EPILOGUE

8 mois plus tard

~¤~ 12 juillet ~¤~

Tout comme la première fois, Tris et Tobias avait emmenagé ensemble très rapidement. Cette fois-çi, seulement 10 jours après leur discussion. Ils avaient vite repris cette habitude de vivre ensemble, ce qui avait été assez facile. C'était naturel pour eux.

La mémoire de Tobias était revenue maintenant. Il se souvenait à présent de chaque détail de leur histoire. De chaque moment, qu'il soit public ou intime. Il arrivait par moment que sa mèmoire lui fasse défaut mais Tris était toujours là pour remédier au problème. Il se demandait encore il a pu l'oublier. Cette femme était tout pour lui et il l'avait oubliée. Chaque jour, il avait ces minutes où il se le reprochait. Tris lui passait un savon à chaque fois mais ça ne faisait rien.

Il allait la demander en mariage. Il voulait que tout soit parfait, c'est pourquoi il se repasser le moment dans la tête encore et encore. Il allait le faire à la fin de la semaine. Mais il restait encore quelques jours jusqu'à ce moment.

Pendant les vacances scolaires, Tris passait ses journées dans une soupe populaire. Son métier était avantageux en ce moment car elle n'avait pas à prendre une semaine de congé ce mois ci pour aller en chimio. L'école avait bien entendu était très compréhensive avec sa situation et la payait pendant cette semaine de 'repos'. Tobias faisait ce qu'il pouvait pour être présent pendant les séances de chimiothérapie. Il restait assis avec elle pendant 5 heures sans bouger. Il était solidaire. Les seules fois où il s'autorisait à se lever étaient lorsqu'elle lui demandait de chercher quelques choses à la cafétéria. Il lui tenait la main, il lui racontait ses journées, posait des questions sur les siennes. Il faisait tout pour qu'elle pense à autre chose.

Tobias était au téléphone avec un important client lorsque quelqu'un frappa à la porte. Elle s'ouvrit sur sa nouvelle secrétaire, Lauren, qui attendait que son employeur ait finit pour de parler. Il raccrocha et elle s'avança.

« Le dossier Lloyd vient d'arriver. Votre père m'a demandée de vous le transmettre afin que vous jetiez un œil dessus.

- Merci Lauren. C'est tout ?

- Le groupe italien a annulé votre rendez-vous cet après-midi, leur avion n'a pas pu décoller. Ils vous rappelleront ultérieurement pour fixer une autre date.

- Très bien. Merci. »

Elle sortit du bureau sans un mot. Tobias soupira avant de jeter un coup d'œil vers la photo qui décorait son bureau. Une photo de Tris. Il l'observa quelques minutes avant de se plonger dans le dossier que Lauren lui avait donné.

Après 8 pages, il n'en pouvait plus. Par chance, son interphone crépita avant que la voix de sa secrétaire ne puisse être entendue.

« Mlle Prior demande à vous voir, monsieur.

- Faites la entrer.

- Bien. »

La communication fût coupée et quelques secondes plus tard, la porte s'ouvrit. Tris entra vêtue d'une simple robe violette. Tobias se leva pour la rejoindre à mi-chemin et déposa un baiser sur ses lèvres pour l'accueillir.

« Qu'est-ce que tu fais là ?

- Tu n'es pas content de me voir ?

- Bien sûr que si. Je me pose juste la question. »

L'expression sur son visage devint plus sérieuse.

« En fait, l'oncologue a appelé. Il a les résultats de mon scanner et il tient vraiment à en discuter face à face cet après-midi. Je venais savoir si tu pouvais venir avec moi.

- Tu as de la chance qu'un de mes rendez-vous s'est annulé. Mais je serais venu de toutes façons, tu as besoin de moi.

- Merci... J'ai tellement peur Tobias.

- Calme-toi. Tu sais bien que ton medecin préfère parler de ces résultats devant le patient.

- Oui... surtout pour dire que le patient va mourir...

- Ne dis pas ça. Tu t'en sors très bien et je suis certain que la chimio fait des miracles. »

Elle ne répondit pas et se colla contre lui. Il caressait son dos pour la réconforter.

« Tu as rendez-vous à quelle heure ?

