Chapitre 11

Après être sortis du bar, ils marchèrent en silence dans les rues. Gabriel était perdu dans les souvenirs de ce qui s'était passé, il se sentait pitoyable. Ils arrivèrent à l'appartement de Balthazar, un loft au bout d'une petite ruelle. Gabriel était déjà venu dans le passé, que ce soit dans un bon ou un mauvais jour. Ils se connaissaient depuis tellement longtemps, Balthazar connaissait le nom de sa maladie et Gabriel connaissait son passé.

- Tu m'as amené ici pour pouvoir me sauter dessus.

- Ne joue pas à ça avec moi Gabe. Il baissa la tête, il savait bien qu'il ne pouvait pas berner Balthazar.

- Tu accueilles toujours les chiens galeux ?

Balthazar ne répondit pas, il avait pris ce loft en parti pour pouvoir toujours accueillir ses amis s'ils en avaient besoin. Il n'était pas du genre à s'imposer dans la vie des gens mais son comportement empathique lui faisait gagner leur confiance et leur amitié rapidement. Il avait été depuis toujours au contact des gens et il les aidait naturellement. Certains avaient besoin seulement d'une oreille compatissante, d'autres d'entendre une vérité qu'ils rejetaient de la part de leurs proches et d'autres avaient besoin d'une coupure dans leur vie, d'un endroit isolé pour reprendre pied. C'est comme ça qu'il avait atterri dans ce bar. Il avait rencontré Gabriel pendant une de ses périodes sombres, ils s'étaient rapprochés jusqu'à devenir amis et Gabriel lui avait proposé de travailler avec lui, et depuis ils ne s'étaient plus quittés.

- Et ce soir c'est moi le chien galeux !, ajouta-t-il dans un soupir.

- Tu n'es pas galeux, c'est juste un mauvais passage comme tu en as déjà eu.

- Oui comme j'en ai déjà eu, et que j'ai encore. C'est ça le pire, ça ne me quitte pas. Gabriel semblait inquiet de sa rechute même si ce n'était pas la première. Et Balthazar prenait la situation au sérieux du fait qu'il l'appelait par son prénom en entier. Gabriel se senti rassuré, il savait qu'il pouvait compter sur lui.

- Qu'est-ce que t'ont dit les médecins la dernière fois ? Son ton, patient et sérieux, appelait une réponse. Il avait appris depuis le temps ce qu'il devait faire pour l'aider.

- Qu'il fallait vivre avec ?

- Et ?

- Qu'avec l'avancée de la médecine et des traitements les symptômes étaient mieux traités et que ma vie allait retrouver une stabilité. Gabriel récita la phrase d'un air idiot. J'ai tout bon ? en soufflant.

- Oui tu as tout bon. Je comprends que tu veuilles te débarrasser de ce nuage qui plane depuis longtemps au-dessus de toi. Mais ça s'arrange petit à petit. Je suis objectif, je te côtoie depuis longtemps, je t'ai vu essayer plusieurs traitements pour tes troubles bipolaires et je sens que tu arrives mieux à cerner les symptômes.

- Oui tu as vu c'est une réussite aujourd'hui, lâcha-t-il d'un ton sarcastique.

- Je ne peux pas t'empêcher de faire ce que tu veux, je ne peux pas t'empêcher de boire ou t'obliger à avaler ton traitement mais je peux être là pour toi quand tu en as besoin. Tu as appris à connaitre les symptômes de rechutes, tu as appliqués les conseils des médecins et ça commence à s'arranger.

- Tu es un saint Balthazar.

- Je suis ton ami. A la limite un ange, je veux bien ! Gabriel leva les yeux au ciel.

- Et qu'est-ce qu'on va faire maintenant, une thérapie ?

- Je ne suis pas le mieux placé mais tu peux essayer de mettre des mots sur ce que tu as vécu. Gabriel réfléchit un instant.

- Je me sentais déprimé et j'ai voulu agir pour améliorer mon état. Quand Sam … m'a repoussé, je me suis senti rejeté… et j'ai été en colère je crois.

- En colère ? Pourquoi ?

- Parce qu'il n'y avait personne pour moi, pour m'écouter, pour me faire aller mieux.

- Tu es déprimé depuis combien de temps ?

- Quelques jours,…

- Gabriel…

- Depuis une semaine. Il marqua une pause. Je dors beaucoup plus, j'ai perdu l'appétit et je me sens ralenti.

