Vingt-troisième vague.

« Trébucher peut prévenir une chute. » de Thomas Fuller.

Nina tenait fermement le manche de son sabre. Elle détectait plusieurs présences dans le coin. Il y avait au moins vingt personnes qui les entouraient mais ils continuaient tous de marcher faisant semblant de ne rien avoir remarqué.

Lili sifflotait, nullement inquiétait des yeux qui étaient rivés sur elle. Maé à côté d'elle parlait gaiement avec Phil. Durant ses deux heures de marche, il avait commencé à prendre confiance en l'équipage et il s'amusait comme un fou à faire deviner des devinettes à l'homme. Phil était un grand amateur de bêtises en tout genre et il avait trouvé en Maé une nouvelle source d'inspiration pour faire des jeux et blagues en tout genre qu'il pourrait s'amuser à faire à ses nakamas restaient à bord du navire.

Maïa marchait à l'arrière du groupe avec Mattias. Ils savaient aussi que des gens les observaient mais contrairement à leur capitaine et Nina ils ne savaient pas leur force et leur nombre précis. Décidément, il fallait qu'elle apprenne ce pouvoir qu'était le haki.

La langue de Maïa se déliait peu à peu et elle avait engagé une discussion avec l'homme. Mattias était un grand homme de 2m10, très musclé, à la mâchoire carré et aux cheveux gris malgré qu'il ait à peine trente ans. Leur sujet de conversation était des plus sérieux : ils se demandaient pourquoi l'ancien amiral, Sengoku, avait une mouette sur son chapeau. Ok, c'était le signe de la marine, mais ça craignait d'avoir une mouette sur sa tête. Ils s'imaginèrent Akainu avec une mouette sur la tête. Mattias avait eu l'occasion de voir l'ancien amiral et le nouveau amiral lorsqu'il était encore un marine :

_Minute, tu as été … un marine ? Interrogea la femme en levant un sourcil.

_Tu as bien été une dragon céleste … rappela le pirate.

Oui, Mattias avait été un colonel. Un petit colonel au fin fond de North Blue à se geler les miches, mais un colonel tout de même. Et puis il avait combattu Lili et avait perdu. Son honneur avait été bafoué et il avait été rétrogradé . Il en voulait à mort à cette gamine qui n'avait que vingt ans. Il l'avait recroisé et Lili l'avait encore battu. Lili lui avait demandé de faire partit de son équipage, il n'avait pas voulu donc elle l'avait fait prisonnier. Il avait juré qu'il la tuerait, et avant même d'avoir réalisé, il était devenu un de ces plus fidèles amis.

_Lili peut paraître brusque mais je ne la remercierai jamais assez pour tout ce qu'elle a fait pour moi. C'est la personne la plus têtu que j'ai jamais rencontré ! Et quelle détermination ahahah ! C'est pour ça qu'elle deviendra le seigneur des pirates. J'en suis convaincu.

Maïa le regarda. Elle voyait sur le visage de l'homme toute l'admiration qu'il avait pour son capitaine. Le seigneur des pirates … cette idiote pourrait bien réussir ! À cette pensée, Maïa décrocha un léger sourire. Ça en jetait de faire partit de l'équipage du seigneur des pirates tout de même.

Un petit sifflement se fit entendre, et un projectile avança rapidement vers Mattias, qui attrapa dans sa main droite l'objet tranchant. Heureusement qu'il ne l'avait pas attrapé à pleine main, sinon il n'aurait plus eu de doigts. Une multitudes d'objets similaires volèrent vers eux, des shurikens. D'une dizaine ils passèrent à être une centaine à se diriger droit sur eux. Maïa avait déjà sortit son odachi pour contrer les projectiles mais elle ne put contrer celui qui s'enfonça profondément dans l'arrière de sa cuisse gauche. Elle étouffa un cri. Putain ! Qu'est-ce que ça faisait mal ces petits objets tranchant !

