Chapitre 5
Encore un grand merci à toutes pour vos commentaires. Je suis toujours autant touchée par ce que vous écrivez et par le temps que vous prenez pour lire mon histoire. Merci aussi aux lecteurs de passage et à ceux qui suivent cette histoire.
En ce lundi matin Castiel était agité. Il espérait que Dean soit sur le banc à l'attendre quand il arriverait à la gare. Cette angoisse ne l'avait pas quittée de tout le weekend et il espérait être soulagé dans peu de temps. Il se dépêcha de se préparer, avala un café, attrapa sa sacoche et descendit en quatrième vitesse les trois étages de son immeuble. Sans s'en rendre compte, il marchait plus vite que d'habitude, son corps accélérant le mouvement pour apaiser cette inquiétude qui l'étreignait. A 5h30, il était à la gare et Dean n'y était toujours pas. Il ne s'approcha pas de leur banc, n'osant pas s'y assoir. Même si il sentait ses jambes faibles, il avait l'intuition que s'il s'asseyait, c'était comme s'il abandonnait l'espoir de voir arriver Dean et ça il ne le pouvait pas. Il attendit jusqu'à six heure moins le quart. Il ressentait un poids, son angoisse ne faisait qu'augmenter et il n'arrivait plus à la contenir. Il ne devait pas réagir comme ça, il devait se raisonner. Il évitait les autres d'habitude, il ne comprenait pas pourquoi il réagissait autant à ce manque. En montant dans le train qui l'amenait à son travail, il se décida à agir. Il devait savoir ce qui s'était passé. Même si Dean ne voulait simplement plus le voir, il préférait le savoir plutôt que de continuer à s'inquiéter de la sorte. Ce soir, en sortant de son travail, il passerait au bar l'Eden. Il verrait Dean et pourrait ainsi passer à autre chose. Dans l'après-midi, il se connecta à Internet pour rechercher l'adresse du bar, il n'aurait pas à faire un grand détour pour s'y rendre.
Castiel sortit de son travail à 18h. Il prit la direction du centre-ville et se retrouva devant l'enseigne en vingt minutes. Les vitres étaient opaques et il ne pouvait pas voir si des employés étaient déjà arrivés. Il traversa la rue et poussa la porte. Il se retrouva entre la salle sur sa droite et le bar à gauche. Le lieu semblait entièrement vide. Il fit deux pas pour entrer et essayer de voir si quelqu'un était présent dans l'arrière de la salle. Un bruit de carton qui glisse suivi d'un bruit de verres qui se brisent et d'une suite de jurons le fit sursauter. Il vit arriver un homme blond les cheveux court se tenant la main gauche ensanglantée. Il ouvrit le robinet de l'évier derrière le bar de sa main valide et plongea l'autre sous le jet d'eau. Balthazar tendit le bras en même temps pour attraper un torchon propre dans le placard à côté de l'évier et en levant la tête il aperçut quelqu'un. Il fit un bond en jurant.
- Putain mais c'est pas vrai… Vous m'avez fait peur !
- Désolé, je ne voulais pas vous déranger.
- Vous allez devoir attendre un peu avant que je puisse vous servir, en se détendant un peu. Accident de verre, lui précisa-t-il en lui montrant sa main où le filet de sang commençait à diminuer.
- Je ne suis pas là pour boire, je cherche quelqu'un. Balthazar le regarda de nouveau les sourcils froncés.
- Comme beaucoup de monde. L'homme semblait mal à l'aise.
- Non je cherche Dean. Il m'a dit qu'il travaillait dans ce bar. Balthazar se mit sur la défensive. Voilà quelqu'un qu'il ne connaissait pas et qui cherchait Dean quelques jours après qu'il se soit battu avec un client. De plus, avec cet accoutrement cet homme pouvait être avocat, peut-être pas un bon avocat vu l'état de sa cravate mais il préférait s'en méfier.
- Vous devriez commencer par vous présenter si vous voulez que je vous réponde.
- Oh, je suis désolé. Je m'appelle Castiel, je n'ai pas vu Dean depuis plusieurs jours et je m'inquiétais de ce qui avait pu lui arriver. Je ne veux pas le déranger, je voulais juste être rassuré… il arrêta sa phrase. Balthazar lui faisait un grand sourire et se rapprochait de lui.
