Chapitre 2
Dans la tête de Harry, la colère et l'incompréhension se mêlaient l'une à l'autre le faisant devenir fou sans qu'il ne sache vraiment pourquoi.
Son ancien professeur se tenait là, devant lui, habillé d'un costume trois pièces qui lui saillait parfaitement, d'un bleu foncé rappelant le ciel d'une nuit sans nuages, tandis que sa peau pâle faisait penser à la lumière de la lune.
Il était stupéfait des changements qui s'étaient effectués chez son ancien professeur, et ce n'était pas sa nouvelle coupe de cheveux qui arrangeait quoique ce soit. En effet, adieu les cheveux fin, gras et sans volume du maître des cachots, et bonjour les cheveux souples, légèrement ondulés, coupés un peu au dessus des oreilles et avec des mèches retombant devant ses yeux, dans une coiffure diablement sexy et jeune.
Il eu également tout le temps d'admirer ses traits qui semblaient bien moins tirés qu'à l'époque, et ce malgré le temps passé.
Reprenant ses esprits, il parvint à adresser quelques mots à l'homme.
« Que faites-vous là ? »
Il vit le professeur sursauter à cette phrase, détournant ses yeux de ceux du jeune homme.
« Heu, excusez-moi, je suis votre nouveau manager, Severus Snape. Je suis ravi de vous rencontrer Madame Smith, et heureux de pouvoir travailler avec vous. »
Cette phrase laissa Harry sur les fesses. Il savait que son ancien manager allait bientôt devoir être remplacé, mais il n'aurait pas cru que ce serait aussi vite. Et surtout, il pensait qu'on allait au moins le laisser choisir. Au lieu de ça, il se retrouve avec son ancien professeur, dont il ne connaît que trop bien le caractère et surtout la façon de travailler qui ne lui avait jamais convenu.
Il ne put empêcher le venin de sortir de sa bouche.
« Et alors ? »
Les yeux du professeur se rétrécirent au maximum. Visiblement, la beauté ne faisait pas tout, car la façon dont cette dame s'adressait à lui ne lui plaisait guère.
On dit souvent que les plus belles fleurs cachent les plus grosses épines, et apparemment, cela s'appliquait aussi à certaines femmes.
Aussitôt, sa voix changea du tout au tout, et une phrase sèche sortit de ses lèvres.
« Je ne suis pas là pour votre plaisir, et si cela ne vous plaît pas, voyez avec mes supérieurs. Pour l'instant, la seule chose que je veux de vous, c'est votre manuscrit, et il y a intérêt qu'il soit terminé, sinon je peux vous garantir que les rumeurs à mon sujet seront bientôt fondées. »
Harry avait toujours détesté ce côté de son professeur. Sec, cassant, humiliant. De vieux souvenirs lui revinrent alors, les heures de colles, les humiliations publiques, les critiques.
Il n'avait pas fuit le monde sorcier pour rien. Ici, il pouvait être lui même et faire ce qui lui plaisait. Snape n'avait pas le droit de venir et gâcher tout ses efforts d'une seule tirade.
La colère grimpa aussitôt en lui.
Seulement, depuis sa dernière colère, il avait eu le temps de s'améliorer, et sa colère s'était transformé. Elle était bien plus... invective... Et ensorcelante.
Les yeux de Typhanie devinrent plus foncés, jusqu'à devenir noir profond. Ses lèvres s'étirèrent sur un sourire de prédateur, et sa posture, auparavant droite et rigide s'était assouplie pour venir sa poser contre l'encadrement de la porte.
Baissant légèrement le visage vers son visiteur, il repoussa une mèche de cheveux qui venait de tomber devant ses yeux. Prenant une voix sensuelle et mature, il s'adressa à lui en ces mots :
« Monsieur Snape, c'est bien cela ? Votre nom m'est totalement inconnu, aussi, je ne souhaite pas remettre quoique ce soit à une personne comme vous. Et sachez que moi, Typhanie Smith, n'ait aucun ordre à recevoir de vous ni de personne d'autre. Alors si vous souhaitez obtenir quelque chose, je crains que je ne puisse rien vous offrir, ni ne le veuille. A présent, je vous saurais grée de quitter ma propriétaire sous peine de faire intervenir la police. »
Souriant intérieurement, Harry était content d'avoir pu sortir une telle phrase et content d'avoir pu faire appel à une telle maîtrise de soi.
