Chapitre 6
Bonjour à toutes. Je vous remercie encore pour tous vos commentaires (Castiel-SPN156-Dean, barjy02, pimpiericky, Courtney Ackles, yakusokuyumi, ZephireBleue, The French Princess, marianclea) qui me font tellement plaisir et merci à toutes celles qui suivent cette histoire.
En espérant qu'elle vous plaise toujours autant.
Voici la suite.
Castiel avait développé de nombreuses stratégies au fil du temps pour se protéger et éviter de donner des informations le concernant. Quand les gens par exemple lui posaient la question de savoir s'il vivait seul, il savait où ils voulaient en venir. La réponse toute prête et qu'il pouvait fournir était qu'il travaillait beaucoup et n'avait pas le temps de sortir. Et quand les gens se montraient plus insistant, il faisait allusion à une dernière relation qui s'était mal terminée et qu'il avait besoin de temps pour s'en remettre.
Où il habitait ?, dans le centre, mais il comptait bientôt déménager, information qui avait la facilité de faire dévier la conversation sur ce que les gens préféraient dans leur quartier, le style de leur appartement ou leurs péripéties de déménageurs.
Où il travaillait ? Une entreprise produisant des fournitures de bureau et son travail de comptable avait le chic pour refroidir les plus curieux.
Sam avait eu droit à ses réponses toutes prêtes quand ils passèrent la soirée au bar après avoir revu Dean. Autant son comportement avec Dean le déstabilisait, autant faire face à un quasi inconnu et lui donner ces réponses le rassurait car il était maitre des informations qu'il livrait. Castiel s'était fait embarqué par Sam et Balthazar une fois encore pour venir boire un verre avec eux. Il évitait au maximum de se retrouver dans cette situation car avec cette proximité, il savait qu'il ne pourrait pas éluder très longtemps encore les questions le concernant, bien qu'ils se soient calmés sur leur recherche d'information. Cette protection était devenue sa façon de vivre, aussi naturelle que respirer.
Castiel avait pris une nouvelle habitude, au lieu de voir Dean le matin, il passait après son travail à l'hôpital et ils discutaient une heure ensemble. Ce changement de cadre et de temps entre eux modifia un peu leur relation. Les mots semblaient moins aisés à être partagés mais le temps partagé qui s'était étiré n'était pas ressenti comme plus long. Ils s'entendaient bien et ça lui faisait plaisir de partager du temps avec lui. Ses visites à l'hôpital avaient naturellement pris suite à leurs rencontres matinales.
Il put observer le visage de Dean à la clarté du soleil et non pas dans la pénombre ou l'éclairage électrique. Ses yeux étaient plus clairs qu'il ne le pensait, des yeux verts doux et rieurs parsemés d'éclats dorés. Il y a bien longtemps qu'il n'avait pas pris le temps, et s'était laissé aller, à observer le visage d'un homme. Les gens restaient sur une idée superficielle qu'ils se faisaient de vous, même pour les gens que vous côtoyiez pendant longtemps. Mais il sentait qu'il pourrait se confier à Dean et ça lui faisait peur, aborder un sujet qu'il enterrait depuis si longtemps. Il sentait le doux piège se refermer sur lui, idée qu'il gardait loin de son esprit car il savait que quand il serait trop proche de lui, il tenterait de s'enfuir encore comme il l'avait fait par le passé s'il ne trouvait pas le courage de parler.
Dean était autant sur la défensive que lui. Ils se regardaient mais rarement directement dans les yeux. Castiel soutenait son regard, de façon douce comme il l'avait toujours fait mais beaucoup moins longtemps comme s'il avait peur que la clarté du jour lui permette de lire en lui, alors que Dean détournait les yeux rapidement quand il croisait son regard. Ils devaient se réapprivoiser dans un nouveau cadre. Souvent ces moments étaient occupés par Sam ou Balthazar, les seules autres personnes venant rendre visite à Dean. Balthazar avait confié à Castiel que Dean échangeait rarement sur sa vie privée et bien qu'il le connaisse depuis trois ans, Castiel devait le connaître autant que lui. Il s'était livré à lui, autant qu'il le pouvait en peu de temps. C'était une marque de confiance et il en était touché, songeant que de son côté, il tentait de maintenir des barrières entre eux pour ne pas se sentir en danger. S'il devait vraiment être honnête avec lui-même, ces barrières étaient bien ridicules. C'était lui qui était allé lui parler, lui qui avait provoqué ces échanges, lui qui avait laissé un intérêt grandir et enfin lui qui était à l'origine de ces rencontres avec des personnes inconnues. Il avait été attiré par cet homme et s'était laissé prendre au jeu.
