Bonjour à toutes et à tous,
Je tenais à remercier Shiryudm pour ses précisions quant au personnage de Shiryu ^^
Vu que je ne le maîtrise pas, je lui ai demandé conseil, merci à toi Shir' pour m'avoir éclairé. J'espère que je n'ai pas égratigné ton chouchou.
Sinon rien de spécial à préciser, si ce n'est que j'espère vous voir passez un bon moment avec cette lecture.
RaR :
Abella : merci à toi pour ta review ^^ Merci de me faire confiance quant à ce pairing inédit pour moi. Ca tu l'as dit : intrigante parce que je ne savais pas où j'allais, MDR, mais je l'ai terminé. La mise en place est faite, la suite arrive en espérant qu'elle te tienne en haleine et si ce n'est pas le cas tu as le droit de me le dire. Bises !
Kyss fra Peri.
Chapitre 2
Embarras
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Dans l'avion qui amenait la troupe des chevaliers particuliers de la princesse Saori, l'ambiance était pour le moins électrique. Seiya débordait d'enthousiasme et commentait toutes ses réflexions en direct, Shun essayait de maintenir une joie feinte et Hyõga se retranchait derrière un mur de glace – son ancien maître aurait été fier de lui. Quant à Shiryu, il se perdait dans les nébulosités des nuages en méditant. Ses camarades s'appuyaient énormément sur sa sagesse et sa raison, les soutenant envers et contre tout. Il ne se sentait pas le droit de faiblir, ni d'afficher son trouble. Non, le Dragon devait rester fort pour supporter le poids du monde sur ses épaules, rester avisé pour le groupe, pour ses amis, pour ses frères. Il masquait donc son incertitude face à ce voyage et faisait bon gré mal gré.
Tout le long du vol, l'ex Dragon ressassa ses anciens combats menés et ses ennemis vaincus. Au Sanctuaire, résidait Angelo, Shura et Saga, que de noms marquant son tournant. Lui le sage, le pacifiste, le réfléchi, dût prendre les armes comme on dit pour mener une bataille. Une des plus grandes de sa jeune vie. Oui, Shiryu avait précipité dans le néant deux ors de la déesse, cela le travaillait encore à l'heure actuelle.
Comment affronter le regard haineux de Deathmask ? Comment lutter contre celui inflexible de Shura ?
Bien sûr le Capricorne lui avait légué Excalibur mais cela pardonnait-il tout ?
De cela, le japonais n'en était pas sûr, ne passant jamais trop de temps avec le chevalier. Il s'arrangeait pour ne pas être seul avec lui ou abrégeait les entrevues, d'ailleurs sur ce point Shura semblait sur le même niveau de compréhension. Il ne cherchait pas à parler plus au jeune homme, ne s'étendant pas en formalité d'usage.
Seiya le sortit de ses réflexions en lui tendant un paquet de chips.
— Tu en veux ? Elles sont au crabe.
— Non merci Seiya, je n'ai pas faim.
— Bah comment ça pas faim ? Tu n'as rien pris ce matin au petit déjeuner, je t'ai vu. Quelque chose te tracasse ?
— Non, non tout va bien, merci de t'en inquiéter.
— Mouais… Bizarre… dit Pégase en fronçant les sourcils. Je ne te crois pas ! Je sais bien que tu n'es pas un grand bavard de nature mais qu'est-ce que tu as ? On dirait que tu es tout morose… Shiryu, Shunrei te manque c'est ça ? Ne t'inquiète pas tu vas la revoir !
— Non enfin, non ce n'est pas ça, balbutia le Dragon chinois apparemment gêné.
Son ami se mit à rire franchement en se tenant le ventre. Shun qui était assis sur les sièges devant, se retourna pour s'accrocher au dossier, on ne voyait que sa frimousse dépasser.
— Bah Shir' enfin qu'est-ce que tu as ? Tu ne veux pas nous en parler ? Nous sommes tes amis…
Ce dernier souffla, il n'aimait pas être le centre d'attention préférant passer inaperçu. La sollicitude de ses frères de cœur le touchait mais pas leurs manières quelques peu… Lourdes.
— Shiryu aller ! insista Seiya en posant son bras autour des épaules de Shun. Mon ptit' sushi farci, aller, dis à tonton ce qui ne va pas.
— Ca suffit ! cingla Hyõga qui tourna sa tête en direction du groupe.
Depuis le début du voyage il ne décollait pas non plus son regard des nuages, étant assis à la gauche de Shiryu, il assistait à toute la discussion. Le Cygne avait l'air énervé, pour Zeus sait quelle raison.
