J'espère vraiment que ce chapitre vous convient et qu'il ne va pas vous décevoir !

Chapitre 7 : Ensemble

~¤~23 janvier~¤~

Elle s'approcha d'eux et prit place à table à côté de sa mère et en face de Tobias. Elle pressa sa main contre son front en soupirant.

« Qui te l'a dit ?

-Je...

- Je vais vous laisser seuls. », intervint Natalie.

Elle sortit de la pièce laissant l'ancien couple autour de la table.

« Je suis tombé sur les photos que tu as stocké chez Eric. Je les ai obligés à tout me dire.

- Donc c'est Eric, c'est ça ?

- Tris, on s'en fiche de qui me l'a dit. L'important c'est que je le sache. Je veux savoir pourquoi toi tu ne m'as rien dit !

- Je suis certaine que ces commères t'ont mis au courant.

- Je veux que toi tu me le dises. Je veux te l'entendre dire. »

Elle se leva pour chercher la bouteille de lait dans le frigo. Elle sortit une tasse avant de la remplir. La tasse au micro-onde, elle se retourna vers lui.

« Je ne vois pas en quoi ça nous aiderait ! Maintenant que tu es au courant, tu dois te douter que c'est douloureux !

- S'il te plaît Tris...

- Qu'est-ce que tu veux savoir ? Oui on a été ensemble, oui on s'aimait, oui je t'aime toujours ! Mais à quoi ça sert ? Tu as tout oublié ! Je ne suis rien pour toi ! hurla-t-elle les larmes aux yeux.

- C'est faux. Tu comptes énormément pour moi.

- Pas besoin d'enjoliver tout ça. Tu as juste de la pitié pour moi. Tu ne me connais même plus. »

Il se leva pour se placer devant elle mais elle le repoussa.

« S'il te plaît Tobias, ne rend pas les choses plus difficiles qu'elles ne le sont déjà. »

Elle récupéra sa tasse de lait chaud, ajouta du cacao en poudre et s'assit à table. Tobias ne savait pas quoi dire. Il ne pouvait pas lui parler de ses sentiments car elle ne le croirait pas. Il s'assit en face d'elle et se pencha au dessus de la table.

« Alors aide-moi à te connaître, dis-moi tout sur toi, je veux savoir. »

Elle fut surprise de sa réponse et sans réfléchir, elle hocha la tête. Elle se leva et alla dans le salon, il la suivait sans qu'elle ne lui dise de le faire. Elle s'installa sur la canapé et il s'assit dans le fauteuil, en face d'elle. Elle ramena ses jambes sous elle et plaça une couverture sur ses jambes.

« Est-ce que tu te souviens de quelque chose ? Des petits éléments qui seraient apparus comme ça ?

- Oui, surtout en thérapie. Mais j'aimerais connaître l'histoire en entier, depuis le début.

- On était en terminale. On s'est rencontrés par des amis communs, j'étais dans la même classe que Shauna et une fois, elle m'a invitée à manger avec elle, son copain et un de ses amis. J'ai dit oui tout de suite et j'en ai profité pour emmener Christina et Will avec moi. Enfin bref, on était assis l'un en face de l'autre et on s'est tout de suite bien entendus. On discutait de tout et de rien, on était dans notre bulle jusqu'au moment où tout nous paraissait trop calme autour de nous. Tout nos amis nous regardaient. D'après Zeke, tu n'avais jamais dit autant de mots à la suite ni autant sourit en si peu de temps. On s'est échangés nos numéros et deux semaines plus tard, on a eu notre premier rendez-vous qui d'ailleurs a été une vraie catastrophe.

- Zeke m'en a parlé, il pleuvait c'est ça ?

- C'était carrément une tempête, on était trempés quand on est arrivés chez moi... Le temps a passé et huit ans plus tard, on était toujours ensemble.

- Pourquoi on ne s'est jamais mariés ? »

Tris baissa les yeux et fixa sa boisson.

« Je ne voulais que ça mais pas toi... D'abord, je croyais que tu ne m'aimais pas assez pour ça mais ensuite, j'ai compris que tu avais peur. Ce n'est que le jour de l'accident que j'ai su de quoi tu avais peur exactement. Tu pensais que j'allais t'abandonner devant l'autel.

- C'est stupide, dit-il avant qu'il ne puisse s'en empêcher.