- 14h30. »

Il jetta un coup d'œil vers l'horloge qui affichait 11h39. Il prit sa veste puis ferma le dossier sur son bureau.

« Allez, on va manger quelque part.

- Juste tout les deux ? sourit-elle.

- Oui, ça faisait longtemps. »

Ils sortirent main dans la main. Tobias s'adressa à sa secrétaire.

« Je vais déjeuner et je ne reviens pas avant demain matin. Si mon père vous fait le moindre reproche sur le dossier Lloyd, dites lui de m'appeller. Ne restez pas trop tard.

- Je le ferrai monsieur. Bonne journée. »

Tris sourit à la secrétaire qui lui rendit son sourire. Ils marchèrent jusqu'à un restaurant au coin de la rue.

« Elle t'appelle toujours 'Monsieur' ?

- Je lui ai dit qu'elle pouvais me tutoyer mais elle n'y arrive pas donc on reste au 'vous'.

- Vous êtes plutôt intimidant, M. Eaton.

- Tu trouves ?

- Pas avec moi bien sûr mais je pense que tout tes clients et le personnel de la boîte diront la même chose... Mais c'est ce que j'aime chez toi. »

Elle l'embrassa sur la joue avant de continuer à marcher. Tobias jetait des coups d'œil vers elle. Elle souriait et avait l'air heureuse mais il ne la connaissait que trop bien. Sa démarche montrait qu'elle était tendue, ses yeux montraient qu'ella avait peur.

Après un repas assez tendu, le coupla décida de marcher vers l'hôpital qui n'était que quelques rues plus loin. La main de Tris était moite dans celle de Tobias et elle tremblait de peur. Tobias aussi était nerveux. Il avait peur de ce que le medecin allait dire car il ne voulait pas la perdre, pas après tout ce qu'ils ont traversé.

Ils furent immédiatement envoyé vers le bureau du medecin qui les attendait. Tobias poussa légèrement sa compagne, sans ça elle ne serait sûrement jamais entrée dans la pièce.

« Bonjour, je suis content que vous ayez pu venir si tôt, les accueilli le médecin.

- Il me reste combien de temps ? », demanda Tris en jouant avec ses mains.

L'oncologue rit car il comprenait maintenant pourquoi Tris était aussi blanche qu'une feuille de papier.

« Vous savez, j'ai tellement l'habitude de donner de mauvaises nouvelles dans mon travail que lorsqu'une bonne nouvelle se présente, je tiens à voir le patient.

- Que voulez-vous dire ? s'informa Tobias.

- Nous avons reçus les résultats du dernier scanner. Vous êtes guéris, Tris ! »

Tobias fût le premier à réagir. Il se leva, tout sourire, et passa ses doigts dans ses cheveux. Tris était gelée sur place. Avait-elle bien entendue ? Elle était enfin libérée ?

« Vous êtes sûr ? interrogea Tobias.

- Vous continuerez à faire des scanners tout les mois mais vous n'aurez plus de séances de chimio. -Je croyais que je devais me faire opérer pour être guérie, dit Tris alors qu'elle venait de retrouver sa voix.

- Il s'avère que cette opération serait inutile. Vous avez eu beaucoup de chance car la chimio a détruit votre cancer au lieu de le réduire. »

Tris leva les yeux vers Tobias qui était encore debout. Les larmes lui brouillaient la vue alors qu'elle se leva à son tour. Il la prit dans ses bras en chuchotant sans cesse qu'il l'aimait. Tobias avait laisser couler quelques larmes lui aussi. Il avait été un soutien de taille pendant cette épreuve et il était tout aussi soulagé qu'elle que la maladie ait été vaincue.

Le medecin leur laissa un instant seuls pour digérer la nouvelle. Ce moment fût mis à profit dès le moment où la porte se ferma. Tris fondit sur les lèvres de son petit ami sans hésitation. Il répondit au baiser avec fougue jusqu'à ce qu'il la tienne dans ses bras, les jambes enroulées autour de sa taille, le dos contre le mur. L'épée de Damoclès qui vacillait au-dessus d'eux venait d'être retirée. Ils pouvaient enfin vivre leur vie comme ils l'entendaient.

