Chapitre 3

Deux jours plus tard, avec l'autorisation et l'avertissement des médecins, Harry sortait de l'hôpital. Il se sentait beaucoup mieux. Il n'avait pas osé contacter son ancien professeur, le revoir aussi rapidement était bien trop pour notre jeune écrivain.

Pourtant, et ce bien malgré lui, cet homme se trouvait actuellement devant le bâtiment principal, adossé à une voiture plus que luxueuse, noire intense, comme la tenue du manager, qui portait également une paire de lunette de soleil.

Dès qu'il vit la jeune femme sortir du bâtiment, il ne put s'empêcher de défroncer les sourcils à la vue de cette fragile mais épineuse dame. Elle avait meilleure mine que lorsqu'il l'avait transporté ici même ce fameux jour de leur première rencontre.

Cependant, bien qu'il ait tenté d'être courtois avec elle, elle le rejetait de nouveau en ne l'ayant pas contacté pour qu'il vienne la prendre en voiture. Peut-être ne voulait-elle pas gêner, mais cela ne faisait qu'agacer le professeur.

Elle se dirigeait vers lui, le regard un peu coupable. Mais à l'intérieur, Harry bouillonnait et s'extasiait en même temps. Il était sûr que le professeur avait demandé aux médecins de l'avertir de se sortie. Mais à la vue de l'homme dans cette pose, contre cette voiture ne faisait qu'accroître son envie de connaître un peu son nouveau manager.

Il n'aurait jamais pensé que le vieil aigri qu'il était aurait un jour pu se retrouver dans des vêtements autre que ces robes de sorciers et surtout, au volant d'une voiture aussi classe. Aux yeux du plus jeune, son aîné devenait soudainement un autre homme, à condition qu'il ne se mette pas à parler...

Typhanie portait toujours sa tenue très sexy de l'avant veille et le professeur ne pu s'empêcher de penser qu'elle était toujours aussi gracieuse bien qu'elle attira tout les regards sur elle. Il retira donc sa veste avant de se diriger vers elle et de la lui mettre sur les épaules. Il aurait tout le temps de la gronder sur le trajet de retour.

Harry fut surpris de l'attitude du plus vieux. A l'époque, lorsque Harry oubliait ne serait-ce que de rentrer un pan de sa chemise dans son pantalon, il se faisait immédiatement vociférer dessus pas le maître des potions. Alors que là, il avait tout simplement couvert son corps avec sa veste.

Ainsi donc, il était gêné des vêtements que portait Typhanie. Heureusement qu'il s'agissait de sa tenue la plus ''correcte''.

Sans qu'il ne s'y attende, Harry se vit ouvrir la porte de la voiture par son manager, et il ne put empêcher la femme en lui de rougir. Cela lui arrivait souvent, qu'un homme fasse preuve de galanterie, mais que cela vienne d'un homme qu'il avait détesté depuis le premier cours qu'ils avaient eus ensemble lui faisait vraiment un choc.

Imaginons un peu la tête qu'il ferait s'il découvrait que la jeune et délicieuse femme maintenant assise à côté de lui n'était autre que Harry Potter, son si détesté élève.

Harry en sourit de rire.

Sourire qui n'échappa pas à l'homme qui conduisait.

Il se demandait comment cette jeune femme pouvait le mettre dans tout ses états aussi facilement. La dernière personne qui l'avait fait se sentir ainsi était son ancien élève, Harry Potter.

Il avait un talent inné pour mettre en rogne Severus, et Typhanie également, même si cette dernière était bien plus désirable que ce Potter.

A bien y regarder, ils avaient les mêmes yeux émeraude, et bien que cela troubla le professeur plus qu'il ne l'aurait cru, il remarquait toutefois que c'était la seule chose qu'ils partageaient. En effet, bien que son ancien élève eut été impulsif et coléreux, la jeune femme était bien plus posée et réfléchis, mais surtout bien plus Serpentarde que le Gryffondor.

Severus devait bien s'avouer que la jeune femme était tout à fait à son goût, et bien qu'il eut eu de nombreuses relations auparavant, aucune d'elles n'avaient duré très longtemps, étant pour la plupart de simple batifolage que de vraies fréquentations. Et même s'il voyait en elle son idéal féminin, il savait qu'il ne devait pas se laisser tenter, surtout au vue des nombreuses rumeurs à son sujet qui couraient dans les couloirs de la maison d'édition.

