Bonsoir à tous!
Merci pour vos commentaires. La question des présents/absents au club vont se résoudre dès ce chapitre. Quant à la mortalité d'Emma... disons qu'elle peut avoir les mêmes problèmes que vous et moi.
Bonne lecture.
Je ne me suis jamais levée de si bonne heure depuis des lustres ! Il est à peine dix heures et je n'arrive plus à dormir. Mon visage me fait mal. J'ai une migraine carabinée ! Un corps vivant est si inconfortable !
Je maudis cette ville et me dirigeant à tâtons vers le miroir de la salle de bain. La chambre pourtant petite me semble immense. Il ne faut que trois pas pour arriver dans la salle de bain mais à travers la brume du réveil le temps est ralenti par mes gestes gauches et badauds. Peut-être que si j'avais allumé la lumière je ne me serais pas pris la poignée de la porte au passage… simple hypothèse. Mes yeux pourtant si perçant dans le noir me font faux bond ! Je cherche l'interrupteur en grognant. Que la lumière soit ! Mon reflet me regarde d'un air ahuri. Pour une femme vampire on pourrait croire que ne plus pouvoir se regarder dans un miroir est d'une tristesse absolue. Il n'en est rien. Ce qui est bien quand on est mort c'est que le corps reste toujours impeccable. Même nos cheveux font pâlir de jalousie les plus grandes bimbos. Depuis que je suis ici je dois me coiffer… quelle perte de temps ! Toujours une mèche rebelle. Aujourd'hui je reste plusieurs minutes à me fixer devant cette glace sans comprendre. La protection de la sorcière s'affaiblie-t-elle ? Mon visage à une couleur rouge qui ne me plaît guère. Je suis brûlée ! Je vais finir en cendres ? Mais ce n'est pas possible je n'ai pas ouvert les volets.
Je reviens sur le lit prête à sortir mais n'osant franchir le seuil. Le soleil est déjà là. Je ne veux pas prendre le risque. J'attendrais la nuit et je rejoindrais Belle et les autres.
Que le jour passe lentement quand on n'a rien à faire. Je fais les cent pas en regardant de temps à autre par le volet entrouvert légèrement. Les jours où une éclipse ou même une tempête serait les bienvenues il fait un ciel bleu sans nuage à l'horizon.
Ruby passe me voir à sa pose de 15H. Elle éclate de rire en voyant ma tête.
- Toi tu n'es pas habituée à rester en plein soleil !
- Non effectivement.
- Pourquoi tu ne m'as pas dit que tu avais un coup de soleil ? J'ai de la crème en bas je t'en amène. A moins que ça ne te brûle pas ?
- Si atrocement. En plus j'ai un mal de casque.
De la crème ? Un coup de soleil ? Même les humains peuvent être brûlés par le soleil ? Depuis quand ? Comment ça se fait que je ne sois pas au courant ? Ils ont un antidote ? Après deux cent ans d'existence j'ai trop honte de mon ignorance à ce sujet pour lui poser ces questions. Je me tais donc tandis qu'elle m'apporte la crème miracle et de l'aspirine. Apparemment ils ont pas mal de monde et je ne la revois pas monter de la journée.
La crème apaise la douleur mais n'est pas si miraculeuse que ça. Mon visage est toujours rouge et commence à me gratter.
Il est 22H quand le soleil se couche enfin.
Je sors de l'auberge et me rus sur la première voiture que je vois qui est un peu en retrait fondue dans l'obscurité. Je balance mon poing avec élan dans la vitre… un cri de surprise et de douleur s'échappe de ma gorge. La vitre n'a rien. Par contre mon poignet semble en miette. La douleur me fait courber l'échine. Dans ma précipitation j'ai oublié que ma force n'est plus qu'humaine. Des pas précipités se font entendre. Leur propriétaire s'arrête devant moi avec un regard inquiet
- Est-ce que vous allez bien ?
- Un faux pas, je suis juste tombée sur la voiture.
Je relève la tête, le maire me reconnait et semble moins compatissante.
