Bonsoir!

Comme promis le chapitre suivant. Espérant qu'il vous plaise autant que le précédent.

Bonne lecture.


A la première gorgée je sens que quelque chose cloche. A la seconde, je me recule d'une dizaine de pas d'un bond. Impossible ! Et pourtant le sang ne ment jamais. Ce petit a un goût familier. Le goût de mon propre sang. Son sang dans mon corps me livre ses secrets. Tel un manuscrit il est aussi limpide qu'un texte écrit. Je vois des moments de sa vie. Un moment me fige d'effroi : celui de sa naissance. Sa mère est bien Emma Swan. Le nom que porte mon arrière arrière etc.… petite fille qui vit bel et bien à Boston depuis sa sortie de prison. Et dire qu'elle m'était complètement sortie de l'esprit. Je reprends mes esprits. En moins de deux secondes je prends le petit comme un sac a patate en maintenant une pression sur son cou pour empêcher le sang de jaillir et arrive aux urgences de Ludlaw.

Plusieurs heures plus tard il est transféré dans une chambre. Pronostic : sorti d'affaire. J'attends son réveil. Voyant qu'il dort bien alors que le soleil se lève dans moins d'une heure je le secoue un peu. Dire que quelques heures avant les rôles étaient inversés.

- Hey gamin réveille toi.

Après avoir répété la phrase trois ou quatre fois il fini par se réveiller.

- C'est bon tu m'entends ?

Il hoche la tête. Il a peur de moi et me regarde avec méfiance.

- Il est important que tu donnes la même version que moi aux médecins ou autres personnes que tu croiseras. Je t'ai ramassé dans la rue dans cet état. A quelque pas de l'hôpital.

- Et si je dis la vérité ? Me lance-t-il d'un air de défi.

- Personne ne te croira.

- J'ai l'habitude.

- Ici on enferme les fous. Tu n'es plus dans ta petite bourgade où ta mère a tous les pouvoirs. Ici tu n'es rien et personne ne se soucie de toi. Si tu dis quoi que ce soit sur moi j'achèverais mon repas.

Pour mettre un peu de force dans mes propos je lui sers mon sourire le plus mauvais en sortant mes crocs. L'effet ne se fait pas attendre : il se recroqueville sur lui-même en tremblant.

- Tu devrais appeler ta mère pour qu'elle vienne te chercher. Tu as son numéro ?

- Oui.

- Bien. Ne tarde pas à la contacter.

La haine qui l'enveloppe ne m'atteint pas. D'accord, j'ai pris la résolution de laisser ma lignée perdurer donc de ne pas la massacrer. Mais soyons sérieux, je me fiche de son ressentie. Qu'il me craigne, me haïsse… il le doit. C'est mieux ainsi.

Je sors de l'hôpital. Que faire maintenant ? Je préfèrerais rentrer au repère en début de nuit et en pleine forme. Si Belle a raison il va y avoir des « explications ». Ne m'étant pas nourrie suffisamment ce soir je reste faible surtout que le peu de puissance que j'avais m'ont servit à refermer mes blessures. Il me faudrait vider deux corps entiers pour récupérer le summum de ma force. Je vais donc commencer par là. Je connais ce parking. Au fond à droite le parking s'ouvre sur une ruelle. Aucune caméra, aucun lampadaire mais beaucoup de passage. La ruelle donnant sur un second parking lorsque le premier est plein. Je me poste donc à cet endroit, derrière une voiture. Un couple passe. Je préfère attendre un piéton solitaire. Un homme arrive quelques minutes plus tard. Il n'a pas le temps de s'apercevoir de ma présence qu'il est déjà froid. Plus que quelques minutes avant le levé du soleil. Je me résigne à me contenter d'un plat unique. J'allais partir à l'hôtel lorsque des pas précipités se font entendre. Ils se dirigent droit dans ma direction. Avec un soupir las j'intercepte le petit avorton.

- Je croyais t'avoir dit de téléphoner à ta mère et d'attendre son retour.

- Laisse-moi passer !

- Sinon quoi ?

- Sinon je crie.

- Je pourrais te tordre le coup avant même que l'idée ne te traverse l'esprit.

- Mais tu ne me feras pas de mal. Sinon pourquoi m'amener ici ? J'ai réfléchi. Je sais que tu ne me feras rien.

- Tu défies ma patience gamin.

Mais je l'avais déjà relâché. Il avait raison, je ne lui ferais rien. Mais j'ai besoin de lui comme appât.

- Tu as raison, je ne te ferais pas de mal. Mais d'autres comme moi rôde dans le coin et ils n'hésiteront pas.

