Dans le précédent chapitre ...

Sainte Maïa fait partie des nobles mondiaux et vit à Marie Joie où elle devait prochainement se marier à Saint Charlos. Elle découvre que des esclaves ont pour projet de s'enfuir, elle décide de faire partie de leur voyage.


Arc 1: La dragon céleste: un voyage inattendu. Deuxième vague.

« Le travail a été fait pour l'homme, et non pas l'homme pour le travail. » De Jdan Noritiov.

Le petit groupe longeait les grandes demeures, et se cachait de temps en temps pour ne pas croiser les nombreux gardes. Ils commencèrent à emprunter un petit escalier en colimaçon qui descendait jusqu'au port qui se situait en bas de Marie-Joie . Ils dévalèrent les marches avec discrétion, essayant d'éviter les matériaux qui servait à restaurer les lieux. Il n'y avait pas beaucoup de lumière, mais assez pour pouvoir voir où ils mettaient les pieds. Sainte Maïa suivait le mouvement, sans broncher, ce qui étonna les esclaves en fuite. C'était une véritable chance qui s'offrait à eux. Normalement cet escalier servait aux marines pour qu'ils puissent circuler dans la ville sainte en toute discrétion. Mais le lieu était en réparation depuis quelques jours et un des gardes qui était chargé de le surveiller en avait averti Pablo. Pablo c'était le meneur du petit groupe. Il avait noué une amitié avec le garde du fait qu'il allait souvent au port avec son maître. Il avait ainsi échafauder le plan de fuite pour lui et les trois autres esclaves.

Une fois arrivée vers les bateaux amarrés, Pablo alla en repérage. Une fois qu'il fut rendu sur un des navires, il leur fit signe de venir un par un. Cette situation fut rire Maïa, elle se croyait dans un livre d'aventure. Qui aurait cru que un jour, elle se retrouverait avec des esclaves entrain de fuir ? Cette pensée la fit encore plus rire intérieurement.

Elle se hissa sur la petite caravelle. Les occupants du bateau faisaient des rondes régulières, mais les esclaves avaient tout prévu et connaissaient chaque déplacements des matelots. Et c'est ainsi que Maïa se retrouvait dans une cale humide, poisseuse, boueuse, coincé entre une caisse et l'un des esclaves.

_Pourquoi ça a été si facile de s'échapper ?! Demanda t-elle surprise.

Les trois adultes se regardèrent tour à tour. Évidemment, elle n'avait eu besoin de rien faire, juste les suivre. Leur plus gros souci avait été de défaire leur collier, mais ils avaient trouvé le point faible du mécanisme.

_On, … on prépare cette évasion depuis des mois. Nous avons beaucoup observé les déplacements des gardes et des bateaux. Princesse Maïa, tenta un des hommes.

En réalité leur plan était beaucoup plus minutieux. Entre deux et trois heure du matin, les gardes étaient moins nombreux et souvent les escargosurveillances piqués un petit somme. En plus l'escalier n'était pas gardé car ils avaient eu la complicité du veilleur.

La chance devait être de leur coté alors se dit la jeune femme, ne cherchant pas plus loin. Mais elle pensa qu'il aurait été judicieux de prévenir la sécurité, elle rumina dans sa tête que cette bande d'incapable ne surveillait pas assez bien la ville. Puis après un instant de réflexion elle se dit à elle-même avec un large sourire -Au pire ce n'est plus mon problème ...- Oui, ça ne serait plus jamais son problème.

Après quelques heures d'attentes, le navire se mit à bouger. La chaleur dans la cale était étouffante. Les maigres provisions du petit groupe d'esclave s'abaissa peu à peu. En effet le dragon céleste dès que son ventre avait crié famine avait menacé ces compagnons de fortunes de crier pour prévenir les matelots de leur présence. Les jours passèrent et la noble se demandait bien pourquoi elle s'était engagée dans ce périple. Elle respirait le même air que ces cancrelats désormais. Elle crut même à un moment avoir attrapé une de leur maladie. Puis tournant ces réflexions en rond elle se félicita d'avoir quitté cet endroit et surtout fuir ce mariage. A la revoyure or diamant et saphir ! Bonjour la liberté. Elle riait intérieurement. Même ci elle avait faim . Pourquoi la gamine la regardait ?

