Régina saute à l'intérieur bousculant Belle au passage. Celle-ci ne bouge pas d'un pouce mais l'épaule de Régina n'est pas épargnée par l'impact. Folle d'inquiétude, elle continue sa course frénétique sans s'en apercevoir. Elle stoppe net en voyant Henri sur le lit. Leurs regards se croisent et ils restent muets pendant quelque seconde. Belle se retourne et ne sait pas si le spectacle doit la faire rire ou pleurer. Une mère vient de retrouver son fils et elle fait la statue plutôt que de le prendre dans ses bras. Régina retrouve ses esprits et fond sur le petit garçon pour l'entourer de ses bras.

Si Régina était arrivée quelques minutes avant ou quelques minutes après la tournure des évènements aurait pu être meilleure. Enfin… une autre personne vous dirait qu'elle est arrivée pile au bond moment. Cette personne se tient à quelque mètre de la porte lorsque Régina entre dans la chambre. Si Régina n'avait pas eu la tête ailleurs elle aurait remarqué l'accoutrement singulier de cette personne. Un militaire ? Il en a l'allure et pourtant, habiller de noir, portant des armes, un seul objectif le motive. Et s'est guidé par cet objectif qu'il saisit son revolver et se précipite devant la porte ouverte avant de faire feu sur ses occupants. A-t-il pensé à la femme qui vient d'y entrer ? Au garçon qui s'y trouve ? Bien sûr que non. Un de ses contacts l'a prévenu que la chambre avait été louée par deux vampires. Dans sa tête tout être s'y trouvant ne peut donc être d'une autre espèce que ces suceurs de sang. Le contact en question avait omis de signaler la présence d'un enfant jugeant l'information peu nécessaire. Après tout que pourrait faire deux vampires d'un enfant si ce n'est un dessert ?

Belle réagit à la première détonation mais étant la première cible de ce tireur chevronné elle s'écroule également lors de celle-ci. Régina se retourne et écarte les bras par réflexe afin de protéger son fils. Entre temps une seconde détonation se fait entendre. Régina n'a pas le temps de réfléchir. A court de solution elle fonce sur le tireur en restant en ligne de mire. Le tireur la vise toujours et … est projeté à terre puis mordu par Emma. Ses dernières pensées son pour son contact. Il avait dit deux vampires pas trois. Il avait pris Régina pour le second vampire et a signé sa propre mort de ce fait. Un gémissement alerte les deux survivantes. Régina se précipite sur Henri mortellement blessé. Le sang qui s'échappe de son cou est tellement…réel ! Elle pose ses mains sur la blessure comme si elle pouvait arrêter le saignement et fixe son regard dans celui de son fils.

- Ça va aller, ça va aller.

Elle essaie d'y croire. Peut-être le croit-elle alors que les yeux d'Henri deviennent vitreux et que son agonie se lit que trop bien sur son visage. Emma fait un pas dans la chambre.

- Je vous interdis d'approcher !

- Il va mourir.

Comment cette créature peut dire de telle chose d'un ton si calme, si posé. Elle a envie de lui crier dessus de la frapper de s'en servir de punching ball et de l'éclater. Comment ose-t-elle lui dire ça calmement alors que tout est de sa faute. Sans quitter le visage d'Henry du regard Régina lance :

- Allez au diable Swan !

Elle crie plus qu'elle ne parle. Ses larmes roulent sur ses joues devant l'inévitable. Un bruit de pas précipité se fait entendre. Emma regarde dans le couloir et hésite à se lancer à la poursuite du fuyard. Au lieu de ça elle décide de s'adresser de nouveau à la sorcière.

- Je peux le guérir. Mais il y aura une contrepartie.

Régina ne pense plus. Si elle avait pu réfléchir à ce moment précis elle se serait d'abord offusqué de cette démarche. Négocier une vie ? Jouer avec la vie de son enfant ? Puis elle se serait demandé quelle est la contrepartie pour au final accepter le marché. Car Henri, ce même Henri qui pensait le contraire, était pourtant tout pour elle. Elle saute donc son monologue et hoche la tête en signe d'approbation, ses lèvres se refusant de laisser passer le moindre son. Emma ne met même pas une seconde pour arriver auprès d'Henri, se mordre le poignet et présenter son sang aux lèvres du gamin lui intimant de boire. Henri est si faible qu'il se contente de réceptionner les premières gouttes tombant toutes seules dans son gosier. Au prix de ce qui lui semble l'effort ultime il avale. Puis, au fur à mesure que les gouttes de sang entre dans sa bouche il semble reprendre des couleurs et fini par sucer le poignet d'Emma. A la fin Emma est obligée de le repousser brutalement afin de récupérer son poignet.