Avec cette nouvelle habitude de visite, Dean eu l'impression que les jours défilaient plus vite et il se remettait rapidement. Il devrait dans les prochains jours rentrer chez lui avant de suivre une rééducation. Son plâtre à la jambe devrait bientôt être enlevé alors qu'il devrait supporter celui de son bras encore un mois à cause d'une cassure multiple. Il passait la majeure partie de son temps, en l'absence de Castiel, à maudire ces plâtres qui l'handicapaient dans tous ses gestes. Et quand Castiel était là, il se contenait ne laissant échapper quelques injures seulement au moment du repas. A ce moment, Castiel se levait et lui coupait sa nourriture, Dean le laissait faire sans rechigner à cette aide bienveillante, alors que quand c'était Sam, il l'accusait toujours de vouloir l'étouffer en coupant sa viande en trop grands morceaux. Celui-ci se défendait en lui rappelant le concours du plus gros mangeur de hamburgers qu'il avait fait, il y a quelques années et qu'à ce moment mourir étouffé ne lui faisait pas peur.
Sam les avait observés sans rien dire. Castiel qui prenait soin de son frère et Dean qui se laissait faire pour une fois sans rechigner ou juste pour la forme et pas trop fort. Castiel restait une énigme à ses yeux, mais il ne pouvait pas ignorer son intérêt pour Dean et le bonheur que ça procurait à son frère.
De son côté Dean savourait ces moments. Il en apprenait un peu plus, non pas sur sa vie mais sur son comportement, ses mimiques, les intonations de sa voix. Cet espace isolé du monde leur convenait bien. Ils pouvaient faire comme si les problèmes qu'ils avaient vécus n'existaient pas, ils étaient loin d'eux et ne les touchaient plus. Dean avait l'impression de ne plus ressentir ce vide en lui qui lui faisait faire des conneries, il ressentait beaucoup moins fort ce dégoût de lui-même, comme anesthésié par la présence de Castiel.
A cet instant, Castiel tenait compagnie à Dean. Pour une fois, ils étaient seuls et savaient qu'ils ne seraient pas dérangés. Sam avait fait un saut chez lui pour se rendre à la fac et Balthazar était retenu au bar. Il avait amené de la lecture, des magazines de voitures et de société pour Dean et un roman pour lui.
- Tu as prévu un gros livre car tu avais peur de t'ennuyer avec ma conversation ?
- Oui et comme ça je suis armé si j'ai besoin de t'assommer pour que tu te reposes. Les infirmières m'ont dit que tu n'étais pas trop sérieux de ce côté-là.
- Ah, elles m'ont vendu alors ! Tout ça parce que je les ai envoyé se faire voir car elles n'arrêtaient pas de parler de toi, en ronchonnant.
- Et tu as fait une crise de jalousie car tu n'es plus le préféré ?
- Euh … oui. Exactement. Il ne se sentait pas d'aborder le sujet d'une possible relation entre eux maintenant, leur amitié lui semblait encore bien trop fragile pour supporter un possible rejet.
Castiel se replongea dans sa lecture. Dean l'observait à la dérobé derrière son magazine de voiture. Il voyait danser ses yeux quand il suivait les lignes et passait de l'une à l'autre, ses sourcils se fronçaient, un léger sourire se dessinait. Il semblait prêt à parler aux personnages pour les encourager ou les maudire. A ces moments, il n'était plus avec lui, il vivait dans un autre monde et ressentait une multitude de sentiments. Il le regardait avec envie, être capable ainsi de s'échapper. Un sourire couvrit le visage de Castiel, il leva la tête et se retrouva pris dans le regard de Dean qui l'observait. Celui-ci lui sourit en retour.
- Je sens que le héros a eu une super réplique. Castiel le regarda sans comprendre. Quand tu lis, tu vis l'histoire et je peux la suivre sur ton visage. Et là, tu souriais ce qui me fait dire que soit le héros a eu une illumination, soit il a fait une réplique de malade, soit il s'est enfin fait la fille. Mais je penche plutôt pour la réplique.
Castiel baissa la tête gêné. Il ne s'était pas rendu compte qu'il l'observait. Quand ils discutaient ensemble au début, ils avaient eu du mal à se regarder à la clarté du jour, puis en s'habituant à leur présence mutuelle, les regards s'étaient faits plus naturels et maintenant ils s'étaient habitués à des regards plus longs posés l'un sur l'autre sans que ça les dérange.
