui. Il ne connaissait pas Micky et de ce fait, ne lui faisait pas totalement confiance, cependant, ces soldats qui les menaçaient ouvertement ne lui inspiraient rien de bon non plus. A choisir, il préférait de loin partir avec l'asiatique qui semblait connaître son cousin – décédé – que ces types qui pointaient leurs armes sur lui.

Leurs armes ?

Un vent de panique souffla dans l'esprit de Tomás, il loucha sur les dites armes qui le firent frissonner d'effroi. Il allait mourir. Ils allaient mourir. Dans l'ignorance la plus totale. L'irlandais sursauta en sentant Micky poser une main dans ses cheveux châtains.

« Tu peux le faire Tomás. »

Quoi ? Faire quoi ?

« Plus un geste ou nous tirons ! » ordonna d'une voix claire l'un des soldats.

« Tu peux le faire Tomás. » répéta Micky.

« Les mains en l'air ! »

« Mais ! »

« Les mains en l'air ou nous faisons feu. »

« Tomás. »

« Je… »

« Plonge-les sous ton emprise. »

« Un. »

« Mais attendez ! »

« Tu sais le faire Tomás. »

« Mais quoi ? Je ne comprends rien. »

« Deux. »

« Tu l'as déjà fait. »

Et un déclic s'enclencha dans l'esprit confus de Tomás. Il savait comment se débarrasser de ces emmerdeurs. Il sentit ses yeux le picoter. Etait-ce bon signe ?

« TR- ! »

« ATTENDEZ ! » intervint Tomás, tremblant à l'idée de mourir, les yeux fermés. « J-je v-vais le-lever les mains en l'air. »

Son esprit embrouillé, Tomás obéit à l'ordre mais subitement son corps agit de sa propre volonté et d'un subtil claquement de doigts, les soldats tombèrent sous son contrôle.

Qu'est-ce que…

En moins de quelques secondes, l'irlandais avait réussi à maintenir sous sa coupe les trois soldats qui les avaient interrompus, et ce, sans vraiment savoir ce qu'il faisait. L'asiatique sortit de sa transe. Il retira sa main des cheveux du jeune irlandais et s'avança vers les soldats, hypnotisés. Micky s'arrêta à quelques centimètres du visage du premier soldat et l'assomma sans plus de cérémonie ; puis, il en fit de même pour les deux autres.

« Pas mal pour un débutant. » Malgré le compliment, la voix froide de l'asiatique décontenança Tomás. Elle contrastait avec la voix douce et paisible qu'avait utilisée Micky plus tôt.

Mais que s'était-il passé ?

Pendant ce temps-là, ce dernier traîna les soldats un par un vers le fond de la pièce vide. Il prit soin de prendre une de leurs armes avant d'en passer une deuxième au châtain.

« Bien, maintenant, nous devons rejoindre le cerveau de l'opération. Avec le remue-ménage qu'on a fait, cela ne m'étonnerait pas que d'autres soldats accourent les aider. »

Micky se glissa sans un mot de plus derrière Tomás, ouvrit délicatement la porte et après un petit coup d'œil pour évaluer le danger, sortit à pas de loup de la pièce. Le plus jeune passa la lanière de l'arme autour de son bras droit en se disant vaguement qu'il ne savait même pas s'en servir puis haussa les épaules, il pourrait toujours réessayer de manipuler les autres.

Micky prit automatiquement les couloirs de gauche et se mit à avancer ; il semblait savoir où ils allaient, c'était plutôt bon signe. Il dépassa le croisement, n'y jetant même pas un coup d'œil pour se diriger aussitôt vers la porte de droite. Il l'ouvrit sans même vérifier que c'était sans danger. Tomás qui le suivait à la trace de peur de se perdre dans les dédales des couloirs s'avança lui aussi pour comprendre pourquoi Micky avait ouvert précisément cette porte. Quand le châtain le rejoignit, il comprit. Devant lui se tenaient certes un autre asiatique, de forte carrure, ensanglanté et aux yeux vairons mais surtout son cousin Ganaël, qu'il était pourtant certain d'avoir enterré il y a quelques années.

C'était quoi ce bordel ?


Et voilà c'est tout pour aujourd'hui. On se dit à la prochaine, en espérant que vous apprécierez les OC, la suite des événements etc.

N'hésitez pas à me laisser des reviews pour me donner votre avis ou même pour formuler la moindre des critiques !

Draconixia