_Un problème déchet ? gronda t-elle.

_Non maîtresse.

_Ne m'appelle plus maîtresse … ni princesse.

Le regard noir de la jeune femme dissuada la fillette de continuer à la regarder. La faim, la soif, elle n'avait jamais connu ça. Elle qui n'avait jamais manqué de rien, son ventre étant toujours rempli. En ayant assez de cette faim qui la tenaillait elle ordonna à l'esclave le plus proche d'elle :

_Va me chercher à boire et à manger !

_Mais … Majesté si je fais ça on va nous repérer, murmura l'homme en baissant le regard.

Malgré le fait qu'elle n'ait plus aucuns pouvoir en face de lui, cette jeune femme le terrifiait. Il ne pouvait s'empêcher de la craindre, n'oubliant pas en quelques jours ce qu'il avait vécu pendant des années.

_Alors je vais ... Elle n'eut pas le temps d'en dire plus que la femme esclave du groupe avait assommé la dragon céleste. Le corps de la dragon céleste s'affaissa. Les autres esclaves la regardèrent, reconnaissante. La voir inconsciente était la plus belle chose qu'ils avaient vu dans leur vie. Ils la ligotèrent fermement, en n'oubliant pas de lui couvrir la bouche. L'un des hommes proposa après un moment de réflexion :

_Et si on la tuait ? On en rêve tous ! Et là on a une occasion en or de se venger.

Les trois adultes se regardèrent, la petite voix de la jeune esclave se fit entendre, elle prononça un petit non hésitant. Les adultes abandonnèrent leur idée, ils n'allaient tout de même pas tuer cette dragon céleste devant l'enfant même si celle-ci avait déjà vu tant d'horreur. Mais ce n'était pas l'envie qui leur manquait. De sombres pensées les enveloppèrent. La femme imaginait noyer la dragon céleste, alors que un des hommes aurait voulu un fouet de cuir.

Quand la dragon céleste se réveilla, qu'elle ne fut pas la surprise qu'elle eut d'être bâillonnée et attachée. La colère dans ces yeux pouvait en faire frémir plus d'un. Elle avait été humilié au plus haut point, comment avaient t-ils pu la traiter ainsi ? Elle leur ferait payer plus tard … oui. Il lui faudrait trouver un revolver et elle leur exploserait la tête.

Ce fut au bout de deux semaines qu'ils sentirent le bateau s'immobiliser et heurter un ponton de bois.

Maïa était épuisée, ça avait été affreusement ennuyeux et fatiguant. Elle n'avait même pas pu bouger à cause de ses liens.

Le meneur du groupe avait une idée précise pour sortir en toute discrétion : se jeter à l'eau et nager jusqu'au rivage. Ils bougèrent tous de leur position et glissèrent vers l'un des canons qui donnait sur l'extérieur alors que les matelots commençaient à presser le pas vers la cale.

Personnes en vue, ils se laissèrent tomber dans l'eau sans faire de vagues. Le meneur avait pris la décision de porter la jeune noble, toujours ficelée, même si l'envie de la noyer lui trottait dans la tête. Il ne la ménagea pas pour autant. Elle but plusieurs fois la tasse et sa tête rencontra plusieurs fois la coque du bateau. Ils contournèrent le bateau puis s'éloignèrent. Quelques navires marchands étaient amarrés aussi au port et leur permis de se cacher. L'eau salé les lava un peu de la crasse de la cale et les rafraîchit.

Dans un petit coin, à l'abri des regards indiscrets ils montèrent sur le ponton. Ils attendirent que leurs vêtements sèches. Les esclaves avaient un sourire qui montrait leur enthousiasme de retrouver leur vie. Ils dé-serrèrent les liens de la jeune femme et la laissèrent seule à son sort malgré ses protestations. Et maintenant, elle, elle faisait quoi ? Elle commença par détacher les derniers liens qui la retenaient tout en bougonnant. Depuis qu'ils l'avaient attaché une colère sombre ne la quittait pas. Aucuns respects pour ceux qui les avaient nourrit et loger ! C'était un honneur de servir les nobles mondiaux ! Elle se leva brusquement et serra les points. Toute la fatigue venait de disparaître. Elle respira à plein poumon, avant de bloquer sa respiration. Allait-elle attrapé une maladie ? Respirer le même air qu'eux était-il prudent ? De toute façon, le fait même d'être descendu au port de Marie-Joie sans protection l'avait fait respirer le même air qu'eux, donc elle devait sûrement déjà être contaminé.

