Et voici la suite ! Il va s'y passer certaines choses... Prêts ?

Petite réponse aux reviews :

Taraimperatrice : coucou ! Tu vas bien ? Et oui, bande de petits chanceux :p Ren a pas trouvé ça très drôle non. Moi non plus je ne m'attendais pas à ce que Yukino écrive ça XD T'en fais pas, Yukino va se rattraper ! Mais oui, elle s'est rattrapée avec son petit mensonge. T'en fais donc pas pour Rogue, c'est le héros... Bisouilles !

didie : "super" reste très bien pour moi ^^ Merci !

Bonne lecture !


Si elle devait reconnaitre une chose à propos de son geôlier et fiancé, c'était qu'il avait eu l'obligeance de lui faire apporter quelques affaires. Des vêtements mais pas de livres. Il demanda même à ce que Célia vienne à son service, ce qui fut un soulagement pour la jeune fille. Elle pouvait aller à sa guise dans la grande maison vide mais n'avait pas le droit de sortir. L'arrivée de Célia était une véritable bouffée d'air frais, son seul lien avec le monde extérieur.

-Oh mon Dieu Célia tu vas bien ! Je suis soulagée !

-J'ai livré mon message, exactement comme vous me l'avez demandé. Est-ce que vous allez bien ?

-J'ai fait croire à Osman que je n'étais plus vierge pour tenter d'échapper à des fiançailles. Il a décidé de passer outre et de me séquestrer ici en attendant.

La stupeur se peignit sur le visage de la domestique. Puis elle commença à rire. Tellement qu'elle fut obligée de s'asseoir sur le lit en se tenant les côtes. Des larmes perlèrent à ses yeux. Yukino hésita entre se fâcher et rire aussi du ridicule de la situation.

-Oui je sais, il y a bien mieux comme excuse. J'aurais pu dire que…

-Oh mademoiselle ! Vous êtes incroyable ! Oser lui jeter ça à la figure ! Oh comme j'aurais aimé voir sa tête !

Oh non, elle n'aurait pas voulu. Mais le rire de la servante mis un peu de baume au cœur à Yukino. C'est vrai que ce n'était pas le genre d'excuse que l'on sortait. Surtout lorsque l'on savait qu'elle n'avait jamais échangé ne serait-ce qu'un baiser avec quelqu'un… D'ailleurs, qu'est-ce que c'était qu'embrasser quelqu'un ? Etait-ce aussi agréable que les livres le laissaient entendre ?

-Avez-vous vraiment… ?

Yukino rougit fortement. Elle comprenait la question, ce n'était que de la curiosité. Mais aborder un tel sujet… Enfin, elle lui devait bien des explications non ?

-Non.

Malheureusement, eut-elle envie d'ajouter au vu de sa situation. C'est vrai après tout. Si elle devait être déshonorée pour quelque chose, autant que ce soit vrai. Elle aurait au moins voulu pouvoir perdre son premier baiser… Parce que sa mère avait promis de l'envoyer dans un couvent si jamais Osman décidait finalement de ne plus l'épouser. Et qu'elle ignorait si elle reverrait Rogue un jour.

-Oh mademoiselle… Vous ne savez pas ce que vous ratez !

C… Comment ? Alors elle… Mais elle avait son âge ! Elle n'était pas mariée et avait déjà connu ce genre de commerce ? Oh ! Elle avait, bien entendu, dire que le peuple avait des mœurs un peu plus libre mais… Oh c'était très gênant ! D'un autre côté, elle avait, à sa plus grande honte, envie de savoir.

-Tu as…

-Oh… Pas tant que ça mais oui… Ça vous dérange ?

-Je… Non ! Ce n'est pas… Enfin tu peux faire entrer qui tu veux dans ton lit, ça ne me regarde pas !

-Vous voulez que je vous apprenne mademoiselle ?

-Me… Me quoi ?

-Comment satisfaire un homme au lit… Ça peut toujours servir !