L'équipage avait réagit au quart de tour et ils étaient déjà en train d'avancer vers ceux qui les attaquaient. Mais ces derniers étaient déjà entrain de filer vers des contrés lointaine. Mais c'était mal connaître les dragons de feu. Ils étaient pas du genre à zigouiller tout ce qui bougeait, mais lorsqu'on tentait de les éliminer, ils se faisaient un malin plaisir à tuer leurs ennemis. Mais les bougres courraient vraiment vite ! Lili en attrapa un. C'était largement suffisant. Tout le monde revînt vers le lieu de l'attaque. Une fois l'homme bien ligoté, l'interrogatoire pouvait commencer. L'homme n'en menait pas large malgré son visage plus qu'effrayant.

_ Maé, c'est ça un Sasori ? Demanda la capitaine pirate.

L'adolescent confirma en hochant la tête.

L'individu se tenant devant eux était très grand, dans les deux mètres, la peau extrêmement blanche avec des tatouages tribaux. Un pique noir traversait sa bouche.

Lili tilta, voilà ce qu'il se passait dans sa tête à ce moment -Oh mon dieu. C'est horrible ce pique dans sa bouche. Déjà que j'ai eu du mal à me faire percer une seule de mes oreilles … - Lili n'avait peur que d'une chose : les aiguilles. Voir l'homme en avoir une dans sa bouche lui donnait des frissons dans le dos. Elle secoua la tête, il fallait qu'elle retourne à son but premier, lui faire cracher le morceau.

_C'est vous qui avez essayé de couler mon bateau ?

L'individu la regarda, mais ne dit rien. Lili tapa à plusieurs reprises frénétiquement son pied sur le sol puis elle frappa dans son poing, les bonnes vieilles méthodes étaient les meilleurs. Étant plutôt un être pacifique, elle misa sur l'intimidation. Une bonne frousse pouvait faire plier plus d'un. Si il se montrait trop coriace, elle serait le faire parler autrement sinon.

Elle s'approcha à 10 centimètres du visage de l'homme. Leur nez pouvaient presque se toucher. Elle sourit à pleine dents. Mais pas du sourire habituellement enjoué. C'était un sourire mesquin et remplit de folie.

_Ne joue pas avec mes nerfs. Tu vois en ce moment je ne suis pas au top de ma forme, et je pourrais dans un élan de folie, te couper la langue. Au moins ça te donnerai une raison de ne plus parler. Ou bien je pourrais découper chacun de tes orteils pour que tu sois incapable de marcher. Ou bien je pourrais faire les deux. Je suis Lili la lionne, et tu ne seras pas le premier à qui je coupe la langue. Apparemment certaines personnes ont voulu nous intimider. Ils savent pas à qui ils s'en ont prit. Passe moi ta dague Donald.

L'homme à la casquette en forme de canard lui tendit son arme.

Maïa regardait la scène. Allait-elle vraiment utiliser la torture ? Elle savait que sa capitaine était pacifique et n'aimait pas particulièrement torturer physiquement les gens, enfin c'est ce qu'elle avait cru comprendre. Ça ne choquait pas plus que ça l'ancienne noble, vu qu'elle avait déjà pratiqué depuis son plus jeune âge des tortures sur des esclaves.

Phil remarqua son air songeur alors que Lili commençait à enlever les rangers de l'homme. Il s'approcha de son oreille et lui chuchota :

_C'est de la torture psychologique. Elle ne va rien lui faire, si il continue à rien dire, elle lui coupera juste un seul orteil, elle n'ira pas plus loin. Quoique, quand on s'en prend à son équipage et son navire elle peut passer outre ses principes.

L'homme torturé, déjà très blanc de peau, était devenu vraiment pâle. De la sueur perlait sur son front alors que la dague commençait à entamer la chair de son orteil et que Lili continuait à parler.

_ … tellement dommage de perdre un si jolie orteil alors que ma question était si banale ...

_Oui, c'est nous ! C'est nous qui avons essayé de couler votre bateau, avoua le Sasori.

Lili retira la dague du pied et le plaça devant le nez de l'homme, faisant goutter un peu de sang.

_Et bien voilà, c'était simple ! Deuxième question. Combien vous êtes ?

_à peu près trois cent.

_Que sais-tu sur le trésor ?

_Rien.

_Que sais-tu sur le trésor ? Lili appuya sur la dague.