La sainte regarda le ciel bleu au dessus d'elle. Elle dut mettre sa main devant ses yeux pour éviter que le soleil ne brûle sa rétine. Elle ne connaissait rien de ce monde. Mais un dragon céleste ne s'avoue jamais vaincu. D'abord manger était une priorité. Son ventre se mit à gargouiller et toute sa rage disparut. Elle s'approcha d'une ruelle. Plus loin, une grande avenue faisait le bonheur des passants. Ils riaient aux éclats et tout le monde semblait heureux. Après avoir marché quelques minutes, Maïa alla vers ce qui lui sembla l'établissement le plus fréquentable pour manger, un beau bâtiment où il était écrit sur la devanture Au Palais Royal. Lorsqu'elle entra dans le restaurant, un homme vint rapidement à sa rencontre, visiblement pas très accueillant :

_Les mendiants ne sont pas autorisés à entrer ici. Je vous prie de sortir immédiatement. La congédia l'homme en noir en lui montrant la direction de la porte. La noble le toisa de haut.

_Comment osez-vous me parler comme ça ! Qu'on me serve immédiatement de quoi me nourrir ! L'homme leva un sourcil interrogateur et appela deux hommes. La jeune femme malgré nombre insultes et mises en garde fut mise dehors, jeter comme un sac dans la rue. Outrée elle partit d'un pas décidé, mais c'est lorsqu'elle vit son reflet dans une vitre qu'elle comprit. Elle toucha son visage de sa main droite :

_Je, je ressemble à tous ses déchets ! Mais pas n'importe qu'elle déchet, on dirait une esclave !

Elle s'admira quelques instants. Fnalement elle aurait peut-être dû aller chercher quelques affaires avant de partir. Une brosse à cheveux, son parfum, du savon … et une liste interminable de chose utile et non utile. Tout le monde la regardait déambuler dans les rues, s'écartant quand elle s'approchait trop près d'eux comme si la pauvreté allait les contaminer. Elle marchait avec un pas assuré et la tête haute. C'était plutôt étrange vu qu'elle avait une paire de ballerine et une robe toute tachée ainsi que la peau sali et les cheveux emmêlés. La coiffe habituel des dragons célestes s'était abattue sur sa tête, formant une masse sans formes. La faim de Maïa était passé au second plan tellement elle se préoccupait de son apparence. Elle ne pouvait décidément pas rester comme ça. Puis elle vit un journal au sol avec une immense photo d'elle en couverture. Elle le prit à deux mains et plissa les yeux pour lire la fine écriture.

KIDNAPPING D'UN NOBLE MONDIAUX

Trois serviteurs dans la nuit de jeudi à vendredi ont enlevé Sainte Maïa Camille Eliota . Quiconque ayant vu ces trois individus est prié de contacter au plus vite les autorités et est dans l'obligation d'intervenir pour arrêter ces dangereux criminels …

Un long article sans importance faisait l'éloge des nobles mondiaux. Maïa eu un immense sourire, trouvez moi si vous le pouvez. Elle se regarda longuement de nouveau dans une vitrine et vit que personne ne se douterait qu'elle était Sainte Maïa. Elle loucha sur un vieux carton contenant quelques habits.

Mettons des habits de plébéiens ... Elle prit un t-shirt beige et un pantalon noir. Maintenant de quoi se laver, elle avait lu dans un livre que l'eau des lacs était assez propre pour faire sa toilette. Elle pivota sur elle-même. Par dessus les habitations il y avait des arbres. Elle s'égara donc dans la forêt de conifères à proximité du village. Après une ou deux heures de marche, elle trouva enfin ce fameux lac décrit dans les contes. Mais ça n'avait pas été si simple. D'abord ça ne ressemblait pas vraiment à ce qu'il était décrit dans les livres. L'eau n'était pas vraiment clair et il n'y avait pas de petits oiseaux chantant à l'unisson. Elle enleva ses vêtements et se jeta à l'eau. Ce qui n'était pas une idée de génie. Elle qui était habituée à une eau bien chaude, l'idée que l'eau dans la lac était plutôt fraîche ne l'avait pas traversé l'esprit. Alors qu'elle s'apprêtait à sortir de l'eau aussi vite qu'elle y avait plongé, une vieille femme au cheveux blancs apparut devant elle. Elle écarquillait les yeux de surprise.

