Vous êtes des malades ! Et je vous aime 3 Sérieusement, je ne poste qu'un chapitre et j'ai déjà huit reviews, neuf favoris et neuf personnes qui me suivent.

Vous êtes barges, vous me foutez une pression monstre parce que j'ai peur de vous décevoir... Mais je vous adore. Je suis contente que ça vous plaise et j'espère que cette fic va continuer de vous plaire. Je ne m'attendais absolument pas à ça, pas à autant de reviews aussi vite et je suis hyper excitée en vous postant la suite... Voici donc le second chapitre de ma nouvelle fic qui sera postée tous les dimanches ! (Je sais que normalement le dimanche on se repose mais ça ne fait pas partie de ma religion et de toute façon, je vous aime trop pour considérer ça comme une corvée). Petit coucou aux filles de la SPPS qui ont fait leur RoYu week, les filles, vous avez encore du boulot pour envahir le fandom ! :p

Petite note : par rapport à Sorano, ceux qui suivent les scans... KYAAAAAAAAAAAAAAAA !

Et merci à Hudgi Ny qui fait la bêta !

Allez, petite réponse aux reviews, parce qu'ils l'attendent :

sunshine78 : D'un autre côté, c'était gros pour Sorano et Yukino ^^ Beaucoup de monde y a pensé dès le départ. Ah la mère... Je me suis éclatée avec elle XD Pour l'UA, ça fait très longtemps que je voulais en faire un... Maintenant c'est fait ! Ah une faute ? C'est possible ^^'

Taraimperatrice : merci ^^Je crois les doigts pour que ça fasse un bon truc ! Oh je pense que Rogue se rend compte de beaucoup de choses mais qu'il est un peu trop poli pour le dire.

Didie : coucou ! Merci c'est gentil ^^ Vu que je ne planifie jamais mes fics, je n'ai aucune idée du nombre de chapitres qu'elle fera en tout mais j'ai dépassé les 20 chapitres écrits depuis un moment... Je suis malade...

Bonne lecture !


Yukino était tranquillement en train de dormir quand la porte de sa chambre s'ouvrit à la volée. Elle ouvrit un œil, ronchon. Elle avait peu dormi, ayant passé une grande partie de sa soirée et de sa nuit à dévorer un nouveau livre, alors un réveil aussi brusque… Elle ronchonna avant de tirer simplement la couette sur sa tête. On tira d'un coup son épaisse couette. Elle se recroqueville, frissonnant face au léger écart de température terriblement inconfortable. Il y avait mieux comme réveil. Certaines femmes nobles réclamaient toujours une boisson chaude, de la musique douce, des mots tendres… Bien entendu, Yukino n'y avait pas le droit. D'abord parce qu'ils n'étaient pas assez riche malgré le mariage de sa sœur pour tout cela, ensuite parce qu'elle aimait être seule le matin pour se lever tranquillement et profiter du calme.

-Yukino !

Sorano ouvrit d'un coup les rideaux. La lumière du petit jour lui brûla les yeux. Elle se mit à gémir. Sa sœur était sans pitié et décidée à la tirer du lit. Elle se résigna et commença à ramper jusqu'à un bord de son matelas. Elle s'assit sur le bord du lit, bailla et commença à s'étirer. Elle se prit sa robe de chambre dans la figure.

Voyons, n'y avait-il pas une règle qui ordonnait qu'on ne réveillât point une demoiselle ou une dame de façon aussi abrupte ? Que nenni ? Misère… Elle n'avait même pas de légitime raison pour se plaindre. D'accord, Sorano aurait très certainement répondu qu'elle s'en fichait bien de la bienséance à la maison. Mais quand même, ça aurait été un soutien pour Yukino face à ce réveil plus que brutal !

-Mais qu'est-ce qui se…

-Oh je suis tellement heureuse pour toi ! Ça fait tellement longtemps que je rêvais que ça t'arrive ! Tu as mis du temps mais tu l'as bien fait ! Franchement, je suis bluffée. Comment as-tu fait ? Non pas que je sois jalouse, non je suis ta sœur et très heureuse en ménage. Je suis juste curieuse, personne n'a rien vu venir alors forcément… Enfin bref, tu devrais te dépêcher de t'habiller !

