Chapitre 7
Bonsoir à toutes. Merci pour vos commentaires. Je vous laisse lire la suite avec un peu d'avance.
Balthazar passa son service à se demander comment il allait annoncer ça à Dean. Il ne pouvait pas en parler à Sam qui n'était pas au courant de ce qu'on son frère avait fait. Il devait lui dire rapidement pour qu'il puisse faire face à Castiel si celui-ci allait le voir. Il n'allait peut être pas lui demander des comptes mais après les avoir vu ensemble et la façon dont Castiel avait réagi, il savait bien qu'il avait été touché. Il attendit 8 heures pour appeler Dean, il s'enferma dans le bureau derrière le bar, ses mains moites se repositionnaient sans cesse pour maintenir son portable. Il lança l'appel, la sonnerie augmenta l'angoissa qui l'étreignait. Pourquoi c'était toujours à lui d'annoncer les mauvaises nouvelles ?
- Balth' déjà sur les routes ?
- Non, il y a eu un problème…
- Elle a ouvert les yeux et ne veut plus partir avec toi en weekend ! Enfin une fille qui s'est rendue compte que ton côté charmeur ne pouvait pas tout faire !
- Non c'est autre chose.
- Un souci au travail ?
- C'est … Castiel, il a rencontré Benny hier au bar. En entendant ça, Dean eu une bouffée de colère irraisonnée, si Benny avait touché à Castiel il allait le tuer. Je ne sais pas exactement ce qui s'est passé. Je m'étais absenté et quand je suis revenu au comptoir, Castiel était au-dessus de Benny en train de le frapper.
- Pourquoi ? Qu'est-ce que lui a dit Benny ?
- Je ne sais pas mais il a dû lui parler de votre bagarre, je suppose, pour que Castiel réagisse aussi violemment. Je suis désolé Dean, je n'avais pas vu qu'il était là. Le temps que je l'attrape, Castiel lui avait cassé le nez.
- Et Castiel, qu'est-ce qu'il a dit ?
- Rien, il est parti sans rien dire. Balthazar souffla. Je suis désolé Dean.
Dean ferma les yeux, pourquoi sa vie ne s'améliorait pas un peu quand il prenait le risque de s'attacher à quelqu'un ? Il raccrocha, il ne voudrait plus le voir si Benny lui avait dit ce qu'il avait fait. L'image que Castiel avait pu se faire de lui était maintenant complètement ternie. Même s'il était ouvert d'esprit et plein d'empathie, il y a des choses qu'il était difficile à admettre. Et même s'il revenait il n'oserait plus le concevoir autrement que comme un ami.
Les infirmières qui passèrent le voir après ça, tentèrent de le faire parler en le voyant aussi mal mais elles n'eurent aucune réponse. Il s'emmura dans le silence et ne toucha pas à son repas de midi. Tout ça l'avait rendu malade et il n'avait envie de rien, il voulait juste rester enfermé dans ses souvenirs de Castiel même si ça le faisait souffrir en pensant qu'il risquait de ne plus le voir. Il imaginait toutes les situations possibles, Castiel qui arrivait à l'hôpital et lui hurlait dessus, Castiel qui lui renvoyait un regard plein de pitié, Castiel qui lui parlait et essayait de comprendre, Castiel qui ne venait pas, plus jamais et lui qui s'enfonçait dans son dégout, dans ce sentiment de vaste gâchis, qui s'en voulait d'avoir cru que ça pouvait marcher cette fois, qu'il pouvait être heureux.
Quand Sam arriva en début d'après-midi, il passa au bureau infirmier pour saluer l'équipe présente. Une infirmière lui demanda d'entrer un moment, elle lui expliqua que depuis ce matin son frère n'allait pas bien, il broyait du noir sûrement une mauvaise nouvelle qu'il avait reçu car à son réveil il allait bien. Sam la remercia et se dirigea vers la chambre de son frère, toqua et entra. Il ne dit rien et s'assit sur le fauteuil, Dean ne le regardait pas, il était allongé et la tête tourné vers la fenêtre.
