Chapitre 7:
Stiles se sentait flotter, littéralement. Aucune sensation ne se dégageait du coton duveteux où son esprit semblait enfoncé. Pas le moindre son, ni la moindre douleur. Rien. Le vide.
Dans un autre contexte, l'adolescent hyperactif aurait sûrement paniqué. Effrayé et désorienté face à l'absence de repère sensoriel. Mais là, il ne savait pas le moins du monde pourquoi, il se sentait presque soulagé de ce calme incroyable. En tant normal, Stiles Stilinski ne peut s'empêcher de parler ou de gigoter ; alors cette quiétude intérieure, bien qu'inhabituelle, le reposait étrangement.
OooOooO
- Stiles Stilinski, s'il-vous-plaît.
Lorsque le médecin lance ce nom à la cantonade, entrant dans la salle d'attente, trois têtes se relèvent au même moment.
Mais une chevelure ébouriffée, épaisse et noire sursaute la première. Le brun semble comme monté sur ressorts, à tel point que la tension de son corps musclé se communique à l'ensemble des personnes présentes.
Le plus âgé du trio bondit sur ses pieds juste après Derek, et se précipite vers le médecin :
- Comment va mon fils ? Il est réveillé ? Dites-moi qu'il va bien !?
- Shérif Stilinski, suivez-moi dans mon bureau, seul.
Le grand brun grogne son désaccord, sans pouvoir se contrôler un seul instant, faisant frissonner l'homme en blouse blanche.
Le père de Stiles fronce les sourcils et sermonne l'Alpha silencieusement, avec de grands gestes, juste dans le dos du médecin.
- Euhm.. Si vous voulez nous accompagner, vous devez me préciser votre lien avec mon patient.
Derek cille quelques instants, moins d'une seconde.
- Je suis son pe... Un ami très proche.
Scott, qui était resté silencieux jusqu'à maintenant, ouvre lentement la bouche, les yeux exorbités de surprise. L'adolescent est littéralement sous le choc.
Abasourdi.
OooOooO
Stiles fut dérangé dans sa douce torpeur. Un bourdonnement grave, suave, raisonnait dans le silence sombre qui l'entourait. Devenant de plus en plus fort, au fil des secondes. Il lui semblait presque parvenir à reconnaître une voix qu'il affectionnait tout particulièrement.
Mais il ne comprenait pas ce qu'elle répétait inlassablement.
Cette voix...
OooOooO
- Alors, c'est dur à entendre, je le conçois. Mais.. Votre fils semble avoir était torturé au cours de sa séquestration.
- Tor.. Torturé !?
Derek serre les poings et tente de contenir sa rage, la sentant gronder au fond de lui, comme un ouragan.
Les chasseurs avaient osé s'en prendre à Stiles !?
OooOooO
Le bourdonnement devenait de plus en plus clair au fur et à mesure que le temps passait. Stiles parvenait presque à comprendre ce que cette voix lui disait. Il était tout proche de découvrir qui lui parlait.
Cette voix est familière, il en est sûr à présent.
OooOooO
- Je suis navré de vous l'annoncer comme cela.. Mais.. La colonne vertébrale de Stiles est atteinte. Votre fils remarchera s'il se bat. Mais en attendant, il va beaucoup souffrir.
OooOooO
- Ouvre les yeux...
Derek ! C'est la voix de Derek !
OooOooO
Il est agenouillé au bord du lit d'hôpital, le front posé contre le bras inerte de l'adolescent.
Réveille toi, ouvre les yeux. Regarde moi avec tes yeux chocolats.. S'il-te-plaît !
OooOooO
Stiles soulève lentement les paupières, tournant difficilement son regard flou vers la silhouette à ses côtés.
Avant de remuer légèrement le bras. C'est tout ce qu'il parvenait à faire, se sentant comme à bout de force. Vidé de toute forme d'énergie.
Derek redresse vivement la tête, et l'adolescent cru bien voir un éclair de soulagement - et de.. Joie ? - passer sur son visage auparavant tendu et soucieux.
Ne prends pas tes rêves pour une réalité, idiot... Tout ce qu'il veut c'est t'arracher la tête à coups de dents...
L'alpha souri doucement et enroule légèrement ses doigts autour du poignet du jeune homme. En une douce caresse.
Lui-même ne sait pas pourquoi il fait ce geste. Par contre, il sait qu'il en a besoin.
Pour se rassurer peut-être...
Soudain, Stiles écarquille les yeux et son corps se cambre sans qu'il ne puisse rien contrôler. Dans le même temps, un hurlement terrifiant, un hurlement de souffrance à l'état pur, rauque et animal, passe la barrière de ses lèvres. Tandis qu'un voile blanc opacifie sa vision.
