Coucou!

Une fois n'est pas coutume je poste ce chapitre avec un peu d'avance par rapport à mes habitudes :)

Tu as raison Evil queen momo : faisons partir Emma avant qu'elle ne meure.

Bonne lecture.


- Réveilles toi ! On doit partir !

J'entends une voix enfantine me tirer de ma léthargie. Mais je ne peux bouger un muscle. Seuls mes yeux bougent. Ils papillonnent et finissent par s'ouvrir. Le visage flou d'un gamin se forme. Ma vision n'est pas très nette et un peu rouge. Ma tête menace d'exploser. Le petit est agenouillé à mes cotés et je vois bien que la tentation de me secouer comme une prune le tenaille. Mais il reste là à me demander de me réveiller et de me lever comme répétant une prière à voix basse et claire. Je prends sur moi pour ne pas hurler en me redressant. Je ne peux réprimer un grognement auquel le petit répond par un :

- Chut ! elle va t'entendre !

- Et bien qu'elle m'entende ! je vais…

Le petit me met ses deux mains devant ma bouche pour me faire taire ! Ça c'est la meilleure ! Sa mère me bâillonne pour me torturer et une fois qu'elle en a fini avec moi elle me refile à son gosse pour qu'il apprenne ses manières ! Je repousse ses mains d'un geste brusque et me lève d'un bond. Mon pied gauche ne supporte pas la lourde charge de mon corps et menace de me faire tomber. Je ne peux m'appuyer entièrement de mon pied droit, mon genou n'étant pas plus aguerri. Je retombe lourdement sur le matelas.

- Passe-moi mon veston gamin.

Le petit s'exécute. J'entoure mon genou de ma veste histoire de l'empêcher de sortir de son axe. Je fais un nœud et m'assure que je ne puisse plus plier le genou. La jambe, une fois raide, ne me fait plus autant souffrir et je peux m'appuyer dessus en poussant un juron ou deux. Je regarde le gamin d'un œil mauvais. Celui-ci, comprenant mes interrogations, ne se fait pas prier pour raconter son histoire :

- Elle ne sait pas que je suis là. Je l'ai entendu parler avec le shérif cet après-midi. Je savais que vous vous retrouviez tous ici. Je me doutais qu'elle s'en prendrait à toi. Je suis venu t'aider.

- En quel honneur ?

- Je sais pourquoi tu es venu à Storybrooke.

- ?

- J'ai fait des recherches sur moi… ma naissance. J'ai trouvé les papiers d'adoption ce matin. Je sais que tu es ma mère.

- Attend gamin t'emballes pas !

- Tu es bien Emma Swan ?

- Oui. Et toi tu es le fils du maire.

- Elle m'a adopté mais elle ne m'aime pas. C'est la méchante reine. Elle a emprisonné tous les personnages de conte à Storybrooke. Toi seule peux détruire le sortilège. Mais pour l'instant tu dois te remettre sur pied. Il faut qu'on parte à l'hôpital.

Je ne comprends absolument rien à son charabia. Deux choses sont sûres : je ne suis certainement pas sa mère et je dois sortir d'ici. Si je lui dis la vérité il risque de me laisser ici alors que j'ai besoin d'un appui pour arriver à sortir de cette auberge. De plus, c'est le fils du maire. On ne pourrait pas me servir meilleure vengeance sur un plateau d'argent. Donc, ce gamin, aussi dérangé soit-il, doit m'adorer durant les prochaines heures. Je prends donc un ton dégagé et … maternel ? Enfin bref, d'une voix suave je l'attire dans ma toile :

- Je suis contente que tu ais compris tout ça tout seul. Je ne savais pas comment te l'expliquer et c'est pour ça que je n'osais pas trop te parler directement.

- C'est pour ça que je t'ai vu espionner ma maison et que tu es venu me parler à la plage. J'avais raison !

- Oui. Mais ne parle pas trop fort tu semble oublier que je suis dans de beaux draps. Si ça ne t'ennuie pas on parlera de tout ça plus tard… disons dans un endroit plus enclin à la discussion mais là il faut faire vite tant que les lieux sont calmes. Tu sais depuis combien de temps je suis ici ?