— Vous ne voyez pas que vous l'ennuyez ? Shiryu n'est pas obligé de tout vous dire à longueur de temps. Seiya retourne-toi et s'il te plait fais moins de bruit en mâchouillant tes gâteaux, merci !
Pour appuyer son agacement, le blond croisa les bras et reprit sa contemplation passive.
Les deux autres soufflèrent et maugréèrent en discutant à voix basse.
Le japonais observa son ami, posa sa main sur sa cuisse.
— Hyõga… Pourquoi es-tu aussi tendu ? Il est rare de te voir comme ça… C'est à propos de Camus ?
Le blond haussa les épaules résigné.
— Tu devines toujours tout Shir'…
— A vrai dire, ce n'est pas très difficile de te percer à jour. Je te connais par cœur, comme les autres d'ailleurs. Ca va bien se passer.
— Non, j'en doute, répondit le russe en secouant sa tête de gauche à droite et en faisant la moue. Plus rien n'est pareil avec maître Camus maintenant… Plus rien…
— Oui, les relations changent ainsi que les individus. Rien ne reste immuable dans ce monde. Mais c'est cela qui apporte de la richesse aux relations à autrui… Si tout restait intact, les choses seraient vite ennuyeuses, ta relation avec Camus va changer et ce n'est peut être pas un mal. Vous trouverez un autre équilibre, je t'assure.
— Shir'… Tu sais toujours quoi dire pour nous remonter le moral, merci !
— Pourquoi tu me remercies ?
— Bah d'être là pour nous. Quand je t'écoute, les choses me paraissent plus simples, comme si tout allait bien se passer, tu vois ?
— Oui je vois, ajouta le Dragon en plissant ses yeux et souriant. Tout va bien se passer, murmura-t-il pour lui-même.
Par contre, cette affirmation sonnait plutôt comme un encouragement qu'une vérité, il tentait de se convaincre que les choses allaient effectivement bien se passer pour lui.
Le commandant de bord ne divulgua pas la destination, ainsi que les deux hôtesses qui se trouvaient sur le vol. Le trajet durait depuis une éternité, la notion de temps ayant disparu à son tour. Les jeunes hommes ne savaient pas quelle heure il était, ni au dessus de quel pays l'avion volait. Ils s'endormirent tout de même une partie du voyage avec les doutes qui assaillaient leurs esprits.
OoOoO
En Grèce les préparatifs allaient bon train, quelques chevaliers attendaient avec une impatience évidente les « visiteurs ». N'étant pas habituer à recevoir du monde, cela représentait un sacré événement doublé d'un grand honneur. Doko ébruita un peu trop précipitamment qu'Athéna en personne venait les voir, ce qui provoqua des réactions en chaîne… Saga faisait encore plus amande honorable en donnant un coup de main auprès de tout le monde, y comprit du Pope. Shion en profita entre parenthèse pour solliciter le Gémeaux un peu plus que de raison, s'octroyant des moments de repos bien mérités. Aioros aussi était présent pour tous, rattrapant son temps perdu, cela lui donnait l'occasion de refaire connaissance avec ses pairs. Quelques uns pourtant s'en contre-fichaient, ne changeant rien à leurs habitudes, notamment Camus qui restait cloisonné dans son temple.
Shura faisait parti de cette dernière catégorie, non pas qu'il se moquait de la venue de leur déesse, mais de la ferveur que tous mettait là dedans. L'animation des préparatifs l'indisposait et l'agaçait. Il n'avait pas besoin de montrer par des courbettes sa dévotion envers Athéna, il vivait, respirait pour elle, uniquement elle. Cela suffisait amplement, de plus, il appréciait peu de se mélanger aux autres. Il s'isolait également comme son voisin du dessus en attendant que ça passe.
Angelo – ami de toujours – s'en arrachait les cheveux. Les cheveux, les ongles et les poils, tout simplement parce qu'il voyait son ami s'emmurer dans son mutisme. Même si l'espagnol n'était pas réputé pour être un boute-en-train, son comportement l'inquiétait grandement. Il ne put se retenir bien longtemps pour aller lui remettre les pendules à l'heure, pour sa défense, le Cancer essaya quelques semaines mais là il se trouvait à bout de forces. Mentales les forces. Lui aussi rendit une petite visite inopportune à son ami d'enfance.
