Non. Vous ne rêvez pas. Il est deux heures du matin et je poste. Théoriquement, nous sommes dimanche. Donc voilà ! Vous vouliez voir les retrouvailles entre Rogue et Yukino, les voici ! Ah ! Et la semaine prochaine, je serais au Québec en train d'embêter Hudgi. Je viens de mettre le prochain chapitre sur le site pour pouvoir poster dimanche prochain mais si j'oublie... Toutes mes excuses parce que pendant ces dix jours, je ne pense pas emmener mon ordi. En essayant de ne pas me gourer entre les deux chapitres...

J'avais oublié la dernière fois, le chapitre précédent a été lu, corrigé et approuvé par Hudgi, tout comme celui-ci donc un double merci à elle !

Petite réponse aux reviews :

didie : pas choquée ? Ouf ! J'espère continuer comme ça ^^

Taraimperatrice : Si je l'ai fait. Oui, elle va beaucoup discuter avec Orga. Et non, on ne va pas voir Rogue passer torse nu. Mais ça aurait pu...

Bonne lecture !


Rogue était ici. Rogue Cheney était ici. Il avait passé la nuit ici, visiblement après avoir été se faire soigner. Elle sentit son cœur louper un battement. Rogue avait parlé d'elle à d'autres personnes. Son cœur se remit à battre, encore plus vite. Elle ne comprenait presque plus rien. Pourquoi était-il encore ici ? N'aurait-il pas dû rentrer chez lui ? Il risquait d'avoir des problèmes…

-T'veux l'voir ?

Elle hésita et se mit à rougir. Oui, aurait-elle aimé répondre. Elle voulait le voir, lui parler, comprendre ce qui s'était passé, qui était la femme qui l'avait accompagné ce fameux jour au bal… Il y avait tellement de choses qu'elle aurait voulu lui dire mais elle ne le pouvait pas, elle n'en n'avait pas le droit. Sa vie ne lui appartenait pas, elle n'était pas le genre de femme à se prendre en main…

-Non. S'il dort encore, il doit être fatigué.

Après tout, il avait été blessé. Et puis, elle était là pour les livres, pas pour aller voir un homme. Il n'aurait plus manqué que ça. Qu'elle se serve de son cousin par alliance pour voir des hommes. D'autant plus qu'elle l'aimait bien ce cousin, son franc-parler la mettait à l'aise. Elle avait l'impression que s'il avait quelque chose à lui dire, il le lui dirait en face au lieu de le dire à tout le monde.

-Il t'aime bien. Sting aussi, mais just'd'puis qu't'as sauvé sa sœur.

Sa sœur ? Sting avait une sœur ? Vraiment ? Elle l'ignorait ? La seule personne qu'elle connaissait et qu'elle aurait pu sauver était la jeune fille rousse au bal… Comment s'appelait-elle déjà ? Ah oui ! Yuna ! C'est vrai qu'après réflexion, elle avait les mêmes yeux bleus que lui…

-Yuna. Rousse, yeux bleus, p'tit'comm'ça…

Ils n'avaient pas la même définition de petit. Car la taille qu'il indiqua de la main correspondait à peu près à la taille de la jeune fille de la bibliothèque mais ce n'était pas petit. Pour Yukino, c'était une taille normale, habituelle pour une jeune fille de… Quel âge avait-elle ? Quinze, seize ans ?

-Je la connais que nous n'ayons pas été présentées.

Alors l'un des seigneurs dragons avait une sœur ? Etonnant. Peu de monde avait entendu parler de la famille des seigneurs dragons. Beaucoup pensaient qu'ils étaient seuls, enfant humain unique d'un dragon. Il devait très certainement y avoir des exceptions. Mais la véritable question était plutôt de savoir d'où ils venaient et comment les dragons les choisissaient.

Orga eut l'air pensif. Yukino se mit à feuilleter un livre, profondément curieuse. Un récit d'aventure… Apparemment, un homme avait voyagé pendant quelques temps auprès d'une tribu de nomades et en faisait le récit. Intéressant…

-C'la dit, l'voulait t'parler.

-Qui donc ? demanda Yukino en relevant vite fait le nez de sa lecture parce que c'était impoli autrement.

-Rogue.

De surprise, son livre lui glissa des mains. Elle s'empressa de le ramasser, bredouillant des excuses. En se relevant, elle se cogna contre la bibliothèque qui, heureusement, ne vacilla pas. Elle leva la tête vers son cousin, les yeux écarquillés. Rogue ? Rogue voulait lui parler ? Mais de quoi ?