- Dean qu'est ce qui s'est passé ? Il mit un moment à répondre, il n'avait pas vraiment pris conscience de la présence de son frère ou il préférait l'occulter pour l'instant. Mais il devait lui dire. Il mit longtemps à se décider à parler, comme si le temps s'était arrêté et qu'une minute ou une heure ne pouvait pas plus le rapprocher d'un soulagement. Il n'espérait plus vraiment, il savait déjà qu'il ne reviendrait pas, il n'avait juste pas envie d'y penser.
- C'est Cas'. Son regard restait perdu au loin.
- Qu'est ce qui lui est arrivé ? Sa question était pleine de précaution, un souffle et son frère se refermerait et il enterrerait son malaise.
- Moi, dans un rire triste.
- Qu'est-ce que tu veux dire Dean ? Il sentait bien que son frère se forçait à en parler, ce n'était pas clair, il essayait de dire ce qui était nouveau pour lui et il avait besoin de temps. Il ne l'avait jamais vu aussi triste, aussi accablé. Il n'arrivait pas à cacher ses sentiments ce qui voulait dire qu'il avait été totalement dévasté.
- Je dois te dire quelque chose Sam… mais j'ai tellement honte ! Il entendit la fin de sa phrase se briser dans un sanglot étouffé.
- Dean, je suis ton frère, je peux tout entendre. Je ne te jugerais pas. Il réussit à garder une voix calme, il devait lui donner confiance pour qu'il puisse se livrer. Il sentait une angoisse poindre dans sa poitrine, son frère allait se confier et il avait peur de ce qu'il allait entendre.
Quelques minutes passèrent, ils ne bougeaient pas. Dean tentait de trouver le courage de tout avouer et Sam attendait patiemment que son frère se libère.
- Je me suis prostitué.
Cette phrase si lourde de sens et de souffrance avait été lâchée d'une voix tremblante, pleine de honte, de regrets. Sam ne sut pas comment réagir, il fut abasourdi par cet aveu. Comment son frère avait pu faire ça, lui qui était fort, indépendant. Il savait bien qu'il avait une basse estime de lui qu'il trainait depuis longtemps mais en arriver là. Dean avait commencé, il devait tout lui dire.
- Je ne l'ai pas cherché ça s'est fait comme ça. J'évite d'être trop proche des gens et quand j'ai besoin de plus, je trouve toujours quelqu'un pour passer un bon moment. Je sais ce que tu penses, que ce n'est pas par ce moyen qu'on est proche des gens mais ça me suffisait. Il se tourna vers Sam, il avait la tête baissé. Je te déçois, je sais.
Dean laissa échapper un soupir qui brisa le cœur de Sam, il avait souffert, seul et il s'en voulait des sentiments qu'il pouvait lui faire ressentir. A ce moment, Sam avait presque eu envie de secouer son frère pour lui dire que ce qu'il ressentait était la dernière chose qui importait et qu'il devait s'inquiéter pour lui-même.
- Non, je suis triste de ne pas avoir été là pour toi. Les choses se seraient peut-être passées autrement, lui répondit-il en levant la tête.
- Pas la peine de s'imaginer comment ça aurait pu se passer, ça ne sert à rien à part se torturer un peu plus. J'ai profité des rencontres que je faisais… et un jour, un homme m'a payé. Il ne regardait plus son frère, son regard posé au sol se perdait dans ses souvenirs et ses émotions. J'ai été humilié par son geste, il m'a rabaissé comme personne auparavant. J'étais tellement sonné par ce geste que je n'ai pas réagi. Il est parti en me laissant dans la rue, le fric dans la poche et mon esprit essayant de réaliser ce qui venait de se passer. Cette situation s'est répétée une deuxième fois et là je me suis énervé mais cet homme ma rassuré en me disant que c'était pour me remercier. Ils pensaient que j'étais une pute et je me suis glissé dans ce rôle pendant quelques temps. Un sourire triste apparu sur le visage de Dean. Puis un jour j'ai rencontré Castiel. Il m'a donné envie d'y croire, de m'accrocher aux gens, de croire que je valais quelque chose. Ce n'est pas quelque chose que j'ai eu l'habitude d'entendre et je ne suis pas comme toi Sam, quand il me disait que je ne valais rien, je le croyais. Sam savait qu'il faisait référence à leur père, quelque chose dont ils avaient toujours eu du mal à parler car Dean refusait toujours d'aborder ce sujet qui le faisait souffrir. Et quand j'ai croisé Benny après ça, je lui ai tenu tête et j'ai refusé de le faire avec lui et je lui ai interdit de me traiter encore comme ça. Mais ça ne s'est pas passé facilement, il m'a frappé, m'a laissé dans la rue pratiquement inconscient et c'est Balthazar qui m'a retrouvé.
