Merci pour les Reviews.
Bonne lecture.
Cette nuit je retourne a StoryBrooke. Pour une fois je ne vais pas prendre de véhicule, je couperai à travers bois et j'y serai d'autant plus vite en courant.
Je suis en train de courir en pleine forêt quand tout à coup j'ai l'impression de courir au ralenti. Je stoppe net. Je recommence à courir. Je stoppe à nouveau. La super vitesse propre à notre espèce viens de disparaître. J'ai la vitesse humaine et pire, je m'essouffle ! Première fois depuis ma transformation que j'éprouve cette sensation désagréable que le commun des mortels appelle 'point de coté'. Cette douleur au niveau de la rate m'oblige à m'asseoir. Saisie d'une hypothèse je tente de sortir mes crocs. Impossible ! Cette satanée sorcière a protégé toute sa ville. Me privant de mes privilèges dès l'entrée. Mais je l'aurai ! Cette pensée, née dans la colère et la frustration, me submerge. Je veux sa peau. Je ne perds jamais la face et encore moins devant elle. Que dirait mon clan ? Si je n'arrive pas à l'avoir alors les rebellions commenceront. Ma place de chef sera remise en doute. Je sais déjà que certains veulent ma place comme ce Killian. Il ne l'a d'ailleurs jamais caché. Mais c'est pour cela entre autre que je l'ai accepté parmi les nôtres. Il est facile de voir clair dans son jeu et c'est un bon allié, lorsqu'on lui donne un objectif il est toujours atteint. Avec lui un accord est un accord. Je n'ai jamais eu à m'en plaindre.
Je regarde autour de moi, les arbres ont poussés à leur gré, parfois ils s'entremêlent, parfois droit mais ils ne laissent pas plus d'un mètre entre eux. Aucun sentier visible d'ici. Je me relève et continue de marcher tout droit, vers la direction de la petite bourgade devinant déjà que je viens d'en franchir la limite.
Après une demi-heure de marche je trouve un chemin et le suit jusqu'à sortir de la forêt. J'entre dans le cimetière. Je me diriges vers un mausolée quand une ombre noire me tamponne. Nous tombons toutes les deux à la renverse.
- Vous pouvez pas regarder où vous mettez les pieds !
J'ai déjà entendu cette voix. Et tendit que mon cerveau cherche à l'assimiler à un visage je me remets debout et me retrouves nez à nez avec la mairesse. Elle semble aussi étonné que moi mais se reprend en deux secondes.
- Je peux savoir ce que vous trafiquez dans ce cimetière ? Et ne me faites pas croire que vous y avez de la famille !
Je la fixe du regard mais ne sais quoi répondre. Les émotions de la nuit commencent à s'accumuler. Je n'ai qu'une envie c'est de rentrer dans ce mausolée afin d'y passer la journée. Le soleil va se lever dans une heure à peine et je me retrouves sans défense dans un endroit étrange. Deux décennies que je n'ai pas éprouvé ce type d'émotions : panique, impuissance, gêne. Me retrouver sans moyen devant elle est plus qu'humiliant. M'être fait avoir aussi facilement par une sorcière. Et d'un coup une pensée m'assomme. Pourquoi n'ai- je pas fais demi tour ? Il m'aurait suffit de faire demi tour dans cette forêt lorsque mes moyens ont été réduits à l'état d'humain, pour ne pas me retrouver dans cette situation. Mais au lieu de ça je me suis entêtée et j'ai continué jusqu'à atteindre mon but : entrer dans la ville de StoryBrooke. Alors qu'en y réfléchissant il serait aussi difficile d'en ressortir sans véhicule. Comment est-elle arrivée dans le cimetière ? En voiture ? Peut-être que je pourrais la lui voler et rentrer chez moi en moins d'une heure.
- Avez-vous l'intention de me répondre un jour ?
Sa voix glaciale me sort de mes pensées.
- Non.
Un seul mot prononcé, je me remets à marcher mais cette fois vers la sortie du cimetière. De toute façon tant qu'elle est là je ne peux pas entrer dans ce mausolée.
Mais apparemment ce n'est pas une réponse acceptable. Elle me suit et me barre le chemin.
- Mais que cherchez vous à la fin? Vous pensez que vous pouvez m'intimider ?
- De quoi ?
- Ne faites pas l'innocente ! Vous essayez de m'agresser chez moi puis vous me suivez jusqu'ici. Que me voulez-vous ?
Je ne réponds pas et continue mon chemin. J'arrive à la sortie du cimetière et cherche sa voiture. Après l'avoir repérée je me dirige vers elle mais je n'ai pas le temps de faire deux pas qu'une sirène se fait entendre. Un policier sort du véhicule. Je vois la mairesse sortir du cimetière le téléphone à la main. Il ne manque plus que ça. Elle a appelé la police.
- C'est elle shérif ! Elle m'a agressé chez moi il y a quelques jours et je la surprends ce matin en train de me suivre.
- Je ne la suivais pas. Et je ne l'ai pas agressé.
Le shérif se dirige vers moi me passe les menottes et demande au maire de passer dans la journée au poste pour déposer plainte.
Voila comment je me retrouve dans une cellule du commissariat à quelques minutes du levé de soleil.
- Votre nom ? Commence-t-il en tenant un stylo au dessus d'un papier devant être une sorte de fiche personnelle pour les nouveaux locataires de cellules.