- Je ne te le fais pas dire. Et avant que tu ne poses la question pour les enfants, je n'ai jamais su pourquoi tu étais réticent. »

Elle plaça la tasse sur la table basse puis remonta la couverture jusqu'à son menton. Elle continua l'histoire sans faire attention à son commentaire. Les larmes qui s'étaient accumulées sous ses paupières étaient libres de couler sur ses joues.

« Ensuite, il y a eu l'accident. On a passé une merveilleuse journée chez tes parents ce jour-là. En rentrant, on a parlé de l'avenir de notre couple. Toi et moi, on savait qu'un jour où l'autre on allait avoir un problème à propos de ça. Dans la voiture, tu-tu... tu as changé d'avis. Tu voulais te marier, tu voulais des enfants. Je ne sais pas ce qui t'a fait changer d'avis mais ça m'a touchée. J'étais sous le choc et j'ai arrêté de regarder la route. C'est toi qui a vu le cerf et qui m'a prévenue mais c'était trop tard. J'ai donné un coup de volant mais on a quand même fini dans un arbre. »

Elle renifla puis essuya ses joues.

« La dernière chose que tu m'as dite avant de fermer les yeux était ''Je t'aime''. »

Elle cacha son visage dans ses genoux en pleurant. Tobias ne savait pas quoi faire, ni quoi dire. Son cœur se brisait pour la jeune femme en face de lui. Il se leva et s'assit à côté d'elle. Il la réconforta comme il pouvait en passant un bras autour de ses épaules. Elle posa sa tête contre son épaule et ne s'arrêtait pas de pleurer. Elle détestait pleurer devant lui mais là, c'était trop. Elle ne pouvait pas s'en empêcher et ça lui faisait un bien fou.

Elle se pencha pour attraper sa tasse mais il le fit à sa place. En se penchant en avant, son ancien téléphone glissa de sa poche et se retrouva sur le sol. Il le ramassa et en le replaçant dans sa poche, elle le prit de ses mains.

« Je croyais que tu avais changé de téléphone ?

- Je ne me sépare jamais de celui-là. Il est plein de souvenirs mais je n'arrive pas à le dévérouiller. Je ne me souviens pas du code. »

Tris sourit puis appuya sur le bouton de vérrouillage. Elle sourit à la photo puis entra le code. Elle lui rendit son téléphone pour le laisser regarder à l'intérieur de ses dossiers mais il la fixa.

« Si tu savais mon code, pourquoi tu ne me l'as pas dit plus tôt ?

- Ça aurait été bizarre...

- Tu connais tellement de choses sur moi, souffla-t-il.

- S'il n'y avait que ça...Je sais que tu n'aimes pas dormir avec un t-shirt parce que tu as l'impression d'étouffer. Tu laisses toujours la porte de la salle de bain ouverte parce que tu es claustrophobe. Tu retires toujours les champignons des plats sauf quand on est chez mes parents. Tu détestes qu'on te voit avec tes lunettes sur le nez parce qu'on se moquait de toi au collège et tu as toujours été très sensible à ce sujet. Tu as toujours voulu un chat mais tu es allergique et tu détestes les chiens parce que tu t'es fait mordre quand tu avais sept ans. D'ailleurs, tu as une cicatrice ici. »

Elle toucha son genou gauche où il avait la cicatrice des 15 points de sutures qu'il avait reçu. Elle traçait la marque qu'elle connaissait par cœur à travers le pantalon. Tobias posa sa main sur la sienne mais elle évitait son regard. Elle retira sa main et se leva.

« Je te laisse fouiller un peu dans ton téléphone. »

Elle alla dans la cuine pour chercher la boîte de photos mais Tobias abandonna son téléphone sur la table basse et la suivait. Elle tenta de prendre la boîte mais ses muscles l'en empêchaient, elle essayait mais c'était trop lourd pour elle. Elle était épuisée physiquement et mentalement. Elle savait qu'elle avait atteint son point de rupture.

Elle était en colère contre elle-même, elle n'était même plus capable de soulever ça.

« Attends, je m'en occupe », dit-il derrière elle.

Lorsqu'elle se retourna, elle se rendit compte qu'il était plus proche qu'elle ne pensait. Son souffle se bloqua dans sa gorge quand elle sentit une main se glisser contre sa hanche. Elle croisa le regard du propriétaire de la main qui la regarder intensément. Elle se perdait dans ses yeux à chaque fois qu'il la regardait, son corps brûlait de l'intérieur dès qu'il la touchait.

