Arc 2 : La dragon céleste : histoire d'un aller et d'un retour.
Septième vague.
« On tue les tigres pour leur peau, on tue les assassins pour l'exemple. » De Victor Hugo .
Maïa était dans une taverne, tout au fond de la salle, là où les regards ne s'égaraient pas. Son cœur lui faisait mal, comme ci quelqu'un l'avait entre ses mains et s'amusait à le compresser. Les larmes avaient cessé de couler, mais la colère et la frustration étaient restées. Pourquoi l'avait t-il abandonné ? Ils avaient passé un an ensemble, et voilà qu'il se décidait à repartir sans elle ? Ça n'avait aucuns sens. Ça n'avait aucun sens d'être ici toute seule à boire une chope de bière qui avait un goût immonde.
Elle ouvrit son sac, elle espérait peut-être trouver quelque chose qui répondrait à toutes ses questions. Elle y découvrit un log pose. Elle eut envie de le balancer au-dessus de son épaule, mais elle se contenta de le poser en face d'elle. En regardant plus le contenu de son sac, elle remarqua une petit morceau de papier qui de plus près ressemblait à une lettre. L'espoir que le mercenaire eut marqué qu'il reviendrait la chercher l'effleura. Elle parcouru les quelques lignes ...
Oy gamine, je paris quand ce moment tu pleures comme une fontaine.
(Maïa essuya les quelques larmes qui restaient sur ses joues comme ci elle cherchait à contredire les mots du mercenaire.)
Je te laisse un log des fois que tu te perdrais en mer. J'ai enfin réussit à me débarrasser de toi, non pas que je ne voulais plus de toi sur le bateau mais il y avait un mercenaire de trop à bord. Quoi d'autre … ah ouais n'oublie pas que tu es une femme parmi ce monde de criminel qui est pratiquement constitué que d'hommes. D'ailleurs je t'ai dit de faire disparaître ta féminité, mais n'oublie pas que être une femme peut-être une arme redoutable. J'ai découvert que tu étais une dragon céleste . Impose toi et peut-être qu'un jour nous nous recroiseront. Peter Kim.
PS : si un jour tu vois que j'ai été arrêté ou que je suis mort … ne fait rien de débile comme d'habitude.
Elle serra la lettre contre elle et recommença à pleurer. Crétin. Elle le détestait mais son cœur se pinçait à chaque fois que dans son esprit, elle voyait son image.
Maïa n'eut pas le temps de plus s'apitoyer, un homme vînt s'asseoir discrètement en face d'elle. Elle baissa sa tête de façon à ce que l'ombre de sa capuche cache son visage.
_La mercenaire ?
_Exacte.
Comment avait-il deviné ? Elle n'avait jamais compris comment leurs clients arrivaient à les trouver. Et au fond, elle s'en contre fichait. Elle n'eut pas le temps de réfléchir plus.
_J'ai du travail pour vous, murmura l'individu d'une trentaine d'année.
_Je vous écoute, accepta Maïa qui avait relevé le visage. Elle montrait un visage impassible mais à l'intérieur d'elle, elle faisait péter le champagne et sautait partout comme une folle, sa déprime, sa colère venait de passer en un coup de vent. Il l'avait abandonner ? Elle allait lui montrer qu'il n'aurait jamais dû faire ça !
_Un homme, « Yasu Le chauve », sur l'île de Minerv, je veux que vous le tuez. C'est un vendeur de cheval des neiges, chuchota l'homme en se massant les mains.
_Combien pour le tuer ? Demanda la criminelle en croisant ses bras sous sa poitrine.
_Votre prix est le mien.
_Un million. Évidemment vous me donnez la moitié maintenant, affirma Maïa sans sourciller.
L'homme encapuchonnait fut surpris de la somme puis après un moment d'hésitation sorti quelques liasses de billet et tendit un numéro d'escargophone.
_Et vous êtes ? Questionna la jeune femme.
_Monsieur Aaron. L'homme partit comme il était revenu, sans se faire remarquer.
Un large sourire fendit les lèvres de la jeune femme. La mercenaire … elle adorait ce surnom. Elle sortit de la taverne et alla au port. Cette mission allait lui occuper l'esprit, elle devait se débrouiller seul maintenant, elle ne devait pas s'apitoyer sur son sort.