_On a rien trouvé ! À part les ruines du mausolée de pierre brune. Avant que Lili lui pose d'autres questions, il continua. Il se trouve sur la colline au sud.

Lili se leva et annonça à ses hommes que c'était là-bas qu'ils iraient. Ils laissèrent là l'homme, toujours attaché. Mais une fois qu'ils eurent le dos tourné, il ne put retenir un immense sourire. Personne n'avait jamais réussit à atteindre le mausolée, ça n'allait pas être eux qui allaient réussir.

Le groupe de pirate avançait gaiement. Plus personne les épiaient et ils avaient enfin une piste. Un mausolée = une tombe d'une personne importante= richesse= trésor. Simple, non ? Bon il devait y avoir un piège en quelque part. Ce que Maé leurs expliqua :

_ Il y a des pièges tout autour du mausolée. Quelques Sasoris ont déjà réussit à y pénétrer mais apparemment il n'y avait rien vu qu'ils continuent à chercher le trésor.

_Pourquoi tu as la peau qui vire au vert Maé ? Questionna Lili innocemment en se penchant sur l'adolescent.

Maé tourna la tête et fit une moue boudeuse. Il avait faillit vomir ses tripes quand il avait vu la dague entamer la chair de l'orteil du Sasori. L'équipage l'avait vraiment fait flipper à ce moment là ! Quelques rires retentirent derrière lui. Les autres n'étaient pas aussi naïf que la capitaine et ils avaient vu l'adolescent presque tourner de l'œil.

L'équipage arriva aux abords de l'immense mausolée. Nina murmura « par delà le mort ... ». Ouais, ça pourrait être ça se dire ces nakamas. Les mots que Maïa avaient découvert pourraient être réellement des indices.

Les ruines étaient plus que inquiétantes et les chauves-panda qui en sortirent ne rassura pas l'adolescent. Le reste des personnes présentes n'avaient pas plus peur que ça, ce qui était plutôt un tord. Ils regardèrent bien où ils mettaient les pieds et pour l'instant ils n'avaient aucunes difficultés à avancer vers le monument. Ils se demandèrent même si il y avait vraiment des pièges.

Un croassement de corbeau fit sursauter Maé. Les événements qui vont suivre vont aller très vite. Accrochez-vous !

Maé mit son pied sur une touffe d'herbe dé-séché, cette même touffe d'herbe s'effondra sous son pied. Il attrapa le bras de la personne qui était à côté de lui pour se tenir. Ce même bras appartenait à Maïa. Cette dernière n'avait pas eu particulièrement mal à sa blessure à sa cuisse, mais le destin avait fait qu'elle mette tout son poids plus le poids de Maé sur cette jambe. Vous devinez le schéma ? Avant même qu'elle réalise et que le son tonitruant provenant des entrailles de Maé n'atteigne ses oreilles, elle chutait dans un trou. Elle voyait de loin Mattias agenouillé sur le bord de la crevasse qui tendait une main qu'elle ne pourrait jamais attraper. Et elle continuait toujours à chuter. Elle se concentra maintenant sur le cri du gamin qui avait l'air de dire quelque chose. « Pi … quoi ? » Répéta t-elle alors que Maé lui tenait fermement désormais son cou. Il répéta en criant. « PIQUES ! » Maïa regarda sous elle. Déjà que ces yeux étaient écarquillés, elle les ouvrit encore plus. Elle sortit son odachi et essaya de le planter dans la paroi. Ce qui se termina en échec la première fois vu que la paroi était extrêmement glissante et dur. Elle retenta une autre fois en y mettant plus de force et la lame réussit enfin à s'incruster dans la roche. Leur chute s'arrêta brusquement. Maïa ferma les yeux une seconde et souffla. Derrière elle, Maé tremblait tant qu'il pouvait et lorsqu'il vit que à 1m50 sous lui se trouvait un des pics aiguisé il déglutit.

_MAIA ! Tout va bien ?! Lili criait pour se faire entendre. Maïa s'éclaircit la voix pour pouvoir crier le plus fort possible.

_OUAIS ! Le gamin aussi va bien ... enfin je crois !