Une femme fatale, voilà ce qu'elle était, et de nombreux hommes étaient souvent ressortis de chez elles complètement comateux et hagards, selon les rumeurs évidemment.

Mais le manager se demanda quand même la raison qui faisait que la jeune femme riait aux éclats. Et s'en rendant compte trop tard, la brune répondit à la question qu'il avait formulé à voix haute.

« Et bien, Monsieur Snape, avec la gêne évidente dont vous avez fait preuve tout à l'heure à mon égard et surtout à l'égard de ma tenue, je me suis dit que vous voudriez peut-être m'acheter quelques chose de plus sobre et surtout de moins voyant, et je vous imaginais dans les magasins avec moi, le regard dépréciateur vis-à-vis du temps que je mettrais à trouver des vêtements. Je ne pu m'empêcher de rire à cela. »

Cette jeune femme était vraiment impétueuse. Severus se devait de lui faire ravaler son sarcasme, mais comment... Il se rappela alors qu'il serait peut-être bon pour eux deux de faire mieux connaissance.

« Puisque vous parlez de vêtements, pourquoi ne pas aller vous changer chez vous pendant que je commence votre manuscrit et qu'ensuite nous allions boire un verre en ville, je vous invite. »

Harry ne pu s'empêcher d'ouvrir les yeux en grand. Dire que l'ancienne chauve-souris des cachots était en train de l'inviter à boire un verre. Sans s'en rendre compte, il avait déjà accepté l'invitation du professeur.

Ils arrivèrent rapidement devant la maison de l'écrivain.

Severus descendit en premier afin d'aller ouvrir la porte de la voiture la jeune femme qui semblait tenir particulièrement aux bonne manière, et tout le monde sait que la galanterie est ce à quoi tiennent le plus les femmes.

Le brun n'avait pas ouvert de lui même car il était encore sous le choc de ce qu'il venait de faire. Il reprit ses esprit dès que la portière s'ouvrit. Il sortit du véhicule et se dirigea vers sa porte.

Les faisant entrer tout les deux, il sortit rapidement de sa torpeur lorsqu'il se rendit compte que certains des sous-vêtements de Typhanie traînaient encore sur le séchoir à linge qu'il avait installé dans le salon. Demandant au professeur de patienter un instant dans l'entrée, il s'empressa de retirer tout vêtements gênant de la pièce.

Puis, invitant le plus vieux à s'installer sur le canapé, et lui apportant une tasse de thé, il apporta presque par automatisme le manuscrit à l'homme en question.

« Je vous préviens, Monsieur, ce n'est pas parce que je vous laisse le lire que j'accepte que vous soyez mon manager. Si je juge vos corrections à la hauteur de mon texte, je pourrais peut-être me repencher sur la question. »

Et sans prévenir outre mesure, il se dirigea vers l'étage, plus précisément la salle de bain. Une fois sous l'eau chaude en train de se savonner, il se posa la question de savoir s'il devait montrer la facette séductrice ou délicate de sa personnalité. Il en vint rapidement à choisir la première option. Il avait toujours su garder le contrôle de la situation avec le côté dominant de sa personnalité.

Dire que son détesté professeur de potion était actuellement en train de lire le nouveau roman qu'il avait écrit. Il espérait que le professeur serait critique, mais pas au point de dénigrer totalement son récit comme il le faisait autrefois avec ses devoirs.

Une fois propre et sec, il lui fallait habillé le corps autrement plus féminin de Typhanie, mais Harry savait à quoi s'en tenir. Depuis le temps qu'il utilisait ce corps, il n'avait plus aucun secret, surtout en matière de mode.

Au vu de la magnifique journée qui l'attendait et surtout de beau temps et de la chaleur qui y régnait, il allait porter une légère robe d'été blanche à fleurs violettes qui ne laissait pas de place à l'imagination. Le décolleté en v laissait quant à lui largement entrevoir sa poitrine arrondit et ferme, alors que le bas du vêtement, qui s'arrêtait un peu au dessus des genoux mettait en valeur ses jambes interminables et musclée. Il avait rehaussé ses pieds de sandale à talon compensé, ce qui, il devait le dire, mettait son corps bien en valeur.