- Tu as appelé ton médecin ? Gabriel lui fit signe que non.

- Pourquoi ?

- Parce que je ne veux pas être malade.

- Tu aurais pu m'en parler.

- J'en ai assez que tu me vois comme une somme de symptômes à surveiller.

- Je ne te vois pas comme ça et tu le sais. Je te surveille d'un œil parce que tu es mon ami mais je ne vois pas que ta maladie. Balthazar lui laissa un moment pour digérer ce qui venait d'être dit. Bon on fait quoi maintenant ?

Gabriel se dirigea vers la cuisine et se servi un verre d'eau. Il savait qu'il avait beaucoup de chances d'avoir un tel ami même si des fois il lui tapait sur les nerfs.

- Je regarderai bien un film d'action, quelque chose qui m'empêche de réfléchir. Tu as ça ?

- On va trouver. Jette un œil aux DVD, je prépare du pop-corn.

Ils regardèrent un premier film, puis un second. Ils ne reparlèrent pas de son état mais Balthazar senti Gabriel se détendre au fil de la soirée. Ils finirent par se coucher tard dans la nuit, l'esprit endormi par un trop plein d'images. Balthazar rejoignit sa chambre en mezzanine en laissant Gabriel sur le canapé du salon.

Le lendemain, Gabriel fut réveillé par l'odeur du café et le bruit des casseroles.

- Tu peux pas cuisiner en silence Balth' !

- Bonjour Gabriel. Debout, le soleil brille, la vie n'attend que toi. Gabriel qui avait recouvert ses yeux de son bras pour bloquer la lumière, sourit. Il râla pour la forme et se leva.

- C'est un mantra que je dois me répéter tous les jours ? en grognant plus qu'en parlant.

- Ça pourrait être ton mantra mais c'est le mien. Tu dois t'en trouver un autre.

Gabriel s'assit à l'ilot central face à une assiette bien remplie, une tasse de café et un verre de jus de fruit.

- J'ai l'impression d'être à l'hôtel. Tu as un job parallèle en plus du bar ?, en lui lançant un regard suspicieux.

- Je ne fais ça que pour mes amis, profites-en. Il glissa sur la table en même temps son traitement. Balthazar avait toujours chez lui des comprimés de Gabriel pour pouvoir lui donner dans ces cas-là.

- Merci Balthazar.

- Mange, va prendre un douche et on va se balader avant d'aller au bar.

- On passe la journée en amoureux ! Je suis flatté.

- Arrête ton baratin, tu sais que ça ne marche pas avec moi.

C'était tellement simple avec Balthazar, depuis le temps qu'ils se connaissaient. Ils n'avaient pas besoin de tout expliquer. Balthazar avait appris à connaître ce trouble de la personnalité. Avant d'être diagnostiqué, Gabriel oscillait entre des périodes « d'euphorie » où il plaisantait beaucoup, il avait une énergie décuplée, un discours rapide et des idées qui fusaient, et des périodes de dépression, où il perdait l'appétit et était ralenti. Balthazar avait appris à noter tous ces comportements, le fait qu'il mangeait des sucreries en excès, ses discours déplacés, son agitation. Il savait faire la part des comportements dus à son caractère de ceux dus à la maladie. Ils se connaissaient tellement bien que Balthazar n'avait qu'à le regarder pour lui faire prendre conscience qu'il devait ajuster son traitement. Mais cette fois-ci, il n'avait rien vu et il avait laissé son ami dégringoler doucement mais surement. Et il s'en voulait pour ça, il allait faire beaucoup plus attention maintenant.

Balthazar surveillait la salle pendant que Gabriel lui faisait la liste des choses à gérer urgemment. Quand ils eurent fini, il fit un tour en salle et Gabriel parti discuter avec Castiel. Ils s'entendaient bien, Castiel était posé et avenant et il pourrait permettre à Gabriel de garder un comportement stable. Il lui expliqua ce qu'étaient les troubles bipolaires et sexcusa encore une fois de son comportement. Balthazar se posta derrière un jeune homme assis à une table dans la salle.

- Tu sais que tu ne l'as pratiquement pas quitté des yeux ? Le jeune homme se retourna pour voir qui parlait.

- Oui et alors, j'ai pas envie non plus de me cacher. Balthazar lui sourit.