- Et bien ma voiture n'a rien. Vous pouvez circuler.
Si la douleur n'était pas si vive, j'aurais sans doute ris à cette réplique. Cela ne m'empêche tout de même pas de me l'imaginer avec un képi sur la tête et l'attirail qui va avec… Je ne réplique rien et avance dans la rue.
Avec un soupir d'agacement elle me lance :
- Vous ne voulez pas entrer et panser votre bras ?
- Vous êtes infirmière ?
- Allez au diable.
Je me retourne et lui fait signe d'avancer afin que je la suive à l'intérieur.
Ruby apporte de quoi bander mon poignet. Après m'avoir demandé pour la centième fois si je ne voulais pas aller à l'hôpital faire une radio Ruby me regarde déconfite.
- Ben pour ce soir c'est loupé on dirait. On va devoir se passer de toi.
Ni une ni deux je comprends le but de la visite de madame le maire. Comment louper une occasion pareille ?
- Mais non ! Je trépigne d'impatience depuis hier, ce n'est pas pour tout annuler pour une bêtise pareille. Ne vous inquiétez pas madame le maire je suis ambidextre. C'est juste que vous n'aurez qu'un avant goût comparé à une prochaine fois où j'aurais toute mes capacités.
- Vous devriez vous reposez. Je suis sûre que nous pourrons fixer une autre date. Je ne suis pas pressée d'être déçue. Répond Régina du tac au tac avant de quitter la pièce.
- Elle a raison. Emma tu devrais tout de même montrer ça à un expert ton poignet est bien enflé.
- Ruby. Donne moi plutôt de la morphine et laisse moi aller en bas.
- De la morphine ? Oui bien sûr on en trouve à chaque coin de rue.
Je lui lance un regard noir. Elle reste de marbre me signifiant ainsi que je n'aurais pas d'emprise sur sa décision. Deux minutes plus tard elle me ramène dans la chambre en me disant « attend moi là j'ai ce qu'il te faut ».
Je l'attends. Le temps semble long et je fini par tourner la poignée afin de sortir de la chambre au moment où Ruby tourne la poignée pour entrer.
Elle s'assoie sur le lit et met la table de chevet devant elle. Elle y déverse de la poudre blanche et me tend un tube qui avait été autrefois une partie de stylo bille. Je ne me fais pas prier et j'aspire les deux rails présents sur la table de chevet.
Sans attendre que l'effet se fasse ressentir, on descend au sous-sol. Il est 23H.
Le couloir est vide mais le son assourdi des différentes chambres se fait entendre. Ruby s'arrête en début de couloir et me fait signe de choisir ma direction. J'opte pour la chambre 2. Pas forcément pour l'effet casino, bien que le jeu m'a toujours tentée, mais le bar est bien ravitaillé.
Une dizaine de personne fait vivre la pièce. A peine entré devinez qui me salut ? Le shérif !
- Bonjour, on va justement commencer une partie de billard avec Régina, vous souhaitez vous joindre à nous ?
- Je n'ai pas trop envie de jouer au billard mais peut-être qu'Emma sera tenté ?
Ruby prononça cette phrase comme si elle connaissait déjà ma réponse. J'hésite et me tourne vers la table de billard où attendait visiblement Régina. En effet, ma réponse est prévisible étant donné que Régina n'est nulle autre que madame le maire.
- Vous n'êtes pas venu avec votre tenue de travail ? Dis-je au shérif.
- Non, mais on a une réplique pas loin. Me répond-t-il.
- Je vous préviens je n'ai pas joué depuis un moment.
- Ce n'est pas vraiment le jeu qui nous intéresse n'est ce pas ? Et oublie le vouvoiement, ici tout le monde s'appelle par son prénom à moins que tu préfères qu'on te trouve un petit nom pour aujourd'hui ?
Je ne réponds pas et me dirige vers la table de billard.
- Tu sais manier une queue ? Me lance Régina un brin amusée.
- Je me débrouille.
- Honneur à la nouvelle.
