Dix-huitième vague .
« La foi consiste à ne jamais renier dans les ténèbres ce qu'on a entrevu dans la lumière. » de Gustave Thibon.
Le vent automnal caressa les cheveux ondulés de Maïa, elle observait d'un œil l'île de Big Bear et de l'autre les nombreux rochers qui menaçaient de perforer la coque de l'embarcation. Mais Maxim connaissait ce chemin par cœur et guidait parfaitement ses hommes avec l'aide des deux autres navigateurs. Tout comme Maïa, Arame ne connaissait pas ce repère. Ça faisait quatre mois que l'équipage n'avait pas revu leurs compagnons qui étaient restés sur l'île pour garder leur butin. Elle entendit la capitaine ordonnait à tout le monde de venir sur le pont :
_On va passer une semaine sur l'île, ensuite tout ceux qui sont restés garder La Maison seront remplacé par d'autres personnes pendant quatre semaines. Dix personnes resteront, Nina, Phil, Jordan …. et Maïa.
La dernière appelait se demandait bien pourquoi elle devait rester sur cette île, en plus avec sa potentielle ennemie Nina. Elle emboîta le pas de cette dernière pour rejoindre leur cabine. Elles ne s'adressèrent même pas une parole, ni un regard pendant que chacune rangeaient leurs affaires. Lili rentra dans la cabine :
_Maïa, je voudrai que pendant ce lape de temps sur terre, tu puisses t'entraîner dans de meilleur condition que sur ce navire.
La jeune femme fronça les sourcils. Est-ce que sa désormais capitaine l'a trouvé trop faible ? C'était une sorte de punition ? Lili sentit l'agacement de sa nouvelle nakama.
_Ton niveau est très bien et je sais que tu suis méticuleusement chaque jour un entraînement intensif. Le problème c'est que tu ne peux t'entraîner à ton aise vu ton style de combat. Profite de ton temps passer sur Big Bear pour te lâcher.
Maïa acquiesça, après tout, c'était une bonne chose. Elle jeta un coup d'œil à la silhouette de sa capitaine qui s'éloignait. Son esprit se troubla. Lili lui avait parlé sérieusement pour une fois, sans se large sourire qui lui barrait souvent le visage et le ton enjôlait qu'elle prenait souvent. Dans ses paroles, c'était vraiment une capitaine qu'elle avait entendu, pas une nakama.
L'embarcation commença à entrer dans l'embouchure d'un grand fleuve. Les feuilles mortes qui tombaient des arbres tombaient lentement sur la terre couleur ocre. Celles qui s'aventuraient dans l'eau du fleuves flottaient mollement suivant le courant pour finalement se jeter dans l'océan. Le vent dans les nombreuses feuilles qui ne tombaient pas des grands chênes produisait un doux son, qui faisait croire qu'une personne chantait doucement une berceuse. À un détroit du fleuve, le navire ralentit, et des personnes apparurent sur la berge de bois aménagé comme un petit port. Ils firent de grands signes et les membres de l'équipage sur le bateau leur répondirent en faisant eux aussi de grands gestes et criant leur joie de les revoir. Lili d'un bond atterrit souplement sur le ponton de bois et enlaça un par un ces compagnons. Elle fut rejoint une fois le bateau amarré par le restant de l'équipage. Seul Maïa, Arame et deux autre hommes restèrent en retrait, ne connaissant pas le moins du monde cette partie de l'équipage qui était restée sur cette île.
