Merci pour votre soutien et j'espère que ce chapitre répondra à certaines questions !
Chapitre 3 : La maladie
~¤~21 décembre~¤~
Le jour suivant, pendant la sieste de Rachel, Tris décida d'aller chercher ses affaires chez Tobias. Ce qu'elle ignorait, c'est que ce dernier était rentré chez lui à l'instant même où elle prit sa descision.
Zeke avait accompagné Tobias jusqu'à sa maison pour l'aider à s'installer. En entrant, Tobias se sentit tout drôle, comme s'il lui manquait quelque chose mais il ne savait pas quoi. Pendant qu'il faisait le tour, Zeke était parti de son côté afin de récupérer toutes les photos sur les murs de Tobias et Tris pour qu'il ne devine pas la nature de leur relation. Il faut croire qu'il n'était pas assez rapide car Tobias l'interpella puis s'approcha de lui avec un cadre en main,
« Hey Zeke, pourquoi est-ce que j'ai cette photo dans le salon ? »
Il regarda l'objet et sourit. Il se souvient de ce moment. C'était la première sortie à la plage du groupe d'amis où Tobias et Tris était officiellement un couple. Tobias la portait dans ses bras pendant qu'elle riait. Encore heureux qu'il ne l'ait pas embrasser sur cette photo parce que ça aurait était dur à expliquer.
« Toi et Tris étaient très bons amis donc ça m'étonne pas trop. Elle passait beaucoup de temps ici. »
Tobias fixa la photo un moment. Tris et lui avaient l'air très heureux sur cette photo et il se demanda si ils n'avaient pas eu une histoire à un moment.
« On est sortis ensemble ?
-Pourquoi tu demandes ça ?
-Je sais pas...on a l'air proche et puis c'est juste une impression.
-Hum... tu lui demanderas toi-même, c'était assez compliqué entre vous. »
En fait, c'était très simple. Ils ont commencé à sortir ensemble trois semaines après leur rencontre et ils ne se sont jamais séparés en huit ans. Ils ont peut-être eu des breaks mais rien d'assez sérieux pour que leurs amis soient au courant.
Tobias lâcha l'affaire et alla dans la cuisine pour se faire à manger. Il discuta avec Zeke quand il entendit la porte d'entrée s'ouvrir. Il se leva et fût surpris de voir Tris et elle avait l'air toute aussi surprise que lui.
« Tu es déjà rentré ? s'étonna-t-elle.
-On m'a laissé partir plus tôt. Qu'est-ce que tu fais là ? Comment as-tu fait pour entrer ?
-Je venais juste récupérer quelques affaires que j'avais laissé ici avant l'accident...et tu m'avais donnée une clé. Je peux te la rendre si tu veux, dit-elle en lui montrant la-dite clé.
-Non, c'est bon, garde-là. Tu as besoin d'aide ?
- Ça ira, merci. »
Elle alla dans la chambre pour récupérer ses vêtements puis dans la salle de bain. Elle pensa aussi à récupérer leurs albums de souvenirs qui n'avaient sans doute plus aucune valeur pour lui. Tobias se demandait bien ce qu'elle avait comme affaires à récupérer pour prendre autant de temps mais elle sortit de la chambre quelques temps plus tard. Elle avait les yeux rougis et elle s'essuyait les yeux en ressortant. Même s'il ne se souvenait pas d'elle, il l'avait vue à l'hôpital et elle n'était pas si maigre. Il était inquiet même très inquiet pour la santé de la jeune femme. Il voyait bien qu'elle n'était pas mentalement stable.
Ils furent rejoints par Zeke qui se figea en la voyant. Il n'avait pas vu Tris depuis sa sortie de l'hôpital et il fallait être honnête, elle faisait peur. Il se rua presque sur elle. Elle lâcha son sac quand Zeke posa ses mains sur ses bras pour la regarder des pieds à la tête. Elle se sentait plus que mal à l'aise d'être observée comme ça, surtout avec Tobias à quelques mètres d'eux. Zeke l'examinait sous toutes les coutures, il prit une de ses mains dans les siennes pour tendre son bras et ainsi voir sa minceur. Puis il poussa ses cheveux pour voir son cou et ses épaules qui commencaient à laisser apparaître l'os.