_Vous vous sentez bien mademoiselle ? Il faut être folle pour rentrer dans cette eau glaciale !

_Vous croyez que je m'apprêtais à faire quoi avant que vous arriviez ! Allez vous-en !

_Ce n'est pas une façon de parler à son aîné ! S'offusqua la vieille.

Sans gêne, la jeune femme sorti de l'eau, la peau rougit par le froid. Ses lèvres roses et gercés tremblèrent, la vieille femme enleva son châle et le plaça sur le dos de Maïa.

_Ah, les jeunes de nos jours, viens chez moi pour te réchauffer. Sans protester, Maïa suivit la petite vieille dame. Peut-être avait t-elle de quoi manger ? Elle aimerait beaucoup manger un filet de roi des mers à la sauce d'orange.

Dans une petite clairière une petite maison de bois se dressait.

_Qui peut bien vivre dans un si petit endroit ? Murmura la noble en regardant indifféremment la maisonnette.

_Eh ! C'est chez moi, gronda la vieille. La jeune leva un sourcil, décidément ces larves vivaient étrangement. Une fois entrée, la grand-mère montra à son hôte la douche.

_Ne reste pas trop longtemps sous la douche, il n'y a pas beaucoup d'eau chaude, prévint la femme.

Décidément, ils vivaient vraiment bizarrement ici. Une fois sa douche prise (surtout après que l'eau soit devenue froide) , la jeune femme enfila les vêtements qu'elle avait trouvé. Elle regarda le résultat à travers un petit miroir ébréché qui se trouvait dans le petit espace. C'était pas trop mal, même plutôt confortable. Elle retrouva dans l'unique pièce de la maison , la vieille dame installant un bol de soupe. Le ventre de la jeune femme ne put retenir un gargouillement.

_On dirait que tu as faim, assis toi et mange.

_Je n'ai pas si faim que ça, mentit Maïa en basculant sa tête. Elle était une dame, et une dame n'a jamais faim. On lui avait assez répété cette phrase pour qu'elle en soit presque convaincu. Au point qu'elle s'était dit qu'elle devait être un homme vu qu'elle avait souvent faim. Elle mangea toute la soupe de son bol. Elle en racla le contenu jusqu'à la dernière goutte.

Sans un merci ou un compliment elle questionna la femme :

_On est sur quelle île ?

_On ne vient pas ici sans savoir où on va ! On est sur l'île de Shimo, fustigea la vieille. Cette gamine était bien étrange. N'avait-elle pas embarqué sur un bateau pour venir jusqu'ici ? Elle avait sûrement affaire à un cas de fugue.

_Sur Grand Line ? Demanda l'adolescente.

_Évidemment sur Grand Line ! Dans le Nouveau monde même. Comment t'appelles-tu petite? Tu es bien mal élevée.

_Pff … Si vous saviez à qui vous parliez vous baisseriez d'un ton grand-mère ! Quand à mon prénom, vous n'avez nullement besoin de savoir comment je m'appelle …

Elle ne put terminer sa phrase qu'une main venait de la gifler. La jeune femme se leva brusquement pour répliquer mais la vieille était debout sur la table en position de combat. Elles se regardèrent, Sainte Maïa n'avait jamais reçu de gifle. La douleur cuisante sur sa joue lui donnait les larmes aux yeux. La vieille femme demanda :

_Quoi ? Tu ne vas pas pleurer pour une petite claque ! On ne t'a jamais appris à dire merci, s'il vous plaît et toutes les autres marques de politesse ? Je vous jure, les jeunes...

La femme fulminait. Elle avait voulu seulement venir en aide à cette gamine sans rien en retour mais son hôte ne semblait nullement reconnaissante. Elle ne demandait juste qu'elle soit un minimum poli dans sa modeste petite maison.