- Vous n'avez pas le droit de me retenir ici !
- Vous avez agressé un maire ce n'est pas rien.
- Je n'ai agressé personne. Vous sous entendez que je dois moisir ici uniquement parce que le maire en a décidé ainsi ? C'est votre idée de la justice ?
- Que faisiez vous dans ce cimetière ?
- Il se trouve que j'y ai peut-être de la famille.
J'ai pensé à cette réponse pendant le trajet dans la voiture de police. Après tout je n'ai rien fait de mal. Si je peux concocter un bon mensonge je serais vite sortie.
- Peut-être ?
- Je suis orpheline. J'essaie de trouver des réponses et il se trouve que je pensais voir la tombe de ma grand-mère dans ce cimetière. Mais je n'ai pas eu le temps de toutes les regarder car le maire m'a fait comprendre que je ne suis pas la bienvenue ici et que je devais partir immédiatement. Ça vous va ?
- Ne le prenez pas sur ce ton. Vous avez vu l'heure ? Qui va chercher une tombe en pleine nuit dans un lieu qu'il ne connait pas ?
- Ben moi. Il se trouve que j'ai beaucoup de chose à faire dans la journée. D'ailleurs si vous pouvez me libérer. S'il le faut je suis prête à revenir demain soir pour éclaircir la situation.
- N'y penser pas. Vos occupations devrons attendre demain.
- Je vais me faire virer si je ne vais pas au travail aujourd'hui !
- Donnez moi le numéro de votre patron. Je lui passe un coup de fil pour lui expliquer la situation si vous le souhaitez.
- Bonne idée ! Faire croire à mon patron que je suis en prison pour agression alors que c'est juste parce que cette cinglée m'a dans le collimateur.
- Vous l'avez agressé chez elle.
- C'est ce qu'elle vous a dit. Je suis tombé en panne, j'ai sonné chez elle pour qu'elle puisse m'appeler une dépanneuse. Ce qu'elle a fait. J'ai ensuite attendu la dépanneuse a côté de mon véhicule. Vous pouvez appeler le garage qui est venu me dépanner le type qui bossé ce soir là pourra vous le confirmer. Vous me retenez ici sans preuves et sur les délires d'une paranoïaque.
- Mme Mills va venir faire sa déposition ce matin. Si comme vous le dites aucunes preuves ne peuvent renforcer sa déclaration vous serez libérée dans la foulée. La connaissant elle viendra à 8H avant de se rendre à son bureau. Il ne vous reste que deux heures à tenir.
- Je ne peux pas attendre ! Il me faut sortir d'ici avant que le soleil ne se pointe !
- Pour quelle raison ?
Quelle raison doit être suffisante pour qu'il me laisse sortir sur le champs ? Je n'en vois aucune à lui fournir. Je regarde cette satanée fenêtre qui permettra au soleil de m'atteindre dès son levé sans pouvoir faire quoi que ce soit. La panique prend le dessus. Je ne veux pas mourir. Du moins, je ne veux pas quitter ce monde. Je m'agrippes aux barreaux en essayant de les écarter. J'ai tenté le don de persuasion sur le shérif mais comme tout mes autres dons il a du disparaître dès que j'ai mis le pied dans Storybrooke. Plus qu'une minute avant le levé du soleil. Je secoues les barreaux de toutes mes forces mais aucuns d'entre eux ne bougent d'un iota.
- Calfeutrez la fenêtre.
- Pourquoi ?
- Faite le s'il vous plaît.
- Pas tant que vous ne m'aurez pas dit pourquoi ?
- Je suis un vampire, je vais mourir si vous ne le faites pas.
Il éclate de rire.
- D'accord je comprends mieux pourquoi vous ne pouvez pas attendre une journée. On m'en a fait des vertes et des pas mûres pour pouvoir sortir de la cellule mais j'avoue que votre excuse est la plus originale.
- Je ne plaisantes pas.
- Mais moi non plus.
- Vous ne me croyez pas.
- Absolument pas. Mais en y réfléchissant, si vous dites la vérité alors je pense que je préférerai vous voir morte plutôt que de vous laissez sortir sucer le sang des habitants de Storybrooke.
- Je ne peux pas faire ça.
- Pourquoi ? Laissez moi deviner. Vous avez une âme et du coup vous êtes obligé de vous en tenir aux animaux si vous ne voulez pas que votre conscience vous travaille.
- Non. Votre maire est une sorcière et elle a protégé la ville.
Entendant ma dernière cartouche, il arrête le ton de la plaisanterie et me dit le plus sérieusement du monde.
- Je vais devoir mettre tout ceci dans mon rapport et je pense que l'hôpital psychiatrique sera votre prochaine destination.
Le premier rayon de soleil apparaît sur le mur. Juste à côté du premier barreaux.
Le shérif rempli sa paperasse et ne m'adresse même plus un regard. L'étau se resserre. En dix minutes me voilà coincée sur le bord droit de la cellule. Tout le reste de la cellule est remplie de soleil. Le soleil atteint le bord de ma chaussure. Je n'en peux plus je me mets à hurler hystérique :
- Laissez moi sortir ! Laissez moi sortir ! Laissez moi sortir !...
Malgré les hurlements du shérif me sommant de la fermer je continue de crier sans une seconde de répit en restant accroché aux deux derniers barreaux. Je ferme les yeux, je ne veux pas voir ma fin.