« Putain..., souffla-t-il.
-Je vais bien, Zeke.
-Tu te fous de ma gueule ? Tu t'es vue dans un miroir récemment ? »
Elle voulait dire que oui mais elle réfléchit et la réponse était non. Elle savait qu'elle avait beaucoup maigri car elle voyait ses bras mais aussi parce qu'on lui a dit, mais elle n'a jamais cherché à vérifier devant un miroir.
Elle secoua la tête et celui suffit à Zeke pour la tirer vers le miroir dans l'entrée. Ses bras étaient plus maigres qu'en temps normal mais elle était habituée à ça, ses os étaient un peu plus visibles, mais là, toujours rien de choquant. Zeke se plaça alors derrière elle et sans prévénir, tira sur son t-shirt vers l'arrière pour que la face avant colle à la peau de son ventre et elle cessa de respirer un moment. Où était passé le peu de chair sur son ventre ? Elle pouvait voir ses côtes à travers le tissu.
Les larmes aux yeux, car il ne supportait pas de voir sa sœur comme ça, Zeke posa ses mains sur ses épaules par derrière.
« Tris, j'aimerais que tu soulèves ton t-shirt pour qu'on voit ton ventre. Tu le ferrais ? »
Elle le regarda avec peur puis regarda derrière eux où Tobias se tenait encore. Il avait l'air sous le choc.
Comment la femme qui avait l'air si forte à l'hôpital pouvait finir comme ça ? Quel événement avait bien pu la détruire ?
« Je peux sortir si tu préfères », ajouta Tobias.
Mais elle lui assura qu'il pouvait rester, même s'il n'avait aucun souvenir il l'avait déjà vu comme ça et même plus.
Les deux hommes essayaient de se préparer à ce qu'ils allaient voir mais comment pouvaient-ils ?
Elle prit une inspiration puis retira son t-shirt. Elle ferma les yeux quand le tissu tomba au sol. Elle tendit l'oreille pour écouter leur réaction mais c'était le silence total.
Zeke s'assit sur une chaise pour éviter de tomber par terre alors que Tobias s'était appuyé dans le cadre de la porte.
Elle ouvrit finalement les yeux et fût choquée de voir l'image de ce fantôme qui la regardait. Ses côtes étaient apparentes et ça n'avait rien d'attirant. Sa poitrine n'était pas plus petite, peut-être une raison du cancer.
Elle croisa de nouveau les regards horrifiés de Zeke et Tobias plus qu'embarassée. Elle ne voulait pas qu'ils la voient comme ça une seconde de plus, surtout Tobias. Elle remit son t-shirt avant de récupérer son sac et de partir.
En arrivant chez elle, elle était en larmes. Cette journée ne se finirait-elle donc jamais ? Quelques secondes, quelqu'un la prit dans ses bras par derrière. C'était Zeke.
« Laisse-nous t'aider...
- Pourquoi tu veux m'aider ? Je l'ai mérité tout ça ! Si seulement j'avais fait attention, rien ne serait arrivé ! s'énerva-t-elle.
- Comment tu peux penser ça ?
- Parce que c'est vrai...Tu ne peux pas le nier... »
Il l'emmena s'asseoir sur le canapé.
« Qu'est-ce qu'il te dérange ? À part, le sujet 'Tobias'.
- Eh bien, ma nièce a remarqué que je ne vais pas bien mais elle veut voir tonton Tobias. Je viens récupérer mes affaires en pensant qu'il ne serait pas là. Et... aujourd'hui, on aurait dû partir pour notre voyage... »
Il la berça alors qu'elle pleurait. Tout le monde savait qu'elle n'était pas bien mais personne n'arrivait vraiment à la faire parler. Elle essayait de rester forte mais elle devait craquer un jour. Tout le monde était étonné de voir qu'elle ait tenu si longtemps. Et pourtant, tout le monde ne voyait que la partie emmergée de l'iceberg.
Natalie et Cara sortirent de la cuisine en entendant la jeune femme pleurer. Tris s'écarta de Zeke en s'essuyant les yeux, elle devait tout avouer.
« Zeke, est-ce que tu peux dire à tout le monde de venir ce soir ? J'ai quelque chose à vous dire...
-Tobias aussi ?