Par un beau matin de septembre, on vit monter quatre à quatre un chevalier du Cancer remonté à bloc et ruminant dans sa barbe de deux jours contre son camarade. Personne ne s'enquit de son air patibulaire et tous le laissèrent monter sans l'énerver d'avantage. De plus, il ne s'embêta pas à masquer son cosmos teinté de colère, il explosait littéralement de l'italien. A l'approche de l'homme, Shura referma sa porte avant de voir sur son palier débarquer un Angelo en mode « furibond ». Le premier arrivait quand le deuxième lui claqua la porte au nez.
— Shura ! Ouvre espèce de sale chèvre infestée de tiques ! tonna Angelo en tambourinant contre la paroi.
Les temples étaient libres d'accès, mais les appartements privés séparés au fond des bâtisses. Le quatrième gardien était donc au cœur du naos, là où se dressait la statue d'Athéna. Il marchait en grondant contre son ami, ses pas lourds martelaient les dalles du bâtiment mais nullement gêné par ce vacarme, Shura restait à l'intérieur bien gentiment. La guerre des nerfs débuta…
Angelo montait en pression au fur et à mesure des minutes écoulées, sa voix se cassait dans le vide tandis que son compère faisait mine de rien. Dans son salon, Shura tentait de lire mais les cris et les menaces de son ami l'en empêchaient. Sa concentration était on ne peut plus perturbée, cependant il continua de l'ignorer. Il savait pertinemment pourquoi Angelo était venu jusque là, remonté comme un coucou Suisse. L'horlogerie allait sûrement péter… A présent, le propriétaire du dixième temple prenait une leçon de langue gratuitement, puisque son homologue braillait toutes sortes d'insultes en italien. Shura ferma son livre en se disant qu'il les connaissait déjà et qu'Angelo ferait mieux de varier pour impressionner les foules. Lui seul se permettait d'ignorer superbement les emportements du Cancer, à force ses accès de colère lui passaient largement au dessus de la tête. Cependant, il reconnaissait que ce n'était pas sympathique de sa part de laisser mariner Angelo dans le jus de son courroux.
La porte s'ouvrit au bout d'une demi-heure de vocifération en tout genre. Angelo empoigna son ami par le col de sa chemise et l'accula contre le mur de son entrée en l'entraînant avec lui. L'italien secouait Shura comme un prunier.
— Puttana ! Qu'est-ce que tu fous, hein ? Ca t'amuse de me faire poireauter comme un con ? Hein ? Shura bordel tu crois que je n'ai que ça à foutre de ma journée ? Imbécile que tu es ! Tu me les feras toutes…
— Oh, calme ! proclama le brun en levant sa main devant son visage comme signe d'avertissement.
Pour dompter la fureur d'un Cancer au bord de l'anévrisme, nul besoin de s'emporter. Cela ne servait à rien à vrai dire que d'exacerber sa hargne. Au contraire, Shura détenait la bonne technique : regard dur accroché à celui de son vis-à-vis, mine austère et voix sèche suffisait à recadrer son camarade. Tout dans sa posture droite indiquait qu'il ne valait mieux pas le pousser à bout. Angelo se calma, enleva ses mains de la chemise de son ami et ébouriffa ses cheveux pour marquer sa gêne.
— Ouais, je me suis emporté…
— Pas rien qu'un peu, répondit le Capricorne.
— C'est de ta faute.
— C'est toujours de ma faute je te signale.
— Tu n'as rien à grignoter ? demanda Angelo en s'asseyant de tout son poids sur le canapé, bras étendus sur le dossier.
— Fais comme chez toi je t'en prie.
— Alors ?
— Alors quoi ?
L'ibérique n'attendit pas de réponse, d'un pas mesuré mais sûr de lui il se dirigea dans la cuisine pour préparer vite fait un encas pour deux. Du fond de la pièce, il entendait son invité parler tout seul.
Le Cancer pouvait être lourd parfois mais cela traduisait une forme d'inquiétude. L'italien sous ses airs bourrus, possédait le sens de l'amitié, stressant pour les êtres qui comptaient à ses yeux. Il ne faisait que protéger « sa famille », donc Shura s'adoucissait en se taisant et laissant de la place à Angelo dans sa vie. Tout en mangeant et buvant, le brun écoutait le sermon du père Angélus en acquiesçant de temps à autre.
— Non mais tu vois Shu', tu es chiant aussi ! Faut tout le temps venir te chercher sans ça, tu t'enfermes comme un ermite. Tu ne vas pas nous refaire ton Mû, non ? Un ça suffit pas deux je t'en prie. Parce que moi je ne le supporterais pas…
Et L'homme rustre parlait… Parlait et parlait… Argumentait, s'emportait pour se contenir, puis repartait dans des explications sans fins. Shura souriait de plus en plus derrière son verre, à bien observer son ami il s'attendrissait. Oui, lui, l'homme rigide se dulcifiait au contact de l'autre même si sa fierté ne permettait pas le moindre écart de sucre. Jamais il ne disait ni ne montrait ses ressentis mais n'en éprouvait pas moins les effets.