Il n'attendit pas de réponse et fermât la porte aussitôt.
Voilà une bonne chose de faite.
Mais soudainement, des tonnes de questions assaillirent son esprit.
Pourquoi son ancien professeur était-il là ? Racontait-il la vérité sur son identité nouvelle ? Etait-il au courant pour Harry ?
La tête commençait à lui tourner. Cet accès de colère l'avait trop énervé, et ayant oublié de prendre son petit déjeuné ce matin, l'anémie pointait son nez. Depuis qu'il vivait seul, il n'avait plus personne pour lui dire quand manger et quelle quantité surtout, alors il arrivait souvent qu'il ne mange rien pendant quelques jours.
Et arriva ce qui devait arriver, il tomba dans les pommes dans un bruit sourd.
Tandis que Severus, toujours sur le porche, toujours abasourdit que quelqu'un ose lui parler de cette façon alors que ce n'était pas arrivé depuis ce maudit Potter, hésitait à partir ou rester et faire comprendre à cette femme son point de vue.
S'apprêtant à frapper de nouveau à la porte de l'écrivaine, il entendit le bruit sourd d'une chute. Ne réfléchissant pas une seconde sur la question, il entra brutalement dans la maison arrachant presque la porte de ses gonds. Il trouva Typhanie, allongée sur le sol du couloir, inconsciente, et la panique le prit aussitôt.
Sortant son téléphone portable de sa poche, il composa le 112 rapidement et prévint les secours de l'inanimité de la femme.
Patientant alors, dans l'impuissance dû à l'absence de pouvoir magique, il appuya tout de même la tête de l'évanouie sur ses jambes croisée en tailleur sur le sol.
Lorsque finalement ils arrivèrent, l'inquiétude rongeait toujours le manager.
Le diagnostique temporaire des ambulanciers ne rassura en rien le professeur. Tomber dans l'inconscience, après un excès de colère signifie souvent des problèmes internes parfois plus graves.
Une fois que Severus fut informé de l'hôpital vers lequel elle allait être transporté, il contacta son supérieur à Bloomsbury Publishing pour les informer de l'état de sa protégée.
Une fois fait, il se rendit là bas afin de pouvoir s'assurer au plus vite de la bonne santé de la femme.
Tandis qu'il patientait dans la salle d'attente, un médecin vint le voir afin de savoir si la famille de cette dame pouvait être informé et si elle pouvait venir pour qu'il leur dise ce qu'il en est.
Seulement, Severus avait été informé par son prédécesseur qu'aucune famille de l'écrivaine n'existait, qu'elle vivait seule depuis toujours après avoir vécu en orphelinat.
En informant le médecin, il lui précisa qu'il était ce qui s'y apparentait le plus puisqu'il était son manager.
Ce dernier accepta donc de lui parler de la fragile santé de l'écrivaine.
Les bilans sanguins n'étaient pas bons. Elle était en manque de beaucoup des nutriments nécessaires à la bonne santé d'une femme. De plus, ayant retrouvé son dossier médical grâce au nom fournit par Severus, il avait également pu lui dire que son traumatisme n'allait pas s'améliorer si elle ne prenait pas soin d'elle correctement. Cependant, cela s'améliorait à vue d'œil depuis son arrivée.
N'ayant pas eu le temps de demander plus d'informations sur cette maladie, le professeur se promit de demander à la jeune femme dès son réveil, et la gronder sévèrement mais calmement sur son état de santé.
Harry se réveilla dans un lit moelleux, au chaud, avec une intraveineuse raccordé à l'une de ses veine. Il avait encore perdu connaissance... Cela faisait longtemps que cela ne lui était pas arrivé. Depuis sa prise de tête avec Ron d'ailleurs, à propos de sa façon de vivre et de se travestir. Après ça, le jeune homme l'avait laissé vivre sa vie comme il l'entendait à la condition qu'il devait le laisser venir au moins une fois par semaine avec Hermione pour l'ausculter.