-Oui. Si je veux qu'on soit au moins amis, il doit venir. »
Il lui promit qu'ils viendraient tous et partit. Cara resta un peu avec sa belle-soeur dans le salon pendant que Natalie retourna dans la cuisine. Andrew était partit récupérer Caleb à l'aéroport avec Rachel.
Son frère fût le premier à entrer dans l'appartement et se rua sur sa sœur pour la prendre dans ses bras. Il la fit tourner dans les airs mais la nausée la reprit rapidement. Elle se détacha de lui puis couru vers la salle de bain et vomit dans les toilettes. Cara lui prit les cheveux pendant que Natalie lui caressa le dos. Elle se releva avec leur soutien puis s'assit sur le bord de la baignoire.
Cara et Natalie eurent la même pensée en tête. Tris pouvait-elle être enceinte ? Malheureusement, elles ne pouvaient pas être plus loin de la vérité.
Quelques heures plus tard, tout les amis proches de Tris étaient là. Les enfants étaient dans la chambre de Tris pendant que les adultes discutaient. Tris prit une grande inspiration et se leva.
« Je sais que c'était rapide mais je suis contente de voir que vous êtes tous venus. Il y a deux semaines, j'ai découvert quelque chose qui va changer ma vie et indirectement, la votre aussi. Je ne sais pas si vous avez remarquez quelques symptômes ou pas mais... Je ne sais vraiment pas comment vous le dire... »
Elle jouait avec ses doigts, incapable de tous les regarder. Sa mère posa sa main sur les siennes pour la faire lever les yeux.
« Ma chérie, est-ce que tu es enceinte ? »
Tris la regarda en pleurant. Les réactions étaient multiples. Toutes les femmes étaient émues, les larmes aux yeux. Andrew était en colère, il voulait des petits-enfants de sa fille mais pas lorsque le père de ces enfants ne se souvenait de rien. Les hommes étaient sous le choc et certains lancaient des regards discrets vers Tobias qui avait l'air perdu. Pourquoi tout le monde avait l'air si touchés par une grossesse ? Ça devait être quelque chose de joyeux, non ?
Tris secoua la tête.
« Non, ce n'est pas ça, même si ça aurait préférable... Je vais arrêter de tourner autour du pot. J'ai un cancer ! »
Cette fois-çi, les réactions furent les mêmes. Tout le monde pleurait. Le premier sanglot entendu était celui de ma mère suivit par ceux toutes les femmes. Chaque homme prenait sa compagne dans les bras sauf Natalie et Andrew qui prirent leur fille dans les bras. Ils la lachèrent mais Andrew ne retira pas ses bras de sa femme, elle avait besoin de support.
Tris s'assit sur le canapé et retira sa perruque. Christina eu un hoquet de surprise comme tout les autres.
« Je commence la chimio la semaine prochaine pour pouvoir me faire opérer et enlever la tumeur... J'ai rasé mes cheveux un peu après l'avoir appris. Je ne voulais pas les perdre un par un donc j'ai tout coupé. »
Caleb se leva et enlaca sa sœur. Il posa une main sur son crâne chauve.
« C'est à ton tour, c'est ça ? », essaya-t-il de plaisanter.
Quand il avait 11 ans, un de ses amis avait mis du chewing gum dans ses cheveux et Natalie avait dû lui raser la tête car elle n'arrivait pas à enlever la matière collante.
Caleb se retourna vers Cara qui s'accrochait à lui. Tris remit sa perruque puis sourit.
« Le medecin est vraiment optimiste. C'est un stade II... Je ne vais pas mourir, rassura-t-elle.
-Est-ce qu'on a le droit de demander quel cancer ? demanda Marlene.
-Cancer du sein.
-Pourquoi avoir attendu si longtemps pour nous le dire ? intervint Uriah.
-Je n'arrivais pas à accepter la situation. Comment aurais-je pu vous en parler alors que pour moi ce n'était pas possible ? Je voulais vous le dire, plus d'une fois mais j'avais peur que vous me traitiez différement. Surtout après l'accident. »
Toutes ses amies se jettèrent sur elle pour l'enlacer tandis que les hommes les regardaient. Dans les bras de ses amies, Tris avait l'air heureuse pour la première fois depuis des jours.
