Bonsoir,

Une petite suite.

Bonne lecture.


Arrivée à l'auberge une jeune femme en rouge et noir me lance un sourire aguicheur.

- Bienvenue chez mère-grand ! Je suis Ruby, je prendrais votre commande.

- En fait je cherche juste un endroit pour dormir.

- A 9H ? Nuit mouvementée ?

- Vous n'avez pas idée.

- Vous avez un chiffre porte bonheur ?

- Non mais vous oui.

Ruby sourit et lui tend les clés de la chambre 7. En voyant le chiffre je reprends :

- Comme c'est original.

- Vous vous attendiez à quoi ? Au 13 ? Vous verrez cette chambre à la plus belle vue. Enfin, si vous aimez ce bled.

- J'ai une belle vu d'ici.

Un client entre et met fin à notre conversation. Dommage, elle risquait de devenir intéressante. Je suis en manque de sexe. Trois jours ! Même pour un être immortel c'est énorme en la matière. Je monte dans la chambre 7 et je m'allonge sur le lit. C'est à ce moment là que je réalise que la fatigue s'insinue en moi comme une maladie. Je me sens lourde. Cette sensation est désagréable. Lorsque j'étais vivante je n'aimais pas dormir. Aussi loin que je me souvienne je trouvais cet état inutile. Dieu avait fabriqué ses petits soldats comme des batteries auto rechargeable. Le sommeil, son arme ultime. Tu dormiras ce qui te permettras de recharger ton énergie mais également de perdre de précieuses heures de ta vie éphémère et insignifiante. Tu deviendras ainsi vulnérable ne pouvant te défendre en cas d'attaque. Un vampire ne dort jamais. Malgré mes sombres pensées je m'endors en rêvant.

Rêver. Ça par contre m'avait manqué. Je ne cauchemardes pas, je rêve paisiblement. Un rêve qui a un goût de nostalgie. Ma vie d'avant ouvre une fenêtre dans ma mémoire et se met en plein écran. Les êtres qui m'étaient chers sont revenus. Ils rient et dansent autour de moi. J'en fais de même. Mes pas sont si légers que j'ai l'impression de voler. Je me sens bien, super bien. Et là je revis à travers mes yeux d'humain la scène. La violence, la détresse, l'effroi et ce goût de sang qui se fait insistant, grandissant dans mon esprit et ne laissent plus de place pour le reste.

Je me réveille en sursaut. Un coup à la porte se fait entendre. J'ouvre et tombe sur Ruby. Ses yeux intenses me fixent d'un regard interrogateur. Aurais-je crié dans mon sommeil ou fait tout autre bruit embarrassant ? Pas totalement réveillé je lui adresse la parole d'un ton grognon :

- Quoi ?

- Rien, c'est juste que je me demandais si tout allait bien tu n'es pas sorti de la chambre de la journée.

J'avais envie de répondre un truc du genre : De la journée ? Et alors, c'est une journée comme les autres, je ne vois pas où est le problème. Est-ce que je viens te voir la nuit pour savoir si tu vas encore dormir longtemps ? Mais à la place je réponds :

- Quelle heure est-il ?

- 20 H. Je viens de finir ma journée. Je viens voir si tu veux commander un repas.

Un repas ? Depuis combien d'année n'avais-je pas mangé autre chose que du sang.

- Ok allons manger.

- Heu… non je ne comptais pas me joindre à toi.

- Bien sûr que si sinon tu ne m'aurais pas fait remarquer que tu venais de finir ta journée. Donne moi deux minutes je te rejoins en bas.

Je ferme la porte sans attendre de réponse.

Je descends dans la salle de restaurant et ne voit pas de Ruby. Je m'assoie à une table sans montrer mon agacement. J'étais pourtant sûre qu'elle serait là. Depuis le temps je sais reconnaître une ouverture. C'est une vieille dame qui sert ce soir. Sans doute la patronne. Elle vient me demander ma commande et je lui demande un steak bien saignant avec des frites autour. Je sais, pas original, mais je ne sais plus quel goût ça a. A ce repas assez banal je lui demande d'ajouter sa meilleure bouteille de vin rouge.

Je regarde les habitués, jouant avec leur téléphone, n'écoutant qu'à moitié leur partenaire, conjoint, famille ? Absorbée dans la contemplation de la salle je ne la vois qu'à la dernière minute : au moment où elle s'assoie devant moi.

- J'avais des trucs à faire mais si ton invitation tiens toujours j'ai une faim de loup.

- Je viens de commander. Je vais appeler la serveuse.

- Laisse. Granny ! Donne-moi la même chose qu'elle.

- Tu ne sais pas ce que j'ai commandé.

- Je sais que j'aime tout ce qui se trouve dans le menu.

- C'est donc une auberge familiale ?

- On peut dire ça.

La serveuse vient avec notre commande en se disputant un peu avec sa petite-fille. Je n'écoutes que d'une oreille distraite, me concentrant malgré moi sur le goût de la frite se trouvant déjà dans ma bouche, mais apparemment le différent viendrai de formule de politesse que mon invitée ne semble pas connaître. Pour finir elle se tourne vers moi tandis que sa grand-mère s'occupe des autres clients, elle me lance :

- La prochaine fois que tu m'invites dîner on ira ailleurs.

- Qui a dit qu'il y aura une prochaine fois?

- Sans loi et sans attache alors ? ça me va.

Le diner se passe bien. La conversation n'est pas trop mon fort mais elle se débrouille bien toute seule. Le vin me monte à la tête. Le dessert est prit assez rapidement et nous montons à ma chambre avec une bouteille de champagne.

Je n'ai rien bu. A peine cinq ou six verres. Et pourtant je vois la pièce tourner. Elle semble mieux tenir la cadence. Ce n'est pas grave. Après tout je n'ai plus l'habitude que l'alcool entre réellement dans mon organisme. Je n'ai pourtant pas de mal à trouver son corps, à lui ôter ses vêtements. Je l'embrasse sur le ventre au niveau du nombril. Je parcours son corps nu de mes mains, de ma langue me dirigeant vers sa bouche. Elle embrasse bien. Je redescends et entame un cuni. Ma vitesse vampirique commence déjà à me manquer. Elle a tout de même l'air d'apprécier. Je remplace ma langue par ma main droite et lui titille le bout des seins avec mon autre main et ma langue. Elle essai de me toucher mais je la stoppe. Je veux la dominer. Elle se laisse faire. J'entre en elle de plus en plus vite rythmé par le son de ses gémissements. Mes gestes sont si lents, j'ai l'impression de ne pas avoir de coordination. Ça m'agace. J'arrive tout de même à la faire jouir.

Cinq minutes plus tard elle me propose une cigarette. Je l'acceptes et je m'habilles pour aller m'aérer un peu. J'erre dans une ville fantôme. Pas un chat dans la rue.

Lorsque je reviens elle n'est plus dans la chambre. Elle m'a laissé un mot : « tu as le niveau nécessaire à l'initiation, si tu le souhaites je peux te faire entrer. » Qu'est-ce que c'est que ce bordel ? Une connerie étudiante peut être ? Je froisses le papier avant de le jeter dans la poubelle. Je m'endors sans trop de difficulté en cette fin de nuit.


A très vite...disons l'année prochaine. :)