Et elle quitta la pièce. Yukino la regarda, emmitouflée dans sa robe de chambre. D'accord… Qu'est-ce qui se passait ? Etait-elle mal si réveillée pour n'avoir rien compris ? Ou sa sœur avait-elle déblatéré pendant tout ce temps sur quelque chose qu'elle ignorait sans s'en rendre compte ? Quoi qu'il en soit, maintenant qu'elle était levée, autant aller manger. Elle enfila ses pantoufles et quitta sa chambre pour la salle à manger. Pendant son chemin, elle croisa quelques servantes et eut l'impression étrange qu'il se préparait quelque chose. D'habitude quand elle passait près d'eux, les domestiques ne prenaient pas la peine de baisser d'un ton. Là, ils se taisaient et la regardaient passer comme une grande dame. Elle bailla. Tout cela était étrange. Ce fut encore plus étrange quand sa mère lui tomba dessus alors qu'elle allait rentrer dans la salle à manger.

-Te voilà toi ! Ne mange pas autant que d'habitude, tu vas grossir ! Et dépêche-toi, je veux que tu sois prête !

-Bonjour mère…

Heu… Oui ? Prête pour quoi ? Que se passait-il ? Pourquoi tout le monde agissait de manière aussi… inhabituelle ? Que s'était-il passé pendant la soirée et la nuit ? Qu'avait-elle raté ? Avait-on jeté un sort à sa famille ? Perdue dans ses pensées, elle pénétra dans la salle à manger. Midnight terminait son propre petit-déjeuner. Il était étonnant pour beaucoup de gens en ville qu'après son mariage, Sorano ne soit pas partie vivre dans sa propre maison avec son mari. Mais Yukino était trop heureuse de continuer de voir sa sœur qu'elle n'arrivait pas à voir le mal. Oh certes, ils vivaient un peu au crochet de leurs parents mais ils les emmenaient parfois diner dehors ou leurs réservaient des surprises. Enfin, Sorano le faisait, Midnight payait, comme dans beaucoup de couples.

-Bonjour Midnight.

-Bonjour Yukino.

Qu'elle l'appelle par son surnom au lieu de son vrai prénom ne le dérangeait pas, loin de là. Il préférait tellement son surnom que Yukino qui le connaissait depuis des années n'avait jamais entendu son véritable nom. Mieux encore, pendant leur mariage, elle n'avait rien pu suivre parce que deux vieilles derrière elle ne cessaient de jacasser.

La jeune fille s'installa à sa place habituelle. Il y avait une chose qu'elle regretterait quand sa sœur et son beau-frère seraient partis : les petits déjeuners au calme. Même s'ils ne passaient pas tout le repas ensembles, ils appréciaient, du moins Yukino appréciait, le tempérament de Midnight qui lui permettait de prendre son premier repas dans le calme. Aussi commença-t-elle à beurrer ses tartines.

-Et elle n'a rien à se mettre de convenable !

La voix de sa mère leur parvint de l'autre côté du couloir, passant à travers la porte. Yukino mit quelques instants à réaliser que l'on parlait de sa garde-robe et manqua d'en faire tomber sa tartine, ce qui aurait été un gâchis inavouable. Comment ? Mais que se passait-il ici enfin ?

-As-tu bien dormi ? demanda Midnight sans lever le nez de son journal, une tasse fumante à la main.

Normalement, on ne pouvait appeler par son prénom que ses frères et sœurs et sa famille, ainsi que son conjoint. Yukino n'aurait donc pas dû appeler Midnight par son prénom, ou Sting, ou Rogue. Mais certaines personnes avaient un caractère excentrique ou se moquaient bien des formalités. Les seigneurs dragons avaient tendance à outrepasser la politesse et appelaient les gens par leur prénom. Quant au tutoiement, il n'était réservé qu'aux intimes. Les gens que Yukino osait tutoyer se comptaient sur les doigts d'une main, une seule.

-Assez bien, je te remercie. Et toi ?

-Je devrais encore dormir.