Il se remémora les derniers évènements et se souvint de l'apparition inattendue de son ancien professeur, de la haine qu'il avait ressentit, la peur aussi, peur d'être découvert, peur de voir cette homme détruire toutes les choses qu'il avait construit ces dernières années.
Puis c'est ainsi qu'il s'était évanoui. Toutefois, une question demeurait... Comment avait-il atterrit dans cet hôpital ? Et surtout, pourquoi un hôpital moldu ? Si c'était Hermione ou Ron qui l'avaient trouvé, ils l'auraient assurément emmené à Sainte Mangouste. Mais alors pourquoi ?
La réponse vint aussi clairement dans son esprit qu'elle n'apparut devant ses yeux. En effet, le professeur Snape venait de toquer à la porte avant d'y pénétrer.
Puis il vit que la jeune femme était réveillée. Il faillit presque rougir d'être entré la pensant encore endormi, puis il se rappela qu'il devait d'abord la réprimander.
« Madame Smith, vous vous demandez sûrement pourquoi vous êtes dans un hôpital, alors je vais vous éclaircir un peu les idées. Après votre virulente tirade, vous vous êtes évanouie dans votre couloir, alors j'ai contacté les secours. Le médecin vient tout juste de m'informer que votre état de santé s'est amélioré depuis votre arrivée, mais que vous devriez vous nourrir plus convenablement. »
Sa phrase laissa Harry dans le trouble. Ainsi, cet homme, qui le détestait à l'époque de Poudlard l'avait emmené à l'hôpital et semblait inquiet de sa santé.
« Merci Monsieur Snape... »
Harry murmura cette phrase, gêné.
Severus avait le regard fixé sur elle, se disant que la gêne lui allait plutôt bien.
Il fallait toutefois qu'il lui parle maintenant de sa santé.
« Puis-je vous poser une question indiscrète ? »
Levant les yeux au ciel en se disant qu'il ne perdait pas de temps, le jeune Potter accepta à contre cœur, se disant qu'il lui en devait bien une.
« Il y a quelques années de cela, j'ai eu un accident. Une bombe a explosé près de moi, et depuis, un traumatisme s'est installé en moi, et je n'arrive pas à oublier ce que j'ai ressentit à ce moment. Alors parfois, je perd la tête et ne fais pas attention à ce que je fais, j'oublie quelques choses, comme manger, ou dormir. »
Cela était un peu comme la vérité. La Grande guerre lui avait laissé quelques cicatrices externes, mais celles psychologiques étaient bien plus nombreuses. Et la mort de beaucoup de ses amis, ainsi que sa propre mort et celle de Voldemort l'avaient atteint, intérieurement. Il ne pense pas s'en remettre un jour, alors il vit avec, tant bien que mal.
« Je suis désolé de l'apprendre, si je l'avais su, je n'aurai pas agit aussi abruptement avec vous. Veuillez m'en excuser. »
Typhanie sourit, d'un sourire tendre et satisfait. Severus en resta bouche bée. Jamais une femme ne lui avait sourit de la sorte et cela le fit se sentir devenir Poufsouffle.
« Je suis celle qui m'excuse. Je vous ai répondu bien méchamment alors que vos intentions étaient bonnes. Je vous remettrai le manuscrit de mon dernier ouvrage lorsque je serai rentré chez moi et que j'aurai contacté le bureau d'édition afin de confirmer vos dires. En attendant, je vous saurai gré de bien vouloir me laisser me reposer. »
« Bien Madame. Reposez-vous bien, et s'il vous plaît, tenez-moi informé de la date de votre sortie que je puisse prendre de vos nouvelles. »
Sur ces mots, il quitta les lieux pensant que cette femme n'était pas si horrible une fois qu'on perçait sa carapace.
Et Harry quant à lui, s'endormit presque paisiblement, se disant que, peut-être, son ancien professeur avait changé en bien. Ou alors qu'il montrait son vrai visage à une personne qui n'était pas son ancien élève.