- Peut-être qu'ils auront pitié ou que mon sang est trop mauvais.

- Que ton sang est trop mauvais ? Plus vous êtes jeune, plus c'est bon. Et la pitié n'est pas dans notre genre.

- Alors pourquoi ?

- Tu as raison on est de la même famille.

Le gamin menace de vaciller sous le poids de la révélation. Il me regarde comme dans cette chambre d'auberge à Storybrooke. Avec de l'espoir dans les yeux. Je comprends immédiatement qu'il me prend encore pour sa mère.

- Mais je ne suis pas ta mère ! Je te l'ai déjà dit.

- Tu es qui alors ? Ma mère ne peut avoir de sœur ou alors une demi-sœur ?

- Non. Je suis plutôt une ancêtre.

Il reste la bouche ouverte sans comprendre.

- Viens, il me faut trouver un coin où me poser avant que le soleil n'arrive. Monte sur mon dos, l'hôtel auquel je pense est assez loin.

Il me regarde septique.

- Ce n'est pas comme si tu avais beaucoup d'endroit ou aller. Et tu l'as dit toi-même je ne te ferais rien.

Il fini par obéir. Je pars à l'hôtel le plus malfamée de la ville. Un vivant a du mal a y mettre les pieds à cause des rats et punaises grouillant entre ses murs mais c'est également le seul qui ne demande pas d'enregistrements ou pièce d'identité. Le monde est devenu tellement méfiant. Etant ce que je suis ça ne me surprend pas. Arrivés dans la chambre je ferme les volets et reste debout à le fixer. Il s'assit sur la seule chaise de la pièce juste en face de moi. De façon a pouvoir me faire la conversation je suppose.

- Tu es qui alors ?

- Tu as remarqué que je n'étais pas comme qui dirait humaine ?

- Oui. Tu es plus rapide qu'une voiture. Tu as des crocs de vampire.

- Je suis une vampire. Maintenant que j'ai répondu va dormir tu as besoin de repos.

- Non ce n'était pas ma question, je voudrais surtout savoir qui tu es dans… notre arbre généalogique ?

- En tout cas ce n'est pas de moi que tu tiens ta parlotte. Tu sais te taire ?

- J'ai juste deux questions et celle-ci est la première. Après je te laisse tranquille.

- Je suis ton arrière etcetera grand-mère. Je suis née en 1810.

J'observe sa réaction en énonçant ma présentation. En entendant ma réponse il pose son menton sur ses mains et se laisse partir dans une profonde réflexion. Je lui tourne le dos et décide d'allumer mon smartphone. Et oui, je connais un peu la technologie tout de même. J'entends un murmure : « ça n'a pas de sens ». Puis plus rien. Mon smartphone s'allume et plusieurs messages et mails sont en attente de lecture. J'ouvre le premier sms lorsqu'il décide tout compte fait de me poser la seconde et dernière question.

- Comment je peux me rendre le plus rapidement possible à Boston ?

- En me demandant de t'y amener.

- Tu le ferais ?

- On avait dit deux questions.

Il se résout fermer les yeux et se rendort comme une souche.

En regardant mes messages je vois que Belle a tenté de me contacter plusieurs fois pour me mettre en garde contre la rébellion orchestrée par Killian. D'autres membres ont également eu cette gentillesse. D'autres me demande que faire et me reproche d'avoir quitté le navire. Concernant les mails, je n'en ai qu'un seul. Un mail de Killian. Il contient un lien vers une vidéo. Je mets le son au minimum avant de la lancer. La vidéo montre Killian et ses complices en train de décapiter les membres du clan ayant refusé de lui porter allégeance. Parmi eux se trouve toute mon engeance étant donné qu'ils me doivent obéissance par le lien du sang. La vidéo me donne des frissons. Mes crocs sortent sans que je le veuille tellement ma colère et ma douleur est forte. Pourquoi ne l'avais-je pas sentie ? Je devais être dans cette ville lorsque c'est arrivé. Je regarde la date d'envoi. Elle date de cette nuit. La scène a eu lieu en début de nuit. Si j'étais arrivée quelques heures plus tôt j'aurais ressenti leur douleur, j'aurais pu arriver sur place dès la première décapitation et sauver les autres. A la fin des exécutions Killian regarde la caméra et me délivre un message personnel empreint de mégalomanie :

« Tu n'es même pas venue secourir les tiens. Aurais-tu peur de moi Swannie ? Un conseil : continu à rester loin de moi. Les autres se sont ralliés à moi et ceux qui ont des doutes vont vite rappliquer en voyant ce qui arrive à ceux qui te soutiennent. »