Lili, ne les ayant pas oublié tout de même, se tourna vers eux et les présenta à leurs nouveaux nakamas. L'équipage s'enfonça dans l'immense forêt qui recouvrait l'île. Les arbres, aussi hauts que des géants, faisaient office de toit à l'île à cause de leurs longues branches qui s'entrelaçaient. La pluie dernièrement tombé sur l'île ruisselait à travers les rides de l'écorce des chênes. Quelques lapins s'aventurèrent à regarder à partir de leur terrier la petite procession qui parlait fort et gaîment. Arame et Maïa se tinrent un peu à l'écart, à la fin de la marche, l'une car elle était extrêmement timide, l'autre parce qu'elle en avait carrément rien à faire de ces gens qu'elle ne connaissait pas. Mais ça ne les empêcha pas de bavasser toutes les deux entre elles. Arame avait passé outre sa peur pour les hauts représentant du monde. Elles s'émerveillaient chacune de la flore et la faune de cette île. Maïa vouait un grand intérêt à observer la nature. Tout cela n'avait rien à voir avec le jardin botanique de Marie-Joie où elle pouvait passer parfois toute la journée à sentir chaque fleur et regarder chaque oiseaux prisonniers de l'immense serre. Maïa ne le montrait pas, mais elle était excitée de commencer son entraînement dans cet environnement. Cette île était vraiment magnifique et une ambiance paisible y reniait.
Les pirates approchèrent vers un bâtiment qui ressemblait à un immense chalet qui s'encastrait dans un énorme rocher, qui devait être une grotte. La capitaine s'avança vers un de ces nakamas et lui ébouriffa les cheveux :
_Ouah ! Vous avez pas chaumé pendant qu'on était partit !
_Ouais capitaine ! Ça te va ? Elle hocha la tête et se précipita dans la bâtisse.
Quelques jours plus tard, dans le branchage d'un chêne …
Maïa était allongée sur une branche avec des jumelles, surveillant l'horizon emmitouflée dans un poncho aux couleurs des feuilles mortes. On lui avait demandé de veiller toute la journée sur l'océan pour prévenir tout danger. Un bruit de feuille l'alerta que quelqu'un était proche d'elle, elle tourna lentement la tête et vit des feuilles bouger. Elles bougèrent de plus en plus jusqu'à ce que … un écureuil sorti de la touffe orangé apparut et la fixa. Maïa souffla, un écureuil avait réussit à la déconcentrer. Elle regarda dans ces jumelles. Petit à petit elle vit un petit point noir apparaître dans son champs de vision mais le petit point qui devait être un bateau de grosse taille ne fit que passer. Quelqu'un la héla, ce qui la sortit de sa mission d'observation. L'homme, Gaku venait la remplacer. Elle sauta agilement de son perchoir qui devait être à vingt mètres du sol et tendit les jumelles à l'homme qui était légèrement plus grand qu'elle. Il arborait toujours un immense sourire qui dévoilait des dents extrêmement blanches et des canines qui auraient fait pâlir le grand méchant loup. Mais juste après avoir remarqué ce sourire, on pouvait voir une balafre légèrement rouge qui barrait son front. Elle était en partie cachée par des mèches de cheveux noirs ondulés.
La nuit venait d'arriver, Maïa retrouva le chemin vers La maison facilement, il suffisait de suivre le bruit de rire et de musique. Ses nakamas n'avaient pas arrêté une seule seconde de faire la fête. Les paroles d'une chanson atteignirent ses oreilles :
Sont des hommes de grand courage,
Ceux qui partiront avec nous
Ils ne craindront point les coups,
Ni les naufrages,
Ni l'abordage,
Du péril seront jaloux
Tout ceux qui partiront avec nous.
Ils seront de fiers camarades,
Ceux qui navigueront à bord,
Faisant feu bâbord, tribord,
Dans la tornade
Des canonnades
Vainqueurs rentreront au port
Tout ceux qui navigueront à bord.
Car c'est le plus vaillant corsaire
Qui donna l'ordre du départ.
Vite en mer et sans retard.
Faisons la guerre
A la marine,
Car c'est le fameux Gold Roger,
Qui nous commandera le départ.
(« le chant des corsaires. »)
Maïa ouvrit la porte du chalet et ne fut pas surprise du spectacle qui se tenait devant elle. Quelques unes des dix tables rondes étaient à moitié renversé, il fallait faire attention où mettre les pieds pour ne pas glisser sur une flaque d'alcool ou sur des morceaux de verre. Au milieu de la pièce, le grand lustre central servait de balançoire pour deux hommes complètement saouls, dont un qu'elle reconnut comme Phil, celui avec qui elle avait combattu à la base G11. Au fond de la salle, un homme d'une quarantaine d'année soufflait dans un harmonica. Il était accompagné de quelqu'un qui jouait de la flûte ainsi qu'un bon nombre de personne qui tapaient dans leurs mains et chantaient.
