Chapitre 1:
Un hurlement à vous glacer le sang réveilla Stiles en sursaut. Il jurerait avoir senti quelque chose dans ce grondement effroyable, Comme une promesse...
Un trou dans la route fit brusquement cahoter la voiture où il se trouvait, le ramenant à l'essentiel: qu'est-ce qu'il pouvait bien ficher avec une sorte de sac poisseux sur la tête, dans une voiture !?
Des centaines de questions commencèrent à bouillonner sous son crâne, tandis qu'il tentait un maximum d'analyser la situation, de se concentrer pour comprendre. Autant dire mission impossible pour le gamin hyperactif qu'il était...
Première chose, il était blessé. Ça, il n'avait pas besoin de réfléchir pour le comprendre. Son épaule le lançait à chaque inspiration, et il sentait une douleur brûlante au niveau de son torse. Il pouvait même détecter l'odeur du sang. Et..
Attendez ! Comment pouvait-il humer "l'odeur" du sang !? Lui un simple humain ? Enfin, s'il était bien humain ? Mais oui il était humain, puisqu'il ne voulait pas être transformé et que de toute façon personne ne voudrait le transformer... Ben oui, vous imaginez un loup hyperactif, avec des troubles de l'attention, un soir de pleine lune, dans une ville comme Beacon Hills ? Lui oui, et il refusait que ça se produise. Bien qu'être hyper-fort et méga-rapide doive être sympa. Sans parler de l'ouïe.. Vous vous rendez compte qu'un loup peut savoir si on lui ment avec les battements du cœur !? C'est trop génial ! En fait ce serait vraiment cool de devenir un loup. Mais non, pas pour un hyperactif, ne l'oublions pas...
Bref, qu'elle était la question de départ déjà ?
L'adolescent n'eut pas le temps de la retrouver qu'un grognement, humain celui-là, résonna dans l'habitacle.
- Non mais il peut pas arrêter le gosse à l'arrière !? Ça fait bien dix minutes qu'il tape du pied par terre en gigotant sans arrêt !
Stiles, piqué au vif, ne pût s'empêcher de rétorquer, sarcastique jusqu'au bout des ongles:
- Excusez-moi mon bon seigneur, mais vous vous doutez qu'être enfermé, blessé et cagoulé dans une voiture inconnue, avec des inconnus, c'est un minimum stressant, non ? Et bien si ce n'est pas le cas, je ne veux jamais rencontrer vos parents, ils ont dû vous élever de façon très bizarre! Surtout que vous me faites peur ! Bien que j'ai...
Le brun fut stopper par une grande claque qui le fit tomber sur le côté violemment, en retenant un gémissement de douleur. Il sentit un filet tiède couler sur son nez et sa tempe: le puissance du coup lui avait ouvert l'arcade sourcilière. Une nouvelle fois, il pût détecter l'odeur du sang, son propre sang. Un frisson d'horreur remonta sa colonne vertébrale quand il comprit deux choses: d'abord, il pouvait presque remercier l'homme qui l'avait frappé, car il était sur le point de leur révéler qu'il avait toujours son téléphone avec lui, il le sentait dans la poche de son pantalon, un peu large aujourd'hui. Ensuite, il parvenait à entendre.
Il entendait des choses inhabituelles. Comme un martèlement irrégulier et puissant qui venait de l'avant, en rythme avec une sorte de souffle.
Son cerveau tournait à plein régime et il finit par comprendre ce que c'était quand un autre martèlement, plus léger et régulier cette fois, lui fut audible.
Il entendait le cœur des personnes présentes.
Mais que se passait-il? Il n'avait jamais été mordu. Et bien qu'il soit blessé maintenant, il était sûr de ne pas porter de trace de morsure, Scott lui ayant tant de fois décrit la sensation de brûlure quand le venin de la morsure se propageait.
Il commençait doucement mais sûrement à paniquer. Que lui arrivait-il ? Que lui avaient fait ses ravisseurs? Et puis merde! Pourquoi était-il en train de se faire kidnapper au final !?
Son cœur se serra et sa respiration devint incontrôlable et difficile à mesure qu'il sentait la voiture avancer vers une destination inconnue.