Cependant, dans son coin, Tobias n'arrivait pas à accepter la nouvelle. Tout était presque trop pour lui. Cette femme si pleine de vie pouvait mourir. Il ne savait pas pourquoi cette pensée lui brisait le cœur. Tris avait été une amie proche pour lui et il se disait que c'était à cause de ça mais il ne pouvait s'empêcher de penser qu'il y avait plus à l'histoire.
Eric vit son ami en retrait et s'approcha de lui.
« Ça va ?
- C'est pas à moi qu'il faut demander ça...
- Je sais, je n'arrive pas à y croire. Elle était changée depuis l'accident mais pour rien au monde je me serais douté qu'elle puisse développer ça.
- Eric, pourquoi est-ce que l'accident l'a tellement bouleversée ?
-On te l'a dit, vous étiez des amis proches.
-Ah oui ? Pourquoi est-ce que j'ai cette impression que tu ne me dis pas tout.
- Parce que tu n'as pas besoin de tout savoir maintenant.
-Comment ça ?
- Imagine que je te raconte tout les petits détails de ton passé que je sais alors que pour toi c'est le vide complet. Tu ne me croirais pas et tu deviendrais vite fou à savoir si tout ça est vrai ou non. Je me trompe ?
-Non...mais c'est frustrant de ne rien me rappeler.
-Je comprends et quand tu seras prêt, on te dira tout. Promis.
-Merci beaucoup. »
Eric tapota l'épaule de Tobias deux fois avant de retourner chez sa meilleure amie. Il l'enlaça fermement. Tobias pensait qu'il se passait quelque chose entre eux mais quand il pensait ça, son estomac se tordait mais il ne comprenait pas pourquoi.
Tout le monde mourrait d'envie de poser des questions sur la maladie de Tris mais personne ne dit rien. Ils essayaient tous de lui changer les idées et Natalie qui observait sa fille sans cligner des yeux remarqua pour la première fois que sa fille n'avait pas ses vrais cheveux. Elle la voyait se frotter la tête ou parfois tirer sur ses cheveux pour les replacer. Elle se leva donc et se plaça derrière Tris. Elle retira la perruque et déposa un baiser sur le crane nu. Tris se retourna immédiatement en touchant sa tête.
« Tu n'as pas besoin de la porter si elle te gêne. On veut que tu sois à l'aise.
-Je ne pense pas être à l'aise sans, avoua la jeune femme.
- Je reviens. »
Natalie monta dans sa chambre pour fouiller dans sa commode. Elle trouva un foulard avec lequel Tris jouait beaucoup étant petite et le ramena au rez-de-chaussée. Elle le noua autour de la tête de sa fille qui lui sourit.
« Merci maman »
Elle embrassa à nouveau son front avant de retourner dans la cuisine pour qu'elle ne voit pas ses larmes. Les personnes qui étaient présentes étaient plus que touchées de l'interaction entre mère et fille. Il voyait le courage de la fille face à cette épreuve. Ils s'étaient tous dit que ça devait être extrêmement dur pour Tris surtout depuis que Tobias ne sera pas là pour la supporter en tant que petit ami.
Tris réajusta le foulard quand elle croisa le regard de Tobias. Il la regardait avec un petit sourire compatissant. Elle sentit son cœur couler dans sa poitrine quand elle pensait à la date du jour. Ils auraient dû être dans l'avion, non ils seraient déjà arrivés à Londres à l'heure qu'il est. Ils auraient été dans leur chambre d'hôtel spacieuse, allongés l'un contre l'autre sur un lit voire même prendre un bain relaxant ensemble. Mais non, elle était dans la maison de ses parents, prête à botter le cul à cette maladie pour enfin retrouver le calme et peut-être même avec le temps, recommencer une nouvelle vie. Elle savait que ça allait être très dur et qu'elle allait souffrir mais il le fallait. Elle souffrirait encore plus en essayant de s'attacher à lui.
Les choses se calmèrent progressivement et à un moment, ils furent interrompus par des pleurs d'enfant. Rachel sortit de la chambre en se frottant les yeux.