Deux mains vinrent sur ces épaules par derrière et l'obligea à s'asseoir sur une chaise. Ces deux mains appartenant à la capitaine et chef des lieux lui tendirent une bouteille de saké et repartirent. Maïa déboucha la bouteille et bu à même le goulot. Elle vit à côté d'elle une masse blonde avec une aura noire qui l'entourait. Le haut du corps qu'elle reconnu comme étant celui d'Arame était allongé sur la table mollement. Mais personne semblait se préoccuper de la jeune bonde. Maïa aurait voulu ignorer les yeux bleues qui étaient fixés sur elle.
_Qu'est-ce qui se passe ? Demanda Maïa par ''politesse''. Arame qui attendait que quelqu'un l'écoute depuis trente minutes eut un frisson qui la parcourut. Elle se leva d'un bon, ce qui surprit Maïa en face d'elle. Cette dernière pouvait constater les joues rosis de l'adolescente.
_Il a triché ! C'est impardonnable ! Je tiens mieux l'alcool que lui ! Ce n'est pas possible qu'il m'ait battu ! À cause de lui j'ai perdu le pari !
En gros, Maïa réussit à comprendre que Arame avait fait un concours de beuverie avec Dan et que apparemment il avait fait semblant de boire le contenu des verres et que par conséquent, Arame s'était écroulée avant lui. Maïa tapota sur l'épaule de sa nakama en lui assurant qu'elle devait avoir raison même si Maïa n'en avait que faire de cette histoire ridicule. Mais elle sourit devant l'air enjoué de l'adolescente ivre qui se sentait soutenue et qui s'écroula finalement sur sa chaise, l'alcool ayant une fois de plus pris le dessus sur elle.
Le lendemain matin sur l'île de Big Bear...
_On vous confie le trésor et l'île ! À dans quatre semaines ! S'adressa Lili aux membres de son équipage qui étaient à terre. Elle leur adressa un immense sourire et de grands signes.
_Oui capitaine ! Maïa salua d'un geste de la main ceux qui leurs faisaient des signes sur le pont du bateau.
Une fois le bateau disparut entre les arbres, tout le monde partit à ces occupations. Elle, elle allait passer la journée à travailler son endurance. Elle commença d'abord à courir à travers la forêt. Escaladant chaque racine, chaque rocher, elle traversa une partie de l'île en courant pendant toute la matinée. Elle avait faillit plusieurs fois abandonner et s'arrêter pour se reposer mais une petite voix dans sa tête lui ordonnait de continuer de courir, toujours plus vite. L'air doux faisait voler ses cheveux en arrière, elle ralentit le pas quand elle entendit le bruit d'un cour d'eau. Elle se fia à son ouïe et suivit le son. Elle déboucha sur une cascade où s'écoulait une eau turquoise et limpide. Elle approcha ses mains de l'eau, elle était glacée. Elle s'assit un long moment pour reprendre son souffle, il fallait maintenant qu'elle retrouve sa route. Elle s'allongea dans le petit parterre d'herbe et regarda le ciel bleu au dessus d'elle en enfonçant ses ongles dans l'herbe verte et humide. Désormais son dos était recouvert de boue ainsi que ces cheveux. Elle s'en fichait, elle était bien. Le calme. Rien. Juste elle et aucuns soucis.
Pris de courage elle entama le trajet pour retourner au chalet. Le poids du odachi dans son dos était sûrement ce qui la ralentissait le plus, mais elle n'abandonnerait jamais cette lame. À la nuit tombé, elle retrouva le groupe qui comme elle, devait rester sur l'île. Nina l'ignorait toujours, mais les autres étaient plutôt amicaux avec elle. Ils avaient été tous choisi au hasard par la capitaine pour garder le butin. Ils se relayaient chacun à leur tour pour surveiller les côtes.