Elle rougit encore plus. Oh misère ! Déjà qu'elle ne voulait pas avoir ce genre de conversation avec sa sœur… Si en plus sa camériste s'y mettait… Elle préféra ramener la conversation sur un autre sujet : Osman voulait que son « invitée » se joigne à lui pour diner. Elle choisit donc une robe convenable et pas plus. Elle refusait de faire un effort pour lui. Au contraire, si elle devait en faire, ce serait pour paraitre fade !

Elle se retrouva donc à devoir descendre pour le diner, priant pour qu'une fois dans sa vie, sa poisse lui serve à quelque chose. Le maitre des lieux l'attendait en bas. Il lui offrit son bras qu'elle refusa. Non, elle ne ferait pas ami-ami avec cet homme. Elle le refusait. Elle pouvait se montrer calme mais pas soumise et tremblante de peur.

Il l'escorta jusqu'à la salle à manger et lui tira la chaise de manière parfaitement polie. Elle ne dit pas un mot et déplia sa serviette sur ses genoux en attendant qu'il aille s'installer à l'autre bout de la table. Le couvert était simple mais tout de même plus élégant que celui dont elle avait l'habitude. Etait-ce le service habituel ou faisait-il des efforts pour l'impressionner ? « Regarde-moi, je suis riche, j'ai donc les moyens de faire tout ce que je veux… »

-Votre chambre vous convient-elle ?

Les meubles étaient dépareillés et le lit avait plusieurs lattes de cassées. La fenêtre était dure à ouvrir et la vue la déprimait. Mais elle choisit de n'offrir aucune plainte à son geôlier. Elle décida de ne pas mentionner non plus le repas insipide qu'elle avait eu pour le déjeuner et le diner ainsi que l'absence de collation pour le thé.

-Elle me convient.

On apportait l'entrée. Des crudités, sans sauce, sans rien pour apporter un peu de gout. Voulait-il la punir de son coup de la veille ou mangeait-il toujours de façon si austère ? C'était étrange parce qu'il avait beaucoup de belles choses malgré un manque flagrant de bon gout.

-Pour ce qui est de mon projet pour vous… Que vous soyez vierge ou non ne m'importe pas. Je vous épouserai malgré votre dot si mince parce que je ne manque pas cruellement d'argent. Quant à ce Cheney… Ne vous attendez pas à le revoir. Ni lui, ni les autres. J'ai… d'autres projets pour eux.

-Vous désirez vous débarrasser des dragons.

-Me débarrasser ? Quel joli mot ma douce !

Elle se crispa. Il lui fallut toute son énergie pour ne pas lui envoyer à la figure son assiette de crudités. Elle se contenta de le laisser continuer. De toute façon, il n'attendit pas la suite. Il continua sur sa lancée, un verre de vin à la main. Il allait finir par se tacher s'il continuait de bouger de la sorte…

-Eliminer ! Eradiquer les dragons oui ! Ce ne sont que des monstres assoiffés de sang et d'or. Ils étaient une solution bien trop facile. Maintenant qu'ils sont dans le royaume, ils vont le détruire de l'intérieur, dévorant le bétail et les habitants sans distinction ! Ils méritent tous d'être détruits. Malheureusement, jusqu'à présent, mes tentatives ont échoué…

Elle manqua de s'étouffer. Ses tentatives ? Elle en oublia son plan et cessa de manger en silence.

-C'était vous ! A la bibliothèque… Vous avez envoyé un homme de main pour vous en prendre à Yuna !

-C'était moi, concéda-t-il. Cette… demoiselle Eucliffe aurait fait un bon avertissement, une cible facile pour tester la puissance de mon… Comment avez-vous dit ? Ah oui ! Mon homme de main. Il perdit son air charmant pour la regarder froidement. Et vous osez fricoter avec l'un d'eux… Lorsque vous serez ma femme, je vous montrerai comment une dame doit se tenir, que ce soit en public, en privé ou au lit.