-Il veut me parler ? A moi ?

Personne ne la cherchait pour lui parler. Quand sa mère disait qu'elle voulait la voir, elle désirait seulement la disputer pour diverses raisons. Sorano la cherchait elle-même pour lui montrer ou lui dire quelque chose. Quant à son père… Elle évitait de se retrouver seule avec lui, surtout quand il avait bu depuis qu'il avait remarqué l'évolution de sa gorge.

-Mais pourquoi ?

-J'sais pas. La seule personne qui sait c'qui s'pass'dans sa têt', c'est Sting. Encor' qu'y dit qu'y veut pas tout savoir.

Devait-elle se sentir rassurée par cette information ? Elle avait bien entendu parler de réactions étranges des seigneurs dragons qui avaient formulé l'ordre expresse de ne jamais saigner devant eux mais… Il n'allait quand même pas lui arracher la tête comme elle avait entendu les domestiques le dire ? C'était fou ce qu'on pouvait apprendre quand les domestiques ne faisaient pas attention à vous…

On toqua à la porte. Yukino tourna la tête et manqua de pousser un cri. Rogue était là. Il avait bien meilleur mine que la veille. Toutes les écorchures sur son visage avait disparu et il portait les habits sombres dans lesquels elle avait l'habitude de le voir en dehors des soirées et ses cheveux noirs étaient de nouveau détachés et ébouriffés. Elle rougit quand elle croisa son regard. Il la salua d'un signe de tête. Puis il se mit à discuter avec Orga dans une langue qu'elle ne connaissait pas. Ils ne parlaient pas vraiment de la même façon mais ils semblaient se comprendre. Yukino tenta de suivre l'échange, profondément intrigué et même émerveillée. C'était la première fois qu'elle entendait une autre langue que la sienne, celle qu'elle entendait tous les jours depuis sa naissance. Aussi fut-elle triste que ce ne soit un échange que de quelques mots, sans doute des formalités ou quelque chose comme cela.

-Puis-je te parler quelques instants Yukino ?

Orga l'interrogea du regard et elle baissa la tête, rouge. Ça irait, supposa-t-elle. Cela ne durerait pas très longtemps, pas plus de quelques minutes, il ne lui ferait rien. Et puis, son cousin resterait derrière la porte, prêt à intervenir non ? Il ne laisserait pas un homme lui faire du mal, n'est-ce pas ? N'est-ce pas ?

-J's'rai à côté. Vous tuez pas, Mirajane aim'rait pas.

Et sur ces paroles, il quitta la pièce. Yukino ferma les yeux quand la porte fut close. C'était la première fois qu'elle se retrouvait seule face à un homme dans une pièce. Qu'allait-il se passer ? Comment cela allait-il se passer ?

-Yukino ?

Elle rouvrit les yeux en sursautant. Elle n'avait pas entendu Rogue s'approcher. Elle recula d'instinct avant de se calmer. Elle serra cependant le livre qu'elle avait oublié de ranger contre elle, comme pour se rassurer, comme si elle tenait un talisman qui la protégerait de tout.

-Navré. Je ne voulais pas te faire peur.

-Orga… Enfin mon cousin me disait que vous vouliez me parler…

Il fronça les sourcils et elle se rendit compte qu'elle venait de le vouvoyer alors qu'elle l'avait toujours tutoyé, conformément à sa demande dès leur première rencontre. Ne pas le voir pendant un moment… Enfin elle n'avait pas l'habitude de tutoyer les gens ! Il n'y avait que Sorano et ses cousins… Ou plutôt Mirajane parce qu'elle n'avait pas encore revue Lisanna et Elfman.

Elle vit la tristesse passer dans son regard rouge alors que son visage restait impassible. Tout au fond, derrière son apparente indifférence. Elle venait de lui faire de la peine. Elle ne voulait pas.

-Que tu voulais me parler, corrigea-t-elle en soupirant et en fermant les yeux un bref instant. Désolée c'est… Je n'ai pas l'habitude de tutoyer grand-monde…

Soulagé. Sans qu'elle puisse savoir pourquoi, elle eut l'impression que le regard rouge s'éclaircissait. Elle se mit à sourire malgré elle, sans savoir pourquoi. Elle vit l'ombre d'un sourire se dessiner sur ses lèvres en réponse.