Des jours et des jours défilèrent, Maïa avait trouvé une petite clairière où elle ne serait dérangée par personne et où elle pouvait couper dans le vide tout ce qu'elle voulait. Elle préparait une nouvelle technique, une technique qui l'épuisait mais qu'elle trouvait génial. Elle l'avait déjà nommé les ailes de l'ange à cause du ressentit qu'elle éprouvait lors de cette attaque. C'était comme ci il lui poussait des ailes dans le dos et que celles-ci la propulsaient pour créer une lame de vent surpuissante qui était pour l'instant capable de couper un chêne centenaire en deux. Elle soulevait des altères quand elle sentit une présence derrière elle, Nina. Elle retourna à sa musculation et sentit toujours la présence de la seconde derrière son dos.
_Si tu veux me parler, parle ! Mais ne reste pas planter là à m'observer, s'énerva Maïa excédée. Qu'on l'observe, cela l'énervait. D'autant plus si c'était la fille aux cheveux mauves.
_Je veux juste encore juger tes capacités.
Maïa essaya de l'ignorer pendant toute l'après-midi comme elle put.
Nina ne cessait pas de penser que cette personne n'apporterait que du mal à l'équipage. Mais elle s'était faite une raison et ce ne serait pas la première fois que des problèmes se mettaient devant leur chemin. Elle regarda les enchaînements de position de Maïa. Il y avait quelques faiblesses dans sa garde, et elle voyait que la jeune femme était plutôt une combattante impulsive. Le fait qu'elle soit ici devait d'autant plus renforcer ce trait. Et puis elle n'avait pas dû apprendre à combattre auprès d'un maître, contrairement à elle. Elle combattait dans le but de tuer, ça ne faisait aucuns doutes. Elle n'avait pas appris le contrôle, ou sinon que dans certaines conditions.
Quand Maïa eut finit de s'entraîner, elles retournèrent toutes les deux au chalet par le petit sentier tracé par les nombreux pas de Maïa. Maïa brusquement eut un étrange sentiment, elle se sentait oppressée. Comme-ci quelque chose allait arriver. Elle secoua la tête, il n'y avait rien de dangereux sur cette île, le veilleur n'avait signalé aucun bateau ou étranger à l'horizon. Mais pourquoi ce sentiment de peur ? Pour se rassurer elle regarda sa voisine. Celle-ci avait les sourcils fronçaient. Elle s'aperçut du regard posé sur elle et fit mine comme ci rien ne se passait. Mais elle avait en faite le même sentiment que Maïa, comme ci un prédateur arrivait à pas de loup, se cachant dans l'ombre des rochers. Quelque chose de noir et inquiétant.
Au loin, un navire avec un pavillon noir voguait dangereusement vers l'île où se trouvait Maïa, l'île de Big Bear.
Gio entra en trombe dans le chalet où ses nakamas mangeaient pour une fois dans le calme. Il suait à grosse goutte.
_Barbe … barbe Noire ! Son bateau se dirige vers cette île ! Nina se leva brusquement, tout le monde avait les yeux écarquillés. Nina reprit son sérieux :
_Tu en es vraiment sûr ?
_Oui, un drapeau avec trois têtes de morts. Ce sont eux ! Ils seront là d'ici un quart d'heure ! J'ai identifié dix personnes pour l'instant. Dont le capitaine.
Nina se demandait ce qu'il fallait faire, elle se mit à faire les cents pas, en réfléchissant le plus vite possible. Elle serait restait sur l'île si n'importe quel pirate venait ici, mais lui, c'était Barbe Noire, ils pourraient tous y passer. D'ailleurs jusqu'à maintenant ils avaient repoussé tous les assaillants. Mais il fallait garder le trésor, et faire en sorte que personne ne le prenne. Il fallait protéger ce que Lili avait amassé. Finalement la décision était simple.
_Préparez-vous à combattre ! Nous allons défendre notre butin, ils ne partiront pas d'ici indemne ! Vous, vous vous occupez des canons et des mitraillettes. Vous vous restez à l'entrée de la grotte. Nous nous allons dans la forêt. Suivez moi. Elle désigna plusieurs hommes et Maïa dans le lot. Ils entrèrent dans une pièce où il y avait une multitude d'arme. Nina balança à Maïa un sac remplit de grenades et deux fusils à pompes.