J'allais casser quand un homme se rapproche du shérif et lui parle sur le ton de la confidence. Le shérif s'excuse et sors de la pièce en suivant l'homme.
- C'était quoi ça ? Dis-je.
- Un joueur en moins. Répond Régina. J'espère que tu n'es pas trop déçue. Si on pariait ?
- Parier sur quoi ?
- Celle qui remporte la partie choisi le prochain jeu.
- Ok. Mais ne sois pas mauvaise perdante.
Je joue la partie en moins de dix minutes. Une casse fermée. Régina n'a pas pu montrer ses talents de joueuse de billard mais ce n'est pas ceux-là qui m'intéressent. Elle n'a pas l'air de mal le prendre. La pièce n'est pas très éclairée mais il me semble voir un demi-sourire furtif.
- Tu sais ce que je veux. Comme je suis fair-play, je te laisse une revanche. Et cette fois on parie sur la salle dans lequel se déroulera le jeu. A toi l'honneur.
Comme je m'y attendais elle prend sa revanche avec une casse fermée. Suite à sa victoire elle regarde autour d'elle. J'en fais de même et m'aperçois que certains ont déjà bien entamé la soirée. Des vêtements sont éparpillés entre les machines à sous et même parfois dessus. Certains aiment être assis sur une chaise ou appuyés contre un mur alors que d'autres préfère se socialiser sur le bar. La débauche et la luxure qui s'étale sous nos yeux comme une scène irréelle déverse son flot de phéromones. Ce flot découlant du bar m'enveloppe. Je ne vois plus le bar. Seuls des corps à moitiés nus le recouvrent parfaitement. Ils sont tous beaux dans leurs désirs ardents de jouir et de faire jouir. Je ne m'aperçois pas du pas que je fais dans leur direction trop obnubilée par cette rousse au regard de feu qui surplombe le bar chevauchant un homme brun tout en me regardant. Alors qu'elle semble m'inviter à les rejoindre, Régina me prend la main et me guide vers la sortie de la pièce.
Elle ne s'arrête pas dans le couloir, me tenant toujours, elle se dirige d'un pas tranquille vers la porte de son choix. Serait-ce la porte 4 : je la laisserai faire la patronne, je ne suis pas trop mauvaise en secrétaire. Mais c'est moi qui fais place nette sur le bureau ! prem's !
Elle dépasse la porte 4 puis la porte 5. De toute façon je ne la voyais pas en caméraman. J'espère qu'elle ne choisira pas la chambre d'hôpital. Ce n'est pas un endroit que j'aime particulièrement. Par contre je la vois bien choisir la chambre au miroir mais je croise les doigts pour la voir me faire classe.
Elle me prend de court en tournant la poignée de la porte que je ne pensais pas du tout franchir : la porte 9.
A peine entrées, elle se dirige vers la chaise à sangles.
- Je préfère dominer si tu n'y vois pas d'inconvénient. Précise Régina.
- Si tu compte m'attacher là dessus tu rêves.
- On a parié, j'ai choisi la salle.
- Mais rien ne m'oblige à utiliser le… mobilier.
- Tu as peur ?
- Certainement pas.
- Ho !
- Quoi ho ?
- Je vois. Tu n'as jamais essayé.
Que dire ? C'est vrai, je n'avais jamais testé ces trucs. Mais qui pourrais être assez zinzin pour penser prendre du plaisir dans sa propre douleur ? Je ne réponds pas à sa question et préfère la fixer en croisant les bras. Elle se rapproche de moi, m'écarte doucement les bras le long de mon corps pour venir se coller contre moi. Ses mains sur mes poignets, son corps effleurant le mien elle me murmure à l'oreille.
- Ne t'inquiète pas je te guiderais. On ira doucement et dès que tu sens que tu veux arrêter il te suffira de dire le mot de sûreté.
Je me sens en effervescence. Je déglutis. Mes pensées s'embrouillent, je ne sais plus ce que je veux. Je me surprends à répondre :
- Le mot de sûreté ?
- Oui. Choisi un mot que tu diras si tu veux tout stopper.
- Stop ?