Le plus compliquait restait à faire : trouver un bateau qui allait sur Minerv. Elle écouta les conversations, regarda les embarcations pendant quelques heures et enfin elle entendit le nom de l'île. Un bateau vendant de l'alcool se dirigeait là-bas. Il fallait qu'elle fasse vite. En plus, elle avait entendu que c'était une île hivernal. Elle alla s'acheter une paire de chaussettes chaudes, un manteau et de quoi manger et boire pendant une semaine. C'était encombrant mais si il y avait bien quelque chose qu'elle n'aimait pas, c'était le froid. Elle attendit la nuit pour monter à bord du navire. Elle ferait comme elle l'avait fait avec les esclaves et se cacherait dans la cale. Elle se faufila d'ailleurs jusqu'à celle-ci sans incidents. Elle se cala confortablement entre deux caisses de saké. Elle pouvait entendre au dessus de sa tête, les pas pressés des matelots. Elle ouvrit une des bouteilles de saké et en bu à pleine gorgé elle aimait cette sensation de brûlure dans la gorge. Finalement la solitude ce n'était pas pour elle, elle était morose. D'ailleurs la saleté des cales non plus n'était pas fait pour elle.
Maïa profita de cette solitude pour faire une inspection général de son corps. Sa peau était sèche, quelques petites croûtes dû à ces ressens combats montrés que les blessures cicatrisées. Ces cheveux n'étaient plus aussi resplendissant que à Marie Joie, leurs pointes étaient abîmés et les boucles parfaites étaient devenues plus des ondulations. Mais quand on est un assassin, tout ça n'a pas vraiment d'importance.
Le bateau débarqua enfin sur l'île. On ne lui avait pas mentit, il faisait vraiment froid ! Elle se faufila à travers les caisses, attendit qu'il n'y ait personne à l'entrée de la cale et accéda au pont. Pendant les courtes minutes où tout le monde était afféré à décharger le bateau elle en profita pour sauter du pont et atterrir sur les pavets du port. Quelques petits flocons de neige tombaient, le petit village ne comptait qu'une quarantaine de bâtiment. Au loin on pouvait voir quelques montagnes enneigés. Elle resserra le manteau de fourrure autour d'elle, et enfonça sa capuche sur sa tête. Ses oreilles commençaient à lui faire mal tellement il faisait froid.
_Cherchons le fameux Yasu, vendeur de cheval des neiges … je savais même pas que ça existait, murmura la mercenaire. Elle regarda à tous les coins de rue si elle pouvait apercevoir une de ces bêtes, elle décida d'interpeller un des rares passants et de lui demander.
_Un vendeur de cheval des neiges ? Il y en a un à la sortie du village.
Elle se dirigea vers la direction que le vieil homme lui avait indiqué. A l'extérieur d'un bâtiment marqué CHEVAUX DES NEIGES, Maïa vit des animaux encore plus grands que des chevaux, entièrement blancs, avec une fourrure semblable à celle d'un ours. Leur tête ressemblaient à des têtes de chevaux mais les bois au dessus de leur tête, faisaient penser à des cerfs. Elle entra dans la boutique, son homme était peut-être là. Ça aurait été un travail rapide donc, mais le destin faisait que rien n'était simple.
_Je cherche un homme nommé Yasu … on m'a dit qu'il vendait les meilleurs chevaux des neiges du pays.
_Vous n'êtes pas du bon côté de l'île ma p'tite dame, Yasu se trouve dans le village du nord. Si vous voulez, vous pouvez nous louer un de nos chevaux. C'est 700 berrys la journée mais vu que le village d'Hiver se trouve à deux jours de voyage. Ça fera 2800 berrys, dit le commerçant avec malice. De son côté Maïa avait l'impression de se faire berner par ce type, elle fit semblant :
_Malheureusement je n'ai que 2000 berrys sur moi … bonne journée, répondit Maïa en faignant de partir.
_Attendez … on peut s'arranger. D'accord, je vous le fait à 2000 berrys .
Maïa souriait, quel naïf. Ils sortirent de la petite boutique, le vendeur pris un des chevaux et lui mit une scelle.
_ Il s'appelle Ilo, il faut être gentil avec lui, sinon il ne vous mènera pas à votre destination. Maïa leva un sourcil, il devait avoir un grain ce type, comme si un animal avait un cerveau. Elle monta sur le dos de l'animal et lui dit d'avancer sur un ton autoritaire.
_Je vous l'ai dis, il faut être gentil, souffla d'un ton désespéré l'homme, trop habitué à ce que les visiteurs ne le croient pas.
_Avance s'il te plaît Ilo, tenta la jeune femme, peu convaincu.
La bête se mit à avancer. Le vendeur lui cria de faire attentions aux brigands des montagnes avant qu'elle ne se soit trop éloignée. La neige continuait de tomber paresseusement sur l'île, Maïa devait traverser une vallée entre deux montagnes pour atteindre le village. Mais elle était pour l'instant loin d'y être arrivée, elle traversait une immense pleine de perce-neige. Elle aurait pu s'émerveiller sur le splendide décore mais elle était trop occupée à se demander comment mener sa mission à bien.