_J'espère que tu sais tant servir, lui dit Nina.
Tout ça se passait très vite, la minute d'après ils étaient à l'extérieur. Ils avaient réussit à contacter leur capitaine pour la prévenir. Gio leurs avait dit que les étrangers arrivaient par la côte Nord. Nina leur chuchota les consignes.
_On se cache dans les arbres, à mon signal on les attaque. Mais je ne pense pas que ça va marcher, il ne faut pas les sous-estimer. Ils ont tout de même tué Barbe Blanche, mais on ne peut leur laisser le trésor. Mais si ça devient trop dangereux, allez vers le sud prendre les barques.
Maïa ne broncha pas. Son mauvais pressentiment la suivait comme son ombre. Un des hommes avait énoncé le fait que peut-être Barbe Noire n'était pas venu combattre. Mais son hypothèse tomba à l'eau quand Nina lui rappela que le pirate avait ravagé chaque île du Nouveau-Monde où il était passé. Et puis que venait faire un pirate dans cette partie du Nouveau-Monde ? Ce n'était pas un aventurier, si il venait ici, c'est qu'il venait chercher quelque chose, et en l'occurrence leur trésor.
Ils montèrent en haut de grands chênes . Ils virent grâce aux jumelles, des personnes débarquaient dont une imposante silhouette haute comme une montagne qu'ils avaient du mal à distinguer. Ils étaient pour la plupart beaucoup plus grand que la moyenne. Un rire particulier fit frissonner Maïa et ses nakamas « Zehahhaha ». Ils étaient pourtant à au moins quinze kilomètres de leur position.
Nina avait rarement peur, mais là, de la sueur coulait le long de sa nuque. Une fine pluie vînt s'abattre sur l'île automnale. La nuit qui était tombée était un avantage mais aussi un inconvénient. Le groupe était de plus en plus proche d'eux. Maïa tenait son fusil braqué sur les individus. Ils étaient à cinquante mètre de leur position. Elle avait dans son viseur le capitaine. Un frisson la parcourut. Marshall D Teach. Un souvenir lui revînt, sa mère lui rappelait souvent que si elle se comportait mal, un D viendrait la manger. Cela était donc la vérité ? Elle secoua la tête, comment cela serait possible.
Un léger vent anormal alerta Maïa que quelqu'un se tenait juste au-dessus d'elle. Elle tourna sur elle même et une lame vînt se planter comme du beurre juste à côté de son oreille. Le cœur de Maïa loupa un battement et elle retînt son souffle. D'un geste mécanique elle appuya sur la gâchette de son arme. Le coup fusa dans le vide. L'homme au visage de mime récupéra sa lame et voulu attaquer de nouveau. Plus rien autour de Maïa n'avait d'importance, seul cet individu à présent comptait pour elle … cet homme était beaucoup plus fort qu'elle, beaucoup trop fort. Elle attaqua l'homme avec son Odachi, il avait un imperturbable sourire qui la déstabilisait. Il fallait qu'elle donne tout, elle pensa à la technique qu'elle commençait à maîtriser. Non, il fallait attendre un peu, il fallait une ouverture. Et là il n'y en avait pas, aucune. Il était souple, agile, chaque mouvement étaient aisément exécuté. L'homme lisait dans ses mouvements, évitant habillement la longue lame. L'homme déploya des ailes blanches et s'élança dans le ciel. La chance n'était pas de son côté pour une fois, l'homme disparu subitement de sa vue. Il manquait plus que ça, un fruit du démon. Il réapparut derrière Maïa, elle réussit à bloquer sa fine lame. Ils échangèrent plusieurs coups de sabre, mais Maïa ne vit aucune faille dans la garde du grand homme. Elle souffla « les ailes de l'ange ».