Oh que non. Elle ne le laisserait pas lui montrer ce genre de choses. Elle serait partie bien avant. Ou peut-être qu'on viendrait la sauver, comme dans ses livres… Elle termina son assiette en silence et attendit tandis qu'il évoquait son intention de faire appel au plus grand démon de tous les temps, créé par Zeref le mage noir en personne. Celui au nom si terrifiant qu'on ne pouvait que l'invoquer par son diminutif, E.N.D. Elle frissonna. Alors c'était lui qui avait offert ces neuf sacrifices ? Non, décidément, elle ne voulait pas de lui.

-Quoi qu'il en soit, après-demain, vous serez ma femme.

Elle s'étouffa avec son verre d'eau. Quoi ? Comment ? Oh non ! Pas question ! Elle devait gagner du temps ! A tout prix !

-Après-demain ? Mais je n'ai rien ! Laissez-moi au moins prévoir…

-Vous devriez baiser mes pieds de vous épouser malgré votre tare.

Oh que non. Non. Elle ne voulait pas l'épouser. Elle préférait rester célibataire. Et vierge, vu qu'elle l'était… Enfin ce détail, elle le garderait pour elle devant lui. On apporta le plat principal, ce qui lui permit de ne pas avoir à répondre. Du poisson, sans gout. Avec de la soupe. Comme c'était étrange. Et lui mangeait cela comme s'il s'agissait d'un plat délicat.

-Vous n'aimez pas ?

Elle venait de tomber sur une arrête. Oh joie… Il fallait qu'elle trouve l'unique arrête dans ces bouts de poisson. Elle attrapa sa serviette pour faire miner de nettoyer sa bouche et en profita pour cracher l'arrête dedans. Elle la remit ensuite sur ses genoux comme si de rien n'était.

-Le repas vous convient-il ?

Fade, insipide, sans gout. Elle ravala ses critiques avec sa cuillérée. Elle était retenue ici contre son gré. Elle ne pouvait pas se permettre de le contrarier. Certes, elle ne s'était pas montrée toute docile mais il semblait prendre cela avec bonne humeur. Elle ne tenait pas à lui tenir tête plus que de raison.

-Vous avez des gouts intéressants…

C'était tout ce qu'elle arrivait à trouver d'acceptable. Rien de plus. Il n'y avait ni sel, ni poivre sur la table chargée de fleurs. Tellement d'odeurs différentes que Yukino n'arrivait pas à deviner ce qu'il y avait dans sa soupe et sentait pointer une migraine. Elle s'obligea à manger en tentant d'en faire abstraction. Se laisser dépérir n'apporterait rien. Elle terminerait faible et alitée en permanence, plus vulnérable qu'à l'heure actuelle.

La suite du repas fut tout aussi ennuyeuse. Il parlait beaucoup, de lui, de ses projets… Elle n'avait qu'à acquiescer de temps en temps pour lui faire plaisir. Il l'agaçait mais elle ne pouvait qu'attendre, attendre qu'il baisse sa garde ou qu'il la laisse seule. Sa malchance fut même un atout pour elle. Elle fit tomber à un moment un couteau aiguisé qui ne servait visiblement à rien d'autre qu'à décorer. Yukino se pencha pour le ramasser mais un domestique la doubla. Osman se contenta de rire et de lui demander de laisser. On le ramasserait plus tard, de toute façon il ne servirait pas et ne gênerait personne. Tandis que le domestique tournait la tête, elle le récupéra, se redressa et le glissa sous sa serviette. Elle avait une arme désormais. Elle ne savait pas ce qu'elle en ferait mais au moins, elle pourrait se défendre. Elle la glissa dans les plis de sa robe lorsque le repas fut terminé, La tenant en place grâce à sa main qui relevait assez le tissu pour qu'elle ne marche pas dessus. Osman ne lui demanda pas de lui tenir compagnie. Elle regagna donc sa chambre et dissimula le couteau sous son oreiller. Elle batailla pour ouvrir la fenêtre puis se pencha afin de voir à quelle hauteur elle se trouvait. On l'avait installée tout en haut, au troisième étage de cette bâtisse trop étroite. Même en déchirant ses draps et en les nouant pour former une corde, elle ne pourrait pas descendre. Il y avait un garde devant sa porte, elle le savait. Elle ne pouvait donc pas sortir par la fenêtre ou par la porte. Elle ne pouvait pas détruire le mur. Il avait été taillé dans la pierre, une pierre solide et très peu friable. Dégager un passage avec un vulgaire couteau lui prendrait trop de temps. Elle serait mariée et mère de plusieurs enfants avant de pouvoir atteindre l'autre pièce.