Son cœur la suppliait de s'éloigner pour arrêter de souffrir mais son cerveau était inactif, comme si toutes les liaisons nerveuses avaient grillé.

La deuxième main de Tobias attrapa sa taille pour qu'elle soit face à lui. Son visage s'approcha du sien et avant qu'elle ne réagisse, sa bouche était sur la sienne.

Elle était sous le choc et ne répondit pas au baiser mais Tobias n'abandonna pas. Il prit avantage de la faiblesse musculaire de Tris pour la serrer contre lui.

Après un petit moment, elle posa ses mains sur ses joues et l'embrassa. Elle respirait à nouveau après ces mois d'oppression. La boîte étant oubliée, elle se perdit dans l'etreinte de Tobias. Il la tenait fermement contre son torse, elle sentait ses pectoraux à travers son pull. Cet homme lui faisait perdre la tête, même après autant d'années.

Tobias sentait des frissonnements dans tout son corps, rien à voir avec le piètre baiser avec Nita. Celui-çi lui donnait envie de plus, il avait besoin de plus. Il glissa sa langue sur les lèvres de la petite blonde. Malheureusement, ce simple geste l'a fit revenir à la raison. Elle s'écarta en retirant les mains de Tobias de sa taille.

« Qu'est-ce que c'était ?

- Ça me paraissait plutôt clair... »

Elle s'écarta de lui jusqu'à ce qu'elle toucha le plan de travail avec son dos. Elle ne comprenait pas pourquoi ça venait de se passer. Pourquoi Tobias l'avait-il embrassée ?

« Ecoute Tris, ces deux derniers mois je sentais qu'il me manquait quelque chose et maintenant que je sais pour nous deux, je crois comprendre ce que c'est. Et tu dois m'aider pour en être sûr...

- Ça n'explique rien. »

Il s'avança mais laissa une distance raisonnable entre eux car il ne voulait pas dépasser les limites.

« Quand tu ne m'as jamais appelé ou répondu, j'ai senti que quelque chose n'allait pas mais la seule à laquelle je pouvais penser était que tu me manquais. Tu me manques toujours. »

Elle ferma les yeux alors qu'une larme coula sur sa joue. Elle lâcha le souffle qu'elle gardait opprimé dans sa poitrine.

« Tu... tu n'as pas le droit de dire ça... »

Il s'approcha encore plus jusqu'à ce que seulement quelques centimètres ne les séparent. Elle le regardait avec des yeux rougis et sa lèvre inférieure emprisonnée entre ses dents. Il caressa la larme sur sa joue pour l'effacer.

« Je t'aimais Tris, j'en suis certain... Je pourrais très bien retomber amoureux de toi... je crois que c'est déjà le cas.

- Il ne faut pas... tu vas souffrir à cause de moi... »

Elle était à deux doigts de s'éffondrer. Tout devenait trop. Tout ses efforts pour le garder à l'écart n'avait servi à rien et à présent, elle était épuisée. Elle le voulait près d'elle dans cette épreuve, elle savait que si l'accident n'avait pas eu lieu, Tobias aurait été là pour elle depuis le début. Et c'est ce qu'il lui demandait maintenant, de le laisser l'aider.

Natalie avait écouté leur conversation à travers la porte. Elle savait que la conversation était privée mais elle s'inquiétait pour sa fille qui était de plus en plus fragile ces derniers temps. Et heureusement qu'elle écoutait car elle devait intervenir.

Elle ouvrit la porte pour voir sa fille et Tobias séparés de seulement quelques centimètres. Tobias avait tourné la tête vers la porte mais Tris continuait de le regarder, encore dans son propre monde.

« Ma puce, tu devrais te reposer. »

Elle n'eût aucune réponse de l'intéressée et s'avança. Elle passa un bras autour de ses épaules pour la forcer à bouger mais aucun pied ne bougea. Lorsque Tobias regarda à nouveau dans ses yeux, elle sentit ses jambes lâcher et tout devint noir.

Tobias la rattrapa de justesse, avant qu'elle ne cogne sa tête contre le coin du meuble derrière elle. Il la replaça dans ses bras pour la porter.

« Suis-moi », lui dit Natalie.

Elle l'emmena vers ce qui semblait être la chambre de la jeune femme. Quand il entra, la pièce lui était très familière. Il se souvenait de cet endroit. Il aurait sourit s'il n'avait pas la jeune femme inconsciente dans ses bras.