« Tu es guérit, souffla-t-il contre ses lèvres. Complètement guérit ! »

Elle tomba dans ses bras, prise de sanglots. Il tenait contre lui en la berçant doucement. Elle n'arrivait pas à y croire, c'était un rêve devenu réalité.

Le poids de sa compagne commençait à peser sur ses bras alors il s'installa sur une des chaises. Quelques instants plus tard, le medecin entra à nouveau et sourit à Tobias, sachant exactement ce qu'il se passait.

« J'aimerais un autre scanner dans deux semaines puis un tout les mois. »

Tris hocha la tête.

« Vous devez savoir qu'une rechute est possible. Au moindre symptôme, je veux que vous m'appeliez même si ce n'est sûrement qu'une fausse alerte. Je ne veux pas prendre le moindre risque.

-Merci beaucoup ! »,

Elle lui serra la main puis elle se leva pour partir avec Tobias. Lorsqu'ils passèrent les portes, Tris se sentait différente. Quelque chose avait changé en elle. Ses épaules avaient perdu un poids important qui avait l'habitude de la tirer vers un stade de depression. Sans Tobias et ses parents, elle ne serait sûrement pas là maintenant. Elle sait qu'elle se serait repliée sur elle-même. Ce fût presque le cas quelques mois auparavant mais Tobias avait tout fait pour lui remonter le moral. Il refusait de la voir dans un tel état alors il lui avait offert une journée au spa avec Christina. À son retour, le soir-même, elle était souriante et paraissait très détendu. Elle l'avait remercié encore et encore mais il lui assurait que ce n'était rien de spécial. Elle avait alors décidé de le remercier à sa manière, ce qu'il ne pouvait pas refuser.

« À quoi tu penses ? », demanda-t-elle.

Il était perdu dans ses pensées. Il se rappelait tout les moments forts de leur relation, tout les moments où ils parlaient de leur relations, tout les moments de joie auxquels ils ont assisté.

« À toi .»

Il s'arrêta puis la pressa contre lui.

« Est-ce que tu sais que tu es toute ma vie ?

- Tout comme tu sais que tu es la mienne. »

Elle se serra plus contre lui, sa tête sur son cœur.

« Je t'invite au restaurant ce soir. Juste nous deux.

- Où ?

- Là où tu veux. Je suppose que tu veux aller voir tes parents ?

- Ça peut paraître étrange mais je préfèrerais y aller demain. Je veux pouvoir passer toute l'après-midi et la soirée avec eux parce que je sais qu'ils ne nous laisseront pas partir facilement.

- D'accord, on ira demain... Je n'arrive toujours pas à y croire !

- Je sais, ça paraît irréel. »

Il se promenèrent toute la journée avant de retourner dans leur maison pour se changer afin d'aller dans un restaurant très chic. Tris avait d'abord refusé car elle le trouvait trop cher mais Tobias insista en lui disant qu'ils devaient fêter sa guérison dignement.

Il s'agissait de ce genre de restaurant où la femme ne voyait pas les prix sur son menu mais l'homme oui. Elle insistait pour qu'il lui dise le prix des plats qui l'intéressait mais il ne dit rien. Il voulait vraiment qu'elle passe une soirée inoubliable. Alors qu'elle essayait de deviner quel plat était le moins cher, il la regardait à s'en déssecher les yeux. Elle était magnifique.

Elle avait coiffé sa perruque en un tresse sophistiquée qui lui retombait sur l'épaule. Elle n'avait pas beaucoup de maquillage mais il mentirait s'il disait que ses lèvres rouge vif ne le mettaient pas à genoux. Elle portait un collier en diamannt qu'il lui avait offert pour leur 5 ans – collier qu'elle avait refusé mais qu'il a finalement mis dans sa boîte à bijoux lui-même. Le coup de grâce fût porté par sa robe de couleur bordeaux. Sa poitrine était mise en valeur par un col bénitier qui laisait apparaître un léger décolleté. Il faisait de son mieux pour être un vrai gentleman mais il savait ce qu'il y avait en dessous et il ne pouvait s'empêcher de regarder.

Tris était absorbée par le menu, elle ne savait pas quoi choisir.

« Chéri, j'hésite entre les noix de St-Jacques et le saumon. Qu'est-ce que tu me conseilles ? »

Lorsqu'elle n'eut aucune réponse, elle leva les yeux. Tobias la regardait mais son regard était plus au Sud.