« Bébe pleure »
Shauna s'excusa pour aller calmer le nourisson qui devait avoir faim. Rachel s'avança dans la pièce mais au lieu d'aller chez ses parents, elle s'assit sur les genoux de sa tante. Elle plaça sa tête sur la poitrine de cette dernière.
« Tu veux que je vienne te bercer ? »
La petite fille hocha la tête en levant les yeux mais fronça des sourcils en voyant le foulard.
« C'est quoi ?
- Eh bien, le doctor m'a dit que je suis malade. Ce n'est pas grave, je te le promets. Mais cette maladie est bizarre, ça fait tomber tout les cheveux. »
Les yeux de l'enfants s'élargissèrent.
« C'est pas vrai !
- Si, regarde ! »
Tris présentait la maladie comme quelque chose de marrant dans l'esprit de la petite fille. Elle voulait qu'elle trouve ça drôle de perdre tout ses cheveux. Elle enleva le foulard pour que Rachel voit son crane.
« C'est bizarre, hein ? »
Rachel hocha la tête mais d'après son expression, Tris voyait qu'elle avait gagné. Sa nièce n'avait pas peur en la voyant, ce qui était son but premier.
« On peux aller voir tonton Tobias ? », demanda-t-elle de but en blanc.
Les sourcils de Tobias n'avaient jamais été aussi hauts auparavant. Il ne connaissait pas cette petite fille mais elle le connaissait. Ça ne pouvait pas être la fille de Tris car tout à l'heure, quand personne ne savait pour sa maladie, ils pensaient qu'elle était enceinte et vu les réactions de tout le monde ça aurait été la première fois. Puis il vit Caleb et sa femme et il était presque sûr qu'elle était leur fille donc la nièce de Tris.
Maintenant, la raison du pourquoi cette enfant voulait le voir restait un mystère. Tris et lui étaient proches donc elle le considérait peut-être comme un oncle. Peut-être considérait-elle tout les amis de Tris comme ses oncles et tantes ?
Tris leva les yeux vers lui pour savoir quoi faire. Elle ne voulait pas lui forcer la main mais le sourire qu'il lui rendit lui retira tout ses doutes.
« Pourquoi tu ne vas pas le voir seule ? », dit-elle en pointant Tobias.
Rachel tourna sa tête si vite que quelqu'un l'aurait probablement raté s'il avait cligné des yeux. Elle sauta des genoux de Tris pour courir vers Tobias.
« Oncle Tobias ! », cria-t-elle en sautant dans ses bras.
Il la rattrapa de justesse puis elle enroula ses bras autour de lui.
« Tu es là ! Tatie Tris a dit que tu pouvais pas venir et que tu devais dormir.
-Je vais mieux donc j'ai pu venir et je suis content d'être là. Tu es encore plus jolie que la dernière fois. »
Bien sûr, il ne se souvenait pas d'elle mais il ne mentirait pas en disant que c'était une très belle petite fille. Il adorait les enfants et il ne comprenait pas pourquoi à 26 il n'avait toujours pas d'enfants... Sûrement parce qu'il n'avait pas de copine.
« Tu vas aider tatie avec sa maladie ? demanda-t-elle.
- Bien sûr. Elle a besoin de tout les amis qu'elle a et je serais là pour elle. »
Rachel s'apprêtait à répliquer en rappelant à sa façon que Tris et Tobias n'étaient pas seulement amis mais Tris la coupa. Elle l'emmena dans la chambre pour la bercer en chantant une chanson qui avait comme des pouvoirs magiques sur l'enfant. Après seulement quelques notes, elle s'endormait. Tris se demandait même si Rachel avait entendu la berceuse en entier ne serait-ce qu'une fois. Mais cette fois, Rachel lui parla avant que Tris ne commence la chanson.
« Tonton il est bizarre !
-C'est à cause de l'accident. Tu sais, il a eu un coup sur la tête et a oublié beaucoup de choses, il faut être très gentille avec lui. Tu le seras ?
-Ben oui. Pourquoi il a pas fait de bisou ?
-Tu voulais qu'il te fasse un bisou ?
- Oui mais et toi ?
- Ne t'en fais pas pour moi, répondit-elle en lui caressant les cheveux. Tu veux que j'aille le chercher ? »
Elle hocha la tête et Tris se leva.
Tout les autres discutaient à voix basse pendant que Tris bordait sa nièce.