Il la déposa dans son lit alors que Natalie la borda. Elle embrassa sa joue puis murmura quelque chose que Tobias n'entendit pas.

Il sortit après Natalie et jetta un dernier coup d'œil vers la jeune femme avant de fermer la porte. Ils descendirent tout les deux les escaliers puis il marcha vers la porte.

« Laisse-lui du temps Tobias. »

Il se retourna, la main sur la poignée.

« Tout ça est trop soudain pour elle.

- Pourquoi ne pense-t-elle jamais à elle ? Elle n'arrêtait pas de dire qu'elle ne voulait pas que je souffre.

- Elle est comme ça. Tu pensais vraiment ce que tu as dit tout à l'heure ?

- Bien sûr.

- Alors tu arriveras à lui faire comprendre. Aide-la.

- Je ferrai de mon mieux. »

Elle le prit dans ses bras.

« Je suis heureuse que tu ai quelques souvenirs, tu nous avais manqués dans la famille. »

Il sourit, prit la boîte contenant les photos puis sortit de la maison pour retourner dans la sienne.

Natalie était retournée au chevet de sa fille. Elle caressait sa joue en la regardant. À un moment, la porte grinça en laissant apparaître Andrew.

« Je te cherchais...

- Quelqu'un doit la surveiller.

- Elle ne fait que dormir. Viens, laisse-la se reposer.

- Elle s'est évanouie, annonça Natalie.

- Quoi ? Est-ce qu'elle va bien ? Est-ce qu'elle s'est cognée quelque part ? Comment l'as-tu ramenée ici ?

- Tobias était là...

- Qu'est-ce qu'il faisait là, ce petit salopard...

- Calme-toi Andrew, le coupa-t-elle. Il n'y est pour rien dans ce qu'il s'est passé.

- Qu'est-ce qu'il voulait ?

- Bea. Il est au courant de tout.

- Il pense qu'il peut revenir comme ça, comme si de rien n'était. Dit-il sèchement alors qu'il caressa doucement la joue de sa fille.

- Ta fille est malheureuse sans lui et que tu le veuilles ou non, on se doutait tous qu'il allait tomber amoureux d'elle. Pourquoi réagis-tu comme ça ? Je pensais que tu aimais bien Tobias.

- C'était le cas avant qu'il ne lui brise le cœur.

- Tout ira mieux maintenant, ça va s'arranger, assura-t-elle.

- Je l'espère... »

Ils ne quittèrent pas la chambre de l'après-midi. Ils voulaient s'assurer qu'elle allait bien et ne furent rassurés que lorsqu'elle se réveilla vers 18 heures. Andrew laissa les deux femmes les plus importantes de sa vie seules. Tris était perdue et avait demandé de l'aide à sa mère. Sa seule réponse fût,

« Moi, je ne peux pas t'aider. Tu dois faire ce qui te semble juste et si tu ne sais pas... suis ce que te dis ton cœur. »

Natalie savait exactement ce que ces mots allaient provoqués chez sa fille.


La bouteille de bière de 33 cl avait déjà été vidée dans un verre et posée sur la table basse du salon. Le match de basket allait commencer quelques minutes plus tard mais il savait déjà qu'il n'allait pas en suivre une seule seconde. Le jeune homme attendait que le minuteur ne sonne pour sortir sa pizza du four. Lorsque ce fût le cas, il la plaça sur une assiette puis s'installa sur le canapé. Il ne faisait pas attention à ce qu'il mangeait pendant qu'il regardait photo après photo de sa vie commune avec Tris. Ces simples photos l'aidait à connaître Tris. Les photos étaient la fin de ces fameux films où il ne connaissait pas le dénouement. Il comprenait maintenant, tout était clair dans son esprit.

Les bouteilles de bières s'accumulaient sur la table basse mais il ne s'embêta pas à les compter. Son esprit était encore clair.

À la mi-temps, les Chicago Bulls perdaient de quelques points face aux New York Knicks. En temps normal, il aurait été absorbé par le jeu en espérant que son équipe allait se reprendre par la suite. Mais en ce moment, il s'en fichait. Il souffrait pour une toute autre raison.

Il sursauta quand il entendit la sonnette. Il ne s'attendait pas à recevoir de la visite à cette heure çi. Ça devait sûrement être Zeke qui venait voir le match. Il essuya alors une larme de sa joue et s'avança vers la porte.