« Tobias ! », s'indigna-t-elle en cachant sa poitrine avec sa carte.

Cette action le 'réveilla' et il se mit à sourire alors qu'elle devenait aussi rouge que sa robe.

« Tu n'as pas honte ? On est au restaurant je te rappelle.

- Oui, et ? Tu es magnifique ! Tu ne peux pas m'en vouloir d'apprécier la vue. »

Elle secoua la tête en retirant le menu de devant sa poitrine. Elle réajusta sa robe pour cacher 'la vue' et reposa sa question.

En attendant le dessert, Tris s'excusa pour aller aux toilettes. Tobias était de plus en plus nerveux. Il voulait attendre pour sa demande mais il avait la bague dans sa poche et il voulait faire comprendre aux deux hommes à la table voisine qui faisait les yeux à sa compagne qu'elle était prise. Après le chuchotement de trop entre les deux hommes, il se leva et se plaça devant eux.

« J'apprécierais énormément que vous arrêtiez de dévorer ma copine des yeux.

- Détends-toi, on ne fait que regarder ! », dit l'homme sur la droite.

L'homme sur la gauche en revanche semblait très intimidé par Tobias.

« Nous sommes désolés, ça ne se reproduira pas. »

Son ami le regarda avec les sourcils froncés.

« Arrête de te laisser marcher dessus, on continuera de la regarder si on veut. Avec un corps comme ça, il ne doit pas être le premier de la semaine à lui passer dessus. »

Tobias bouillonnait de rage et se retenait de le frapper.

« Ecoute moi bien espèce de fils de pute ! Si je te vois ne serait-ce que tourner la tête dans sa direction, je n'hésiterais pas à t'arracher les yeux avec des petites cuillères.

- Tu crois que tu me fais peur ? Tu n'en serais pas capable.

- Essaie pour voir. »

Les deux hommes se fusillaient du regard. Ils furent interrompus par une serveuse et ce qu'il semblait être son supérieur.

« Est-ce que tout va bien ?

- Parfaitement bien. Dit l'homme avec un sourire pour la serveuse qui semblait se cacher derrière son supérieur.

- Cet homme tenait des propos désobligeants envers ma compagne et il me semblait juste de mettre les choses au point. Intervint Tobias.

- S'agit-il de l'homme dont vous me parliez, Manon ? », demanda l'homme à la serveuse.

Elle hocha la tête et vu son expression, Tobias comprit que cette ordure n'avait pas seulement manqué de respect à Tris.

« Je vais vous demander de quitter les lieux, monsieur. », ordonna le supérieur sans laisser place à la discussion.

L'homme ne dit rien lorsque la sécurité arriva et l'entraîna à l'extérieur. Le second homme s'excusa encore une fois en payant la note puis en sortant derrière la sécurité. Le supérieur s'adressa alors à Tobias,

« Nous sommes sincèrement désolés pour la gêne occasionnée.

- Ce n'est rien. Merci d'être intervenu.

- Nous vous souhaitons une bonne soirée. »

Il serra la main de l'homme mais en se retenant il vit Tris qui le regardait les sourcils froncés.

« Qu'est-ce qu'il se passe ? »

Il l'aida à s'asseoir puis reprit sa place.

« Il y avait deux hommes qui m'ont énervés en te regardant comme un morceau de steak alors je leur ai parlé. L'un deux s'est excusé mais j'ai failli frappé le deuxième. Heureusement que cet homme est venu. »

Tris baissa la tête en jouant avec sa serviette sur ses genoux.

« Tu les as remarqués ?

- Tu les avais vus ? Pourquoi tu ne m'as rien dit ?

- Je ne voulais pas gâcher notre soirée avec ça.

- Rien ne la gâchera, je te le promets. », promit-il en prenant sa main et en embrassant les jointures.

Leur mousse au chocolat arrivèrent et Tobias redevenait nerveux. Cette altercation n'allait le dégonfler. Au contraire, cela le motivait à le faire. Cet acte allait prouver qu'il l'aimait plus que tout.