- Castiel, enchanté de te rencontrer. Je suis Balthazar. Ils se serrèrent la main. Castiel lui rendit son sourire, il savait que Balthazar était un ami de Dean, il pourrait le renseigner. Assieds-toi, je te sers quelque chose à boire, c'est pour moi.
- Merci, un verre de jus de fruit. Balthazar le regarda surpris sans faire de commentaire.
- D'accord. Il repassa de l'autre côté du bar et servi Castiel. Puis il entoura le torchon qu'il avait récupéré autour de sa main. Il l'observa puis reprit. Tu es là pour Dean ?
- Oui, Castiel acquiesça. Il a dû vous dire qu'on se croisait tous les matins et comme ça fait trois jours que je ne l'ai plus vu et qu'il ne m'avait pas prévenu de son absence, je me suis inquiété et j'ai préféré venir prendre des nouvelles. Vous savez où il est ?
Balthazar nota que Castiel semblait vraiment inquiet du sort de Dean. Il avouait s'être inquiété pour un homme qu'il ne connaissait pas depuis bien longtemps et il avait pris sur son temps pour venir prendre de ses nouvelles.
- Oui mais tu ne peux pas le voir aujourd'hui. Castiel attendait patiemment. Balthazar voulait lui annoncer la nouvelle doucement mais il n'y a pas dix façons de le dire. Il a été renversé jeudi matin par une voiture, il a été transporté à l'hôpital.
A ces mots Castiel senti le ciel s'effondrer sur lui, le poids de la culpabilité l'écraser. Balthazar nota que ses doigts se crispaient sur le verre.
- Et comment va-t-il ?, il tentait de contenir l'anxiété dans sa voix le mieux qu'il put.
- Il a été opéré d'une hémorragie moins grave que ce que les médecins redoutaient. Il a la moitié du corps plâtré et il est encore très fatigué mais finalement il va plutôt bien.
- Oh, je suis tellement désolé. Balthazar le regarda sans comprendre. On devait se voir jeudi matin, je rentrai de formation. Et quand je ne l'ai pas vu, j'ai pensé qu'il avait été retenu ou qu'il avait oublié que je rentrai ce jour-là. J'aurai du m'inquiéter plus tôt.
- Tu pouvais pas savoir. Il tenta de le rassurer. C'est terrible mais il a eu beaucoup de chance, il ne devrait pas avoir de séquelles neurologiques, il doit passer quelques tests encore pour ça. C'est au niveau physique où ça va demander un peu plus de temps mais tout va rentrer dans l'ordre.
- Vous pensez que je pourrais aller le voir ?
- Pas aujourd'hui c'est trop tard. Mais si tu veux, on peut y aller demain ensemble.
- Oui, si je ne le gêne pas. Son frère doit être avec lui.
- Oui, Sam est venu dès que je l'ai prévenu et il habite chez Dean en attendant. Dean t'en a parlé ?
- Oui, il m'a dit qu'il était étudiant et qu'ils étaient très proches. Et il m'a parlé aussi de vous et des employés de ce bar. Vous semblez surpris.
C'était le moins que l'on puisse dire, Balthazar ne pensait pas que Dean partageait autant de chose avec Castiel et qu'il lui avait parlé de tous ses collègues. Quand il était au bar, on avait l'impression qu'il n'avait aucun intérêt pour les autres mais finalement ce n'était qu'une façade. Il s'attachait aux gens sans leur montrer.
- Un peu je dois l'avouer. Dean n'est pas un grand causeur, du coup ça m'étonne qu'il t'ait dit tout ça.
Cette fois ce fut au tour de Castiel d'être surpris. Il en avait peut-être trop dit.
- Ce n'est peut-être pas une bonne idée que j'aille le voir à l'hôpital. Il doit surement préférer rester avec sa famille et ses amis proches.
- Tu es un ami proche à t'entendre, tu dois le connaitre presque autant que moi. On se retrouve demain à 17 heures à l'angle de la rue, je lui rends visite avant de commencer mon service. Inutile de discuter.