Il ne s'attendait vraiment pas à voir Tris de l'autre côté de la porte. Elle lui offrait un léger sourire mais elle fût alarmée par l'état de l'homme en face d'elle.

« Est-ce que je te dérange ?

- Non, pas du tout ! Entre ! »

Elle ferma la porte derrière elle puis retira sa veste et son bonnet. Tobias tentait de ranger un peu mais Tris vit les photos étalées sur le canapé, elle vit les restes de pizza et elle vit les bouteilles.

« Comment tu vas ? Tu ne veux pas t'asseoir ? Tu dois être épuisée.

- Je vais bien Tobias.

- S'il te plaît, je me sentirais mieux. »

Elle n'insista pas et fit ce qu'il dit.

« Ma mère m'a dit que tu avais quelque chose à me dire.

- Tu es venue pour ça ? Dis-moi que tu n'es pas venue seule. Commença-t-il à paniquer.

- Ma mère m'a déposée, calme-toi !... Je ne t'ai jamais vu comme ça Tobias, qu'est-ce qu'il se passe ?

- J'ai un peu bu...

- Ça n'explique pas tout !

- Je regardais quelques photos, ça m'a un peu remué. »

Elle prit une photo à côté d'elle. Elle avait été prise pendant l'anniversaire de Tobias deux ou trois ans plus tôt. Elle apportait son gâteau alors que tout les autres chantaient la fameuse chanson. Elle sourit au souvenir.

« Je n'avais pas eu de meilleur cadeau. »

Elle tourna la tête vers lui.

« Tu te souviens de ça ?

- Beaucoup de choses sont revenues.

- Alors tu sais que ce n'est pas si exceptionnel que ça. »

Il s'assit à côté d'elle et glissa sa main dans sa nuque où se trouvait le tatouage qui représentait un oiseau avec la lettre T sur une des ailes. Elle frissonna au toucher, avant ses cheveux cachaient le tatouage mais il était desormais visible par tous.

Tris ne pouvait s'empêcher de le toucher à son tour. Elle posa ses mains sur ses joues. Les yeux d'un bleu profond était rougis mais elle se perdait encore dans cette océan. Il s'approcha mais lorsque son souffle se retrouva sur son visage, elle posa ses doigts sur ses lèvres.

« Laisse-moi t'aider Tris, murmura-t-il.

- Et si je te dis que je ne veux pas de ton aide ? tenta-t-elle.

- Je ne te croirais pas. »

Elle mordit sa lèvre en essayant de garder les larmes dans ses yeux mais il approcha son visage pour l'embrasser.

Tris était fatiguée de se battre contre lui. Elle n'arrivait plus à le repousser. Elle ne voulait plus le repousser.

Elle laissa tomber sa main et il ne perdit aucune seconde pour l'embrasser. Tobias enroula un bras autour d'elle et avec son autre main sur sa nuque, il faisait en sorte qu'elle ne s'échappe pas cette fois. Mais Tris n'en avait aucune envie. Elle glissa vers lui et s'installa à califourchon sur ses cuisses pour être plus proche de lui. Elle tenait sa tête fermement dans la sienne alors qu'il approfondissait leur baiser. Il glissa la main qui était dans sa nuque vers ses cheveux mais il bougea la perruque.

Tris s'écarta immédiatement et tenta de la replacer. Elle n'osait pas croiser son regard car elle avait peur de voir une forme de dégoût dans ses yeux. Elle fût surprise lorsqu'il leva son menton. Il n'y avait aucune trace de dégoût, elle n'y voyait que de l'amour et de l'admiration.

Tobias retira la perruque, exposant ainsi le crâne nu de la jeune femme.

« Tobias, rends-la moi s'il te plaît.

- Hors de question ! Tu es magnifique comme ça. »

Tris se sentait rougir face à ces mots et au ton qu'il avait employé.

« Tu te souviens vraiment de tout ?

- Presque tout. Le détail n'est que superflu. Et s'il me manque quelque chose, tu seras toujours là pour compléter mes souvenirs et en créer des nouveaux dont je me souviendrais. »

Une autre larme s'échappa. Une larme que le jeune homme s'empressa d'effacer. Il ne supportait pas de voir cet ange pleurer.