Tris lui racontait sa conversation avec Caleb la veille. Il voulait s'assurer que le couple viendrait pour l'anniversaire de Rachel le week-end prochain. Alors qu'elle parlait du cadeau auquel elle pensait, il se disait que c'était maintenant ou jamais. Il se leva brusquemment, surprenant Tris.

« Tobias ? Qu'est-ce que tu...Oh mon dieu ! », balbutia-t-elle quand il mit un genou à terre.

Il sortit la petite boîte de la poche de sa veste et lui présenta la bague de fiancailles soigneusement choisie. Tris était bouche bée devant lui mais il voyait les larmes briller dans ses yeux.

« Ma chérie, mon cœur, mon amour... Béatrice. Je t'aime !... Tu es la femme de ma vie et le fait de t'avoir presque perdu il y a quelques mois m'a ouvert les yeux. Je ne veux plus me réveiller sans toi à mes côtés, je ne veux plus être privé de tes baisers le matin quand je me lève jusqu'au soir quand je me couche, je ne veux pas perdre ce qui me rend complet. J'ai déjà dû vivre comme ça et ça ne fonctionnait pas. Je ne fonctionne pas sans toi. Il m'a fallu presque 9 ans pour avoir le courage de te poser cette question et je regrette toutes les secondes d'attente. Tris, veux-tu m'épouser ? »

Tris essayait de ne pas pleurer. Elle retirait les larmes dès qu'elles dépassaient ses paupières mais elle fût vite submergée. Elle avait attendu tellement d'années pour ce moment qu'elle en savoura chaque seconde.

« Oui, bien sûr que oui ! »

Tobias s'attendait à cette réponse mais il fût soulagé de ne voir aucune milliseconde d'hésitation. Il glissa la bague à son doigt puis se leva en même temps qu'elle pour l'embrasser. Tout le monde autour d'eux les applaudissait, leur rappellant de garder le baiser aussi chaste que possible.

« Je t'aime tellement ! murmura-t-elle contre ses lèvres.

- Je suis désolé d'avoir prit autant de temps pour faire ça.

- C'est pas grave, tu es pardonné. »

Elle l'embrassa encore une fois avant de se rasseoir. Cette soirée ne pouvait pas mieux se passer pour le jeune couple. Tobias sentait qu'un poids se retirait de ses épaules à son tour. Elle allait devenir sa femme.

7 mois plus tard

~¤~4 février~¤~

Tris se réveilla, nauséeuse. Le réveil-matin n'affichait que 5 heures du matin mais la nausée était trop forte. Elle se détacha de l'étreinte de son fiancé qui dormait calmement. Une fois debout, le processus s'était accéléré et elle n'avait que quelques secondes pour arriver à temps à la cuvette. Un demi-seconde plus tard aurait été trop tard. Elle se tenait à la cuvette pendant qu'elle rendait son dîner. Ses doigts étaient blancs, son corps tremblait, des sueurs froides coulaient le long de son dos mais elle faisait de son mieux pour ne pas faire de bruit.

Une fois terminée, elle tira la chasse mais resta assise. Elle était trop faible pour se lever. Elle posa sa tête contre le mur derrière et réfléchit. Après quelques minutes, ce fut l'évidence.

La nausée, la fatigue, la vision double, la sensiblité de ses seins... le cancer était revenu. Elle éclata en sanglots sur le sol de la salle de bain. Le mariage était dans deux semaines et elle était à nouveau malade. Peut-être que la chimio ne commencerait pas tout de suite et elle pourrait espérer garder ses cheveux pour la cérémonie. Dans le pire des cas, elle mettrait sa perruque mais elle tenait vraiment à garder ses cheveux ce jour là. Ils lui arrivaient presque aux clavicules mais Christina avait déjà prévu de lui ajouter des extensions pour pouvoir coiffer ses cheveux plus facilement. Tout était prêt pour le grand jour, mais un invité indésirable venait de s'ajouter à la liste.

Elle se souvenait de la joie dans le visage de ses parents lorsqu'elle leur avait dit qu'elle était guérit. Cette nouvelle allait les détruire... et Tobias ? Comment allait-elle lui dire ? Elle ne pouvait pas lui faire ça, surtout pas avant le mariage.