Il devait encore faire trop de bruit, puisque l'homme qui l'avait frappé plus tôt se retourna encore et leva le poing vers lui. Non, Stiles ne le vit pas, il le sentit. Et un grognement d'avertissement s'éleva des tréfonds de son torse, roulant dans sa gorge et éclatant entre ses dents serrées. Cette réaction était instinctive et lui fit peur à lui même: qu'est-ce qu'il pouvait bien lui arriver, putain !? L'autre dégluti, et stoppa son geste, tandis que la seconde personne gloussa:
- Fait attention, il pourrait bien te mordre. Après tout, nous savons juste qu'il est puissant et spécial. Rien de plus... Mais ne l'abîme pas trop quand même !
Puissant ? Spécial ? Stiles ? Ces trois mots dans une même phrase relevaient de la mauvaise blague. Le cerveau hyperactif de l'adolescent recommença à carburer, tentant d'assimiler et de comprendre tout ce qu'il avait capté depuis son réveil. Mais il fut coupé dans sa réflexion par un nouveau coup.
Il pensa à une seule chose avant de sombrer dans les limbes de l'inconscience.
Derek, viens me sauver...
OooOooO
- Bien, on se retrouve au loft dans dix minutes, pas plus, pas moins.
L'ordre claqua dans la forêt, tandis que l'Alpha se détournait. Mais un des loups contesta: Scott.
- Mais enfin ! Stiles a disparu et toi tu veux qu'on attende dix minutes ? Tu t'en fous qu'on le retrouve, bon débarras en fait, c'est ça !?
Un grondement sourd et inquiétant lui répondit, tandis que Le brun ténébreux restait de dos. Étant toujours torse nu, sa meute pouvait clairement voir les muscles puissants jouer sous l'encre du triskel noir, alors qu'il tentait de contenir et refouler sa rage.
Il se retourna lentement, vers son bêta, les pupilles purpurines.
- Non, je ne m'en fou pas de Stiles. Clairement pas. Il fait parti de la meute, et nous allons le retrouver. Même si je dois y laisser ma peau, c'est clair ?
Chacun hocha la tête et l'Alpha reprit:
- Alors si je vous laisse du temps, c'est pour vous calmer. Nous sommes tous trop excités et énervés pour être efficaces dans nos recherches. Alors, à dans dix minutes.
Sur ceux, il repartit sans plus se retourner, s'enfonçant dans la forêt.
OooOooO
Au cours de sa marche, Derek serra les poings. Il pouvait encore sentir l'odeur sucrée et entêtante de Styles partout sur lui, mélangée à celle, plus douceâtre et acre, de son sang. Il ferma fort les yeux et tenta de se calmer. Il n'arriverait à rien dans cet état de rage.
Quand il rouvrit les paupières, il voulut passer toute sa haine sur l'arbre en face de lui. Un chêne, d'une petite cinquantaine d'années peut-être, pas trop mal. Mais quand il leva le poing, un détail le retint.
Une agréable brûlure, maintenant familière, était revenue autour de son biceps. Le loup cessa alors tout mouvement et se concentra: cette sensation était toujours déclenchée par la proximité d'un certain adolescent.
Il huma l'air, les yeux fermés et l'oreille attentive. Et là, il le perçut.
Un battement de cœur erratique et apeuré, une respiration décousue, tous deux couverts par le bruit d'une voiture. Un gros modèle vu le son des roues sur l'asphalte. Peut-être un pickup.
Derek bondit alors jusqu'à la route, pour voir passer une grosse voiture noire, aux vitres teintées. Ce qui ne l'empêcha pas de saisir l'instant où le poing du passager avant s'abattit sur la tempe du garçon à l'arrière. Ce dernier chuta sur le flanc, dans un bruit étouffé, et perdit connaissance, les battements de son cœur redevenant réguliers, et sa respirations plus calme et discrète. Une odeur sucrée, addictive, émanait du véhicule.
Derek allait hurler de rage quand une impression, fugace, le retint.
Il était persuadé d'avoir entendu la voix de Stiles l'appeler.
Une nouvelle brûlure, au niveau du cœur cette fois, lui fit rater une inspiration.
Il en était à présent sûr. Il avait reçut un appel silencieux de Stiles:
Derek, viens me sauver...
En regardant la voiture s'éloigner entre les arbres, il se promit de tuer tous les kidnappeurs et chaque personne leur étant liée de près ou de loin. Jusqu'au dernier.
Et il reparti en courant à toute jambe vers le loft, pour révéler ce qu'il avait vu. Il fallait retrouver Stiles au plus vite. Il avait un très mauvais pressentiment. L'adolescent allait beaucoup souffrir s'ils tardaient trop, il le sentait.