- Balthazar était au courant ? Sam avait un espoir que son frère n'est pas traversé ça tout seul.
- Non pas de tout. Je ne sais pas. Il savait que je couchais à droite et à gauche mais pas qu'on me payait ou peut-être qu'il y pensait, je ne sais pas. Ce jour-là quand je suis rentré chez moi, j'ai rencontré Castiel qui s'est occupé de moi. Sam vit ses yeux se perdre et se plonger dans ses souvenirs au nom de Castiel.
- Mais si tu en avais parlé, on aurait été là pour toi Dean.
- Je sais Sam mais tu es mon frère, Balthazar est mon ami. J'avais bien trop honte pour pouvoir vous en parler. Et là c'était quelqu'un d'inconnu, un homme qui me prenait pour quelqu'un de bien, qui ne connaissait pas ma vie, qui ne pouvait pas me juger. Il m'a envoyé voir un médecin et le lendemain, il a pris de mes nouvelles en s'excusant de ne pas avoir pu m'accompagner. Il me connaissait depuis quinze jours et il s'inquiétait pour moi ! Dean sourit. Je ne lui ai pas dit ce qui s'était passé et il n'a pas insisté. Et depuis, on est devenus amis je pense, je me suis attaché à lui plus que par amitié, en regardant Sam qui lui sourit. Je pensais que tout allait bien se passer, je voulais lui parler, lui proposer de sortir …, ne pas coucher avec lui, je voulais suivre ton conseil. Grâce à lui j'avais eu le courage de faire ce qu'il faut pour changer.
Dean s'arrêta perdu à nouveau dans ses souvenirs, dans ces moments échangés sur le banc. Une larme roula sur sa joue, une unique larme qu'il n'avait pu retenir et qui marquait la fin de son espoir.
- Je m'en veux tellement de ne pas avoir été là et de n'avoir rien vu.
- Mais Balthazar m'a appelé ce matin, Castiel a rencontré Benny hier au bar et il semble qu'il lui a dit ce que j'avais fait. Castiel l'a agressé et s'est enfui du bar sans rien dire. Dean laissa éclater ses sanglots à l'idée qu'il ait fait souffrir Castiel et en sentant la peur à l'idée de le perdre, Sam s'approcha et le prit dans ses bras. Dean s'accrocha à son frère comme si c'était la seul chose en cet instant qui pouvait l'éviter de sombrer. Il ne voudra plus me voir après ça, je ne le reverrai plus et j'aurais espéré tout ça pour rien.
- Dean, Castiel est quelqu'un de bien, il comprendra. Vous devrez parler mais il comprendra j'en suis sûr. Sam le berça le temps que ses pleurs se calment.
Son frère ne s'attachait pas aux gens, il se protéger pour ne pas souffrir si les personnes ne correspondaient pas à ses espérances. Mais là, il s'était livré, il avait espéré et tout s'était compliqué.
Sam resta la journée auprès de Dean. Son frère ne s'était jamais autant livré. Il n'avait aucune idée de l'importance, de la profondeur de la souffrance de Dean. Il avait souffert pendant longtemps, il le savait, il avait fait ce qu'il avait pu mais Dean lui avait caché beaucoup de chose pour ne pas l'inquiéter, et Castiel réussissait enfin à le faire vivre et à lui donner le courage de changer. Il espérait que Castiel ne l'abandonnerait pas.
Durant l'après-midi il vit son frère surveiller la porte de sa chambre, un espoir subsistait encore. Mais il ne vint pas, ni le lendemain. A la fin du weekend, Dean s'était retranché dans un quasi mutisme, il ne répondait que par monosyllabe quand il voulait bien répondre.