Il se croit si fort ? Si malin ? Je vais le faire chanter sous la chaleur ! Il va brûler plus vite qu'en enfer ! Je me repasse la vidéo à plusieurs reprises. Je veux avoir ses images dans la tête pour les tuer tous. Tous ceux qui ont participé. A la troisième visualisation je me rends compte qu'une seule de mes engeances est encore en vie : Belle. Comment ? Grâce à mon plan ! Personne ne sait que c'est moi qui l'ai transformé. Elle a était la première. Et j'ai formé ce clan en la mettant à l'écart des décisions et en la considérant comme un vampire de second ordre devant les autres. Ils ont tous étaient dupes. Alors que je nommais Killian en second, mon véritable second me tenait informé dans l'ombre. Ainsi j'avais mon allié proche de moi mais mon ennemi encore plus proche. Je savais que ce jour arriverai. Mais c'est vrai que je ne pensais pas perdre autant. Tout est déjà prêt pour ma vengeance. Je ferme les yeux et indique par la pensée mes coordonnées à Belle. Elle me rejoindra à la tombée de la nuit. Les heures s'écoulent lentement. Je les emplois à trouver des répliques de plus en plus cinglantes envers Killian lors de nos retrouvailles. Il mourra. Les autres suivront. Je veux le tuer de mes mains. Je peaufine encore un scénario ou Killian meurt dans d'atroce souffrance lorsqu'un coup de vent fait claquer la porte. Le gamin se réveille en bondissant de stupeur. Belle est devant moi.

- Je sais que tu veux ta vengeance mais la seule qu'il peut y avoir est celle que tu as prévue avant même de fonder le clan. N'y renonce pas.

- Je veux le voir mourir. Le voir me supplier !

- Moi aussi. Emma, je les ai entendus hurler. Je voulais y aller mais c'était du suicide ! Je ne pensais pas que Killian irait si vite. Je ne pensais pas qu'il pourrait en arriver là sinon je me serais faite plus pressente lorsque je suis venue tu voir. Tu as conçu un plan sûr, ne le fout pas en l'air par colère. Killian a beau faire le fier, il ne se déplace qu'en horde. Il sait que tu vas tenter quelque chose et il s'y attend. Mais il ne peut s'attendre à ce qui est déjà fait.

Le gamin nous regarde comme s'il assiste à un feuilleton télé. Il n'a qu'à prendre des pop corn tant qu'il y est ! Je lui lance un regard assassin qui ne le fait même pas ciller. Belle fait comme si elle le remarque pour la première fois depuis qu'elle est arrivée.

- Bonsoir ! Moi c'est Belle et toi tu es qui ?

- Henri. Je suis un descendant d'Emma.

Belle hausse les sourcils.

- Vraiment ?

- C'est une longue histoire. Occupe-toi de lui pendant que je m'occupe de mon clan adoré.

- M'occuper de lui ?

- Tu as faim gamin ? Belle va s'occuper de toi. J'ai une affaire à régler.

- Je ne suis pas baby-sitter !

- Il est vraiment de ma famille. Et tu es la seule en qui j'ai confiance.

- Et après on ira a Boston ?

- Décidément quand tu as une idée derrière la tête tu ne l'a pas ailleurs !

- Ce doit être de famille.

Je fais une grimace à Belle en entendant sa pique. Je sors sans d'autre commentaire. La nuit sera sanglante. Je vole plus que je cours vers le repère. Au passage je braque une boutique d'arme pour m'équiper d'un sabre. Je me nourri également de deux jeune joggeurs. Il n'y a rien de tel qu'un peu de sang neuf dans le corps avant une bataille. Il n'y a pas une seconde à perdre. J'arrive à une centaine de mettre du repère. Je le vois d'ici. Tout est encore fermé. Les connaissant, ils ne seront pas sortir avant une heure ou deux. Sous mes pieds une bouche d'égout. Je rentre dans les égouts et arrive sous le repère. Devant moi deux passages. Sur ma droite, une lettre gravée : B. Le clan était mon plan A, mais celui-ci étant devenu ingérable je passe au plan B. Je défonce donc le mur que j'avais mis en place il y a une centaine d'année au niveau de la lettre. Derrière la lettre un boitier d'où part plusieurs fils électrique. Sur le boitier un levier façon disjoncteur. J'abaisse le boitier. Je sors en vitesse et regarde le repère s'embraser. Je l'avais construit de sorte qu'il soit détruit instantanément : le levier actionne les diverses bombes présentent dans le repère de manière stratégique. Je vois une ou deux torches humaines sortir puis s'écrouler sur les marches de la demeure. Je guette la sortie de Killian. Un autre vampire sort de la demeure et arrive à éteindre le feu qui s'éclate sur son dos en se roulant à terre. Je cours vers lui, l'attrape par le cou d'une main et le soulève.