-Tu… n'as pas répondu pas à mes lettres… Je t'ai fâchée. Si j'ai fait quelque chose qui t'a froissé, je m'en excuse, ce n'était pas intentionnel…

Comme Orga, ce n'était qu'une constatation, pas vraiment une supposition. Elle baissa la tête parce qu'elle venait de voir le retour de la tristesse dans son regard. Oui elle s'en souvenait. C'était… puéril. Elle rougit, très gênée. Que pouvait-elle dire ? Qu'elle avait cru être tombée amoureuse de lui ? Après tout, il était beau, jeune, riche, noble, héroïque… Non vraiment, c'était ridicule, il allait se moquer d'elle.

-Non ce… C'est moi.

Il ne comprenait pas. Elle le vit dans ses yeux. Il ne comprenait pas pourquoi elle avait cessé de vouloir le voir, du jour au lendemain. Quelque chose, une sorte de flamme, passa dans ses yeux. Ce fut trop bref et inattendu pour qu'elle comprenne ce que c'était mais cela lui laissa une impression troublante. Comme si elle aurait dû savoir quelque chose à ce sujet.

-Rogue ?

-Quelqu'un t'a-t-il forcé à faire cela ?

Forcé ? Mais qui ? Et pourquoi ? Puis elle songea à ses parents qui n'avaient jamais pris la peine de lui payer des robes vraiment dignes de ce nom ou de lui offrir un bal, ou de faire une fête pour son anniversaire… Croyait-il qu'on la battait ? Qu'on la séquestrait ? La seule personne qui sait c'qui s'pass'dans sa têt', c'est Sting. Qu'avait-il entendu ? Qu'avait-il cru comprendre ?

-Donc tu as décidé de toi-même que tu ne voulais plus me voir ?

-Non ! Enfin… en quelque sorte… Mais ça n'a rien à voir avec toi !

Elle se sentit désolée pour lui. Ce n'était pas clair et il devait se poser beaucoup de questions. Elle rougit, très gênée. Cette situation devenait très embarrassante.

-Oh Rogue, je suis désolée… Je ne voulais pas te vexer ou… Désolée.

-Tu as le droit de dire que tu ne m'apprécies pas. Je comprendrais tu sais… Et je ne me fâcherai pas. Nous avons tous nos affinités.

Justement, elle se sentait trop d'affinités avec lui pour continuer ainsi. Après tout, une jeune fille ne pouvait pas devenir trop intime avec un homme, surtout quand elle n'était pas fiancée avec… Déjà que comme ça… Ce n'était pas convenable. Quelques minutes, seule avec un homme, pouvaient suffire pour organiser un rendez-vous clandestin dans lequel elle se déshonorait.

-Non je n'ai pas de raison de t'en vouloir, je t'assure. C'est moi… Je…Enfin je suis désolée…

-Ça n'a pas d'importance. Plus maintenant.

Elle serra le livre contre elle, angoissée. Il était au-dessus des lois pratiquement. S'il lui réclamait de s'allonger nue par terre, elle aurait été obligée d'obéir. D'accord, ce n'était pas vraiment un abus dont Rogue semblait capable mais elle avait du mal à voir d'un point de vue rationnel pourquoi il était si… généreux avec elle. Par contre, dès qu'elle cessait d'écouter la voix de la raison, une petite voix timide lui chuchotait à l'oreille qu'il n'était pas vraiment indifférent… Non, ce ne pouvait pas être ça. Les nobles ne connaissaient pas l'amour, l'argent passait en premier. Est-ce que les dragons pouvaient s'éprendre des princesses ? En général, ils les mangeaient ou réclamaient une rançon… Ils ne tombaient pas amoureux. Jamais.

-Accepterais-tu de me tenir compagnie à une fête ?

Ah. On y était. La véritable raison de sa présence. Il lui accorda un bref regard pour juger de sa réaction. Elle hésita un instant, rougissante. Que pouvait-elle répondre ? On ne refusait pas ce genre de faveurs à un puissant. Elle le savait très bien même si elle n'en n'avait jamais fait l'expérience.

-Je suppose… Si mes parents sont d'accord, je vous accompagnerai.

-Yukino.

Elle sursauta de nouveau. Comment faisait-il pour bouger de manière aussi silencieuse ? Elle allait finir par avoir vraiment peur et cela entrainerait une réaction violente de sa part. Elle écarquilla les yeux quand il posa sa main sur sa joue. Personne ne l'avait jamais touchée comme cela. Personne n'avait jamais eu un geste aussi doux.

-Tu n'as rien à craindre de moi.