- D'accord mais si tu restes seulement à le regarder tu n'apprendras pas grand-chose sur lui !

- Je sais qu'il s'appelle Gabriel et qu'il passe tous les soirs ici. Et vous avez l'air d'être amis. Balthazar s'assit face à lui en lui tendant la main.

- Je m'appelle Balthazar. Enchanté.

- Adam. Le jeune homme avait un regard direct, il voulait impressionner avant qu'on ne prenne un ascendant sur lui du fait de son jeune âge.

- Adam, ça fait bien une semaine que je te vois trainer dans les parages, à le surveiller, je ne pense pas que tu sois un serial-killer alors je te donne un conseil. Tu devrais l'aborder, ça sera plus simple pour faire connaissance.

- Oui c'est ce que je comptais faire mais il faut dire qu'il est toujours très entouré ce qui ne simplifie pas la chose. Il regarda sa montre, je m'excuse mais je dois y aller. Balthazar se retourna pour jeter un œil au bar, Gabriel était parti accompagné de Castiel.

- Bien sûr je comprends, il n'y a plus rien d'intéressant maintenant.

Dean comme promis organisa un repas de famille, il demanda sa soirée à Balthazar, ce qui lui fut accordé, ainsi qu'à Jessica. Il invita son frère et sa petite-amie chez lui, Castiel l'avait aidé à préparer le repas. La soirée fut parfaite, Castiel appris à connaître Dean, à travers le regard de son frère. Il lui raconta ses souvenirs de Noël quand Dean préparait tout pour lui faire plaisir, en évitant soigneusement de parler de leur père. Jessica y alla de sa petite anecdote sur les colères de Dean face aux clients. Et quand des questions trop personnelles étaient adressées à Castiel, Dean laissait quelques secondes de flottement avant de détourner la conversation avec une anecdote sur Sam. Et Sam se moqua allègrement de l'obsession de son frère pour les tartes quand le dessert arriva. Sam et Jessica partirent après les avoir aidé à débarrasser la table. Dean savourait ce moment, la soirée s'était bien passée, il finissait de ranger pendant que Castiel faisait la vaisselle. Un vrai petit couple. Dean s'approcha de lui et prit un torchon pour essuyer la vaisselle qui attendait dans l'égouttoir.

- Tu sais mon obsession pour les tartes c'est parce que c'est un des rares souvenirs que j'ai de ma mère. C'est le dessert qu'elle nous faisait. Et quand je mange une tarte…

- Tu as l'impression de retrouver en partie ces moments et les souvenirs de bien être réapparaissent. Dean lui sourit en hochant la tête.

- Mais Sam ne s'en souviens pas, alors je le laisse se moquer de mon obsession. Castiel se rapprocha de lui et déposa un baiser sur ses lèvres.

- Tu es un grand frère plein d'attention.

Adam revint quelques jours plus tard, il salua Balthazar de loin et s'assit à une table près du bar. Gabriel arriva quelques instants après et Balthazar ne put pas s'empêcher de regarder Adam. Aussitôt Gabriel entré dans le bar, il ne le quittait pas des yeux. Il vit Balthazar l'observer, il se leva et s'approcha d'eux.

- Salut Adam, lui lança Balthazar.

- Salut Balthazar, lui répondit-il.

- Ça va ? Il acquiesça. Je te présente Gabriel, Gabriel voici Adam. Ils se saluèrent.

- Je m'excuse on m'appelle, je vous laisse discuter. Et Balthazar disparu, les laissant seuls.

- Tu travailles ici ?

- Le bar est à moi et je les regarde travailler.

- Ah tu as la meilleure place alors ! Gabriel lui sourit.

- Comment tu connais Balthazar ?

- Je l'ai connu ici, il est venu discuter. Adam remarqua sa douceur, il était attentif à ce qu'il lui disait.

- Balthazar est très sociable, tu peux lui dire bonjour et il fait le reste de la conversation à lui tout seul.

- Oui mais j'ai pu lui dire que j'avais envie de te parler. Gabriel se tut, en essayant d'analyser ce qu'il venait de dire.

- Tu cherches un travail ?

- Non je cherche un peu de chaleur humaine. Gabriel sourit, un gamin d'une vingtaine d'années lui faisait du rentre dedans. Ce n'était pas vraiment approprié mais ça reboostait son ego. Et il avait envie de jouer.