Il lui adressa un bref regard. Elle préféra ne pas songer à ses cheveux qu'elle gardait courts comme ceux d'une enfant qui devaient être ébouriffés ou à la marque de l'oreiller sur sa joue. C'était d'ailleurs étonnant que sa mère ne l'ait pas relevé alors que d'habitude, c'était son rituel du matin en plus de sa remarque sur son appétit. Sans être grosse, Yukino avait des formes qui attiraient le regard des hommes et qui déplaisait aux femmes qui se privaient de nourriture pour être le plus mince possible. Heureusement pour elle, Midnight se moquait bien de son apparence.

-Et toi aussi. Toute la maison est en émoi depuis ce matin.

-Que se passe-t-il donc ?

Il s'interrompit au milieu d'une gorgée. Pour la première fois de sa vie, Yukino le vit incrédule. Il reposa sa tasse sur sa soucoupe alors que d'habitude, il la gardait toujours à la main et oublia un moment son journal. Qu'il oublie un instant son rituel du matin était choquant. Mais que se passait-il enfin ? Tout le monde devenait fou dans cette maison !

-Ainsi donc, toute la maison le sait, sauf toi. Peut-être même que la nouvelle se répand en ville…

Elle reposa sa tartine avant de s'étouffer avec ou de la faire tomber. Mais quelle nouvelle ? Qu'est-ce qui pouvait secouer la maison, voire la ville, à ce point ? Cela ne pouvait pas la concerner non, elle était certainement plus insignifiante que les servantes ! Y'aurait-il un mariage avec un seigneur dragon de prévu ? Oh la tête lui tournait ! Qui était l'heureuse élue ? Après tout, ce ne pouvait être qu'une femme, les femmes étaient très minoritaires chez les seigneurs dragons et très peu d'entre elles étaient en âge de se marier. D'ailleurs, que disait-on d'elles ? Des dames dragonnes ? C'était là une excellente question… Enfin bref, s'il y avait un mariage avec un seigneur dragon, ce ne pouvait être qu'une femme qui allait épouser l'un d'eux… A moins qu'un jeune noble ne vienne de se faire adopter par un dragon, ce qui serait une première…

-Que se passe-t-il exactement ?

-Et bien… Tu as reçu une invitation.

Dieu merci, elle avait eu la prudence de reposer sa tartine. Elle resta prudemment assise dans son siège, sentant que ses jambes allaient la lâcher. Sa mâchoire se mise à trembler tandis qu'elle bafouillait quelque chose. Puis elle se tut, prit une grande inspiration et se détendit. Une invitation. Oh certes, c'était la première fois qu'on l'invitait elle en personne mais ça n'avait rien d'extraordinaire. Midnight exagérait quand il disait que toute la ville devait déjà être au courant. On en parlerait, oui, mais pas tout de suite.

-Vraiment ?

-A la première heure même.

-Yukinoooooooooo !

Sorano entra dans la salle à manger comme une flèche. Elle sauta presque sur sa sœur. Décidément, cela devenait une habitude ! Yukino poussa discrètement son assiette et sa soucoupe avec sa tasse pour éviter de tout renverser avec sa maladresse habituelle. Midnight ne releva même pas cet élan d'affection et cette entrée à la sauvage.

-Bonjour mon ange.

-Bonjour Midnight ! Alors tu es prête ? Pas trop nerveuse ? Dépêche-toi de manger ! Maman veut que tu essayes certaines de mes anciennes robes. Elles sont un peu passées de mode pour certaines !

-Elle vient d'apprendre qu'elle a reçu une invitation.

-Quoi ? Oh zut ! J'avais oublié de te le dire ! Et pourquoi c'est toi qui le lui a dit ? Je voulais le faire !

-Mais tu ne lui avais rien dit ! Elle ne sait d'ailleurs toujours pas de qui elle a reçu l'invitation.

Oh merci ! Merci ! Enfin quelqu'un de censé ! Merci ! Oh ! Pour un peu elle aurait embrassé, sur la joue, son beau-frère ! Elle n'en pouvait plus que les gens courent dans tous les sens ce matin sans savoir pourquoi. Et visiblement, cette idée n'avait pas traversé l'esprit de sa sœur. Mais à peine eu-t-il fait ce commentaire que sa chère et douce et tendre attrapa le bras de sa sœur et la traina hors de la salle à manger. Yukino tendit la main vers la table qui s'éloignait petit à petit d'elle. Elle n'avait même pas pris une bouchée !

-Allez !