C'était nouveau, Dean pouvait se rendre compte de ses émotions qu'il laissait transparaitre comme lorsqu'il s'était inquiété et s'était occupé de lui mais là, Castiel se rendit compte qu'il était beaucoup plus détendu et il laissait ses émotions transparaître sans aucun filtre dû à une timidité et une retenu dont il avait fait preuve jusqu'alors. Il avait même l'impression que Dean était capable de voir par-delà son physique, qu'il était entré dans sa tête. Un sentiment de danger compressa son cœur, il ne pourrait plus longtemps se cacher s'il se laissait aussi facilement aller devant lui. Il n'avait pas ce problème jusqu'à maintenant, il ne faisait que croiser les gens mais là, il partager du temps avec eux. Il enfoui son inquiétude pour pouvoir lui répondre naturellement.
- Et pourquoi tu penses que c'est une réplique qui me fait sourire ?, lui demanda-t-il sans le regarder.
- Parce que tu es un garçon spirituel. Dean se rendit compte de ce qu'il venir de dire quand ce fut trop tard. Dean laissa sa phrase en suspend en tentant de trouver comment expliquer ce qu'il venait de dire. Enfin je veux dire que je te vois pas sourire pour le héros qui se fait la fille, je pense que tu es plus profond que ça. Enfin je crois. Dean triturait son magazine, pourquoi il s'était lancé dans des explications, il n'aurait eu qu'à hausser les épaules et éluder la question de Castiel.
- Merci pour ce compliment. Et tu as raison. Je suis toujours admiratif de ces héros qui ont le bon mot au bon moment, qui savent quoi dire pour désarçonner leur adversaire ou charmer l'héroïne, en le regardant dans les yeux.
- Tu me lis le passage ? Dean n'avait qu'une envie, c'était noyer le poisson, éviter que Castiel pense à ce qu'il venait de dire.
- C'est un homme amoureux d'une femme qui ne le connait pas encore:
« Il s'approche d'elle et lui dit :
Cela vous dérangerait-il que je fume ?
Pas même que vous bruliez, lui répondit-elle.
Il la savait indépendante et sauvage, toujours prête à se défendre. Mais il ne pouvait pas l'abandonner. Il savait qu'il avait beaucoup à perdre. N'était-ce pas le poète qui disait « Partir, c'est mourir un peu, c'est mourir à ce qu'on aime : on laisse un peu de soi-même en toute heure et dans tout lieu ».
Castiel s'arrêta dans sa lecture, ses mains s'étaient contractées sur les pages du livre. Ce passage l'avait touché au plus profond de lui et fit remonter de nombreux souvenirs. Il se racla la gorge, il ne pouvait pas regarder Dean, il verrait son trouble et lui poserait des questions. Il se sentait piégé par ses émotions qu'il ne pouvait pas exprimer, comment il les aurait exprimées d'ailleurs. Il ne se sentait pas prêt et il avait perdu l'habitude de parler de lui.
- Cas'? Tu pourrais aller prévenir une infirmière que j'ai pris mal à la tête ? S'il te plait.
Castiel hocha la tête, il se leva de façon raide et sorti rapidement dans le couloir. Une fois à l'abri de son regard, il se retint au mur face à lui.
Dean, bien qu'il ne fût pas observateur, avait bien senti le malaise de Castiel face à lui. Il n'en comprit pas la raison mais Castiel avait besoin d'un moment et il lui avait laissé une porte de sortie, une échappatoire pour se reprendre. Ce n'ai pas lui qui allait pousser les gens à parler et à se confier, il savait combien c'était difficile. Et il avait bien senti qu'avec Castiel, si on insistait trop, il se refermait encore plus. Il savait éviter de répondre aux questions comme personne. Castiel revint au bout d'un quart d'heure, après que l'infirmière soit passée, il se rassit aux côtés de Dean comme si de rien était et ils reprirent leur lecture en silence, l'un près de l'autre.
En fin d'après-midi, Dean demanda à Castiel de passer au bar pour rapporter le portable de Balthazar que celui-ci avait oublié. Il en avait besoin et passait le weekend hors de la ville. Il ramassa le portable, salua Dean et promis de passer le lendemain et prit la direction du bar, il n'aurait pas un grand détour à faire. Il y arriva vers les 19 heures, l'équipe était au complet et tout le monde vint le saluer ou lui fit un geste de la main. Il rendit son portable à Balthazar qui le remercia vivement, il n'aurait pas eu le temps de passer à l'hôpital le récupérer, il partait le lendemain tôt avec une fille qu'il avait rencontré récemment et Sam devait revenir de chez lui dans la soirée. Il insista pour que Castiel reste boire un verre pour le remercier de lui avoir rendu service et pour avoir le temps de parler un peu avec lui et prendre des nouvelles de Dean. Castiel s'installa au bar face à Balthazar, il lui servi un verre de jus de fruit et discutèrent, les clients n'étaient pas encore nombreux. Puis Balthazar vérifia ses appels, il s'excusa pour rappeler son fournisseur qui l'avait appelé à de nombreuses reprises. Quand il s'éclipsa, Jessica vint parler à Castiel, elle prit des nouvelles de Dean et il la rassura sur son rétablissement. Elle reparti le laissant seul au bar.