- Adam, ce n'est pourtant pas le nom du tentateur !, lui répondit-il d'une voix suave.

- Non mais c'est le nom de celui qui croque la pomme, lui glissa-t-il à l'oreille.

- C'est trop facile de draguer en usant de ton prénom. Tu peux faire la même chose avec Bryan ?

- Tu peux me donner n'importe quel prénom du moment que j'arrive à te le faire crier.

- Hey, t'es un peu trop direct là. Gabriel se recula. J'ai l'impression que si on n'était pas dans un lieu publique tu m'aurais déjà arraché mes vêtements. En jouant un air faussement choqué.

Le portable d'Adam se mit à sonner dans sa poche, il pesta tout en le sortant. Gabriel entendait la voix étouffée de son interlocuteur. Il l'observait, il avait repris une contenance, il n'était plus à moitié couché sur lui à lui murmurer à l'oreille, sa voix s'était raffermie dans un ton professionnel et son regard avait perdu la luxure qui l'envahissait l'instant précédant. Il raccrocha et fixa de nouveau Gabriel.

- Je dois partir, le travail, en montrant son portable.

- Qu'est-ce que tu fais comme travail ? Il avait réussi à l'intéresser.

- Journaliste, je fais principalement des piges à droite et à gauche. Je dois y aller. Il s'approcha de Gabriel et déposa un baiser dans son cou, au bord de son oreille. Gabriel se réchauffa à ce contact et il le regarda quitter le bar en courant.

Balthazar revint au bar.

- Tu as l'air de l'intéresser.

- Oui, si on n'avait pas été dans un endroit public, il m'aurait sauté dessus.

- Tu vas le revoir ?

- Tu plaisantes, c'est un gamin. Il doit avoir quoi, 25 ans à tout casser ?

- Et alors ? Il est trop jeune pour toi grand-père !

- Et alors ? Je suis pas baby-sitter.

Le lendemain, Gabriel assit au bar passait le temps. A vingt heures, Adam débarqua et s'assit à côté de lui, tournant le dos au reste du bar. Ils étaient sur le terrain de Gabriel, entouré de ses amis, il savait que lorsqu'il était avec lui, il était surveillé. Personne ne venait les déranger mais il sentait des regards posés sur eux.

- Salut, en l'embrassant dans le cou.

- Hey, tu plaisantes là ?

- Quoi ?

- Quoi ? Mais j'ai pas envie d'être arrêté pour détournement de mineur moi.

- Tu vas vraiment me servir l'excuse de l'âge, répondit Adam en levant les yeux au ciel.

- C'est pas une excuse. Imagine j'ai connu Georges Bush senior à la présidence.

- Et moi, junior. Mais je ne suis pas sûr qu'il y ait vraiment de différence entre leur présidence. Ça ne compte pas.

- C'est quoi ce raisonnement ? Adam fit un geste pour se rapprocher de Gabriel qui l'arrêta aussitôt. J'ai été élevé avec « 1 rue Sésame » à la télé et toi avec les mangas. Trop de différences culturelles !

- C'est pas faux, mais « 1 rue Sésame » passe toujours et je l'ai regardé aussi. Donc on a une culture différente mais pas tant que ça. Un autre exemple à me servir ?

- J'en vois pas pour l'instant, bougonna-t-il de s'être fait rabattre le caquet.

- Bien. Je ne peux pas rester longtemps ce soir, je repasse demain. Tu as 24 heures pour trouver une autre excuse sinon je t'embrasse. A demain.

Balthazar n'avait pas perdu une miette de la conversation.

- T'as pas intérêt à l'ouvrir Balth', je suis pas d'humeur.

- Je ne dirais rien. Mais moi je l'aime beaucoup, il est capable de te sécher.

Gabriel toujours à sa place, faisait tourner un whisky dans son verre. Balthazar n'était pas là pour l'instant. Il s'était servi sans avoir l'intention de le boire, il voulait juste regarder le liquide ambré glisser sur la paroi. Sa crise récente lui avait servi de leçon pour quelques temps, il allait freiner sur sa consommation d'alcool. Pour l'instant il regardait l'alcool glisser sur le verre, laissant des trainées sur la paroi. Il sentit quelqu'un s'approcher de lui, une main passa devant lui pour attraper le verre qui fut porté aux lèvres et vidé d'un trait. Adam se tenait, à côté de lui, il reposa le verre sur le bar.