« Comment a-t-elle pu nous cacher ça ? s'indigna Christina.
-Mets-toi à sa place Chrisitina, tu crois que tu aurais réussi à en parler ?
-Je ne sais pas, à un moment je pense que oui.
-Et c'est ce qu'elle a fait. Elle a attendu un petit moment. »
Natalie jouait avec des mèches de la perruque alors qu'elle pleurait.
« Ça va aller, Natalie. Tris est une battante, assura son mari.
-Je sais mais c'est ma petite fille... »
Il embrassa son front puis la prit dans ses bras.
« Tobias ? »
Toutes les têtes se tournèrent vers la porte où Tris se trouvait.
« Tu peux venir une seconde ? »
Il se leva pour suivre la jeune femme dans la chambre.
« Rachel veut que tu lui dises bonne nuit si ça ne te dérange pas.
-Pas du tout. »
Il s'installa sur le bord du lit, Rachel souriait jusqu'aux oreilles.
« Quelqu'un m'a dit que tu voulais me voir !
- Oui ! Bisou ! »
Tobias rigola alors que Tris rougissait. Il embrassa la joue de la petite fille.
« Allez, tu dois dormir maintenant. Bonne nuit.
-Bonne nuit ! »
Elle se retourna dans le lit et se recroquevilla sur elle-même. Tobias replaça la couverture sur elle puis se leva et sortit avec Tris.
« Merci beaucoup. Elle ne se serait pas endormie sinon.
-Pas de soucis. »
Ils se regardèrent l'un l'autre sans faire attention à la distance entre eux qui n'était que de quelques centimètres. Le regard de Tris devia sur les lèvres de Tobias avant de retourner vers ses yeux. Elle mourrait d'envie de l'embrasser comme avant mais elle ne le ferrait pas. Tobias sentit cette envie mais ils étaient amis et il n'arrivait toujours pas à faire le tri dans sa tête.
Il fit un pas en arrière, Tris sortit de sa transe et fit de même.
« On ferrait mieux d'y aller...
-Oui... »
Ils retournèrent dans le salon où les discussions s'arretèrent quand ils entrèrent. En effet, tout le monde se demandaient si Tris finirait par lui dire la vérité sur eux mais ils sembleraient que non.
Tout le monde tentait de changer les idées de Tris pour qu'elle oublie sa maladie ne serait-ce qu'un seul soir. Ils riaient tous ensemble. Entendre son rire était quelque chose que ses parents avaient peur de ne pas entendre avant des mois mais leur fille était forte et c'est dans des moments comme ça qu'ils le voyaient.
Tout le monde était parti sauf Christina qui voulait rester avec Tris ce soir. Elle se voyait mal laisser sa meilleure amie seule après une telle annonce. Tris et elle se couchèrent dans le lit de la jeune femme, elles s'allongèrent face à face à discuter de tout et de rien.
« Comment ça va avec Will ?
-Très bien, il n'y a rien de nouveau, on a...
- Tu n'étais pas obligée de rester avec moi ce soir, la coupa-t-elle.
- Si. J'aurais dû voir que tu étais malade et que tu avais besoin de moi », dit Christina en retirant le foulard de la tête de Tris.
Tris retomba sur son dos et ferma les yeux.
« Personne ne l'a vu venir... même moi je ne l'ai pas vu venir, essaya-t-elle de plaisanter.
- Je sais. Mais maintenant, on est tous la pour toi. Ta famille. Tes amis. Et même Tobias.
- Il ne comprend pas la situation. Il ne se sent pas concerné et je ne veux pas que ça soit le cas.
-Pourquoi est-ce que tu l'exclus comme ça ?
- Parce que si je pense à lui et de ma responsabilité dans l'accident en plus de ma maladie, je vais craquer. Je ne peux pas supporter en plus le fait que je le forcerais à être avec moi. Il va se sentir obliger d'être avec moi surtout maintenant qu'il sait pour le cancer.
- S'il savait la vérité, il comprendrait et il essaierait de se souvenir. Tu dis le connaître mais je le connais aussi un minimum. Il déteste quand tu lui mens.