Castiel acquiesça. Il se leva, le remercia pour le verre et quitta le bar en lui souhaitant une bonne soirée, Balthazar en fit de même. Une fois la porte refermée, il appela Sam pour lui dire qu'il avait rencontré Castiel et qu'il cherchait Dean. Ils décidèrent d'un commun accord de garder la surprise de la visite du lendemain.
Comme promis le lendemain, Castiel retrouva Balthazar à 17 heures pour rendre visite à Dean.
- Bonjour Balthazar.
- Bonjour. Tu es en avance ou c'est moi qui suis en retard ?
- Non, c'est moi, j'ai l'habitude de me présenter au rendez-vous avec toujours dix minutes d'avance. J'ai des côtés un peu obsessionnels, lui précisa-t-il dans un sourire.
- C'est pour ça que tu t'entends aussi bien avec Dean, lui aussi a ses côtés obsessionnels.
- Vous êtes sûr que ça ne va pas le déranger que je passe le voir. Vous l'avez prévenu ?
- Alors première chose, on va se tutoyer. J'ai l'impression de prendre dix ans dans les dents quand un mec de mon âge me vouvoie. Et deuxièmement, je n'ai pas prévenu Dean pour lui faire la surprise et je suis sûr qu'il va être heureux de te voir.
Autant la première partie de la phrase de Balthazar l'avait rassuré et il se sentait admit, autant la deuxième partie l'avait refroidi et il s'inquiétait de la réaction de Dean à son intrusion. Castiel décida de ne pas épiloguer, il verrait bien sa réaction le moment venu.
- Oui, tu as raison. On y va ? Ils se mirent en route, ils en avaient pour un quart d'heure de marche ça leur permettraient de se connaitre un peu mieux.
- Tu vas voir en arrivant, c'est un peu impressionnant mais il est tiré d'affaire. Il est plâtré, il a encore quelques bandages en plus des plâtres et de nombreux bleus mais il va beaucoup mieux que ces derniers jours.
Ils arrivèrent enfin à l'hôpital, Balthazar le guida dans ce labyrinthe blanc et gris. En entrant dans le service, Balthazar passa par le bureau des infirmières, il leur lança un grand bonjour et leur présenta Castiel comme un ami de Dean. Les infirmières présentent le saluèrent chaleureusement et leur donnèrent des nouvelles de Dean. Il avait passé une bonne nuit, cet après-midi le Docteur Atkins était passé et il était confiant sur son rétablissement. Balthazar les remercia et sorti dans le couloir, Castiel le suivi et ils arrivèrent à la chambre 256. Balthazar frappa doucement à la porte et entra. Castiel placé derrière lui, entendit un mouvement mais ne put voir l'intérieur de la chambre. Une voix leur murmura d'entrer. Balthazar se déplaça sur le côté, Castiel leva la tête et se retrouva devant un homme grand, il le reconnu grâce à la description de Dean comme étant Sam. Castiel leva la main pour la lui serrer mais il se fit happer par ses grands bras dans une étreinte chaleureuse. Il resta figé, surpris de ce comportement familier. Sam se recula en lui tenant les épaules et en lui offrant un large sourire.
- Je suis heureux de te rencontrer, depuis que j'entends parler de toi, dit-il en chuchotant. Cet homme qui ne connaissait son frère que depuis quelques jours, s'était inquiété pour lui et l'avait recherché. Il ne pouvait pas être foncièrement mauvais et il s'en voulait de l'avoir juger rapidement en ne le voyant pas à la gare.
- Merci. Moi aussi. Sam le lâcha et lui fit signe de le suivre.
- Il vient de s'endormir. Quand il discute longtemps ça le fatigue et il a besoin de périodes de sommeil dans la journée.
