Je suis vraiment désolé, si seulement j'avais du courage, j'aurais pu faire quelque chose. J'aurais pu sauver tellement de gens, juste en sacrifiant ma propre vie. Il semblerait que je sois toujours cet être faiblard que tu méprisais autrefois, on ne change pas si facilement. Peut-être que si tu avais été là, alors tout aurait été différent. Qui pourrait en juger, ça n'a pas été le cas, et maintenant il est trop tard pour faire marche arrière.

Est-ce que les autre sauront un jour que j'ai été là, que j'ai existé et que je suis la cause de leur malheur ? Que par ma faute le monde est tombé aux mains de ces types, et que plus jamais ils ne pourrons sentir le soleil sur leur visage, plus jamais ils ne connaîtrons la fraîcheur du jour qui se lève, à cause d'un pauvre type qui fait des vidéos sur internet. Est-ce que mon nom sera murmuré dans le monde entier comme celui d'un lâche, un minable incapable de faire preuve de courage et de se sacrifier pour les autres, ne pensant qu'à son propre confort ?

Ne me regarde pas comme ça s'il-te-plaît. Je t'en prie... Tu as toujours été tellement plus fort que moi, plus accroché à la réalité aussi, moins perdu dans le brouillard. Ces gens qui grouillent dans la rue avec leurs pancarte, qui pleurent leurs enfants, leurs parents, leurs amis, toi tu aurais put aller les voir, les mener pour changer les choses; tu aurais réussi à renverser ce type et les autres t'auraient acclamé comme leur sauveur. Moi j'ai peur, tellement peur. Je me sens comme gelé de l'intérieur, des milliards d'éclats de glace plantés mon crâne m'empêchent de réfléchir correctement. J'ai essayé pourtant, j'ai hurlé, demandé de l'aide, mais ma voix semble avoir disparu. J'attire à peine l'attention et mes jambes refusent de bouger. Je me sens perdu. Est-ce que toi tu vas m'aider ? Ton regard me dit le contraire. Tu vas partir ? Maintenant ? Bien. Je m'y attendais un peu, je ne pensais pas obtenir ton soutient après tout, même si je t'avoue que je l'espérais un peu.

Dehors il fait un peu froid, on ne vois pas le ciel caché par les immeubles, j'en ai même oublié la couleur. J'avais prié pour que tu me pardonne, mais il semblerai que les dieux eux-mêmes me méprisent, moi et mes stupides vœux irréalisables. Mes jambes sont tellement lourdes, je suis tellement fatigué... Je tombe au sol plus plus que je ne m'assois pour regarder la foule anonyme passer, tout ces visages fatigués, dans le brouillard. Devant moi, il y un jeune homme brun. Il a le pas souple et élastique d'un animal sauvage, hypnotique. Il danse.