-Et si je meurs Christina ? C'est un cancer, tout peut arriver ! Je ne veux pas qu'il se souvienne de nous pour qu'il ait le cœur brisé après. »
Elle tourna la tête pour voir Christina qui pleurait. Entendre sa meilleure amie dire la vérité nue lui faisait horriblement mal. Elle venait de se souvenir que dans un futur proche, elle pourrait la perdre.
Tris prit son amie dans les bras en s'excusant d'avoir dit ça.
« Non, tu as raison. On ne sait pas ce qui peut arriver et c'est pour ça qu'on veut que tu sois heureuse. Même si on sait que tu vas survivre à ce cancer, on veut que ça soit facile pour toi. Et on sait que ça te tue de voir Tobias comme ça.
- Mais tu l'as dit, je vais survivre... »
Christina toucha le crâne de son amie en soupirant.
« Tu aurais pu attendre avant de te couper les cheveux, je t'aurais fait une coupe du tonnerre.
-Alors j'ai bien fait de tout enlever... mais tu peux toujours coiffer ma perruque.
-Tu pensais que j'avais besoin de ta permission pour ça ? Demain, je te fais un chignon.
-Merci Christina, répondit Tris les larmes aux yeux.
-Tombe pas dans le mélodramatique débile, Blondie. »
Tris rigola au surnom de sa meilleure amie. Elle ne l'avait pas appelé comme ça depuis le collège.
« Blondie ?
- Je te l'accorde, il n'y a pas de couleur maintenant mais quand cette maladie aura mis les voiles, tu seras de nouveau une belle blonde.
- J'ai tellement changé ? Je savais que le manque de cheveux pouvait faire beaucoup mais pas à ce point.
- Tu sais que je te taquine. Tu es toujours une femme magnifique. Tout le monde est d'accord avec moi et Tobias serait le premier à confirmer.
-Christina...
-Je l'ai observé aujourd'hui. Il te regardait souvent.
-Parce que je viens d'annoncer que j'ai un cancer, j'étais un peu le centre d'attention.
-Pense ce que tu veux mais un regard ne trompe pas. Il te regarde comme il te regardait avant. Ce n'est qu'une question de jours voire de semaines avant qu'il ne se souvienne de tout. J'en suis sûre. Et Will a parlé avec lui... D'après lui, il va commencer une sorte de thérapie pour essayer de retrouver ses souvenirs.
- C'est vrai ?
-Oui... il reviendra vers toi, j'en suis sûre.
-Merci Christina. »
Tris bailla à cet instant et Christina fit de même. Les deux amies rigolèrent avant de fermer les yeux. Tris s'endormit presque aussitôt mais Christina regarda son amie dormir. Elle ne savait pas quoi faire pour la rendre heureuse. Elle mourrait d'envie d'aller chez Tobias, l'asseoir sur une chaise pour tout lui dire mais elle savait que Tris ne lui pardonnerait pas. C'est d'ailleurs une des choses qui faisait que Tris était si appréciée par tout le monde. Elle ne voulait que le bonheur des autres et pensait que très rarement à elle. Elle ne voulait rien dire à Tobias pour qu'il puisse se sentir libre. Elle n'avait rien dit à propos de sa maladie pour ne pas inquiéter tout le monde. Elle était toujours souriante autour des autres alors que parfois elle n'avait envie que de fondre en larmes. Elle s'occupait de sa nièce et des enfants de ses amis comme si ils étaient les siens et n'acceptait rien en retour. Il y avait assez d'exemples pour en écrire un livre.
Tout le monde l'adorait alors apprendre qu'elle, parmi tant d'autres, avait un cancer était plus qu'un choc et avec l'accident, tout le monde ne comprenait pas pourquoi elle était punie.
Outre cette compassion, ils admiraient tous sa force. Elle gardait cette façade en public qui restait impassible, elle souriait mais ne laissait jamais apparaître ses vraies émotions. D'un côté, tout le monde voulait la voir craquer pour qu'elle n'ait plus à souffrir devant eux mais ils la connaissaient que trop bien. Jamais elle ne se laisserait aller comme ça. Et c'est ce qu'il leur faisait peur, qu'un jour elle ne fasse quelque chose de stupide sous la force du chagrin.
Comme toujours, n'hésitez pas à me donner votre avis !
La suite sera postée jeudi !