C'était décidé, elle ne lui dirait pas. Du moins pas avant à la cérémonie... Mais s'ils allaient se marier, elle se devait d'être honnête. Il méritait de savoir. Il allait lui promettre de l'aimer dans la santé comme la maladie. Il devait qu'il s'engageait dans quelque chose de très sérieux ! Mais pas tout de suite.

Plus tard dans la journée, elle composa le numéro de son oncologue.

« Cabinet du docteur Lanoux.

- Bonjour, je suis mademoiselle Prior. Il me faudrait un rendez-vous en urgence, je crois que le cancer est revenu.

- Je vois, seriez-vous disponible à 15h30 ?

- Aujourd'hui ?

-Oui.

-Très bien. Vous avez dit 15h30 ?

- C'est ça.

- Je serai là, merci beaucoup. »

Elle mit fin à l'appel, posa le téléphone à côté de l'évier puis regarda à travers la fenêtre les enfants qui jouaient dans la neige. Ce qu'elle ignorait c'est que Tobias se trouvait derrière la porte de la cuisine et il devait prendre appuit contre le mur pour ne pas tomber. Est-ce qu'il avait bien entendu ? Elle avait vraiment fait une rechute ? Bien entendu, ça n'affecta en rien sa résolution de l'épouser mais il était sous le choc. Si elle avait des doutes pourquoi ne lui avait-elle rien dit ?

À 15h, elle lui annonça qu'elle devait aller chez Christina et qu'elle ne savait pas quand elle rentrerait. Il ne dit rien, elle avait ses raisons si elle lui cachait son rendez-vous.

Tris expliqua la situation au médecin qui hochait la tête de temps en temps.

« Hm, on va faire des examens et vous aurez les résultats dans trente minutes environ. Vous pouvez rester là où revenir plus tard mais je tiens à ce que vous soyez là.

- Est-ce que l'on peut repousser la chimio au mois prochain ? Je me marie dans deux semaines et j'aimerais être en forme.

- Faisons d'abord les examens. Nous ne sommes pas sûrs que ce soit le cancer.

- Que voulez-vous que ça soit ? murmura-t-elle.

- Ça peut être plein de choses. »

Elle tua le temps à la cafétéria. Elle avait acheté un jeu de mots fléchés pour se changer les esprits mais elle grommela en lisant une indication, 'événement avec suivi médical'.

« C'est ça, remut le couteau dans la plaie. »

Heureusement pour elle, le mot comptait neuf lettres donc le mot « cancer » était impossible. Elle n'avait pas pu finir la moitié de la grille quand elle se rendit compte que les résultats devaient être là.

Elle se rendit dans le bureau du medecin. La secrétaire l'appela et lui sourit.

« Vous savez quelque chose ? s'inquiéta-t-elle.

- Le médecin vous attend. », répondit la secrétaire.

Tris entra dans le bureau. L'oncologue avait un dossier sous les yeux, ce qui devait sûrement être le sien.

« Installez-vous ! Accueilli-t-il.

- C'est si horrible que ça ? Il me reste combien de temps ? J'aurais le temps de me marier au moins ? »

Le medecin rit face à sa patiente.

« Toujours les mots qui font plaisir. »

Elle sourit à son tour, se rendant compte qu'elle était peut-être allée trop loin.

« J'ai une bonne nouvelle pour vous. Ce n'est pas le cancer ! »

Tris soupira de soulagement et se laissa retomber dans la chaise, sa tête basculée en arrière.

« Toutes mes félicitations, vous êtes enceinte ! »

Sa tête se releva immédiatement, ses yeux aggrandis.

« Pardon ?

- Les tests sont clairs, il n'y a aucun doute possible. Seule une échographie peut nous dire à quel stade vous en êtes. D'ailleurs, ma secrétaire a appelé le service obstétrique pour que vous soyez prise en charge tout de suite. »

Tris était bouche bée. Bien sûr qu'elle voulait un enfant mais elle se disait qu'après le mariage serait un meilleur moment. Mais maintenant qu'elle l'avait, elle allait le chérir jusqu'à la fin de ses jours. Elle posa ses mains sur son ventre.

« Vous êtes certain ?

- Souvent les symptômes de la grossesse effraient les femmes qui ont eu un cancer du sein car elles pensent tout de suite à une rechute à la place d'un heureux événement. Vous étiez persuadée que vous alliez finir chauve dans un mois alors qu'il n'y avait aucune raison de s'inquiéter.