- Ils t'on apporté dans la chambre il y a une quinzaine de minutes je dirais.

- Penses-tu pouvoir me soutenir pour sortir d'ici ?

Le gamin hoche positivement la tête. Je clopine de mon côté droit en m'appuyant sur le gamin du côté gauche. Nous progressons trop lentement à mon goût mais parvenons au premier étage sans croiser personne. Mon rythme cardiaque accélère lorsque la porte s'entre-ouvre à notre droite alors que nous sommes à deux mètres de la sortie. Un téléphone se fait entendre, la porte reste entrebâillée mais des bruits de pas qui s'éloigne me rassurent. La personne est allée répondre au lieu de sortir de la pièce. Nous sortons le plus vite possible et tournons à droite. Je regarde le loquet de chaque portière à chaque voiture que l'on dépasse. Au bout d'une centaine de mètres la chance me sourit : une coccinelle jaune n'est pas verrouillée. Je m'installe au volant.

Au même moment, Régina sort précipitamment de l'auberge en criant mon nom :

- Swan ! Swan, je sais que vous êtes là ! Dans votre état vous avez besoin d'aide ! Montrez-vous ! Nous avons appelé le médecin ! il va arriver d'un moment à l'autre.

- Vous l'avez retrouvé ? Questionne Ruby.

Ruby est également sortie à bout de souffle. Apparemment on me cherche activement. Sont-elles de mèche ? Veulent-elles m'achever ou ont-elles appelé un docteur ? Peut importe. Je ferme la portière et démarre la coccinelle en un rien de temps à l'aide des fils. Au moins un talent que je peux conserver dans cet état : le vol de voiture. Le claquement de portière dans une ruelle déserte s'entend apparemment trop bien. Je mets les gaz tendit qu'elles se dirigent vers moi en courant. Trop tard mes jolies ! Mais ne t'inquiètes pas Régina, je compte bien te revoir !

La voiture quitte la rue laissant leurs silhouettes s'immobiliser au centre de celle-ci. Je prends la direction de la sortie de ville.

- L'hôpital est dans l'autre sens ! Tu es sûre de pouvoir conduire ?

La voix du gamin me fait sursauter. Dans le feu de l'action je l'avais complètement oublié. Apparemment il s'est glissé sur le siège passager et a attendu sagement que la voiture roule. Ce qui me va parfaitement. Maintenant que la corde se desserre autour de mon cou, le brouillard installé dans mon esprit commence à battre en retraite. Je sais exactement comment me servir du gamin. Mais avant il me faut quitter cette ville. J'accélère sur la ligne droite et dépasse assez vite la limitation. Le gamin me regarde toujours attendant ma réponse.

- Je ne vais pas à l'hôpital.

- Mais il faut te soigner ! En plus, tu t'es déjà évanouie à cause de tes blessures tu risque de nous tuer tous les deux en conduisant dans cet état !

- Tu veux conduire ? Ne répond surtout pas c'était une question rhétorique ! Je guérirais mieux et plus vite chez moi.

- Tu compte retourner à Boston ?

- Pourquoi veux-tu que j'aille à Boston ?

- C'est là-bas que tu vis non ?

- Non.

- Pourtant lorsque j'ai vu ton adresse…

- Laisse tomber tes recherches. Tu ne sais rien sur moi.

Je l'ai coupé dans son élan avec un ton sec. Il prend la bougne de chien battu. Les enfants font toujours cette tête lorsqu'ils sont contrariés, c'est écœurant ! Comme si j'allais le réconforter ! Il est dans une voiture avec une inconnue et n'a pourtant pas l'air d'être apeuré. Il est triste. Triste de ne pas connaître sa vraie mère je suppose. Mais je n'y peux rien. Il relève la tête et me dit :

- Tu ne devrais pas partir. Tu es la sauveuse. Comment ils vont faire sans toi ?

- Regarde-moi bien petit. C'est à moi d'être sauvée là. Et je fais mon boulot de sauveuse tu vois. Je me sauve !

- Tu pourrais aller à l'hôpital.