- Alors comme ça Dean est hospitalisé ! Castiel se retourna vers l'homme qui était installé près de lui au bar. Toi aussi tu l'as connu ici ? Il le détaillait sans gêne.
- Non. Il se sentait mal à l'aise, il n'aimait pas son regard et la façon dont il lui parlait.
- Ah, il se vend peut être ailleurs alors !
- Pardon ?
- Quoi, tu croyais qu'il n'y avait que toi ? Il a fallu que je le redresse un peu mais c'est plutôt un bon coup ce mec, dit-il dans un rire dédaigneux. Et là le lien ce fit dans l'esprit de Castiel.
- C'est toi qui l'as frappé ?
- Ne me remercie pas, lui répondit Benny dans un sourire.
A ces mots Castiel bondi de son tabouret et se jeta sur son voisin. Il lui donna un coup de poing qui le fit s'effondrer au sol. Il se positionna au-dessus de lui et eu le temps de lui assener encore trois coups avant d'être ceinturé par Balthazar qui avait été alerté par les cris. Il ne réfléchissait plus, son esprit avait été court-circuité par ses émotions et une violente haine le contrôlait. Il avait fait du mal à Dean, il l'avait vu détruit après les coups que cet homme lui avait portés.
- Casses-toi d'ici je ne veux plus te voir dans mon bar, cria Balthazar à Benny. Il retenait encore Castiel pour éviter qu'il lui saute à la gorge. Celui-ci avait failli lui échapper et il resserra sa prise. Il avait une force ahurissante en comparaison à son comportement retenu dont il avait fait preuve jusque-là.
- Qu'est-ce qui lui prend à ce taré ? Benny ne demanda pas son reste et sorti dans la rue, le visage en sang et se pliant de douleurs.
Quand Benny fut hors de vue, Castiel se calma et s'appuya au bar. Balthazar l'observait, il se tenait près du bar hébété comme s'il n'avait pas été conscient ou responsable de ce qu'il venait de faire. Après avoir laissé exploser une brutalité dont il ne pensait pas qu'il était capable, il avait repris un semblant de contenance. Sa main droite était tachée du sang de Benny mais il n'était pas blessé, celui-ci n'avait pas eu le temps de se défendre et il n'aurait peut-être pas pu au regard de la violence dont Castiel avait fait preuve. Balthazar voulu s'approcher de lui mais celui-ci le repoussa et il sorti sans un regard. Les discussions entre les clients reprirent dans le bar, Jessica et Jo lui demandèrent ce qui avait bien pu se passer mais il leur dit qu'il était incapable de leur répondre. Balthazar se doutait bien de la raison de cette bagarre, il regarda Megan qui était au bar, une question silencieuse sur les lèvres.
- Je ne sais pas non plus. Il la remercia d'un signe de tête.
Castiel marchait dans les rues, les nuits s'étaient rafraichies mais il ne sentait pas le froid tenter de l'engourdir. Son corps, comme toujours quand il était perdu, avait pris le contrôle. Il le faisait déambuler sans but, son esprit confus tentait de gérer la colère qui bouillonnait encore au fond lui, la trahison qu'il ressentait et l'incompréhension qui ressortait de tout ça. Cet homme avait dit que Dean se vendait… il se vendait. Ça ne pouvait dire qu'une chose mais Dean ne pouvait pas faire ça. Cet homme qu'il ne connaissait pas n'avait pas de raison de lui mentir et c'était lui qui avait frappé Dean. En pensant à ça, Castiel serra les poings dans ses poches et la haine qui l'avait emporté dans le bar se manifesta de nouveau. Il n'était pas violent mais il n'arrivait pas à se contrôler en pensant à ça. Il ne voulait pas penser à Dean se rabaissant à toucher cet homme dans ces conditions, il ne pouvait pas sinon son esprit aller le rendre fou. Il serra les dents, ravala ses larmes sur le point de couler. Cette nuit, il ne rentra chez lui que lorsque ses jambes ne pouvaient plus le porter. Il s'effondra sur son canapé et se laissa emporter par un sommeil noir sans rêves.
Je crois que je n'arrive pas à décrire le bonheur et les petits oiseaux qui chantent. Il me faut un drame à chaque fois!
Je ne pourrai pas poster dimanche, du coup je posterai la suite jeudi (seulement trois jours à attendre!). Bises