- Je ne pense pas que tu devrais boire, vu ce qui s'est passé la dernière fois.

- C'est pour ça que tu me sautes dessus, tu penses que je vais me conduire comme ce soir-là. Mais tu peux oublier. Son ton n'était plus du tout joueur mais vexé de voir ce souvenir resurgir.

- Non, je te parle parce que j'ai envie de te connaître. Et j'attendrai que tu me sautes dessus quand tu en auras envie.

Adam fit signe à Dean et lui commanda deux sodas. Ils furent servis et Adam s'assis à côté de Gabriel sans tenter de l'embrasser ou de le toucher.

- Alors tu travailles sur quel sujet en ce moment ?

- J'ai proposé un sujet sur la pollution, un autre sur l'expérimentation animale.

- Que des sujets joyeux !, en soulevant les sourcils.

- Tu préfères l'histoire du chien qui traverse le pays pour retrouver ses maîtres ou le gagnant à la loterie ?

- Tu pourrais parler de faits de société, de gens qui s'entraident.

- T'as pas un sujet un peu plus passe-partout !

- Ou des répercussions des maladies sur l'entourage des patients.

Gabriel ne le regardait pas, il gardait son regard fixé devant lui. Adam pensait qu'il avait lancé ce sujet à la volée mais sa position raide et son regard perdu lui firent sentir le contraire. Il laissa le silence s'installer entre eux, en sirotant son verre.

- Alors, tu as trouvé une bonne excuse ?

- Je dois avouer que je n'ai pas vraiment cherché ! Adam souleva les sourcils, et fut ravi de cette bonne nouvelle.

- Vraiment ? Gabriel se retourna vers lui, en souriant.

Adam ne se fit pas prier pour déposer un baiser dans son cou, il se redressa pour l'observer, il n'avait pas eu de geste de recul et l'observait toujours. Il s'approcha de nouveau et déposa un léger baiser sur ses lèvres, en glissant sa main dans son dos. Gabriel se senti se réchauffer à ses gestes, il gouta la douceur de ses lèvres en fermant les yeux. Puis quand il ne senti plus que son souffle sur sa joue il ouvrit les yeux. Adam, la tête baissé, près de lui ne bougeait plus. Gabriel s'avança pour déposer son front sur son épaule.

- Je ne suis pas très à l'aise, on est sur ton terrain là et j'ai l'impression que tout le monde nous observe, chuchota-t-il à son oreille.

- Gabriel jeta un coup d'œil derrière eux.

- Ce n'est pas une impression, lui dit-il en riant. Ah et je crois que tu vas avoir des problèmes !

Jo arrivait vers eux et son regard ne laissait aucun doute au but de son intervention.

- Bonjour papa. Gabriel en resta bouche bée, elle ne l'appelait jamais papa, ça avait toujours été Gabriel pour elle, jamais de surnom.

- Bonjour ma très chère fille. Autant être cérémonial.

- Tu me présentes ? elle n'avait pas encore daigné jeter un regard à Adam.

- Bien sûr, ma puce. Jo voici Adam, Adam voici ma fille Jo.

Adam lui tendit la main que Jo prit et lui donna une poignée de main sèche.

- Je n'ai bien sûr pas à te dire que si tu lui fais du mal, je le vengerai, ça serait trop cliché. Mais tiens-toi le pour dit ! Elle le dardait de ses yeux en serrant toujours sa main. Il hochât la tête par l'affirmatif. Bien. Elle leur lança un sourire rayonnant. Je dois retourner bosser. Et elle partit, les laissant en tête à tête.

- Ta fille me fait peur.

- Et attend, tu ne l'a pas encore vu en colère !

Voilà pour ce chapitre. C'est peut-être un peu tiré par les cheveux mais je trouve que le comportement de Gabriel, dans la série, peut bien coller aux troubles du comportement qu'on retrouve dans la définition d'un trouble bipolaire (même s'il y a plein d'autres explications à son comportement). J'avais envie du coup de le développer là. Si ça vous intéresse d'en apprendre un peu plus sur cette pathologie, je suis tombé sur une présentation vidéo vraiment bien faite ( . /info/troubles-bipolaires). J'ai essayé d'utiliser un vocabulaire grand public mais avec des termes qui sont forcément utilisés par les patients qui vivent avec la pathologie.

Et pour la relation Gabriel / Adam, qu'est-ce que vous en pensez?

Bises