Quand la nuit arriva, le cheval se stoppa net, prenant au dépourvu sa cavalière. Maïa eu beau protester mais le cheval ressembla plus à une mule à ce moment là et ne bougea pas d'un pouce. Elle s'appuya contre un arbre et commença à manger. Il aurait mieux valut trouver une grotte. Elle s'adressa au cheval :
_Oy, tu nous as laissé juste à l'entrée de la forêt, on est trop vulnérable là !
Comme-ci Ilo la comprenait, il se mit à trotter vers le pend de la montagne, Maïa le suivit. Le cheval entra dans un enfoncement qui s'avéra être un petit trou dans la montagne. Le cheval regarda Maïa avec insistance comme ci il attendait quelque chose.
_Merci ? , dit Maïa en haussant un sourcil, le cheval s'ébroua la tête et alla creuser avec ces pattes la neige pour trouver de l'herbe. Maïa s'alluma un petit feu et put donc se réchauffer, elle s'endormit son odachi dans les bras.
Elle fut réveillée par la lumière aveuglante des rayons du soleil qui se reflétaient sur la neige. Son cheval était déjà réveillé, préoccupé à brouter le lichen d'un arbre. Ils repartirent et entrèrent dans la vallée. Maïa n'était pas vraiment rassurée, elle se sentait observée. Tout prêté à croire que des personnes se cachaient derrière les rochers longeant le sentier. Elle fit semblant de ne pas les voir. Il y avait au moins cinq hommes. Pendant cette année où elle avait partagé son quotidien avec le mercenaire, elle avait vraiment progressé dans l'art du combat mais sa tête valait 100 000 000 millions uniquement grâce à Peter. Il ne fallait pas se leurrer. Elle avait certes un certains potentiel mais elle jugeait cette prime bien trop élevée par rapport à ces capacités et ce qu'elle avait accomplit au cours de l'année. Le fait d'être avec Peter Kim Le Mercenaire avait fait d'elle une criminelle désignée.
La jeune femme vit du coin de l'œil une lame briller, elle sorti de son fourreau le cri de l'ange et créa une lame de vent, deux des attaquants furent touchés. Elle avait dégainé son sabre avec une telle rapidité qu'ils marquèrent un temps d'arrêt. Une dizaine d'hommes armés de sabres et de pistolets sortirent de leur cachette. Maïa descendit du cheval et se défendit comme elle put. Un des brigands lui entailla le bras gauche, ce qui lui fit pincer les lèvres. Elle qui tenait son sabre à deux mains, ça ne l'avantageait pas, mais d'un puissant coup de sabre elle trancha d'un coup les sept brigands restant. Ces hommes étaient sûrement des voleurs. Elle regarda leur corps dédaigneusement et remonta sur son cheval puis repartit. Malgré le froid elle enleva son manteau et soigna sa plaie. La recoudre était préférable mais elle n'avait ni médecin, ni fil et aiguille sous la main. Elle se contenta de nettoyer et penser la plaie.
Le lendemain, elle arriva au village d'Hiver. C'était un village au moins trois fois plus gros que celui où avait débarqué Maïa. Elle trouva à l'entrée du village un genre de ranch avec des centaines de chevaux des neiges. Elle laissa son cheval à l'entrée d'un bâtiment fait de bois. Elle entra et vit un homme chauve ferrer un cheval. Elle toussota pour faire part de sa présence. L'homme qui avait des allures de pirate avec tous ces tatouages sur la nuque et sur ces bras musclés se retourna. Maïa pu plus détailler l'homme : la cinquantaine, grand, vêtu d'un simple jean déchiré et d'un t-shirt malgré le froid.
_Bonjour, j'ai loué un cheval dans un autre village et je crois qu'il est malade, il a vomi la nuit dernière, on m'a dit qu'un certain Yasu pourrait m'aider.
Bien sûr toute cette histoire était fausse.
_Je suis Yasu, montrez moi votre canasson, proposa l'homme tout en essuyant ses mains avec un vieux chiffon.
Maïa se fit des éloges dans sa tête. L'homme examina le cheval et déclara qu'il n'y avait rien d'anormal.
_Et bien ils doit être guérit héhé, mentit la criminelle.
Elle remercia l'homme et partit à la recherche d'un endroit pour manger. Elle allait tuer l'homme à la nuit venu, comme ça elle partirait le matin rejoindre l'autre village, rendre le cheval, puis monter dans un bateau pour retourner sur l'île où l'attendait son client. Un plan parfait selon elle. Le travail était à moitié fait.
À la nuit, elle alla vers le ranch. Elle avait « emprunté » un sabre de taille normal pour rester discrète. Elle se faufila dans le bâtiment avec discrétion et alla vers la zone habitable de la petite entreprise. L'endroit était douillé, tout en bois.