Elle la conduisit de force jusqu'au salon où une enveloppe attendait posée sur un plateau sur la table basse. On y avait soigneusement orthographié son nom à l'encre noire. Effectivement, c'était une enveloppe. Et alors ? Ce pouvait bien être une femme qui lui envoyait cette lettre. Elle retourna l'enveloppe pour briser la cire et se figea. Oh ! Elle venait de comprendre !

Tremblante, elle s'assit dans un siège avant que ses jambes de la lâchent. La cire était noire. Il n'y avait pas besoin de regarder le sceau. Personne n'utilisait de la cire noire. Sauf une famille. Rogue. Rogue lui avait envoyé une lettre. Quatre jours après l'avoir raccompagnée, il lui envoyait une lettre, cachetée. Le cœur de la jeune fille sentit son cœur battre plus vite, trop vite. Que pouvait-il bien lui dire ? De venir chercher sa lanterne ? Il l'avait prise sans la lui rendre pour ne pas éveiller les soupçons. Elle voyait mal comment il pourrait la lui rendre. En tout cas… Elle avait reçu une lettre. Ce n'était pas une invitation. En tout cas, elle voyait mal comment on avait pu croire que c'était une invitation…

-Alors ?

La porte du salon s'ouvrit d'un coup. Leur mère entra, l'air furibonde.

-Ah vous êtes là ! Qu'attends-tu ? Dépêche-toi ! Tu as des robes à essayer ! Allez ! Dépêche-toi !

Et elle la poussa dans le couloir. Yukino manqua de trébucher, resserra sa robe sur chambre sur elle, sa lettre précieusement tenue dans ses mains. Elle se hâta de regagner sa chambre. On avait vidé sa garde-robe pour les étaler un peu partout dans la chambre. Yukino ignora sa génitrice qui passait en revue ses quelques robes pour s'installer dans un fauteuil dont elle avait viré la robe. Elle regarda son nom noté sur le papier blanc puis retourna l'enveloppe. Elle regarda le sceau noir et le croissant décroissant de lune. Oui, c'était bien l'emblème de la famille de Rogue. Elle le rompit presque sans hésiter. Sa mère et Sorano étaient en train de débattre du mérite de chaque robe. Personne ne faisait attention à elle. Yukino sentit un délicieux frisson la secouer. C'était la première fois qu'elle ouvrait une enveloppe qui lui était destinée et qui ne venait pas de sa sœur. Elle attendit quelques instants avant d'en tirer la lettre. Un morceau de papier plié en deux tomba sur ses genoux tandis qu'elle regardait le carton. Elle jeta un coup d'œil à ce dernier. On l'invitait cordialement cet après-midi pour prendre le thé, on viendrait la chercher. C'était sobre, conforme aux règles de la bonne société.

Elle reposa le carton sur ses genoux. On ne faisait toujours pas attention à elle. Yukino attrapa le morceau de papier plié en deux et le déplia. Elle crut reconnaitre l'écriture par rapport à celle de l'enveloppe. Avec l'impression de faire quelque chose de très répréhensif, elle commença à lire.

Yukino,

Navré de n'avoir pu t'inviter plus tôt, certaines conventions ne voulaient pas attendre. Si tu venais j'en serais vraiment très heureux. Ce n'est pas très correct, je sais, mais je ne voulais pas devoir t'inviter avec un carton froid.

En espérant te voir cet après-midi, avec toute mon affection,

Rogue.

Elle rougit. Oh… Oh ! Il semblait pressé de la revoir… Est-ce que c'était correct ? Non, elle n'en n'était pas sûre. Mais s'il avait glissé un mot dedans comme ça, c'était entre eux ? Est-ce que c'était sans danger ? Rogue n'avait pas profité d'elle alors qu'ils étaient seuls mais… Ne tentait-il pas de lui faire baisser sa garde ? Elle l'ignorait. Elle aurait voulu en parler à Sorano mais impossible avec leur mère. D'ailleurs, elle eut juste le temps de dissimuler le mot derrière le fauteuil avant que sa sœur ne se précipite sur elle.

-S'en est assez ! Vient voir par toi-même ! A toi de choisir ta robe ! Quand es-tu invitée ?

Elle se retrouva extirpée de son fauteuil.

-Pour le thé… Aujourd'hui.