Elle devait trouver une autre solution. Elle pouvait sortir, tuer le garde et s'enfuir en priant pour qu'on ne découvre pas ce qu'elle avait fait. Mais elle savait qu'elle en était incapable. Elle ne pouvait pas tuer un homme qui n'y pouvait rien si elle était enfermée ici. Et même si elle l'avait voulu, elle ignorait comment s'y prendre. Elle savait par ses planches d'anatomie et ses lectures quelles grandes veines il fallait viser. Mais en pratique, elle ignorait tout. Elle ne savait pas comment elle devait planter la lame. Et même si elle l'avait su, l'homme ne serait pas mort tout de suite. Il aurait peut-être eu le temps de donner l'alerte, de se défendre… Elle était vraiment stupide de se croire sauvée avec son couteau…

Avec un soupir, elle s'assit sur son lit. Le seul avantage à sa situation était qu'elle n'avait rien à faire mis à part réfléchir. Rien pour la distraire, rien pour… Oh ! C'était ça ! Elle pouvait jouer la carte de l'ennui ! Avec un sourire, elle se leva. Elle quitta la chambre comme si c'était tout à fait naturel. Le garde lui barra la route.

-Vous devez rester dans votre chambre mademoiselle.

-Je sais. Mais je vais juste à la bibliothèque chercher un livre.

Le garde hésita, clairement. Il n'avait pas l'air bien vieux. Visiblement, ses ordres étaient clairs. Elle ne devait pas sortir. Elle s'y était attendue. Aussi prit-elle un air innocent pour insister, juste un peu :

-Vous n'avez qu'à m'accompagner. Comme ça, vous verrez que je ne vais pas m'enfuir. Et puis, j'ignore où je dois me rendre, vous me servirez de guide afin que je ne perde pas trop de temps.

A moins qu'il ignore où se trouvait la bibliothèque. Et dans ce cas, elle ne pourrait plus quitter la chambre pour tenter de repérer les lieux. Et ensuite ? Elle l'ignorait. De toute façon, depuis le départ, son plan n'était qu'une suite d'improvisations. Un peu plus, un peu moins…

-Vous savez où se trouve la bibliothèque ?

-Elle est interdite aux domestiques.

-Mais je ne suis pas une domestique. Je suis une invitée. Ainsi que la fiancée de votre maitre. Le mot « fiancée » lui tira une grimace mentale. Donc je n'ai aucun interdit, n'est-ce pas ?

Il hésita, pensant le pour et le contre. Puis il finit par céder et l'escorta à travers un dédale de couloirs. Il ne dit pas un mot mais semblait très nerveux. Ce ne devait pas être prévu que la fiancée du maitre voudrait se balader dans les couloirs. Yukino ne dit pas un mot et soupira d'aise quand elle fut dans la bibliothèque, seule. Il n'y avait pas tant de livres, juste deux étagères. Le garde resta à l'entrée, sur le seuil, mais elle sentait son regard dans son dos. Elle parcourut les reliures du regard avant d'en prendre un au hasard. Elle tira plus fort que prévu parce qu'ils étaient terriblement serrés sur l'étagère. Si bien que lorsque le livre quitta son étagère, par solidarité, tous ses amis suivirent. Yukino pesta mais commença à tout ranger. L'un d'eux attira son attention. Il s'était ouvert et des écritures étranges courraient sur ses pages. Avec un sentiment de révulsion, elle le ferma. La couverture était douce, douce comme les fesses d'un bébé. Oh non. Non ! Ils n'avaient pas osé faire ça ? ! Elle le reposa sur l'étagère, dégoutée. Elle ramassa les autres, jetant un coup d'œil dedans à chaque fois. Tous avaient le même genre d'écriture et dégageaient quelque chose de malsain. La jeune fille tenta de trouver une lecture plus correcte mais ne trouva rien. Tous avaient un pentacle sur la première page.