- Ou est Killian ?

- A l'intérieur ! Pitié !

Sans m'attarder davantage je lui agrippe la tête de mon autre main et le décapite à main nue.

Je récupère le sabre que j'avais planté à un mètre de moi avant de soulever ma victime et je m'engouffre dans la demeure. Je décapite d'un coup de sabre tout être que je croise. Je veux voir toutes les pièces du repère mais seules les pièces principales sont accessibles. Le couloir d'entrée et le salon sont désormais vides. Je ressors déçu de ne pas avoir vu griller Killian mais s'il est dans une des autres pièces alors il est sans aucun doute mort. Je redescends les trois marches de l'entrée et je suis violemment projetée au sol. Je me relève précipitamment et me retrouve face à Killian qui m'a volé mon sabre en me faisant tomber. J'évite le sabre à chacun de ses coups.

- Tu crois vraiment pouvoir rivaliser contre moi ? Je suis de loin ton ainée ! Comment as-tu osé me faire un tel affront !?

Il ne répond pas. Je ne m'en offusque pas. Je ne m'intéressais pas vraiment à sa réponse. Peu importe le pourquoi. Ce qui est fait est fait. Il arrive à me toucher au niveau de la jambe et me lacère au niveau du bras. Mais le sang frais qui coule dans mes veines m'offre un pouvoir de cicatrisation des plus puissant. Je double ma vitesse évitant chacun de ses coups. Il ne s'épuise pas. Moi non plus. On pourrait danser comme ça toute la nuit. J'évite une fois de plus un de ses coups et lui porte un coup de pied au niveau des mains. Le sabre s'envole. Il fait un geste pour le rattraper mais c'est trop tard. Je rends les coups un par un. Un coup de poing dans les cotes, un coup de pied dans ses bijoux de famille et un uppercut. Il pare le coup de poing, gémit au coup de pied et par en arrière à l'uppercut. Je pourrais porter des coups toute la nuit mais ça ne servirait à rien. Il récupère presque aussi vite que moi. Je l'attrape par l'épaule et l'envoie valdinguer comme une vulgaire brindille. Apparemment il n'a pas eu le temps de se nourrir cette nuit, tout comme je l'espérais. Ce qui double mon avantage. Je récupère le sabre et avant même qu'il n'ait pu se relever je le surplombe de ma hauteur. Il lève les mains au niveau de sa tête en guise de protection. Geste instinctif mais oh combien inutile lorsque l'adversaire à un outil aussi tranchant qu'un sabre. Je ne lui demande pas s'il veut prononcer ses dernières paroles, je ne lui fais aucune réplique sanglante (et pourtant j'en avais trouvé de superbe pour cet instant fatidique !), je laisse mon bras s'abattre enfin et trancher sa tête ainsi que ses mains. Sa dépouille, comme celle des autres, finie en cendre. Aucun trophée à rapporter, dommage. Je regarde encore la baraque flamber. Les pompiers arrivent une heure après le départ de feu. En entendant les sirènes je repars au niveau de la bouche d'égout : endroit éloigné à partir duquel je peux tout voir sans être vu par le commun des mortels voulant maîtriser le feu. Trois heures après, le feu est maîtrisé, aucun blessé n'est retrouvé. Aucune dépouille non plus.

Je suis dans un sale état. Je repars vers l'hôtel sans empressement. Je passe devant la piscine municipale. Bonne idée ! J'entre dans la piscine par effraction me douche et en profite pour nager un peu. Je ne sens pas l'eau sur ma peau glacée. Mes muscles ne se fatiguent pas. Bref, je sors de l'eau en me demandant pourquoi j'y suis entré. Je me surprends à penser que j'aurais sans doute apprécié nager à Storybrooke. Je repasse au vestiaire. Je ne vais pas remettre mes vêtements plein de sang. Je passe derrière l'accueil et regarde dans les objets trouvés. Un T-shirt de Glee traîne là. Pas étonnant que personne ne l'ai réclamé. Je ressors sans le prendre et enfile un maillot piqué dans leur vitrine avec la serviette de bain avec le logo du club en plein milieu. Ce n'est pas comme si je compte me balader dans cette tenue. Juste le temps de m'arrêter dans une boutique de fringue. Je sors de la piscine et me dirige vers la boutique la plus proche. J'y déniche un jean, des bottines, des dessous, un t-shirt blanc et …une veste rouge ! Ouf sauvée ! Je repars à l'hôtel me demandant si Henri à survécu à Belle. Belle est super mais quand elle a faim … et bien elle a faim.