Shura se leva, tapota la cuisse d'Angelo et lança d'un ton plus léger.
— Bon, tu as fini ton sermon là ? Non parce que je vais m'endormir, on se croirait à la messe d'un vieux prêtre bigot !
— Eh ! s'offusqua monsieur le curé.
— Quoi ? répondit l'espagnol du même ton pour se moquer.
— Tu as compris au moins ce que je t'ai dit ? Ca a servi à quelque chose ou ton cerveau de buté fait barrage ? Tu vas faire des efforts pour ne pas t'isoler ou…
— Oui, coupa Shura. Oui ne t'en fais pas, je vais venir te voir tous les jours si tu veux. Comme ça je pourrirai ton coup avec Aphro…
— Quoi ? Comment ça avec Aphro ? répondit vivement le Cancer en se levant d'un bond. Tu sous-entends quoi là exactement ?
Shura agita sa main devant son visage comme pour se faire de l'air.
— Rien, rien… Je n'ai pas envie de me prendre la tête, ni de t'entendre repartir dans tes délires encore pendant deux heures. Viens, on va aller faire un tour.
— Où ça ? interrogea suspicieusement le visiteur.
— Je ne sais pas, comme tu voudras… C'est bien toi qui vient de me dire en long, en large et en travers de m'intégrer plus, non ? Et bien allons rendre visite à l'un de nos confrères, qu'en dis-tu ?
— Ouah l'exploit ! siffla Angelo.
Il se caressa le menton en guise de réflexion.
— Dans ce cas, allons voir Mû justement. Entre ours vous vous comprenez.
— Tss, se contenta de grincer Shura en se levant.
OoOoO
Pendant ce temps, l'avion amenant les ex bronzes débarqua sur le sol grec. La chaleur écrasante et la lumière éblouissante du soleil aveugla les jeunes gens. Tour à tour ils sortirent de l'appareil avec des mines chiffonnées. Même le trublion Pégase ne pipait mot, trop occupé à se décoller les yeux d'avoir trop dormi. Du coup, personne ne s'aperçut de la destination finale que lorsqu'ils franchirent la porte de l'aéroport.
Forcément. Ils ne furent pas dupes de la manigance de leur déesse bien aimée… Sous ses airs juvéniles et candides bourrés d'attention, se cachait une petite intrigante. Intrigante dans le bon sens du terme car loin d'elle le désir de mettre mal ses chevaliers. Seulement, sans un bon coup de pied au derrière, ils pouvaient attendre le déluge pour s'expliquer et évacuer les tensions subsistantes. Saori ne donnât qu'un tout petit coup de pouce comme on dit.
Hyõga souffla en affaissant ses épaules comme si elles portaient le poids du monde, Shun eut une grimace en biais et Shiryu intériorisa tout, comme d'habitude.
— Allons les amis, c'était à prévoir non ? La princesse n'allait certainement pas laisser des tensions au sein de son armée. Il faudra faire avec, ça se passera bien.
— Tu dis ça pour nous rassurer mais c'est loin d'être le cas, contra le russe.
— Mais Shiryu a raison, intervint Shun. Pourquoi ça n'irait pas ?
Le visage de poupon de Hyõga s'assombrit, ses traits se durcirent, son regard glacier inonda de froideur celui de ses amis.
— Non mais tu t'entends là ? Tu es sérieux Shun ? Tu y crois à tes sottises ? Qui depuis la fin de la Guerre se planque chez notre princesse ? Qui a refusé d'aller en mission diplomatique aux Enfers au risque de créer un conflit ? Et qui encore n'adresse pratiquement pas la parole à Aphrodite ? C'est moi peut être ?
— Calme-toi s'il te plait… demanda Shiryu en posant sa main sur le bras adverse.
Le blond se dégagea énergiquement en tournant sa tête de côté visiblement contrarié. Il émit un bruit de claquement de langue puis répondit.
— Ca va, ça va je ne vais pas faire de scandale, tu me connais mais avoue qu'ici personne n'est à l'aise à cent pour cent à l'idée de passer des vacances avec les chevaliers d'ors. Nous avons tous quelque chose à nous reprocher et…
— Et quoi ? interrompit le sage de la bande. Comme tu dis, nous avons tous notre fardeau à porter mais ce n'est pas une raison pour accabler Shun. Si tu as des griefs adresse-les à la bonne personne.