Castiel avança dans la chambre, il vit Dean dans le lit contre le mur de droite, la fenêtre en face laissait passer une douce lumière. C'était étrange de se retrouver ici, faisant irruption dans son intimité sans qu'il le sache. Sam avait fait le tour du lit pour se placer en face de Castiel et pouvoir l'observer, Balthazar quant à lui était resté à ses côtés. Castiel observa son corps de haut en bas. De nouvelles coupures s'étaient ajoutées à celle qu'il connaissait, ses cheveux étaient décoiffés et son cuir chevelu présentait une blessure, on entrevoyait un hématome courant surement de son épaule jusqu'à son torse. Son bras gauche était plâtré ainsi que sa jambe droite. Sam aperçu que Castiel se concentrait sur son plâtre.
- Ce n'est pas grave mais il aura besoin un peu de rééducation. Ce qui était le plus inquiétant était son état neurologique mais les scanners et les IRM sont rassurants. Il ne devrait pas avoir de séquelles. Les difficultés de mémoire et de concentration devraient s'estomper avec le temps mais il doit passer encore quelques tests.
- Tant mieux. Castiel ne levait pas le regard, il était absorbé par ce corps meurtri.
- Sam tu ne voudrais pas m'accompagner voir les infirmières ?, les coupa Balthazar.
- Oui, et j'irai bien prendre un café aussi. Castiel ça ne te gêne pas si on te laisse seul avec Dean ?
- Non allez-y, en levant subitement la tête comme pris par surprise.
Balthazar, dans le dos de Castiel, lança un grand sourire satisfait à Sam et ils sortirent tous les deux dans le couloir.
Castiel se déplaça de l'autre côté du lit et s'assit à la place de Sam. Il ne pouvait détacher ses yeux de Dean même si ça le gênait qu'il ne soit pas conscient qu'il soit là. Il se rendit compte qu'il lui avait manqué, réellement, pas seulement parce que leurs rencontres étaient devenue une habitude. Il était enfin rassuré, il avait eu un accident mais c'était du passé et il s'en remettait. Il était résistant, heureusement pour lui, vu le peu de chance qu'il semblait avoir en ce moment. Sa respiration était lente, quand il expirait par le nez un léger sifflement se faisait entendre c'est le seul bruit qui berçait l'ambiance de la chambre. Il avait des sursauts dans son sommeil et son visage se crispait imperceptiblement. Castiel posa sa main sur son épaule naturellement pour le rassurer et il senti Dean se détendre sous ses doigts au bout de quelques temps. Son épaule était chaude, il senti la tension refluer. Ses doigts tremblèrent légèrement, il y avait tellement longtemps qu'il ne s'était pas occupé de quelqu'un, qu'il n'avait pas rassuré, bercé, embrassé. Il retira alors sa main et reprit sa position initiale sur le fauteuil à l'observer. Dean commença à bouger, sa respiration se fit moins régulière, ses paupières papillonnèrent et il se réveilla complètement.
- Sam ? J'ai mal au crâne, il me reste de leurs petites pilules miracle ?, Castiel ne reconnut pas sa voix rendue rauque par le sommeil et la douleur.
- Sam n'est pas là, il est parti avec Balthazar prendre un café.
Dean se figea dans le lit, une voix posée et aussi rauque il n'en connaissait qu'une. Mais il devait se tromper, il ne pouvait pas être là. Il tomba dans le regard calme de Castiel et sa première pensée était que son regard posé sur lui, lui avaient manqué. Puis il réussit à produire une pensée qui ne le ferait pas passer pour un adolescent enamouré.
- Castiel ? Qu'est-ce que tu fais là ?, il était surpris mais aussi inquiet, qu'allait-il penser de lui ?
- Je suis désolé je ne voulais pas te déranger mais je m'inquiétais alors je t'ai cherché, j'ai trouvé Balthazar qui m'a raconté ce qui t'était arrivé et il m'a proposé de venir te voir en pensant que ça te ferait plaisir mais je peux partir … ou attendre qu'ils reviennent s'il ne faut pas que tu sois seul. Je …
Il avait commencé à se lever et s'était exprimé sans respirer et avec une inquiétude qui grandissait au fil des mots. Dean lui attrapa le bras. Il ne senti que des épaisseurs de tissus et la tension qui émanait de lui. Il ne l'avait jamais vu aussi mal à l'aise ne sachant pas quoi faire, évitant son regard.