En ce début de semaine, Sam toujours présent auprès de son frère lui faisait la conversation même si il savait qu'il ne l'écoutait pas. Balthazar passa avant son service, il s'avança près de Dean et demanda s'ils avaient vu Castiel durant le weekend, Sam lui fit signe que non. Balthazar trainait sa culpabilité. Il s'excusa encore une fois, à voix basse, s'il l'avait vu tout ça ne se serait pas passé. Il resta debout à côté du lit, Dean ne lui répondait pas, il ne lui en voulait pas, il ne voulait tout simplement pas le voir. Il ne voulait pas de cette vie qui s'insinuer près de lui, il ne voulait plus de ce semblant de vie si Castiel n'en faisait plus partie. Il lui tourna le dos et fixa son regard sur le ciel. Sam tenta de rassurer Balthazar, il avait besoin de temps, mais celui-ci ne voyait que le désarroi de Dean et son erreur qui ne lui avait pas permis de le protéger. Balthazar acquiesça, il devait partir au travail mais il repasserait le lendemain s'ils étaient d'accord. Il s'éclipsa, sa mauvaise conscience lui murmurant qu'il avait échoué pour protéger un de ses amis.
Un peu avant l'heure de fin des visites, la porte de la chambre s'ouvra laissant entrer Castiel qui avait l'air d'avoir passé une dure épreuve. Il avança dans la chambre sans lancer un regard à Dean et se posta devant la fenêtre.
- Bonjour Cas', lança Sam. Dean se redressa dans son lit, essayant de réaliser qu'il était vraiment là.
- Sam, lui répondit Castiel. Sa voix était grave et atone comme si elle avait perdu tout sentiment.
- Cas' ! L'appel de Dean était plein d'espoir et de peur. Il ne répondit pas, ne le regarda pas. Dean pensa qu'il devait lui faire horreur, il était venu lui dire ses quatre vérités mais arrivé ici s'était ravisé en pensant qu'il n'en valait pas la peine. Il n'arrivait pas à détacher ses yeux de lui.
Sam n'osait pas parler, qu'est-ce qu'il aurait pu dire ? C'était eux qui devaient se parler. Il décida de sortir de la chambre pour leur laisser le temps.
- Dean, je dois partir. Je te dis à demain.
- Oui, merci Sam. Il regarda son frère avec terreur, Sam lisait dans son regard ses inquiétudes face au comportement de Castiel. Il s'approcha pour le prendre dans ses bras.
- Il est venu, c'est bien mais laissez-vous du temps pour vous expliquer et vous comprendre, lui glissa-t-il à l'oreille. Il se redressa, A bientôt Cas'. Il ne lui répondit pas. Sam quitta la chambre, ils se retrouvèrent seul, Dean ne savait pas quoi dire, il s'était livré à son frère car il savait au fond de lui que même s'il le jugeait, il le pardonnerait mais là il ne savait pas comment aborder les choses.
- Castiel, je ne sais pas ce qu'il a pu te raconter. Quand il commença à parler, il vit Castiel se tendre et sans attendre il prit la direction de la porte. En voyant ça Dean ne put que l'appeler avec un ton de supplique dans la voix.
Castiel se figea en l'entendant. Il était venu pour le voir, pour avoir des explications mais se retrouver face à lui fut plus difficile qu'il ne pensait. Il ressentait une trahison et une colère contre lui-même de s'être fait manipuler, une colère contre lui de lui faire ressenti encore tout ça.
- Castiel laisse-moi t'expliquer. Il ne voulait pas l'écouter mais il devait essayer de lui parler.
Castiel sorti de la chambre sans un regard et sans un mot. Il l'avait perdu.
Le soir même l'infirmière de nuit trouva Dean prostré dans son lit, les yeux grands ouverts et ne répondant pas. Son cerveau avait cessé de fonctionner, il ne voyait que l'image de Castiel quittant sa chambre sans un mot. Elle en informa le médecin de garde qui lui injecta un sédatif qui le fit dormir rapidement.