_Je suis pas un gamin !

Maïa roula des yeux dans le noir. Oui, il faisait tout noir, enfin presque . Seul les piques se reflétaient dans la pénombre. Maïa regarda autour d'elle. Il y avait comme un petit tunnel à sa gauche. À sa droite, il y avait un crâne. « sympathique la déco …. » Murmura t-elle pour elle-même. C'était impossible d'escalader et de rejoindre le groupe, il fallait qu'elle se débrouille seule. C'est ce qu'elle cria à sa capitaine qui approuva avec un « bonne chance » et « Tâche de trouver le trésor. »

Maïa se laissa glisser le long d'un des longs piques, toujours Maé accroché à son cou et mit pied à terre. Maé, remit de sa frayeur regarda la mercenaire prendre une lampe torche dans son baluchon.

_Dis, tu vas pas m'abandonner ?

_Je me rappelle pas t'avoir dit de me tutoyer. Si tu me suis sans discuter, normalement il n'y aura aucuns problèmes.

Maé ravala sa salive. Pourquoi il l'avait attrapé elle, et pas un autre ? Si ça avait été un autre, peut-être qu'il serait mort à l'heure qu'il est, mais quand même ! Il suivit la pirate dans le tout petit tunnel.


En haut de la crevasse, groupe de Lili...

_Bon, bah on va continuer notre chemin. Il y a vraiment des pièges, donc faites gaffes, prévînt Lili en remettant son sac à dos sur son épaule.

Tout le monde hocha la tête. Mais elle ne fit presque pas un pas, qu'elle appuya sur un cailloux qui émit un petit clic. Plus personne ne bougea, attendant le piège, qui ne vînt pas.

_ Capitaine, tu devrais appliquer tes conseils sur toi même la prochaine fois.. dit Nina avec une goutte derrière la tête.

Lili voulut lui répliquer en se tournant, mais dès l'instant où elle enleva son pied du cailloux, des sifflements se firent entendre. Lili se pencha en arrière, Nina dévia la flèche qui allait lui perforer le ventre, Mattias attrapa avec ces deux mains celui qui allait atterrir au milieu de ses deux yeux et Donald évita celle qui s'était approché de son nez mais qui lui entailla tout de même la joue. Quand en autres ils s'étaient arrangés comme ils pouvaient pour dévier les projectiles.

_Lili … murmura Nina. Elle venait de créer une énorme bosse sur le sommet du crâne de sa capitaine avec le manche de son sabre. Pour simple réponse, Lili murmura un « Gomen. » Il fut décidé que Gaku -l'homme à l'éternel sourire et aux grandes canines- ouvrirait la marche à la place de la capitaine.

Lili boudait dans son coin . Haruka serait là, il lui aurait ébouriffé les cheveux et l'aurait laissé marcher devant tout en regardant ces moindres faits et gestes. Il lui manquait. Elle avait prit la mer grâce à lui, elle rêvait de devenir reine des pirates grâce à lui et elle était capitaine grâce à lui. Son rêve, elle ne le criait pas sur les toits comme certains. Ce rêve était moins brûlant que lorsqu'elle avait été adolescente, mais elle n'avait jamais cessé d'y croire et s'était devenu sa raison de vivre.

Après une dizaine de piège déjoué, une attaque de chauve-panda, l'équipage atteignit enfin l'entrée du mausolée.


À un kilomètre de la position de Lili, dans une crevasse remplit d'eau et de piranha …

_Cap'taine ! C'est bon, Jean Bart a éliminé tous les piranhas, on peut avancer vers le tunnel !

L'homme à la casquette où il y avait marqué PENGUIN nagea vers le tunnel. Son capitaine, confortablement installé sur le dos de son second, un ours blanc, se félicitait déjà que un de ses hommes par mégarde avait actionné le piège. En plus avoir un homme-poisson dans son équipage en le nom de Jean Bart, était un réel avantage quand on tombe dans une fosse pleine d'eau avec pour habitants des mangeurs d'homme. Mais il ne fallait par crier victoire avant l'heure, si ça se trouvait, le trésor n'était pas là.