-Que se passe-t-il ici ?

Elle sursauta et se retourna. Osman. Elle n'avait pas fait attention. Elle songea au couteau qu'elle avait bêtement laissé dans la chambre qu'elle occupait. Il marcha sur elle. Elle déglutit, terrifiée.

-Que faites-vous ici ?

-Je… Je m'excuse, je voulais simplement un peu de lecture… Mais tous vos livres ont un pentacle…

Comme si elle s'était arrêtée à ça. Mais il n'était pas obligé de le savoir. Osman jura, ce qui la fit rougir. On ne jurait pas devant les dames. Il l'attrapa par le poignet et la tira hors de cette pièce. Elle manqua de trébucher parce qu'il marchait trop vite et lui broyait le bras. Il la raccompagna jusqu'à sa chambre et la jeta à l'intérieur sans ménagement. Elle s'étala par terre et releva vivement la tête. Il semblait fou, la pupille réduite à une tête d'aiguille, les yeux blancs…

-Je vous interdis de quitter cette pièce sans autorisation, est-ce clair ? Et toi !

Il attrapa le garde par le visage. Yukino vit avec horreur la peau de ce dernier virer au gris tandis que la peau se collait aux os. Lorsqu'Osman le lâcha, il tomba par terre, raide. Elle hurla. Il venait de le tuer ! Sans qu'elle sache comment ou pourquoi, il venait de pomper toute la vie de cet homme. Osman se mit à rire, un rire dément, inhumain. Il donna un coup de pied au cadavre tandis que Yukino rampait doucement loin de la porte. Fou. Cet homme était fou. Elle nota avec horreur que les rides au coin de la bouche de l'homme s'étaient gommées et que sa peau semblait plus jeune. Elle déglutit. On voulait lui faire épouser ce fou ? Et elle se croyait en sécurité avec un couteau ?

-Et bien ? On ne vient pas souhaiter le bonsoir à son fiancé ?

Il entra dans la pièce. Elle resta à terre, incapable de bouger. Il la souleva, la remit de force sur ses pieds puis la poussa sur le lit. Elle tenta de lui donner un coup de pied mais il attrapa sa cheville.

-Il y a une question que je me pose. Comment avez-vous fini dans le lit de ce Cheney ? Vous êtes-vous jetée dedans ? Ou allez-vous prétendre qu'il vous a forcé ?

Elle chercha à tâtons le couteau qu'elle avait subtilisé pendant le souper. Elle n'avait plus le choix. C'était elle ou lui. Et malheureusement, l'instinct de survie primait sur les bonnes manières. Sa main se referma sur le manche.

-Mademoiselle !

Le cri de Célia et le bruit de pas précipités attira l'attention d'Osman. Il cessa de fixer Yukino un instant. Elle prit une grande inspiration et planta la lame entre le cou et l'épaule. Le sang jaillit et il la lâcha. Elle se laissa tomber du lit et décampa sans se retourner.

-Yukino !

Rogue se tenait dans l'encadrement de la porte. Elle ne chercha pas à savoir ce qu'il faisait là. Elle aperçut Célia derrière lui qui se rongeait les ongles. Elle ne se demanda pas ce qu'ils fabriquaient ici. Rogue s'écarta pour la laisser passer avant de bloquer de nouveau la porte. Il prit une grande inspiration et un flot noir jaillit de ses lèvres, un peu comme Sting dans la bibliothèque. Osman le reçu de pleins fouets et heurta violemment le mur. Yukino sentit ses jambes la lâcher et elle termina à genoux sur le sol, en train de pleurer. Sa servante s'empressa de venir la consoler.

-Oh mademoiselle ! Vous allez bien !

Rogue claqua la porte. Il était pratiquement aussi imperturbable que d'habitude. S'il avait lu son mot, il n'en fit aucune remarque. Oh mon Dieu. Célia lui avait-elle donné son mot ? Elle ne voulait pas le savoir !

-Es-tu blessée Yukino ?