Sa coiffure était un simple chignon, assez lâche qui laissait tomber plusieurs mèches en cascade par endroit. Le maquillage se fit plus naturel, pour aller avec la simplicité de la tenue, soit un peu de fond de teint pour rendre son visage plus lumineux, et un gloss rose brillant pour mettre l'accent sur ses lèvres discrètes.

Parfait.

Severus était plongé dans le roman depuis déjà presque une heure. Il n'arrivait, pour ainsi dire, pas à s'en décoller d'un pouce. Il était pris dedans comme un insecte serait pris dans une toile d'araignée. La trame principale était captivante autant que les personnages étaient attirant.

Ce n'est que lorsqu'il entendit des pas dans l'escalier qu'il leva le nez du roman. Et ce qu'il vit fit chavirer son esprit dans une autre dimension, celle du désir. Et il désirait très fortement ce qu'il voyait. La jeune femme était plus attirante encore dans cette tenue d'été que dans celle décontracté qu'elle avait plus tôt.

L'homme qu'il était ne put s'empêcher de rougir légèrement, tout comme il ne put empêcher son corps de réagir brièvement.

Il ne pouvait détourner le regard de cette vision enchanteresse. Il comprenait mieux pourquoi elle avait ce genre de réputation.

Lorsqu'elle atteignit le bas de l'escalier, et qu'elle se dirigea vers lui, il put enfin cligner des yeux et arrêter de la fixer.

Harry était fier de l'effet qu'il avait produit sur son ancien professeur, puisque ce dernier n'avait pas détourné le regard une seule seconde de Typhanie descendant les marches élégamment.

Il se dirigea vers lui, toujours souplement et sensuellement, puis lui adressa la parole.

« Monsieur Snape, je remarque que vous avez bien entamé le manuscrit de mon livre, et j'espère qu'il est à votre goût. »

Severus savait qu'elle ne faisait pas allusion qu'à son livre. Il allait jouer un peu dans son jeu de séduction.

« Il est vrai qu'il me plaît énormément, mais je vous en dirai plus une fois que j'en aurai parcourus entièrement les pages. »

Harry en frissonna bien malgré lui. Dire qu'il était en train de flirter avec son ancien professeur. Certes, il les préférait mûr, et plus âgés que lui par leur expérience, mais de là à être attiré par lui, il avait tout de même des limites.

Mais peut-être que le fait de le séduire juste pour s'amuser pourrait l'être bien plus avec cet homme là.

Severus se leva du canapé, et, posant le manuscrit sur la table basse victorienne en verre, tacha de garder en tête le numéro de la page où il était.

Cette femme était vraiment la plus stimulante qu'il avait rencontré jusque là.

Il se dirigea vers elle puis, se penchant légèrement vers son visage du fait qu'il était toujours un peu plus grand qu'elle la regarda sans sourciller directement dans les yeux.

L'espace qui séparait leur peau était si mince qu'il aurait été peu aisé d'y glisser une feuille de papier.

Et alors, ses lèvres presque contre les siennes, il prononça.

« Mademoiselle Smith, peut-être pourrions nous sortir à présent que vous avez pris le temps de vous apprêter ? »

Harry n'aurait eu qu'à tirer la langue pour toucher la bouche de son invité, et, bien qu'il eu terriblement envie d'essayer pour voir si son professeur rougirai, il se retint tout de même.

Il papillonna des yeux un instant, puis plongeant ses émeraudes devenues plus foncées avec l'excitation du jeu dans celle de Snape, il murmura d'une voix légèrement teinté d'envie.

« Excusez-moi de vouloir me faire belle pour vous Severus. »

Il fit rouler son prénom sur sa langue.

Et il résonna délicieusement aux oreilles du susnommé.

Si Severus n'était pas un gentleman, il y aurait déjà bien longtemps qu'il lui aurait sauté dessus. Mais la voir ainsi essayer de le tenter l'amusait beaucoup, et il continuerai de jouer dans son jeu si cela lui permettait d'avoir un travail de qualité venant de sa part.

Et peut-être qu'un jour il se laisserait aller. Une femme telle que Typhanie devait assurément être très stimulante entre les quatre murs d'une chambre.

Pour l'un comme pour l'autre, un jeu dangereux débutait.