Maïa se concentra un peu puis une force la parcouru. Partant de sa main tenant son sabre jusqu'à sa colonne vertébrale. Ce qu'elle ne voyait pas c'était les deux ailes blanches de lumières qui apparaissaient dans son dos. La lame du « cri de l'ange » s'illumina. Elle vola littéralement vers son adversaire et d'un geste puissant abattit sa lame. Une lame de vent se créa et effleura l'ennemi qui ne s'attendant pas à une telle puissance fut surprit et ne s'envola pas. Un picotement lui fit tourner la tête vers son bras droit, il était entaillé. Il entendit des craquements de bois derrière lui. Il vit plusieurs branches et arbres tombaient au sol, là où la lame de vent était passé sur cent mètres. Un long tunnel s'était formé là où l'attaque était passée.
_Pas trop mal … Mais insuffisant, dit-il en enfonçant la lame de sa fine épée dans le flanc gauche de Maïa. Elle se mordit la lèvre pour retenir un hurlement. En reculant pour sortir la lame de son ventre, elle ne vit pas qu'elle était au bout de la grosse branche où jusque là elle tenait en équilibre. Le pirate regarda droit dans les yeux la jeune femme, elle ne put détourner son regard. Il était étrangement captivant. Le mime lui donna un ordre en murmurant « tombe ». Maïa sentit ses jambes se dérober, elle n'était plus maîtresse de son corps. Elle chuta dangereusement vers le sol.
Sur le sol de Big Bear...
Les bruits de balles et des canons venaient déranger le silence presque religieux de l'île. La pluie continuait de tomber et faisait que la sol était extrêmement glissant. Un cri réussit à percer à travers les bruits de combat. Nina s'inquiétait pour ses nakamas mais elle devait faire face à un adversaire des plus coriaces.
_Zehahaha, Nina la tornade de Lila. Enchanté de te rencontrer.
_Et bien pas moi, cria t-elle en dégainant sa lame. Elle voulait attaquer en première pour ne pas laisser le temps à son adversaire de l'attaquer. Elle tourna en cercle autour de l'ennemi qui riait toujours. Les feuilles mortes se mirent à virevolter, puis, elles se mirent à être déchiquetées. Nina souffla « le ballet tranchant de Wano ». La tornade devînt de plus en plus petite, se refermant sur l'adversaire. Elle entendit le capitaine criait de douleur. Puis une brume noir avala son attaque. Elle avait entendu les rumeurs, cet homme avait bien réussit à avoir ce pouvoir démoniaque. Elle espérait que la seconde rumeur comme quoi il avait volé le fruit de Barbe Blanche était fausse. Elle vit un de ces nakamas ensanglanté voler dans le ruisseau se trouvant à quelques mètres d'elle avec horreur. Puis d'un geste elle vit Teach littéralement fendre l'air. Une secousse se fit sentir alors qu'il tapait dans le vide. L'air la traversa et elle sentit son corps être projeté. Un arbre arrêta sa chute. Même avec son haki de l'observation elle n'avait rien vu venir. Elle se tînt le buste, crachant une quantité monstrueuse de sang. Elle vit quelque chose s'écraser lourdement à côté d'elle avec le son de craquement d'os. Elle reconnut Maïa à deux pas d'elle, les yeux vitreux et essayant de bouger.
_Finissons-en, dit Barbe Noire dans un rire gras. Il savait depuis longtemps que cette île appartenait à Lili la lionne, et il se doutait que c'était le repère de celle-ci. Elle devait avoir amassée pas mal d'argent depuis qu'elle était pirate, et il comptait bien lui prendre.
Ces personnes étaient trop faibles, il voulait en finir vite. Mais la tuer tout de suite était trop simple, il allait juste faire en sorte qu'elle ne puisse pas se relever, pour qu'elle agonise. Il empoigna Nina par le cou et lui asséna un violent coup de poing dans le ventre de celle-ci. Il balança son corps contre un rocher qui se trouvait plus loin. La douleur dans son estomac et son dos acheva la jeune femme. Elle était toujours consciente mais lorsqu'elle voulut bouger, elle sentit comme de l'électricité traverser ses membres. La douleur la paralysa et elle ne pouvait plus bouger une seule partit de son corps. Elle vit avec horreur de la brume noir réapparaître et se répandre lentement sur le sol.