- Merci docteur.

- Félicitaions ! »

Elle sortit de la salle, plus légère. C'est en marchant vers le service obstétrique qu'elle se rendit compte de ce que cette grossesse impliquait. Elle devait le dire à Tobias. Même si elle avait parlé d'enfants à Tobias et qu'il voulait attendre que le stress du mariage soit passé pour en reparler, elle avait peur. Elle savait qu'il n'allait pas la quitter pour ça mais elle ne savait pas comment il pourrait réagir. Elle avait peur qu'il ne se replit sur lui même comme il le faisait avant. L'accident l'avait changé mais un événement comme celui çi pouvait très bien le replonger dans des mauvaises habitudes.

Une aide-soignante l'avait accueillie et l'avait emmenée dans une salle d'examen.

« Le docteur Nima serait là dans quelques minutes. Allongez-vous sur la table en attendant. »

Tris fît ce qu'on lui dit et caressait son ventre en attendant. Un bébé était là dedans. Il reposait entièrement sur elle.

« Bonjour Mlle Prior, le docteur Lanoux nous a mis au courant. Félicitations !

- Merci. »

Le medecin s'assit en face d'elle.

« Ce n'est pas courant qu'un medecin s'occupe d'un patient mais c'est seulement pour une seule fois. Les sage-femmes sont toutes débordées aujourd'hui et quelqu'un devait vous voir. Alors, nous allons voir votre bébé puis on va parler des vitamines à prendre. D'accord ? »

Le sourire du médecin était réconfortant et la mettait à l'aise. Elle leva son pull pour exposer son ventre. Le gel la fit trembler mais elle oublia vite la sensation désagréable lorsque son bébé apparut à l'écran. Elle avait les larmes aux yeux. Elle l'aimait déjà à la folie alors qu'elle ne venait que de le rencontrer, c'était étrange comme sensation.

« Vous le voyez ?

- Oui, répondit Tris la voix serrée par l'émotion.

- Alors vous en êtes à presque deux mois de grossesse.

- Deux mois ?

- Oui, à peu près. Prenez vous la pilule ?

- Oui, ça fait quelques années maintenant.

- Aviez vous vos règles pendant la prise de la pilule ?

- Oui mais ce n'est jamais régulier... C'est pour ça que je n'ai rien remarqué ?

- C'est une raison mais je pense que vous avez confondu tout les signes avec ceux du cancer.

- Je ne comprends pas comment j'ai pu tomber enceinte.

- Comme la plupart des femmes qui sont surprises par leurs grossesse, vous avez oublié votre pilule et ça a suffit pour créer cette petite vie.

- Je n'arrive pas à y croire !

- C'est normal, vous aurez dû mal à le comprendre mais une fois que votre ventre va commencer à grossir, ça vous paraîtra beaucoup plus réel. Avez-vous déjà parlé à votre... mari ?

- Mon petit ami n'est pas encore au courant. Le mariage est dans deux semaines.

- Félicitations ! Je suppose que vous aimeriez des photos pour lui montrer.

- Merci beaucoup ! »

Le medecin appuya sur quelques boutons puis retira la sonde de son ventre. Elle donna du papier à Tris pour qu'elle s'essuit.

« Tenez, j'ai fait quatre clichés. Maintenant, concernant les vitamines pré-natales... »

Tris pût partir une demi-heure plus tard. Elle était partie pendant presque deux heures et Tobias ne tenait pas en place dans leur maison. Il était plus qu'inquiet.

Il se rongeait les ongles jusqu'aux cuticules et frappait son pied contre le sol en regardant l'horloge toutes les dix secondes. Si elle était restée, c'est qu'elle avait forcément des mauvaises nouvelles. Le cancer était revenue et elle allait de nouveau essayait de l'exclure de sa vie car encore une fois, elle allait être persuadée qu'elle ne s'en sortirait pas. Il ne la laisserait pas faire.

La porte d'entrée grinça lorsqu'elle s'ouvrit. Tris ne s'attendait vraiment pas à voir son compagnon à la limite de faire une crise de panique. Il se leva puis la serra fortement contre lui.

« Tu es là ! »

Elle caressa son dos en fronçant les sourcils. Il avait l'air sur les nerfs.