Le soleil se faufilait à travers ses paupières, son esprit était confus, il avait la bouche pâteuse. Il ne savait pas ce qu'on lui avait donné mais ça avait eu le mérite de l'assommer. Et à ce moment ses souvenirs reprirent vie pour l'assaillir de nouveau, une douleur pris place dans sa poitrine et son souffle se fit plus difficile. La tristesse, le remord, une souffrance à vouloir mourir. Il ouvrit les yeux en grimaçant agressé par le soleil. Quand il tourna la tête, il vit une masse, à côté de lui, penchée sur son lit. Castiel était là, endormi, courbé, la tête posée sur ses bras repliés sur le rebord du matelas et tourné vers lui. Il n'en croyait pas ses yeux. Peut-être était-il en train de rêver ? Il avança la main vers sa tête, il glissa ses doigts au-dessus de sa mâchoire sans le toucher, il senti sa respiration le caresser. Il frôla ses cheveux toujours en bataille. Il commença alors à bouger, il ramena sa main rapidement vers lui et le geste brusque réveilla Castiel en sursaut. Il fut comme surpris de se retrouver ici. Il s'enfonça dans le fauteuil, son visage était marqué par la fatigue et la colère.
- Je te dois des explications Castiel... il n'eut pas le temps de finir la phrase qu'il avait préparé et retourné dans sa tête pendant les derniers jours.
- Combien de fois pour de l'argent? Dean fut surpris par son ton sec et dans lequel il ne cachait pas sa colère. Combien de fois tu l'as fait ? Il voulait réparer les choses, essayer de retrouver son amitié et pour cela, il lui devait la vérité. Il mit un moment avant de lui avouer.
- Cinq fois, avec des hommes et des femmes. Autant tout lui avouer. Il fut blessé par son ton et sa question mais au moins il lui parlait.
- Tu avais un marché large en racolant hommes et femmes ! C'est plus facile en sautant sur tout ce qui bouge ! lui cracha-t-il avec rancœur et un sourire mauvais.
- Ne fait pas ça, pas toi ! il avait haussé le ton, approchant de la colère mais ses yeux trahissaient une souffrance immense. Il pouvait supporter beaucoup de chose mais entendre Castiel avoir une si basse estime de lui, ça le détruisait, encore plus. Il ne lui laissa pas le temps de répondre. Je voudrai que tu m'écoutes avant de me juger. Je me suis déjà jugé, je le fais depuis toujours mais depuis quelques temps j'ai appris à me voir à travers un autre regard, je vis à travers tes yeux. Et aujourd'hui je n'aime pas ce que tu vois.
- Et à qui la faute ? Castiel continuait de ne pas le regarder, il lui enlevait littéralement son regard. Au contraire, Dean ne parvenait pas à le lâcher des yeux, à force de le détailler il voyait sous la colère, la douleur.
- Je ne veux pas te fournir des excuses pour mon comportement mais je veux te raconter ma vie. Les gens qui me connaissent depuis longtemps savent que je ne me livre pas, je les côtoie sans maintenir d'échanges. J'ai toujours eu du mal avec les relations aux autres. Il n'y a que Sam qui me connait aussi bien qu'il peut. Dean soupira, il n'avait jamais parlé de ça ouvertement même avec Sam. Dans mon enfance je me suis senti rejeté par mon père, ma mère n'était plus là, je n'ai pas eu d'amis car je ne restais pas assez longtemps au même endroit et je crois que je ne sais pas comment me faire des amis. Je me suis toujours senti mal à l'aise en société, à devoir calculer et prévoir ce qui doit être fait ou dit. Pour éviter au maximum les erreurs, j'ai vécu retranché, incapable de m'attacher ouvertement aux gens, ne sachant pas comment être avec eux et peur de leur jugement.
Castiel ricana.
- Oui, je sais je donne l'impression de me foutre de ce qui peut se dire sur moi, d'envoyer les gens se faire voir quand ils ne me plaisent pas, mais tout ça ce n'est qu'une défense. Je préfère rejeter les gens avant qu'ils ne me fassent du mal ou qu'ils me rejettent. Puis Sam est parti étudier, je me suis retrouvé seul, je me suis laissé aller. J'ai fait mon travail, mais je n'ai pas vécu. Quand j'avais besoin de relations plus intimes c'était toujours des coups d'un soir et ça me suffisait. A part Sam, il n'y a que Balthazar que je laisse me connaitre un peu plus car il a pris le temps de m'observer, de me connaitre et il se fiche de ce qu'il voit, il m'accepte avec ce qu'il sait de moi. Je ne sais pas ce que c'est une relation amicale ou amoureuse, car je suis incapable de me livrer et que j'ai peur que les gens se rendent compte qu'il n'y a rien à connaître, que je suis vide et sans intérêt. Quand on m'a pris pour … pour un prostitué, j'ai voulu me rebeller mais finalement je me suis coulé dans ce rôle qu'on voulait me faire porter. Pourquoi je me serais battu contre cette image, je n'avais personne à rendre fier de moi et c'était plus simple.