Il y avait du sang sur sa robe. Il lui fallut quelques minutes pour comprendre que c'était cela d'Osman. Elle se mit à trembler. Oh misère, s'ils n'étaient pas arrivés… Elle lutta contre l'envie de vomir et secoua la tête.

-Alors partons. Debout.

Il aida Célia à la remettre sur ses pieds. Elle chancela et s'appuya sur lui. Il sentait la forêt. Elle frissonna, troublée d'être si proche de lui. Ce n'était jamais arrivé avant, qu'ils soient si proches physiquement parlant.

-Yukino, il faut partir. Maintenant.

Elle réussit à faire quelques pas. Ensuite, elle se mit à courir, entrainée par Célia. Rogue ouvrait le chemin. Il leur fit descendre les escaliers. A un moment, ils croisèrent deux gardes. Le brun bondit, quelque chose de noir autour de la main, comme le flot noir qu'il avait craché sur Osman. Les gardes volèrent plus loin.

-Dépêchez-vous !

Au lieu de sortir par l'entrée principale, il leur fit emprunter la sortie des domestiques, sans se soucier d'être vu. Une fois dehors, Yukino se mit à claquer des dents. Le choc et l'air frais avaient raison de sa résistance. Elle fut néanmoins soulagée d'être dehors et se fit la réflexion que décidément, il se passait bien des choses. Rogue lui jeta un coup d'œil avant de retirer sa cape et de la poser sur ses épaules.

-Tiens le coup. Ce n'est pas le moment de s'effondrer.

Ses joues étaient humides. Elle renifla, les essuya de la main avant d'acquiescer. Tenir, encore un peu, un tout petit peu. Rogue les fit marcher à l'ombre, s'arrêtant quand quelqu'un passait, préférant les ruelles aux grandes rues. Où les emmenait-il ? Visiblement, près des beaux quartiers. Bientôt, elle reconnut la maison de Mirajane. Il les fit s'arrêter à l'ombre dans un coin.

-Avec un peu de chance, il sera levé.

Et aussi furtif qu'une ombre, il alla toquer à la porte des domestiques. Quelques minutes plus tard, la porte s'ouvrait et une grande silhouette se dessina dans l'ombre. Orga. Il n'y avait que son cousin par alliance pour avoir une telle stature. Mais que faisait-il debout alors que toutes les lumières de sa maison étaient éteintes ? Quoi qu'il en soit, Yukino fut ravie de voir où Rogue les avait emmenées. Elle se sentit enfin en sécurité depuis son départ de la maison de ses parents. Elle nota que l'entrée des domestiques n'était pas loin de la cuisine où de la braise couvait sous la cendre. C'est là qu'ils s'installèrent tandis qu'Orga rallumait le feu.

-Tu d'vais pas faire des trucs d'dragon ?

-J'ai pris une pause. Célia est venue me dire qu'Osman préparait les hostilités.

Face à l'étonnement du géant, il désigna d'un vague signe de tête Yukino. Elle rougit et baissa la tête. C'était sa faute. Tout ceci était sa faute. Si elle n'avait rien dit…

-Il faut que j'y retourne avant que la diversion de Sting ne se termine. Est-ce que je peux te les confier ?

-S'ront en sécurité ici. T'en fais pas. Allez, dégag' salop'rie.

Yukino releva la tête en écarquillant les yeux. Rogue se contenta de son ombre de sourire habituel.

-Merci.

Et il quitta la cuisine. Yukino le suivit du regard, triste de déjà le quitter. Elle reçut une tape sur la cuisse de la part d'Orga.

-S'tu veux lui parler, d'p'che-toi.

Elle ne se fit pas prier. D'autant plus qu'elle avait toujours sa cape. C'était une bonne excuse non ?


Non, nous ne verrons pas Célia donner des leçons de galipettes à Yukino, désolée ! Et pour information, Osman souffre d'une maladie dont je ne me souviens plus le nom qui fait qu'il n'a ni odorat ni de capacités gustatives. Son cuisiner le roule donc en lui faisant croire que c'est bon alors que non... C'était le détail du jour XD

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