La jeune femme s'assit et quelque chose venait de germer dans sa tête. C'était ça qu'on ressentait quand on recevait une gifle ? La vieille femme lui avait parlé de politesse. Elle n'en faisait preuve que envers ses semblables, mais maintenant qu'elle était parti de Marie Joie faisait tel parti du même milieu que ces larves ? Elle devrait s'habituer à tout ça si elle ne voulait pas retourner dans la ville sainte. Dans son cerveau, ces pensées filaient à toutes vitesses. Elle était partit. Elle avait décidé de ne pas y retourner. Elle ne pourrait pas s'en sortir seule, il fallait qu'elle apprenne de ses personnes.

_Grand-mère, apprenaient moi à être une plébéienne.

La vieille femme ouvrit de grands yeux ronds. Qui utilisaient encore le mot plébéien de nos jours ? Et puis elle venait d'où cette gamine pour parler comme ça ? Ce mot elle l'avait déjà entendu, mais c'était il y a longtemps, dans un monde qu'elle ne voulait plus cotoyer. Puis le journal lui revint à la mémoire, elle alla discrètement là où elle l'avait laissé. Ses yeux faillirent sortir de leurs orbites tellement elle fut prise de surprise lorsqu'elle vit que la noble sur la photo ressemblait presque à la jeune fille qui se trouvait devant elle. Ses yeux couleurs menthe à l'eau … ses cheveux couleurs chocolats et si brillant … Tout devenait plus clair, une petite capricieuse comme elle ne pouvait venir que de ce milieu. La jeune fille en face d'elle était ce qu'il y avait de pire au monde. La vieille femme se dirigea vers une petite commode et en sorti un revolver. Son regard était voilait, ses traits tendus.

_Que faites-vous ? Questionna la dite « capricieuse » en regardant par dessus l'épaule de la vieille dame. La femme braqua son arme sur elle soudainement, Maïa leva un sourcil, ne voyant pas vraiment le danger devant elle.

_Je fais ce que j'ai toujours rêvé de faire ! Vous m'avez pourri la vie pendant plus de quarante ans, l'occasion est trop belle ! Je vais enfin prendre ma revanche sur vous, les dragons célestes !

Le visage de la vieille femme avait pris une expression de dégoût et de colère, ses sourcils fins et gris étaient maintenant froncés.

Sainte Maïa réalisa enfin qu'elle avait un revolver sur le nez. Mais qu'avez t-elle fait ?

_ Lâchez cette arme . Justement si vous savez qui je suis, vous devriez vous prosternez et m'obéir, expliqua calmement la noble en croisant ses bras sous sa poitrine.

_Dans cette maison, dans cette forêt, sur cette île, rien ne prouve que tu es l'une de ces personnes méprisables, personne ne sera que tu es morte !

_ Méprisables ? Vous dénigrez ceux qui ont fondé cette société ? Vous n'êtes qu'une larve qui ne sait pas la chance qu'elle a de vivre sous notre protection et notre générosité.

La jeune femme se leva brusquement, le visage tiré par la colère. Cette femme osait lever le ton sur elle alors qu'elle savait son rang, c'était inadmissible.

La vieille femme rit nerveusement, sans joie. Même sous la menace d'un revolver, un dragon céleste restait un dragon céleste, l'être le plus cruel au monde, juste devant les pirates. Le destin réservé bien des surprises. Voyant que la femme était sérieuse, Sainte Maïa réfléchit à la meilleur solution pour rester vivante :

_Si vous ne me tuez pas je vous donnerai cette bague ! Ça doit représenter beaucoup d'argent pour vous non ? Dit-elle en enlevant l'anneau qu'elle avait à son index.

_J'en ai rien à faire de ta bague. Et puis si je te tue, je pourrais toujours récupérer ta bague sur ton corps.

Pas futée le dragon céleste, elle allait appuyer sur la gâchette quand elle voulu savoir quelque chose :

_Pourquoi tu es sur cette île ?

_Je m'ennuyai au palais donc je suis partie, dit simplement la princesse, étrangement sincère.

Pas futée et idiote en plus. Mais la vieille dame hésitait, elle n'avait jamais tué personne, elle savait pertinemment que si l'arme avait été placé dans les mains de la jeune femme, cette dernière n'aurait pas hésité. Maïa, elle, de son côté commençait à prendre au sérieux la vieille femme, et se demandait à quoi pouvait bien ressemblait la mort. Chose qu'elle n'avait jamais fait avant. Puis comme ci une lumière avait éclairé son esprit, elle commença à réagir que mourir c'était vraiment pas génial.