« Tout va bien ?

- C'est moi qui devrait te demander ça. Qu'a dit le docteur ?

- Comment tu le sais ?

- Je t'ai entendue quand tu étais au téléphone. C'est le cancer, c'est ça ? Ne t'en fais pas, on traversa ça ensemble comme on la déjà fait. Tout ira bien !

- Tobias !

- Je t'aime et on se battra ensemble, d'accord ?

-Tobias !

- Quoi ?

- Ce n'est pas le cancer !

- Dieu merci ! »

Il la resserra contre elle en soupirant de soulagement. Puis il s'écarta de nouveau, perplexe.

« Pourquoi tu as pris autant de temps ?

- Je pense que tu devrais t'asseoir pour ça. Il faut qu'on parle »

Son niveau de panique remontait en flèche. Souvent, ces mots n'annonçaient rien de bon. Tris le vit pâlir en une fraction de seconde.

« Calme-toi, c'est plutôt une bonne nouvelle...en tout ças, pour moi s'en est une.

- Tu me tues avec ton suspens.

- Je suis désolée mais je ne sais pas comment te le dire.

- Utilise la méthode pansement. Tu le dis d'un coup.

-Ok... »

Elle prit ses mains dans les siennes et caressa le dos de ses mains. Elle mordillait sa lèvre inférieure, c'était maintenant ou jamais.

« Je suis enceinte ! »

Les oreilles de Tobias s'étaient mise à sonner quand les mots avaient traversé ses lèvres. Il avait sûrement mal entendu. Ce n'était pas possible...

Il sortit de sa transe grâce à une main agitée devant son visage.

« Tobias, tu vas bien ? Ça doit être un choc, c'est sûr...

- Tu es sûre ? »

Elle sortit l'échographie de son sac et la plaça dans ses mains.

« Vérifie par toi-même... »

Il avait les yeux figés sur cette petite cacahuète. Elle était parfaite. Il sentait quelque chose changer au plus profond de lui. Il avait toujours cru que le jour où il apprendrait sa future paternité, il serait mort de trouille ou persuadé qu'il allait faire une crise de panique mais rien ne se passa. Il était plutôt calme, comme si cette petite personne étant son calmant.

« Tobias, dit quelque chose s'il te plaît... »

« On va vraiment être parents ? »

Elle acquiesca avant de se jeter dans ses bras. Il l'embrassa amoureusement pendant qu'ils s'allongèrent sur le canapé. Ils profitaient de leur temps ensemble comme s'ils allaient être séparés. Ils profitaient de leur moment en famille. Tobias était heureux d'avoir les deux personnes les plus importantes de sa vie dans ses bras.

« Je t'aime tellement, mon cœur. Je serai là à chaque seconde de cette grossesse, je serai toujours là pour vous deux. »

Deux semaines plus tard

~¤~18 février~¤~

Ses nerfs étaient à la limite de lâcher. Il tremblait des pieds à la tête. Sa mère avait tout fait pour le détendre mais rien n'y faisait. Sa future belle-mère était aussi venue pour voir comment il allait et elle lui avait affirmé que la future mariée était aussi nerveuse que lui. Il s'était inquiété sur la santé de la jeune femme et du bébé mais Nathalie le rassurait en lui disant qu'ils allaient bien tout les deux.

Le moment où Tobias attendait à côté de l'autel, sa peur refit surface. Et si elle n'apparaîssait pas ? Et si elle partait avec leur enfant ? Non, elle ne pouvait pas faire ça. Elle n'allait pas faire ça. Zeke, son témoin, posa sa main sur son épaule pour lui montrer son soutien.

« Elle va venir.

- Tu en es certain ? »

Il fût interrompu par la musique nuptiale.

Tout le monde se leva pour accueillir la mariée qui marchait lentement au bras de son père.

Elle était là aujourd'hui et elle sera là toute sa vie.

Elle était magnifique. Et elle était venue.

Merci à toutes pour votre fidélité ! Et bonnes vacances à la zone B ^^

Je tiens à m'excuser si les éléments médicaux ne sont pas exacts. Je suis loin d'être médecin ou d'être spécialisée dans ce domaine ! Merci de votre compréhension ! :)