Elle sentit un pauvre sourire lui échapper tandis qu'elle se rappelait de ses lectures où les princesses naïves se fiaient à une simple parole. La réalité était tellement plus cruelle. Oh oui, elle n'avait rien à craindre de lui disait son cœur qui battait tellement fort qu'il en étouffait la voix de la raison. Malgré elle, elle posa ses yeux sur ses lèvres en se demandant ce que c'était que de se faire embrasser. Selon les livres, peu de choses étaient plus plaisantes. Cependant, elle doutait de jamais le savoir dans la réalité.

La main de Rogue glissa sous son menton pour lui faire relever un peu plus le regard. Elle rougit et baissa les yeux, peu habituée à regarder les gens aussi franchement. Elle n'avait pas l'habitude de vraiment regarder les gens en face lorsqu'ils lui parlaient, elle gardait plutôt la tête baissée et ne répondait pas.

-Si quelqu'un te cherche querelle ou souhaite t'humilier, dis-le-moi et je le ferais cesser. Entendu ?

-Pourquoi ?

La question lui échappa et elle rougit. Il lâcha son menton, visiblement surpris de la question. C'était étrange de se dire que même sans que son visage laisse passer quelque chose, on pouvait presque suivre ses pensées en le regardant dans les yeux. Cela devait lui poser des problèmes car si peu osaient fixer ses prunelles à la couleur du sang, il était malgré tout facile de savoir s'il était sincère ou non…

-Pourquoi ? répéta-t-il.

Elle n'aurait pas dû. C'était indiscret. Maintenant, elle n'avait plus le choix et elle allait se couvrir de ridicule. Elle aurait dû laisser Sorano seule avec Mirajane et rester dans son lit à jouer la malade. Elle n'avait encore jamais utilisé ce prétexte pour échapper aux rares sorties obligatoires, peut-être que sa sœur se serait laissée convaincre ? Au moins, elle n'aurait pas revu Rogue…

-Pourquoi tant d'attentions ? précisa-t-elle malgré tout. Je n'ai rien… Ni fortune, ni amis, ni influence. Je ne suis pas une personne intéressante. Je n'ai jamais attiré l'attention, mis à part quand je me montre maladroite. Je ne suis pas celle qui a des histoires fabuleuses à raconter ou des potins incroyables… Je ne joue pas d'un instrument, je ne chante pas… Je n'ai aucun talent. Alors pourquoi est-ce que d'un coup, une personne influente me remarquerait ? Pourquoi un seigneur dragon qui est au-dessus des lois se montrerait-il si gentil ?

Elle reprit son souffle en tremblant. Ça y est. Elle l'avait dit. Elle avait dit ce qui la torturait. Elle aurait peut-être la réponse qu'elle redoutait mais quelle importance ? Au moins, elle saurait. Elle saurait qu'elle avait tort de rêver en pensé à lui et que si elle le trouvait beau, elle n'avait pas à espérer qu'il la remarque.

-Alors pour toi, je cherche juste à t'abuser parce que tu es une proie facile ?

Il eut un sourire triste. Elle ferma les yeux, sentant les larmes perler. Oh non non non ! Elle était suffisamment ridicule comme cela. Elle n'allait pas en plus se mettre à pleurer. Et pourtant, une larme coula sur sa joue. Elle sentit Rogue l'écraser avec son pouce.

-Ne pleure pas. Je n'aime pas te voir soucieuse. Je comprends que tu te méfies de moi. Ce n'est pas ta faute. Là…

Elle allait être honnête, décida-t-elle. Elle n'avait plus rien à perdre désormais. Comme ça, le jour où elle serait vieille fille, elle pourrait repenser à cela en soupirant avec peut-être un peu de nostalgie mais au moins, le doute ne la torturerait pas. Elle serait peut-être même fière d'avoir été honnête.

-Ce n'est pas ça. C'est trop… inespéré. Je ne suis rien ici, même les domestiques sont plus importants que moi. Ce serait… comme dans un livre. Et les livres, ce n'est pas la réalité. C'est ridicule n'est-ce…

Il posa un doigt sur ses lèvres pour la faire taire. Elle rougit. Pourquoi fait-il cela ? Pourquoi lui faisait-il comprendre qu'elle n'avait pas à parler ? Et qu'était-ce que cette lueur amusée dansant dans ses prunelles rouges ?

-Mais toutes les histoires ont une parcelle de vérité. Il retira son doigt de ses lèvres. Je n'ai aucune mauvaise intention à ton égard. S'il le faut, je le jurerai devant les dieux. Le veux-tu ?