_ Ne me tuez pas ! Je, je vais vous aider ! Je sais pas en quoi je vais vous aider mais je vais bien trouver !

La vieille femme fourra le revolver dans une poche de sa robe, débitée. Consternée. Elle ne savait pas trop. Tout ça c'était passé trop vite.

_Part d'ici tout de suite ! Gronda la femme.

_Mais aller où ? Se plaignit la concernée.

_Si tu es parti c'est que tu devais en avoir une petite idée.

_Un peu plus tôt je vous ai demandé de m'apprendre à être une plébéienne …

_Et moi un peu plus tôt je te menaçais d'un revolver. Donc je te dis de déguerpir avant que je te tue.

La jeune femme fit une moue boudeuse. Elle n'avait pas beaucoup réfléchit jusqu'ici mais elle n'avait ni argent ni de connaissance réelle sur ce monde si différent du sien. Loin des hommes du gouvernement qui la protégeait et sans armes elle devenait vraiment vulnérable. Elle fit un geste qui surprit autant celle qui le faisait que son interlocutrice. En s'abaissant elle baissa la tête et demanda :

_Instruisez moi esclave s'il-vous plaît.

Au nom d'esclave, la vieille femme retint son poing serré. Elle était une ancienne esclave, oui, mais seule la marque du dragon qui fend les cieux le prouvait. Cette fille devait avoir moins d'une vingtaine d'année. Elle ne ressentait aucune pitié pour ces dragons célestes mais cette fille ne savait rien de la vie, d'ici une semaine elle serait morte sans aucun doute. Elle souffla, résignée. Elle n'était pas comme ces monstres, elle avait un cœur.

La vieille femme autorisa Maïa à rester, à condition qu'elle dorme sur le sol et qu'elle obéisse aux exigences de la propriétaire des lieux. Sinon elle serait dénoncée aux autorités de l'île et elle retournerait à Marie-Joie dans le meilleur des cas et dans le pire des cas, elle se retrouverait avec un trou dans la tête.

Trois jours étaient passés depuis l'arrivé de cette « infâme gamine » comme le disait « la vieille peau » ( surnom mental de Maïa). La femme lui avait clairement expliqué que Maïa devait agir comme ci c'était elle l'esclave et la vieille femme la noble. Pendant cette explication, la jeune dragon céleste avait voulu protester mais le revolver l'en dissuada encore une fois. La vieille femme avait trouvé cette méthode très instructive. Et c'est ainsi que Maïa au bout de ces trois jours avait réussi à prononcer les expressions « merci » et « s'il vous plaît ».

_Madame Léa, on fait comment pour vider ce truc tout dégouttant ?! Demanda l'adolescente en éloignant avec sa main du poisson argenté devant elle.

_Le mot magique?!

_S'il vous plaît … murmura du bout des lèvres Maïa.

Madame Léa, c'est comme cela que la vieille dame s'appelait, lui montra. Après quelques protestations dû à l'odeur du poisson et à la tâche plutôt dégoûtante, elle se lança dans ce « périple ». Il est à noté, qu'elle commença cette tâche après une claque derrière la tête. Alors que la noble finissait d'enlever les écailles du poisson dent de sabre qu'elle avait dans les mains, elle demanda à Madame Léa :

_Comment vous êtes parti de Marie Joie?

Elle se questionnait sur le fait qu'on puisse sortir de la cité sainte comme dans un moulin. De son point de vu, c'était simple, mais elle ne s'imaginait pas que c'était quelque chose de très rare que des esclaves réussissent à s'enfuir. Et quand les esclaves disparaissaient, personne ne venait le crier sur les toits. On ne voulait pas donner aux esclaves l'espoir de croire qu'ils pourraient fuir.

_Et bien, tu as dû entendre parler de Fisher Tiger … Dit la vieille dame alors qu'elle nettoyait accroupit au sol un drap.

_Cet infâme homme poisson qui a délivré des centaines d'esclaves ?

Léa leva les yeux aux ciels. Elle se leva en se tenant les hanches et regardant droit dans les yeux Maïa qui continuait sa tâche. Ne remarquant même pas Léa qui la fusillait du regard.