Elle déposa un baiser chaste sur ses lèvres puis s'accrocha à lui en cachant son visage dans son cou. Son odeur a toujours été un calmant naturel pour elle. Elle prennait de grandes inspirations jusqu'à ce que son rythme cardiaque ralentisse mais c'était impossible quand il était si proche.

« J'ai besoin que tu sois hônnete avec moi, Tobias. Tu as dit que tu m'aimes, est-ce que c'est vrai ?

- Bien sûr, répondit-il immédiatement.

- Je n'ai pas été assez claire. Est-ce que tu es amoureux de moi ou est-ce que tu crois m'aimer à cause de tout ce que tu sais ?

- Je n'ai pas été assez clair non plus. C'est vrai qu'ils m'ont tout dit mais il y a des choses que je savais déjà. Je me souvenais du moment où je te tenais la main, je me souvenais de tes baisers dans mon cou quand on regardait un film qui t'effrayait, je me souvenais de la douceur de ta peau quand on passait des journées à rester allongés dans notre chambre. Je savais déjà que je t'aimais, et ça, avant qu'ils ne crachent le morceau. Maintenant, je veux revoir ton sourire quand je te dis que je t'aime car malheureusement, certaines choses sont encore flous. Tout ça pour te dire que tout ça est bien réel et que si tu veux bien, j'aimerais reprendre ce qu'on a laissé derrière nous.

- Tu es sûr de toi ? Ma maladie ne doit pas être prise à la légère.

- Et tu as besoin de moi. Alors, Béatrice Prior, veux-tu être ma petite amie ? »

Tris laissa un sanglot lui échapper et Tobias la serra contre lui en frottant son dos. Il la laissa pleurer sur son épaule sans prononcer un mot.

À un moment, elle releva la tête pour le regarder et avec ses doigts, traça chaque contour de son visage. Elle se rendait compte qu'elle était à nouveau complète, ce visage sous ses doigts lui avait manqué.

Elle ne s'était pas rendue compte qu'elle faisait ça depuis plus de 10 minutes maintenant. Tobias ne disait rien car il appréciait chaque parcelle de son visage qu'il dévorait du regard mais aussi chaque courbe de son corps qu'il redécouvrait avec ses mains. Elle avait repris du poids depuis la dernière fois qu'il l'avait vue et ça suffisait pour le rassurer sur la santé de la jeune femme.

Elle jouait avec ses cheveux et chantonnait les quelques notes qu'il avait joué au piano il y a quelques mois sans s'en rendre compte. Il l'écoutait sans rien dire, simplement satisfait de l'avoir dans ses bras.

Soudainement, elle fondit sur ses lèvres, le surprenant par la même occasion. Elle le surprit encore plus en glissant ses mains sous son t-shirt. Il s'écarta en prenant ses mains dans les siennes.

« Tris ?

- Pardon... j'avais juste besoin de... pardon... »

Il releva son menton pour qu'elle le regarde. Elle avait les joues en feu mais il souriait.

« Il n'y a aucun soucis avec ça... tu m'as surpris. C'est tout ! »

Elle rendit son sourire et avec l'aide de Tobias, il enlevèrent le vêtement. Tobias sentait ses muscles se contracter sous les caresses de sa petite-amie. Ils s'embrassèrent passionnément comme s'ils voulaient rattraper le temps perdu.

Mais leur moment fut interrompu par le bruit d'une voiture qui se gara dans la rue puis par la porte d'entrée qui s'ouvrit d'un coup.

« Hey Tobias ? C'est Zeke ! Je voulais voir comment tu allais avec tout ce qu'il s'est passé chez ... Oh ! »

Le couple tourna la tête vers l'origine de la voix. Zeke était figé dans l'ouverture de la porte, ses yeux passaient de l'un à l'autre avant qu'un énorme sourire ne grandisse sur son visage.

« Je vous dérange ? »

Tris dit 'non' alors que Tobias dit 'oui'.

« Oui, tu nous déranges, reprit Tobias. Est-ce que je peux avoir un peu d'intimité avec ma copine ? »

Tris n'avait pas le temps de réagir avant que Zeke ne lâche un cri perçant en étant à la limite de sautiller sur place comme une petite fille.

« Je savais que vous alliez vous remettre ensemble. Et c'est grâce à moi seul ! », se vanta-t-il.

Mais il arrêta immédiatement de sourire et de bomber le torse quand il croisa le regard de Tris. Elle le fusillait du regard et se leva. Zeke se sentait tout petit face à elle alors qu'il avait presque une tête de plus.