- Cas' ça va. Je suis juste surpris que tu sois là mais ça me fait plaisir de te voir. Castiel se détendit et Dean se fit violence pour lui lâcher le bras.
- Je n'étais pas sûr que tu sois content de me voir.
- Pourquoi ?
- Quand Balthazar m'a conduit ici, j'ai rencontré Sam, et tu étais endormi, j'ai eu peur que tu me vois comme un intrus. Je ne savais comment tu le prendrais.
Son inquiétude le fit sourire, comment pouvait-il penser qu'il n'avait pas envie de le voir ? Il savait qu'ils s'entendaient bien mais c'était dans un endroit neutre, ils n'avaient pas encore pénétrés dans la vie de l'autre.
- Rassure-toi, je suis heureux de te voir. Comment tu as fait pour me retrouver ?
Et c'était vrai. Il n'avait pas voulu prévenir Castiel pour de ce qui lui était arrivé mais le voir ici, près de lui, le rendait plus serein. Il s'était inquiété pour lui encore, l'avait recherché et son esprit ne semblait pas croire ce que ça voulait dire.
- Tu m'as dit où tu travaillais, j'y suis allé et je suis tombé sur Balthazar. Je suis désolé, j'aurais dû m'inquiéter plus tôt mais j'ai cru au début que tu avais oublié que je rentrais de ma formation. Ce n'est qu'hier que j'ai su. Comment vas-tu?
- A part un mal de tête ça va plutôt bien.
- Oh c'est vrai. Où sont tes comprimés ?
- Il doit y en avoir dans la boîte en plastique sur la table de chevet.
Castiel en sorti un et le tendit à Dean. Il lui prépara un verre d'eau et lui tendit.
- Je vais avoir besoin d'un coup de main, lui dit-il dans un sourire.
- Oui bien sûr. Castiel s'approcha du lit et glissa sa main gauche dans son dos pour l'aider à se redresser. Dean avala son comprimé dans une gorgée et grimaça. Il senti la force de Castiel et sa douceur pour tenter de lui faire le moins de mal possible. Il ressenti la chaleur de sa main dans son dos, son odeur. Son cœur s'accéléra sous l'effort et la proximité de Castiel. Il était gêné et tellement heureux en même temps de se retrouver si près de lui.
- Merci tu peux me laisser me recoucher. La main de Castiel glissa en sens inverse, et le froid se propagea dans son dos. Il grimaça sous la douleur.
- Désolé, je t'ai fait mal. Il avait contrôlé au mieux sa main, contenir le tremblement intérieur qu'il ressentait, éviter de lui faire mal.
- Ce n'est pas toi. Dès que je fais un mouvement, les endroits où j'ai pris un coup m'élancent, c'est-à-dire à peu près partout, en lui souriant à travers la douleur.
Castiel récupéra le verre et le déposa sur la table à côté.
- Il parait que tu ne te souviens pas de ton accident.
- Non, c'est normal selon les médecins. Ça reviendra avec le temps.
- C'est quoi la dernière chose dont tu te souviens ?
Il ne pouvait pas lui dire qu'il allait lui chercher le café qu'il lui avait promis.
- Je suis assis sur le banc et j'attends que tu me racontes ta formation. Alors c'était intéressant ?
- Je ne suis pas sûr que ce soit très important, Dean.
- Raconte-moi s'il te plait. On ne me parle que d'examens et de repos en ce moment. Dean accentua un peu son regard triste et il vit Castiel sourire avant de commencer à lui raconter.
Il ne comprit pas la moitié des choses vu que sa formation abordait un côté très précis de la comptabilité et que Dean n'en avait aucune notion, mais il s'en fichait. Il l'écoutait. Sa voix lui avait manquée aussi.
- Ce jour-là, j'étais impatient de te voir pour te raconter quelle voiture j'avais loué. Il vit une lueur d'intérêt apparaitre dans le regard de Dean. Il ménagea son effet en lui racontant la péripétie du loueur de voiture pour garder le suspense sur le modèle qu'on lui avait prêté. Une Chevrolet Camaro de 70, bleue nuit. Dean en resta bouche bée et Castiel qui avait réussi son coup se mit à rire. Ils avaient retrouvé naturellement leur complicité après un moment de gêne.