Il y eut un silence soulagé. C'était bel et bien une invitation. On n'avait pas mal pensé. Tout ce remue-ménage ne servait pas à rien. Roucoulante, Sorano se mit à valser seule dans toute la pièce, chantant que sa sœur avait une véritable invitation. Leur mère se précipita sur le carton. Elle l'examina sous tous les angles et passa sa main dessus pour voir si c'était gravé ou non. Oui, c'était gravé, comme la mode le voulait. La mode qui consistait à en mettre dans la vue autant que possible.

-C'est parfait. Cela nous laisse une partie de la journée pour trouver une robe et l'adapter.

Elle jeta un coup d'œil plein de réprimandes à sa cadette dont la poitrine était un peu moins généreuse que celle de sa sœur et un peu moins grande que sa sœur à son âge et qui n'avait jamais eu le moindre prétendant même le temps d'une soirée, sauf pour faire rire les autres. Qui est plus, elle continuait de garder ses cheveux assez courts, autour de son visage, comme une petite fille. Elle ne voulait plus de ces longs cheveux depuis qu'elle s'était retrouvée accrochée à des ronces sous une pluie torrentielle qui lui avait fallu d'être malade au point de frôler la mort. Peut-être d'ailleurs aurait-il mieux valut qu'elle meure cette fois-là, songea la jeune fille tandis que la porte claquait. Sa mère partait chercher une couturière parce que misère, elles en auraient besoin.

Non. Aujourd'hui, elle avait un rendez-vous important. Elle était invitée elle et non un membre de sa famille. On se moquerait peut-être d'elle mais elle ferait tout pour s'en sortir avec honneur et éviter de faire des bêtises. Elle tenait là sa chance, non pas de s'élever dans la société, il fallait être réaliste, de montrer qu'elle aussi pouvait vivre comme les autres, avoir des relations avec des gens en dehors de sa famille et être invitée sans honte. Aussi se laissa-t-elle entrainer par sa sœur vers le lit où on avait étalé plusieurs robes. Aucune ne lui plaisait. Elles avaient été choisies par leur mère et Yukino n'avait pas du tout les mêmes gouts Elle ne voulait ni de rose, ni de pêche ni de crème. Aucune de ces robes ne lui plaisait.

-Alors ? Qu'est-ce que tu vas mettre ?

Elle ne savait pas. Elle songea à Rogue, à sa gentillesse, son sourire et sa façon de la regarder, un peu à la dérobé, comme s'il savait qu'il n'avait pas le droit mais ne pouvait résister. Il ne s'était pas moqué de sa maladresse, allant même jusqu'à l'aider à éponger la tâche. Pour ça, pour lui, elle voulait bien faire un effort pour se faire belle même si elle trouvait que c'était une perte de temps.

-Je ne sais pas.

Elle alla regarder à la fenêtre, écartant un rideau léger pour mieux voir. Le soleil terminait de se lever. Le soleil était tellement contraire à Rogue. Rogue préférait rester en retrait, dans l'ombre de son meilleur ami Sting. Aimait-il le soleil et son lever qui colorait le ciel ou préférait-il le noir, intense, profond, un peu comme celui de la cire que sa famille utilisait ? Elle ne savait pas. Mais il avait l'air de préférer le sobre à l'éclatant. Un peu comme Yukino qui préférait le confort à l'esthétique. Avait-elle une robe comme cela ? Oui, bien sûr, toutes ses robes étaient sobres, trop sobres. Rien qui ne convenait. Rien qu'elle ne voulait porter pour cette sortie. Elle réfléchit un instant aux robes que sa sœur avait. Laquelle pouvait-elle prendre ? Oh… Oh !

Elle se retourna d'un coup vers sa sœur qui comparait le tissu de plusieurs robes, la faisait sursauter.

-Est-ce que peux t'emprunter une robe ?

-Ce n'est pas ce qui est prévu ? Laquelle veux-tu ?