Elle fit non de la tête. Non, elle le croyait. Il ne promettait pas monts et merveilles, il ne s'engageait pas sans raison. Elle nota dans un coin de sa tête qu'il disait « les dieux. » A Fiore, on ne croyait qu'en un dieu, unique et tout puissant. Ainsi donc, il n'avait pas le même système de croyances qu'ici. Avait-il la même définition de l'honneur ? Des lois ?

-Accompagne-moi à la fête. Personne ne te blessera, que ce soit sur le plan physique ou mental, j'y veillerai. Tu verras. Et je pense que tu comprendras. Viendras-tu ?

-Je viendrais.

Il lui sourit. Et il tourna les talons pour quitter la pièce. Il s'arrêta à la porte, lui lança un sourire par-dessus son épaule et sortit. Orga prit sa place dans la pièce.

-Ça va ?

Elle s'assit sur une échelle qui permettait d'atteindre les rayons les plus hauts sans se soucier de tacher sa robe. Elle avait les jambes qui tremblaient. Elle devait s'asseoir avant de tomber. Elle serrait encore contre elle le livre qu'elle n'avait pas rangé, comme une femme sur le point de se noyer s'accrochait à un rocher ou à une planche de bois. Si elle lâchait, elle mourrait.

-Ce fut intense. Mais je vais bien. Cousin, est-ce que vous…

-Arrêt'd'm'vouvoyer, on est d'la mêm'famille m'int'nant.

De la famille. Elle n'avait jamais eu que Sorano. Maintenant, elle avait sa cousine Mirajane et le mari de cette dernière. Ce n'était pas si mal non ? Trois personnes de sa famille si on oubliait ses parents qui se seraient volontiers débarrassés d'elle s'ils l'avaient pu.

-Est-ce que tu connais beaucoup Rogue ?

-On est arrivés d'c'vous app'lez l'Est en mêm'temps. J'suis pas son meilleur ami, c'est Sting. Mais J'suis un bon ami à lui, oui.

-Il m'a invité à une fête.

-Il m'a parlé d'une f't'. Truc de dragon. Mais Yuna y va. Si Yuna y va, t'as pas à avoir peur. Sting laisserait jamais sa sœur s'm'ttre en danger.

Il lui avait dit de toute façon qu'elle n'avait rien à craindre et elle avait choisi de lui faire confiance là-dessus. Oh ! Il y avait tellement de choses qu'elle aurait voulu demander par rapport à cette conversation ! Notamment du point de vue religieux, elle ne savait rien de la religion à l'Est ! A quoi pouvaient ressembler les croyances de gens obligés de se battre pour survivre ? Elle n'avait même pas l'ébauche d'une réponse ! Ce n'était pas juste !

-Je peux te poser une question cousin ?

-Laquelle ?

-D'où viens-tu ? A l'Est ?

Il lui désigna une carte accrochée à un mur. On aurait dit une carte du continent, sauf qu'elle était beaucoup plus détaillée, montrant notamment quelques terres par-delà les mers. Elle poussa un cri de joie. Une carte ! Une vraie carte qui ne se bornait pas aux frontières de Fiore ! Elle nota d'ailleurs que les quelques frontières que l'on mettait pour les pays voisins ne correspondaient pas vraiment. Certains traits pour les frontières ne se ressemblaient pas, comme s'il existait différents types de frontières.

-J'suis né là.

Orga lui montra du doigt le sommet d'un pays au Nord. Elle ne pouvait pas lire les caractères sur la carte mais c'était un pays que l'on nommait Seven à Fiore.

-Là où'y fait vraiment froid. T'll'ment qu'la mer gèl'l'hiver.

-La mer peut donc vraiment geler ?

Elle avait entendu parler de ce phénomène sans jamais le voir. Mais les images qui s'imposaient à son esprit, les vagues immobiles, le soleil sur la glace, la puissance retenue… Oh oui, rien que cela la faisait rêver.

-Pour sûr. On est mêm'obligé d'creuser dans la glace pour pêcher. Bon tu prends c'livr'ou t' continues d'l'regarder ? Tu pourras 'rv'nir lire ses copains t'sais ?

Elle venait de trouver son paradis. Une bibliothèque pleine de livres nouveaux à lire, deux cousins agréables… Peut-être qu'elle pouvait reprendre foi en la vie ?


Voilà donc Yukino invitée à une fête. Mais quel genre de fête ? On se le demande... A dimanche j'espère !

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