Un mouvement à sa droite la prévint qu'elle n'était pas seule. Les deux personnes se zieutèrent. Le jeune homme aux yeux bleus était près à bondir tout comme la mercenaire aux yeux verts. Qu'est-ce que cet homme pouvait bien faire là ? Il était peut-être là, lui aussi pour tuer Yasu ? Voyant qu'il n'attaquait pas, mais se méfiant quand même, elle monta à l'étage de la bâtisse vu qu'il n'y avait personne en bas. Mais l'homme la suivit et murmura :
_Il est pour moi !
_Vous rêvez ! Dégagez et laissez moi faire mon travail ! Vous allez me faire repérer, tonna Maïa sur les nerfs.
_C'est toi qui va dégager sinon je t'éclate !
Le jeune homme pointa un revolver vers elle, elle rigola intérieurement.
_Écoutez, si vous tirez ça va prévenir Yasu, et moi après j'aurais un train de retard sur lui, donc évitez de faire du bruit !
Maïa était sûre et certaine que ce revolver ne pouvait pas l'atteindre, mais elle ne savait pas les compétences de cet homme au corps à corps. L'homme retira son revolver et passa devant la jeune femme, la bousculant au passage. Il allait arriver et surtout tuer Yasu en premier se disait-il. Maïa le suivit, il lui suffisait de tuer Yasu et d'écarter l'homme. En faite ils avaient à peu près les mêmes pensées. L'homme ouvrit une porte, qui s'avéra être la chambre de celui qu'ils cherchaient. D'ailleurs, ce dernier dormait tranquillement dans son lit. L'homme pris son pistolet et le braqua sur l'homme. Mais Maïa fonça droit sur sa victime arme à la main. Ce qu'elle n'avait pas prévu c'est qu'une lame vînt paraît son sabre. L'homme chauve la fusilla des yeux. Un bruit de balle éclata mais n'atteignit pas sa cible. Maïa commença un combat avec Yasu, le jeune homme se mit à attaquer l'homme aussi.
_Deux personnes veulent me tuer ? Vous auriez plutôt dû venir à quinze !
Le jeune assassin se battait à main nu et parfois utilisait son revolver. Maïa essayait de l'embrocher mais il esquivait habillement chaque attaque. Elle pensa que à l'avenir elle devrait être plus méfiante sur ceux qu'elle devait éliminer, elle était partie un peu trop confiante. Un coup dans les côtes la projeta dans un mur. Maintenant il fallait s'attendre à ce que les voisins soient réveillés par le boucan. Elle retourna attaquer son adversaire et cette fois, celui-ci la frappa sur la blessure qu'elle avait au bras, elle étouffa un cri de douleur, elle vit sur son manteau noir un liquide qui luisait, c'était pas le moment pour s'en préoccuper. Pendant que l'autre aussi attaquait, elle en profita pour aller derrière l'homme chauve, elle l'embrocha. L'homme tourna la tête, ces yeux livides se posèrent sur son assassin :
_Quel déshonneur ... souffla t-il avant de s'écrouler.
Maïa d'un geste enleva le sang qui dégoulinait de la lame.
_Oy ! T'es qui pour m'avoir pris ma proie ?, s'écria le jeune assassin.
_Avant de demander l'identité de quelqu'un on se présente, répliqua son interlocutrice en commençant à tourner les talons.
_Bryan, l'assassin.
_Maya la mercenaire. Dit-elle en ne le regardant même pas.
_Là je suis pressé par le temps, mais la prochaine fois que je te vois, je te crible de balle, prévint Bryan.
_Faite comme vous voulez, répondit Maïa nonchalamment en faisant un geste de la main.
Sur ces mots, ils se mirent à déguerpir. Maïa chevaucha Ilo et lui demanda de partir mais il ne voulait pas bouger d'un pouce. Elle baissa la tête, ferma ses yeux et prit une grande inspiration.
_Ok ok, écoute on part sinon il y a des gens qui vont venir pour m'attraper, mais malheureusement je n'ai pas envie de leur faire cet honneur donc je devrais combattre. Tu n'as pas envie de combattre n'est-ce pas ? Tu ne veux pas mourir non plus ? DONC MAINTENANT TU GALOPES ET PLUS VITE QUE CA !
Sur ces mots ils entrèrent dans la vallée, uniquement éclairé par un croissant de lune et quelques étoiles. Elle regarda sa plaie, il fallait vraiment qu'elle fasse quelque chose comme allait voir un médecin. Le cheval se stoppa net ce qui fit presque basculé en avant la noble. Elle vit la raison de ce comportement.
_Et merde ...