« Je croyais avoir été claire, Zeke ! menaça-t-elle.

- Oh... tu sais, j'étais pas si seul que ça... C'est même pas grâce à moi. J'étais pas là... c'est jamais ma faute ! »

Tobias souriait à la scène devant lui. Zeke était terrorrisé. Il savait que Tris pouvait se venger et que ça pouvait très mal finir pour lui. Chaque pas que Tris faisait vers sa proie, il reculait un peu plus.

« Je suis désolée, Tris. Mais on était un peu obligés ! S'il te plaît, j'ai un fils qui a besoin de moi ! »

La jeune femme secoua la tête en souriant alors que Zeke était debout contre le mur avec les yeux fermés. Quand elle ne répondit pas, il les ouvrit doucement. Son meilleur ami avait les bras autour d'elle et ils riaient ensemble.

« Tu plaisantais, c'est ça ? »

En effet, il arrivait que Tris utilisait son 'pouvoir' pour simplement intimider les autres. Les 'autres' étant principalement Zeke et Uriah avec qui cette technique marchait tout le temps.

« Tu me faisais marcher ?

- Et tu as couru, répliqua Tobias.

- Tu ne sais pas de quoi elle est capable ! se défendit Zeke.

- Tu parles du moment i ans où tu lui avais dit qu'elle avait grossi et qu'elle s'est vengée en te faisant croire que Shauna était enceinte ?

- Tu te souviens de ça ?

- Que veux-tu que je te dise ? Ma mémoire s'améliore !

- Alors tu sais pourquoi je me méfie d'elle !

- Et tu l'as cherché. J'avais mes raisons pour lui cacher ça. J'avais besoin de temps pour moi pour mettre de l'ordre dans ma vie. J'allais lui dire un jour ou l'autre, je n'aurais pas pu lui cacher ça toute sa vie !

- Tu me l'aurais dit ? intervint Tobias.

- Comment est-ce qu'on t'aurait expliqué le passé sans parler des huit années qu'on a passées ensemble ?

- Je t'aime ! », murmura-t-il en embrassant sa compagne.

Zeke souriait au couple devant lui car même s'il appréhendait toujours la réaction de Tris, il était plus qu'heureux de les voir réunis. Il en avait marre de voir Tris broyer du noir alors que Tobias déprimait dans son coin à cause de sa perte de mémoire. Il savait qu'à partir d'aujourd'hui, tout irait mieux pour l'un comme pour l'autre.

Il s'éclipsa et sortit de la maison sans que l'un des deux ne le remarque. D'ailleurs, lorsque Tobias se sépara de Tris, il fût surpris de voir qu'il avait disparu mais Tris pas tellement.

« Quel peureux celui-là ! Tu peux être sûr que je vais pas le rater la prochaine fois ! »

Tobias rit puis embrassa son front.

« Tu restes ici ce soir ?

- Je pensais que c'était réglé ça.

- Allez, viens te coucher, tu es épuisée ! »

Ils se couchèrent ensemble. D'abord, chacun de son côté mais après quelques secondes, Tris avait roulé sur elle-même pour être collée à lui. Il enroula ses bras autour d'elle. Il jouait doucement avec ses cheveux alors qu'elle traçait des cercles sur son torse. Elle releva doucement la tête pour le regarder.

« Je ne peux pas vivre sans toi, avoua-t-elle. J'ai essayé mais c'était impossible.

- Je ne veux pas essayer, dit-il en la serrant contre elle. Tu dois me promettre quelque chose !

- Ce que tu veux !

- On ne sait pas ce que la vie nous réserve. Si un jour cet incident venait à se reproduire, les premiers mots que je veux entendre de ta bouche sont 'Je suis Tris, ta petite-amie'. On est d'accord ? »

Elle hocha la tête.

« Tu me le promets aussi ?

- Je serais incapable de te le cacher.

- Promets-le moi.

- Promis. »

Elle ferma les yeux pour empêcher les larmes de couler. Elle avait retrouver son homme et elle refusait de le quitter une seconde fois.

Elle avait souffert. Il avait souffert. Mais maintenant, ils allaient guérir ensemble.

Et voilà !

Alors avant que tout le monde ne se plaigne parce que c'est fini, oui il y aura un épilogue ! Il faut juste me laisser un peu de temps pour l'écrire ! (Et si vous voulez voir un moment spécial entre les deux amoureux, il suffit de me le dire !)