_Pourquoi dis-tu infâme ?

_Bah, parce que c'est un homme poisson.

Elle avait dit ça si naturellement que Léa se demandait encore pourquoi elle ne la tuait pas. C 'était comme apprendre à un cochon à faire le singe.

_Maïa, pourquoi les dragons célestes seraient t-ils au dessus des lois, au dessus des autres humains, au dessus des hommes poissons ? Les hommes poissons ont le même sang que toi. Ils sont semblables à nous, les humains.

_Ah non ! Ne racontez pas n'importe quoi ! Les dragons célestes sont les créateurs de ce monde de paix, quand aux hommes poissons ont dit qu'ils sont aussi bêtes que les poissons. Hahaha, vous auriez vu celui de la famille ...

_As-tu déjà parlé à un homme poisson ? As-tu déjà vu de tes propres yeux leurs capacités ? Les dragons célestes sont peut-être les créateurs de ce monde, mais pourquoi auraient-ils le droit de faire ce qu'ils veulent ? Le monde est fait de million de gens, vous vous n'êtes qu'une centaine, coupa la vieille femme, les nerfs à vifs.

La jeune femme resta muette. Personne n'avait jamais tenu de tels propos devant elle. C'était peut être parfois une idiote mais elle avait quand même une capacité de réflexion assez étendu. Ils sont des millions et eux ils n'étaient qu'une centaine … Elle bloqua sur cette réflexion. Léa était heureuse d'avoir pu fermer le clapet de son hôte, elle retourna à son nettoyage de drap avec beaucoup de satisfaction.

La jeune femme resta tout le restant de la journée la tête dans les nuages. Impossible, elle ne pouvait pas avoir le même sang qu'un homme poisson. Elle se dirigea d'un pas décidé vers Léa, convaincu :

_Vous dites n'importe quoi, je ne peux pas avoir le même sang qu'un homme poisson vu que de toute façon, le sang qui coule dans mes veine est du sang royale. Un homme poisson est un animal, nous nous sommes des dieux.

Elle avait la tête haute, comme ci elle avait triomphé. La vieille dame pris deux aiguilles, en piqua une dans son doigt et l'autre dans le doigt de Maïa.

_Aie ! Mais vous êtes complètement folle ! S'écria l'adolescente en reprenant sa main.

Du sang commença à perler, c'était bien la première fois qu'elle voyait son propre sang. Elle le contempla, s'en était fascinant.

_Regarde bien mon doigt et le tient. Le sang qui coule est rouge, aussi bien le mien que le tient. On a toute les deux un nez, une bouche, des jambes, des bras … Qu'est-ce qui te différencie de moi à par l'âge ?

Maïa se mordit la lèvre inférieur. Sa fierté de dragon céleste venait d'en prendre un coup. Elle l'avait elle-même remarqué, maintenant qu'elle ne portait plus la coiffe des dragons célestes ainsi que leurs habits elle ressemblait à tout le monde. Jusqu'au sang maintenant. Elle ne put rien avaler de toute la soirée. Le lendemain matin, une forte fièvre l'empêcha de se lever. Le médecin ne put déterminer d'où venait cette fièvre et ne put donc ne faire aucuns diagnostiques sur l'origine du mal. Léa avait installé la noble dans son lit, car celle-ci dormait depuis plusieurs jours au sol avec quelques couvertures.

_Tu sais, les « plébéiens » ne vous aiment pas. Ils vous détestent même. Je vous déteste. Vous croyez que le monde vous appartient, que vous pouvez tout faire. Mais vous n'êtes même pas capable de vous nourrir. Vous n'êtes que des enfants, regarde toi, loin de Marie Joie tu n'es rien de plus qu'un être humain. Vos ancêtres ont peut-être créé le gouvernement mondial, mais toi, tes parents, qu'est-ce que vous avait fait ? A part mettre les autres en dessous de vous et vous remplir le ventre avec le travail des autres. Vous ne pouvez pas vous appropriez les mérites de vos aïeuls juste parce que leur sang coule dans vos veines.