- Pas très original mais ça fera l'affaire.
Elle se décolle de moi. J'ai l'impression qu'elle essaie de voler mon ombre au passage et ne peux réprimer un mouvement oscillatoire lorsqu'elle me lâche les poignets. Elle m'aide à m'installer sur la chaise. Chaise qui n'est pas très confortable et Régina serre les sangles à mes poignets et chevilles comme si j'étais une véritable délinquante qu'on allait d'ici peut exécuter sur la chaise électrique. Elle se dirige ensuite vers l'armoire et revient avec … un collier pour chien avec une balle dedans ? Elle pose le collier sur ma tête et le fait glisser de sorte à ce que la balle atterrisse dans ma bouche. Elle resserre les maillons de la chaine qui s'avère au final être un bâillon pour Hannibal. Alors que l'image d'Anthony Hopkins s'efface de ma tête, ma raison revient au triple galop et me pourrit intérieurement de tous les noms d'oiseaux existants.
Voilà comment la sorcière a réussi son œuvre : je suis à sa merci sans moyen de prononcer le mot de sûreté mais surtout sans moyen de crier à l'aide. Et je me suis laissée mener comme un pantin, un vulgaire veau fier d'aller à l'abattoir !
Elle repart vers l'armoire et en revient avec plusieurs accessoires qu'elle me montre un par un avant de les poser sur le côté. Un fouet, une matraque, un marteau, un arracheur de dents.
- J'espère que tu ne m'en veux pas trop mais j'ai changé de jeu. Celui-ci s'appelle répond moi vite et bien. Je vais commencer par le fouet. Je te poserais ensuite des questions et je te délierais le bras afin que tu puisses m'écrire les réponses.
Le premier coup de fouet me brûla les jambes. Le second au niveau de la poitrine me coupa le souffle. Elle posa sa première question :
- Comment sais-tu qui je suis et pourquoi es-tu à Storybrooke ?
- …
- La question est pourtant simple. Tu veux réellement m'obliger à te motiver ?
Le fouet continue pendant une dizaine de minute. La matraque endommage fortement mon pied gauche et mon genou droit, la douleur est intense. Elle me matraque sans oser regarder son chef d'œuvre de trop près. Je cherche son regard, je veux y voir la haine qui la dévore et trouver le bouton d'arrêt. Lorsque nos yeux se croisent j'y entrevois de la souffrance. Est-ce le reflet de ma propre souffrance dans mes larmes ou bien est-ce réellement son regard qui s'excuse ? Elle prend mon regard pour un ultime affront et rejette son visage derrière un masque impassible et souverain. Je geins derrière mon bâillon alors qu'elle arme encore son bras muni de la matraque. Je lui fais comprendre que je veux répondre.
J'écris donc la vérité : « je suis une vampire et je te voulais pour alliée. C'est en observant ton manège dans la crypte que j'ai découvert tes pouvoirs. »
Aucune surprise ne se lit sur son visage. Comme si elle s'était attendue à cette réponse et qu'elle y avait déjà réfléchi.
- Les vampires ne vivent pas le jour.
« Tu as ensorcelé la ville »
- Admettons que je te crois, qui est au courant ?
« Personne ».
Une grimace de fureur déforme son visage. Elle m'arrache le stylo de la main et resserre la sangle. Elle prend le marteau et le balance de toutes ses forces sur ma main droite avant de me crier :
- Tu mens ! qui d'autre sais ?
Trois secondes de silence suivent durant lesquelles je tente désespérément de la convaincre que c'est la vérité. Je m'agite sur cette chaise en voulant crier la vérité mais le bâillon est solide. Mon agitation accroit sa fureur : elle recommence les coups de marteau à plusieurs reprises. Mes phalanges s'éclatent plus qu'elle ne se brisent. La douleur est si forte. Elle s'arrête. Elle me regarde effrayée. Puis regarde le marteau. Puis me regarde à nouveau. C'est lorsque ses mains se posent sur sa bouche que je fini par perds connaissance.
Dur dur d'être mortelle !
See you soon.