Maïa avait retrouvé sa vision et désormais rampait lamentablement au sol traînant derrière elle son odachi. Elle voulait se lever à l'aide du rocher qu'elle voyait à côté de Nina mais elle était trop lente. Elle vit la brume se rapprocher dangereusement d'elle et de Nina. Tout sur son passage disparaissait. Elle vit un arbre imposant y être aspiré. Elle regarda avec détresse sa nakama. Elles n'étaient que à deux mètres l'une de l'autre. Maïa ne voulait pas mourir, Nina non plus. Mais Peter avait appris à Maïa qu'il fallait être fort face à la mort, lui sourire de toutes ses dents. Mais là, elle voulait pleurer. Maintenant elle ne visait plus le rocher mais la seconde de l'équipage.
Nina avait souvent pensé à la mort, étant pirate, elle savait que celle-ci était à chaque coin de rue. Elle avait souvent faillit passer l'arme à gauche mais là ça devenait vraiment réel, voir les ténèbres devant elle l'horrifiait. Elle ne voulait pas mourir maintenant, elle ne voulait pas partir avant de pouvoir voir Lili devenir la reine des pirates. Elle ne voulait pas ne plus revoir ses nakamas, ne plus être libre de voguer sur les océans. Elle voulait tenir la promesse faite à son père. Elle murmura, comme une prière :
_Lili, tu deviendras la reine des pirates. Vit ta vie sans regret.
Sa voix était devenue comme résolut, ne voyant pas d'issu. Nina tourna la tête vers une main qui se tendait vers elle. Le regard vert de Maïa était légèrement flouté à cause de ses yeux qui commençaient à s'humidifier. Elles ne pouvaient pas bouger toutes les deux, mais dans un effort Nina réussit à attraper cette main tendue . Elles se sourirent.
_On dirait qu'on va mourir, désolé que ça soit avec moi, s'excusa Maïa sincèrement.
_Vaut mieux toi que personne, lui répondit la femme. Merci. Merci d'être resté et d'avoir tout donné.
Elles virent la brume passer entre leurs mains, passer dessus leur dos, mais continuèrent à sourire légèrement.
Maïa en était sûr elle irait en enfer. Elle ne pourrait sûrement pas revoir Madame Léa. Ces pensées se tournèrent vers Peter Kim. Elle aurait aimé le voir une dernière fois, pouvoir lui serrer la main et lui dire ces quelques mots qu'elle n'avait jamais dit à personne. Finalement sa vie n'était faite que de regrets. Aujourd'hui encore, elle était incapable de dire « je suis désolé pour tout le mal que j'ai fait. Les dragons célestes sont des êtres ignobles. Je regrette d'être né avec leur sang. » Elle savait maintenant que ce qu'elle voulait le plus au monde désormais, c'était d'être reconnue. Pas en t'en que dragon céleste, ni en t'en que la mercenaire. Mais juste Maïa. C'était de dire au monde « J'existe et je suis libre. » Libre, elle l'avait été ces dernières années et c'était la seule chose qu'elle ne regrettait pas. Partir de la ville sainte avait été la chose la plus bénéfique qu'elle ait fait.
Maïa ferma les yeux, de toute façon tout ce qui l'entourait c'était de la brume noir. Elle sentit la pression de la main de Nina se renforcer. Son corps était emporté par le bas, elle sentit une pression sur tout son corps, elle suffoqua, l'air n'atteignant plus ces poumons. Des branches, des pierres la percutèrent et vinrent entailler son corps. L'angoisse, la peur, le désespoir, la douleur. Ces sentiments n'avaient jamais été aussi fort qu'à ce moment là. Ne supportant plus la douleur, Maïa sombra dans l'inconscience.
Ce jour là, le cœur de Sainte Maïa Camilia descendante de la famille Isou, cessa de battre, dévorer par un démon ayant dans son nom un D.
Arc 4 : Pirates du Nouveau-Monde : Jusqu'au bout de leur rêve.
Crédits : le chant des corsaires n'est pas de moi.
L'attaque ''les ailes de l'ange'' de Maïa est sur le même principe que celle de Zoro quand il est un démon à trois corps, le pouvoir vient de l'épée.