- Mais comment tu as pu avoir une voiture pareille ?
- Pas mal, hein ?
- Pas mal ? Tu plaisante ? J'aurai tué pour la conduire, en riant.
Sam et Balthazar choisirent ce moment pour entrer.
- Tu vois Castiel qu'on avait raison et que ça lui fait plaisir de te voir, lança Sam en ignorant Dean. Castiel lui répondit par un sourire discret, celui qu'il lui connaissait depuis des mois.
- Vous auriez pu me prévenir faux-frères, en se tournant vers Sam et Balthazar.
- On voulait te faire la surprise. C'est Castiel qui t'as retrouvé et on préférait qu'il te le raconte lui-même.
Les échanges continuèrent un moment, Castiel suivait ces trois amis dans leurs plaisanteries et leur discussion, répondant quand on lui adressait une question mais sans partager la conversation de lui-même. Dean se frotta la tempe droite, geste qui n'échappa pas à Sam.
- Tu as mal à la tête ?
- Non ça va.
- Il a pris un comprimé à son réveil, il y a dix minutes à peu près.
- Merci Castiel. Heureusement que lui fait attention, en fronçant les sourcils en direction de son frère. Bon on va te laisser te reposer, il est tard et on va emmener Castiel avec nous au bar.
- Oui, on va pouvoir lui raconter un nombre incalculable d'anecdotes te concernant, renchérit Balthazar en lui faisant un clin d'œil.
- Vous avez pas intérêt ! Et Cas' ne les croit pas. Mon frère est prêt à inventer n'importe quoi pour se foutre de moi.
Sam s'approcha de Dean pour lui faire une accolade et lui glissa à l'oreille :
- Il a l'air vraiment sympa et depuis qu'il est là tu es apaisé et souriant. Dean ne répondit rien mais serra son frère un peu plus fort.
- Dean, je passerais dans deux ou trois jours, je dois faire le point dans les commandes pour le bar, lui expliqua Balthazar.
- Pas de problème. Passe le bonjour à tout le monde. Cas' ? Celui-ci s'approcha du lit. Merci de t'être inquiété pour moi et d'être venu me voir.
- C'est normal Dean de s'inquiéter pour un ami. Je peux repasser demain… si tu as besoin de compagnie ?
- Avec plaisir Cas'. Passes une bonne soirée et ne crois pas tout ce qu'ils te diront me concernant, en montrant Sam et Balthazar du doigt.
Ils partirent tous les trois en direction du bar, Castiel se tenant en retrait de la conversation. Il trouvait Sam et Balthazar très sympathiques mais il ne se sentait pas encore suffisamment à l'aise pour parler. Quand ils arrivèrent au bar, Sam lança un bonjour général et chercha du regard Jessica. Balthazar embarqua Castiel pour lui présenter les employés et lui expliqua que Sam venait de rencontrer Jessica et qu'ils semblaient particulièrement bien s'entendre. Castiel passa la majeure partie de la soirée à écouter Sam lui parler de ses études, de Jessica et le questionner sur sa vie. Il quitta le bar en début de soirée pour rentrer chez lui, rassuré sur Dean et sachant qu'il le reverrait le lendemain. Il s'était étonné de s'être aussi bien entendu avec des étrangers, il trouvait que le contact s'était fait facilement avec les amis de Dean. Peut-être plus facilement que dans le cadre de son travail car il savait que si ça n'allait pas, il pourrait couper les ponts facilement, ils ne savaient pas où il habitait, ni le nom de la société pour laquelle il travaillait. Quand on s'est protégé toute sa vie, on ne perd pas ces réflexes qui sont votre capacité à rester en liberté. En pensant aux informations qu'il avait livrées sur lui, il se rendit compte qu'il avait parlé à Dean de l'association à laquelle il participait, il devrait arrêter de s'y rendre s'il devait partir un jour. Il s'était trop laissé aller sur ses confidences et ça l'attristait de penser qu'il devrait peut-être un jour abandonner ces enfants.
Voilà. Vous voyez je ne vous avez pas menti, ça s'arrange !
A bientôt pour la suite. Bises