Le cœur de la jeune femme se serra. Une confusion inimaginable régnait dans son esprit. Son côté fière se battait contre sa logique. Le lendemain matin, la fièvre se calma doucement. Alors que madame Léa plantait quelques bulbes de tulipes rouges, le dragon céleste ouvrit la porte et alla la rejoindre, un peu pataude.

_Bonjour madame Léa.

_Bonjour Maïa. La vieille femme posa sa main sur le front de la jeune femme. On dirait que tu n'as plus de fièvre. Elle lui sourit et retourna à son occupation. Maïa sourit légèrement, elle avait remarqué que Léa faisait ce genre de choses qu'on ne lui faisait jamais. La regarder droit dans les yeux, lui caresser la joie, remonter la couverture pour pas qu'elle n'ait froid.

_Pourquoi vous êtes gentille alors que vous me détestez ?

_Parce que j'ai réalisé que je ne devais pas t'en vouloir, ce n'est pas toi la fautive mais tes parents. Tu es trop jeune pour pouvoir raisonner.

_Je ne suis pas trop jeune ! J'ai eu 16 ans il y a un mois ! Léa sourit doucement.

_Donc si tu n'est pas trop jeune tu vas pouvoir aller travailler en ville.

_Comme ci une personne de mon rang devait faire cela …

_Mais tu veux devenir une plébéienne, donc tu vas me suivre jusqu'au village de Bou.

Maïa parlait avec automatisme, avec des phrases qu'elle avait déjà entendu et qu'on lui avait presque appris à dire. Elle devrait arrêter de raisonner de cette façon.

La jeune femme suivit donc Madame Léa jusqu'au village où quelques semaines auparavant elle avait débarqué. Elles entrèrent dans une taverne. A cette heure matinale, il n'y avait pas beaucoup de monde. Les tabourets et les chaises étaient parfaitement rangé au comptoir et autour des tables.

_Oh ! Bonjour Madame Léa ! Comment allez-vous ?

_Bonjour Léo, je t'amène de la main d'œuvre.

La vieille femme désigna Maïa qui elle n'en menait pas large derrière elle. Léo était un homme d'une trentaine d'année avec une petite barbe noir et des cheveux mi-long regroupé en queue de cheval. Il était de taille moyenne et une fine musculature. Léo se tourna vers la jeune fille, un sourire encourageant sur les lèvres. Il ne demanda pas plus d'explication à la vieille femme, il prenait souvent des jeunes pour l'aider un peu dans son travail. Léa souffla dans l'oreille de la jeune femme « parle le moins possible, obéit aux ordres et soit adroite. » Sur ces mots elle partit.

_Bonjour, moi c'est Léo tu t'appelles comment ? Dit l'homme en tendant sa main vers elle. Quelle familiarité … Mais puisqu'elle était une plébéienne.

_Maïa. Elle lui serra la main.

_Maïa … c'est pas courant, j'ai déjà entendu ce prénom en quelque part ….

_Je me suis mal exprimée, je m'appelle Maya. Juste Maya.*

Il lui montra ce qu'elle devait faire, sa tâche consistait à faire le service. Elle devait prendre les commandes des clients et les servir. Elle se basa sur ce que faisait ces esclaves. C'était pas bien compliqué finalement se dit-elle lorsqu'elle servit son premier client. Elle déchanta vite lorsqu'elle dû prendre une dizaine de commande en même temps. Madame Léa n'était pas vraiment parti et surveillait sa petite protégée à travers une vitre. Et ce qu'on peut dire c'est qu'elle était très surprise de voir cette noble se donnait autant de mal dans ce travail.

Le dragon céleste avait longuement réfléchit et avait décidé qu'elle ne retournerai pas à Marie Joie, elle allait vivre parmi tous ces moins que rien et les comprendre. Oui, car elle ne les comprenait pas, et quand Sainte Maïa ne comprenait pas quelque chose elle avait besoin de réponses. Il fallait qu'elle s'habitue à être traité comme ces gens et non comme la personne respectable qu'elle se disait être.

Un groupe d'individu entra bruyamment dans la taverne. Elle les regarda, détaillant chaque personne. Maïa compris tout de suite qui étaient ces personnes, elle avait déjà vu quelques esclaves qui autrefois faisaient parti de ces citoyens hors la loi. Mais c'était la première fois qu'elle voyait tout un équipage de pirate.

*Précision Maïa se prononce MA-I-A