— Je le ferai… Je serai bien obligé… Il sera là… dit le Cygne en baissant la tête.
— Oui bah c'est pas à discuter sur le parking qu'on va arriver à quelque chose, conclut Seiya de sa bonne humeur habituelle. Appelons un taxi et rendons-nous au Sanctuaire le plus vite possible. Ils doivent nous attendre, on verra le reste le moment venu. En plus j'ai faim, il ne me reste plus de chips.
Quelques heures et kilomètres plus tard, les quatre chevaliers arrivèrent à la limite du Sanctuaire – Ikki étant encore sur son île. Bien évidement Mû les accueillit chaleureusement, ainsi qu'Aldébaran qui se trouvait chez lui. Personne ne s'éternisa, il fallait présenter les salutations de rigueur au grand Pope. A cette heure-ci de la matinée bien entamée, peu de Gold résidaient à demeure, ils vaquaient à leurs occupations ou encadraient des apprentis. En montant les sempiternelles marches menant chez le souverain du domaine, les ex bronzes ne rencontrèrent pas grand monde. Seul Shaka méditait dans son temple, à leur passage il se contenta de les saluer sans se lever. Doko menait un ramdam de tous les diables dans le sien, mais il s'arrêta tout de même pour venir à leur rencontre. A l'approche de la dixième maison, la respiration de Shiryu s'intensifia malgré lui. Soulagé de n'avoir vu personne dans la quatrième, il espérait que ce soit la même chose là aussi. Récompensé de ses prières intérieures, pas une trace du Capricorne, ils passèrent sans encombre pour arriver à la onzième en toute logique. A son tour Hyõga frissonna d'appréhension. Depuis le retour de la Paix, ses rapports avec son ancien maître s'altérèrent. Bien que Camus n'ait jamais été démonstratif en terme d'affection, il devint encore plus distant qu'auparavant. Le Cygne s'en désolait profondément, ne sachant pas comment faire pour entamer le dialogue. Les longues discussions à cœur ouvert n'étaient pas son truc.
Il croyait s'en tirer à bon compte ne détectant aucun cosmos glacé, quand le Verseau apparut dans la partie commune de son temple. Adossé à une colonne, les bras croisés, il observait son disciple à la loupe, ne reportant son attention que sur lui. Ses orbes impénétrables plongeaient dans celles limpides du russe. La gêne s'installa incontinent et le petit groupe s'arrêta. Quelque chose d'indéfinissable se jouait à cet instant T mais personne ne pouvait expliquer quelle en était la nature. Une joute visuelle débuta entre les deux hommes, et toujours Camus ne prononçait aucun mot.
Les regards s'entrechoquaient, aucun des deux ne baissa les yeux. Seiya coupa ce silence polaire en demandant.
— Salut Camus tu vas bien ? Pourrais-tu nous laisser passer s'il te plait ? Nous allons voir le Grand Pope.
Le français remit sa chevelure jade derrière son dos d'un mouvement élégant de nuque, décroisa les bras et quitta son appui. Au milieu du passage, le chevalier d'or se manifestait être impressionnant dans sa droiture légendaire. Tout en épinglant ses yeux sur Hyõga, il s'adressa au japonais.
— Je vais bien Seiya, je te remercie. Bien sûr, passez. Shion vous attend.
Les jeunes gens s'exécutèrent laissant leur ami derrière. Hyõga voulait se donner une contenance, rester digne autant que son ancien maître mais malheureusement au moment de passer près de lui, il baissa la tête involontairement. Camus détenait encore l'autorité suprême du mentor et dégageait une aura froide. Froide de par ses sentiments qui ressortaient en cet instant. Le dialogue n'allait certainement pas être entamé encore ce jour… Surtout avec des énergumènes aussi butés, reclus et arctiques.
Les choses étaient loin d'être réglées au vu des comportements de chaque mais Athéna ne précisa pas d'échéance quant aux « vacances » de ses guerriers divins. Par conséquent, ils resteraient le temps nécessaire aux réconciliations de se faire, point.
Pour ne pas troubler la tranquillité des ors, Shion décida de loger la troupe dans son temple qui était assez grand pour accueillir pratiquement tout le Sanctuaire. Un dîner s'organiserait dans la semaine pour leur souhaiter la bienvenue. Les tractations concernant la venue de la déesse en personne en laissèrent plus d'un déçu… Notamment Doko qui perdit ses paris et Shura qui espérait en secret la revoir. Bien entendu il ne montra rien de son trouble, restant fidèle à lui-même. Quant aux nouveaux arrivants, il n'en avait cure.
(suite...)