- Et attendre sagement que ta cinglée de mère vienne me filer un calmant ?

- Elle n'osera pas t'approcher. Tu sais, je les ai entendus parler en venant te voir. Lorsque je suis arrivé il n'y avait personne. J'ai regardé le registre et je suis monté dans ta chambre. Je me suis caché en t'attendant. Lorsqu'ils t'on apporté dans ta chambre ma mère ne savais pas trop comment s'expliquer. Elle a dit que c'était involontaire, que tu ne voulais pas arrêter et qu'elle a cru que tu aimais ça ? pourquoi tu aurais aimé ça ?

Je suis peut-être un tantinet vicieuse mais je ne vais pas expliquer à un gamin ce que sa mère et moi étions supposer faire ni dans quel cadre on était. Je retiens donc mon envie de le larguer en route sans m'arrêter pour autant et continue à répondre le plus gentiment possible à ses fatigantes questions.

- Ta mère a faillit me tuer ! Tu crois que j'aime les tentatives de meurtre sur ma personne ? J'ai l'air suicidaire ?

- Non.

- C'est pour ça que je quitte cette ville et que je ne compte pas y revenir.

- Mais tu…

- Ecoute gamin. Je ne veux pas te casser ton rêve mais je ne suis pas une sauveuse.

- Mais tu m'as dit que tu étais au courant ! Que tu étais venue exprès.

- Je t'ai dit ce que tu voulais entendre. Honnêtement, tu penses vraiment que j'avais envie de débattre sur de tels sujets alors que j'étais piégée et mal en point ?

- Tu m'as menti uniquement pour que je t'aide !

- Exact.

- Je t'aurais aidé même si tu m'avais avoué ne pas me croire. Je sais qu'il te faudra du temps pour accepter ton destin. Mais tu reste ma mère.

- J'ai aussi menti sur ce point là. Ecoute gamin, soit ta mère s'appelle exactement comme moi et c'est une énorme coïncidence soit tes papiers sont faux. Ou alors, comme je le crois, tu t'es également inventé cette maman. Avoue que c'est le plus logique. Tu es dans la vrai vie, il n'y a pas de héros ou de méchant. Il n'y a pas de rôle distribué d'office. Chacun mène sa barque comme il peut. Et crois-le ou non, je déteste mêler des gamins à mes histoires.

En disant cette dernière phrase je stoppe la voiture. Derrière nous, à un mètre ou deux, le panneau « storybrooke » me signale la fin de mon calvaire. Je sors de la voiture et respire un bon coup. Je sens mes blessures se refermer. Je libère mon genou de ma veste qui m'est devenue inutile. Elle est tâchée de sang, je la jette sur le bord de la route avec dédain. C'est vrai que j'aime bien ce genre de veste rouge bordeaux mais pourquoi s'énerver d'en perdre une ? J'en volerais une autre dans quelques heures. Je tourne le dos au gamin. Il ne voit pas mes blessures se refermer, le sang séché restant à sa place. Je m'immobilise et vérifie que je suis redevenu moi-même. Mes sens sont décuplés, mes crocs sortent. Ils m'avaient tant manqué !

- Tu ne vas pas me laisser au milieu de nulle part ? Questionne le garçon peu rassuré.

La peur. Je la sens enfin s'insinuer en lui. Il sent bon. J'ai si faim. Je savais bien qu'un encas ne serait pas de refus à ce stade du voyage. Mon plan est simple. Je transforme le gamin, l'enterre les deux jours nécessaires à sa transformation puis je reviens le chercher une fois sorti de terre. Une fois l'un des miens il obéira à mes moindres désirs et peut-être que je le laisserais tuer sa mère pour moi. Un sourire machiavélique se dessine sur mes lèvres alors que je m'apprête à lui servir la dernière phrase qu'il entendra de son vivant :

- Désolée gamin mais tu vas me ralentir. Tu vas rester ici.

Avant d'entendre ses protestations qui menacent d'exploser, je fonds sur lui et plante mes crocs dans son cou.


Si vous ne vous êtes pas encore lassés, le prochain chapitre la semaine prochaine.