Mais Yukino avait déjà filé à toute vitesse dans la chambre de sa sœur qui se trouvait un peu plus loin dans le couloir. C'était la pièce la plus près de la chambre de la cadette qui s'était retrouvée un peu mise à l'écart, à côté de la bibliothèque. La maison était tout en longueur, ce qui dépitait sa mère qui regrettait leur ancien domaine tellement grand que beaucoup de pièces ne servaient à rien. En fait, ce qui devait lui manquer c'était la grande pièce vide située au centre même du manoir qui aurait dû être la chambre de leur héritier mâle. A la place, ils avaient eu une fille belle, intelligente et gracieuse, raffinée même, qui avait fait un très beau mariage après s'être fait de très bons amis bien placés. Et il y avait eu cette fille qui avait pris la place du digne héritier. Cette fille, effacée, timide, maladroite, qui passait son temps à lire tout ce qui lui tombait sous la main, préférant la compagnie des livres à celle des gens. Cette fille pour qui on n'avait rien à donner, pas d'amour, pas de tendresse, pas même un peu de tolérance. Cette fille qui n'aurait pas dû être là.

Mais ça n'avait pas d'importance. Yukino avait été invitée par une personne tellement haut placée que ses parents n'avaient jamais osé faire plus que de timides invitations. C'était un clin d'œil de la vie, une petite vengeance, l'occasion de rappeler à tous qu'elle aussi elle existait. Aujourd'hui, elle sortait, seule. Enfin, on lui trouverait sans doute un chaperon mais elle espérait que cette personne ne pourrait que voir qu'elle savait se tenir en société, sans faire de bêtises. C'était cette pensée qui la poussait à courir dans le couloir, remontant sa chemise de nuit plus haut que la décence ne le tolérait mais elle voulait pouvoir courir vite. Elle ouvrit à la volée la porte de la chambre à coucher de sa sœur, réveillant son beau-frère qui faisait une de ses nombreuses siestes. Elle le réveilla en sursaut, s'excusa rapidement et se mit à fouiller dans les robes que Sorano mettait de côté en attendant de voir comment elle pouvait les reprendre. Elle était en train de chercher, tâtonnant à moitié dans l'obscurité de la pièce, quand sa sœur arriva enfin.

-Mais qu'est-ce que tu cherches Yukino ?

Elle finit par trouver ce qu'elle cherchait. Une robe d'une ancienne mode qui n'avait pas duré longtemps. Elle datait de l'été dernier et c'était un miracle qu'elle n'ait pas déjà était retaillée. Yukino la tira de son placard et la secoua un peu pour en chasser les plis.

-Cette robe-là. C'est cette robe là que je dois mettre.

C'était une robe blanche, toute simple, à moitié bustier, avec un semblant de manche sous les épaules. Un seul ruban d'un bleu sombre ornait la robe, ornant le haut de la robe ce qui soulignait très discrètement sa poitrine tout en tenant le vêtement en place. Ce n'était pas vraiment digne d'une invitation mais elle avait le sentiment que si elle devait prendre la peine d'endurer une séance d'essayage autant que ce soit pour celle-là. Il faudrait l'ajuster au niveau de la poitrine et des hanches ainsi que pour la longueur mais tant pis. Elle resterait debout sur un tabouret pendant des heures s'il le fallait. Pour une fois, elle imposerait quelque chose.

-Oh ! roucoula Sorano tandis que Midnight partait se chercher un autre endroit pour faire la sieste. C'est tellement drôle !

Et elle attrapa la robe et la plaqua contre sa sœur. Yukino se rendit compte avec stupeur que la longueur était juste, la faisant tomber parfaitement. En fait, elle semblait totalement à sa taille sur tous les points. Yukino leva la tête vers sa sœur, sans comprendre.

-Je voulais te l'offrir. Alors je l'ai retravaillée moi-même. Il va te falloir un châle ou quelque chose comme ça pour cacher tes épaules, maman va faire une crise cardiaque mais tant pis. C'est ma robe donc c'est moi qui te prépare et qui t'accompagne. Parce qu'il est hors de question que ma petite sœur adorée passe du temps seule avec un homme…

Sauf si elle devait se marier, ajouta-t-elle silencieusement derrière un sourire entendu. Sorano était vraiment douée pour les sous-entendus. Mais au moins, Yukino avait sa robe.


Dans la société victorienne, une jeune fille ne doit pas passer plus de cinq minutes avec un homme. Vous serez sans doute ravis d'apprendre que je n'ai absolument pas respecté cette règle... Et oui, la famille de Yukino est sous le choc de l'invitation ^^

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