Emma se tourne vers ce qui fut Belle. Un tas de cendre près de la porte. Elle ne peut réprimer un tremblement de fureur. Sa seule alliée… amie. Après deux siècles d'existence elle a tout perdu en une seule nuit.

Régina garde Henri dans les bras soulagé de voir la tournure des évènements. Elle s'attendait à voir Henri le vampire mais la vérité était encore mieux : son fils est en vie. Elle pensait que la contrepartie serait la vampirisation d'Henri mais puisque ce n'est pas le cas qu'est-ce que ça peut être ? La voix d'Emma la sort de ses pensées.

- Il faut partir d'ici.

- Henri n'est pas en état…

- Vous avez entendu ? Quelqu'un à tout vu. D'autres personnes vont débarquer d'un moment à l'autre.

Voyant que Régina n'est toujours pas décider à bouger Emma rajoute.

- Et je parie que ce sera sans doute ses petits copains.

Résignée, Régina se relève sans lâcher Henri.

- Vous êtes venue en voiture ?

- Oui.

- Alors allons-y.

Régina sort de la chambre suivit de près par Emma.

Arrivées à la voiture Régina dépose, avec toute la douceur du monde, Henri sur la banquette arrière et s'installe au volant. Emma ayant pris place côté passager. Régina semble hésitée avant de demander :

- Vous êtes sûre qu'il n'a pas besoin d'aller à l'hôpital ?

- Pour quel motif ? La blessure n'est même plus là.

- Il a tout de même perdu beaucoup de sang.

- Il a eu droit au remède miracle ne vous inquiétez pas pour lui il sera au meilleur de sa forme à son réveil.

Emma regarde intensément Régina.

- Quoi ?

- Je pensais que vous auriez pu le guérir.

- Et comment je vous prie ?

- Avec votre sorcellerie.

Régina est prise au dépourvue. Que dire à la vampire ? Que je n'ai plus aucun pouvoir ? Non, il faut mentir. Il faut qu'elle pense que je suis puissante comme ça elle n'osera peut être pas m'attaquer. C'est sans doute pour ça qu'on est d'ailleurs encore en vie.

- Je n'ai pas prévu d'emporter avec moi une potion de guérison.

- Votre fils est enlevé par un vampire et vous ne prévoyez pas une trousse premiers secours ?

Devant la moquerie de la blonde Régina ne dit rien. Autant ne pas s'enfoncer dans le mensonge sinon il devient ingérable. Elle se borne donc à allumer le contact et demander la direction à prendre.

- Pour commencer vous allez faire le plein de la voiture, il y a une station à deux rues d'ici.

- Il me reste de l'essence.

- Pas assez pour là où nous allons.

- Et où allons-nous ?

- Boston.

- Boston !?

- Je sais ça fait une trotte et le soleil se lève dans cinq heures alors ne regarde pas trop la vitesse autorisé et met le pied au plancher. Souviens-toi que je peux encore tuer le petit avant de cramer au soleil.

Sur ces belles paroles Régina exécute les ordres d'Emma et après avoir fait le plein prend la direction de Boston guidée par celle-ci.

Il est de mon sang, vais-je vraiment le méler à tout ça ? Je dois le mettre en sécurité. Storybrooke. C'est le seul endroit où il peut vivre tranquille. Que faire de la sorcière ? Elle serait un bon atout. A vrai dire c'est le seul qu'il me reste. Un atout risqué. Après transformation elle ne servira peut-être à rien alors qu'auprès d'Henri… Il ne semble pas l'apprécier mais elle réagit vraiment comme une mère envers lui. Il a besoin d'elle-même s'il ne veut pas se l'avouer.

Interrompant le fil de ses pensées avant que son cerveau n'explose Emma regarde la brune concertrée sur la route.

- Stop. Demi-tour. Direction Storybrooke.

Régina la regarde d'un air interrogateur mais ne réplique pas et s'exécute. A-t-elle peur qu'Emma change d'avis si elle ose prononcer une parole ? Sans doute.

A deux pas de la frontière de storybrooke Emma lui ordonne de s'arrêter.

- Sors de la voiture.

C'était trop beau. Comment à t-elle pu croire que la vampire la laisserai rentrer chez elle. Elle se retourne pour voir Henri sur la banquette arrière dormir paisiblement. Ne voyant pas quoi faire elle se résigne à obéir. Emma la regarde dans les yeux et elle soutient son regard.