Dean fit une pause, Castiel ne réagissait pas.
- Et il y a un mois tu m'as adressés la parole, sans savoir pourquoi, j'ai commencé à te parler de moi alors que c'est quelque chose qui m'est impossible d'habitude. Et j'ai pensé que je pouvais être meilleur, j'avais une motivation pour m'améliorer. Tous les gens n'était pas si pourris et je pouvais trouver des gens avec qui je pouvais me livrer un peu. Quand cet homme est revenu au bar et qu'il m'a demandé de le suivre, j'ai voulu mettre les choses au clair, j'avais décidé de changer. Je lui ai dit que je ne voulais plus faire ça et il s'est énervé.
- Il t'a frappé. Castiel le regardait maintenant, il le voyait souffrir presque autant que lui.
- Mais je m'étais libéré. Il a eu la réaction d'une personne qui perd le contrôle sur une autre. Le lendemain tu as pris soins de moi et ça m'a réconforté dans l'idée que j'avais bien agis, que j'avais eu raison de faire un effort pour une fois. Dean s'arrêta, il s'était livré entièrement, il n'avait plus de secret pour Castiel et maintenant qu'il était à nu, il comprenait qu'il ne pourrait pas vivre sans son amitié. S'il le rejetait, il ne pourrait jamais plus faire confiance. Je suis désolé que tu aies appris ça de cette façon, je suis désolé que tu te sois senti trahis mais j'aimerais qu'on reste amis Cas'. Même si ça te demande du temps pour me pardonner, j'attendrai.
- Je suis désolé.
Le cœur de Dean se brisa. Il était désolé mais il ne pouvait pas être ami avec un mec comme lui, il était désolé mais il le dégoutait trop pour pouvoir le regarder. Il hocha la tête et ravala un sanglot qui tentait de l'étouffer.
- Je comprends. Tu es quelqu'un de bien, tu n'as rien à faire avec moi. C'est normal.
- Non, Dean. Je suis désolé car je n'avais pas à réagir aussi violemment. Je ne sais pas pourquoi, j'étais tellement en colère de me retrouver face à cet homme qui t'avait blessé et après ça je ne savais plus comment réagir. Je me suis senti trahi d'apprendre ça, comme ça. Je te considérais comme un ami,… je te considère comme un ami et l'image de toi que je m'étais faite a volé en éclats. Mais je ne dois pas te juger sur ça, je te connais peu mais je sais que tu es quelqu'un de bien, Dean. Tu étais perdu, seul et tu as tenté comme tu pouvais de survivre. Je crois que moi non plus je ne suis pas doué pour les relations humaines. Je suis désolé d'avoir réagi ainsi, d'avoir été si dur avec toi.
En sortant de la chambre de Dean, Castiel se sentait perdu. Il s'était voilé la face pendant longtemps mais il avait passé le weekend à se morfondre enfermé chez lui. Se maudissant d'avoir adressé la parole à Dean pour se rendre compte par la suite qu'il n'avait pas pu faire autrement, attiré par cette douleur qui devait émaner de lui et dont il avait eu conscience à cause de celle qu'il portait. Le maudissant de le faire souffrir autant alors qu'ils se connaissaient si peu. Il avait été blessé par cette révélation, par ce secret qui lui avait été asséné. Mais il ne pouvait pas lui en vouloir, lui-même était englué dans son malaise et son passé.
Il avait décidé de lui faire confiance, il s'était attaché à lui, même après qu'on l'ait utilisé et qu'on ait tenté de le retenir et qu'il ait juré de ne plus se laisser prendre au piège. Dean lui avait expliqué que Benny l'avait attaqué par ce qu'il perdait le contrôle sur lui. Lui-même avait vécu cette situation, il avait réussi à s'extirper de ce type de contrôle et il savait quelle force il fallait pour ça.
Je vous embrasse. La suite bientôt. Bises