- Tu ne m'as jamais rencontrée. Aujourd'hui était un jour comme un autre. Tu vas rentrer chez toi et dormir. Tu ne te souviendras pas d'avoir quitté Storybrooke ni de la disparition d'Henri.

Régina revient au volant alors qu'Emma prend Henri dans ses bras et le sors de la voiture. Régina démarre et entre dans Storybrooke.

Emma regarde l'endroit où la voiture à disparu s'attendant à la voir revenir. Mais apparemment elle avait bien deviné. L'hypnose fonctionne dans ce monde et n'est pas annulé dans l'autre sinon elle serait revenue pour le gamin.

Elle se retourne et se met à courir direction Boston. Avec sa vitesse elle met moins de temps qu'une voiture. Henri dors encore lorsqu'elle arrive à destination. Elle l'assoit sur un banc d'autobus et le réveille.

- Henri ? On est arrivé.

- Mmm.

Henri sort de sa léthargie et regarde autour de lui.

- Te souviens-tu de l'adresse de ta mère biologique ?

- Oui.

- Nous sommes à Boston. As-tu de l'argent ? Du moins assez pour un taxi ?

Le gamin regarde dans ses poches. Il avait effectivement prévu d'avoir un peu de monnaie. Emma lui tant quand même un billet de vingt dollars. Puis lui prend le menton et le relève afin que leurs regards se croisent.

- Tu ne m'a jamais vu. Tu as découvert que tu as été adopté et tu as fugué pour rencontrer ta mère biologique. Tu es venu ici par tes propres moyens à l'aide des transports en commun. Tu vas prendre un taxi et donner l'adresse de ta mère.

Une fois l'hypnose effectuée je suis partie. C'est en sortant de sa vie que je lui sauve la sienne.

Toutes les histoires commencent pas « il était une fois ». La votre. La mienne. Enfant, on rêve du « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfant. »… enfin peut-être pas les chinois… bien qu'en ce moment… Bref, chaque histoire à ses problèmes et peu m'intéressent. En fait, j'ai du mal à m'intéresser à ma propre histoire alors celle des autres vous pensez bien… Chacun est absorbé par sa petite vie. Le « je » et le « moi » sont utilisés à outrance de nos jours. Nous ne nous écoutons plus. Le but de chaque conversation est de la centrer sur soi-même. C'est lorsque j'ai pensais cela que j'en ai fait de même. Aujourd'hui j'en prends conscience et ça me rend triste. Je suis vampire mais les émotions existent en moi bien qu'elles soient archivées dans un coin obscur de mon cerveau. J'essai parfois d'être plus attentive à ceux qui m'entourent. Mais lorsqu'on a pris une mauvaise habitude il est dur de la lâcher. Et puis soyons honnêtes qui s'intéresse à celui qui écoute. Il devient invisible. Invisible… c'est le qualificatif qui servait le plus à me décrire lors de ma mortalité. Certains pensaient même que je n'existais pas en dehors de leur monologue. Que ma vie était trop insipide pour que je la partage. C'est peut être pour cela que le vampire qui m'a transformé pensait me faire une faveur. Après ma transformation on ma trouvé changé : je ne suis plus la femme timide, j'ai de l'assurance, je respire la joie de vivre. C'est ce que voient les gens en me regardant. En réalité je suis perdue. Je parle, je sors quelques vannes, vous êtes aux anges. Mais lorsque vient le moment des confidences vous vous attendez à ce que je vous écoute et vous conseille. Je ne veux pas le faire, parler avec du bétail ? M'en faire des amis ? Seule conséquence : un goût abject lors de mes repas. Tu me demande si ta nouvelle coiffure te vas bien ? « A ravir » sera ma réponse. Même si en réalité je la trouve atroce mais pourquoi te vexer ? Tu es contente, ton sang n'en est que meilleur. Je suis un vampire, ce qui ressemble à un robot, doté de bonne manière certes, mais sans attaches émotionnelles. Tout n'est qu'apparence. Certains pensent me connaître après avoir passé des décennies à mes côtés. Et pourtant, c'est aujourd'hui que je suis invisible. Ai-je perdu la foi en l'humanité ? L'ai-je déjà eu ? Sûrement, sinon je ne la regretterai pas. Parfois j'essai de la retrouver… comme ce soir. Peut-être que la vie de ces deux êtres n'est pas si insignifiante que ça. Puis je me sens comme un pécheur ayant relâché deux poissons dans une rivière qui n'en manque pas un geste inutile. Je remets donc mon masque et mon armure de pierre.

La nuit est calme ce soir… allons l'animer !

FIN


J'espère que cette fanfiction ne vous a pas trop déçue.