Chapitre 18
Comme promis voici le chapitre du nouvel an. Profitez bien de votre soirée. Bises et merci de continuer à me suivre.
En ce matin du 31 décembre, Castiel et Dean paraissaient au lit. Dean avait plongé son visage dans le cou de son amant et c'est son souffle dans son cou qui avait lentement réveillé Castiel. Depuis il s'était légèrement reculé pour le regarder dormir et passait sa main dans ses cheveux en de tendres caresses. Dans ces moments, il n'en revenait pas d'avoir une vie si heureuse. Il avait trouvé un homme à aimer comme il ne pensait pas que ce soit possible et qui l'aimait en retour. Sa rencontre avec Dean avait tout changé et il avait une nouvelle vie, il était heureux, entouré et aimé. Ce soir, ils allaient fêter la nouvelle année avec des amis. Jusqu'à maintenant pour lui, ça n'avait aucune signification, il ne comprenait pas pourquoi les gens se réjouissaient de changer d'année. Mais cette année, il pouvait comprendre que les gens vivaient ça comme un renouveau, une nouvelle chance. Pour lui, sa chance, ça avait été le jour où il avait rencontré Dean et ce soir ils entameraient une année ensemble. Une année où ils continueraient d'apprendre à se connaitre, où ils évolueraient ensemble. Il avait l'impression qu'ils ne pouvaient plus se quitter même dans leur lit, ils étaient toujours en contact, le bras de Dean posé nonchalamment sur son flanc, leurs jambes l'une contre l'autre, un bras enserrant une taille. Castiel arrêta ses caresses et observait Dean avec un sourire tendre sur les lèvres. Celui-ci bougea légèrement la tête sous la main de Castiel qui reprit ses caresses et il le vit sourire.
- Tu sais que j'aime pas qu'on me regarde dormir, la voix encore rauque de sommeil.
Castiel s'avança et déposa un baiser sur sa tempe.
- Mais moi j'ai le droit.
- Toi, tu as tous les droits.
- Je me disais que j'avais beaucoup de chance et que ce soir on allait commençait une nouvelle année ensemble. Ca me parait être un moment chargé de plein de promesses, une possibilité de faire ce qu'on veut.
- J'ai pas besoin d'une nouvelle année pour avoir plein de promesses. T'avoir dans mon lit c'est suffisant, lui répondit-il en s'étirant et en venant le prendre dans ses bras.
La soirée du nouvel fut organisée comme toutes les années chez Balthazar et cette année il y avait en plus Sam, Castiel et Adam. Tous les employés du bar étaient présents et accompagnés par leur moitié ou des amis. Quand il arriva avec Adam chez Balthazar, Gabriel était tendu. Balthazar vint leur ouvrir la porte, ils se donnèrent une accolade rapide et rigide. Gabriel avait l'impression à ce moment de se retrancher et d'empêcher son esprit de prendre conscience de ce contact pour ne pas souffrir. Il savait maintenant que Balthazar avait quelqu'un dans sa vie et il avait décidé de taire ses sentiments pour retrouver son ami mais ce n'est pas pour ça qu'il ne souffrait pas. Avant c'était parce qu'il se sentait incompris et rejeté par Balthazar et maintenant parce qu'il voyait leur possible bonheur s'éloigner. Il n'était toujours pas totalement à l'aise avec Balthazar et tout au long de la journée il avait réfléchit à des excuses pour ne pas aller à sa soirée mais il lui avait promis qu'ils resteraient amis et il comptait bien tenir sa promesse même si cette soirée le rendait nerveux. Son altercation avec Balthazar l'avait perturbé. Il pensait qu'ils avaient une chance d'évoluer, de prendre conscience de leur attachement plus qu'amical, mais il avait peut être mal évalué le moment pour en parler et la situation s'était envenimée. Ce qui l'avait fait reculer c'est l'enregistrement qu'il avait écouté. Il savait maintenant que Balthazar avait peur de perdre leur famille mais il ne comprenait pas pourquoi, il pensait que ça ne pourrait pas aller entre eux, alors il avait fait marche arrière pour respecter sa demande, pour seulement être son ami. En plus de ces non-dits entre eux, ce soir ils allaient rencontrer Amanda et il n'était pas sûr de savoir comment il allait réussir à gérer la situation.
Gabriel fit le tour de la salle avec Adam pour saluer tout le monde. Jo était accompagné d'un garçon rencontré récemment. Gabriel le surveilla un moment mais Jo semblait le mener par le bout du nez et il en fut rassuré. Il s'amusa à lui faire peur en le menaçant de le tuer s'il faisait pleurer sa fille. Juste retour des choses, ce qui fit rire Adam.
Garth était accompagné de Beth, une jeune femme adorable aussi douce que lui et Megan avaient ramenée des amis à elle. Tout ce petit monde passait un bon moment. Les uns s'évitant pour ne pas créer des situations gênantes, certains un peu plus retranchés et d'autres l'esprit léger.
Peut-être une heure après Amanda arriva et Balthazar la présenta à tout le monde. Il l'accompagna pour lui présenter personnellement Gabriel. Balthazar n'avait pas pour but de retourner le couteau dans la plaie mais Gabriel était la personne la plus importante pour lui dans la pièce et il voulait que le premier contact soit fait dans les meilleures conditions possibles. Ils échangèrent quelques mots sur le temps et leur rencontre quand Balthazar fut appelé et entraina Amanda avec lui. Gabriel en fut soulagé, il n'avait rien contre elle mais il n'avait pas envie de faire semblant plus que nécessaire et de s'intéresser à sa petite personne.
La soirée avançait et Gabriel observait tout ce petit monde interagir qui semblait bien s'amuser, les soirées chez Balthazar étaient toujours réussies. En pensant à lui, ça faisait un moment qu'il n'était pas revenu de la cuisine et de là où il était, il ne le voyait pas. Il devrait en profiter lui aussi pour s'amuser, il allait lui donner un coup de main, en tant qu'ami c'est ce qu'il était censé faire. Il se leva, laissant Adam discuter avec Garth, contourna un petit groupe et s'approcha de la cuisine, il observa au fond du salon, Dean et Castiel qui se tenaient en retrait. Il faudra bientôt les opérer pour pouvoir les séparer ces deux-là. Il sourit, il connaissait Dean depuis un moment et c'est la première fois qu'il le voyait si épanoui. Il tourna brusquement la tête en direction de la cuisine en entendant un bruit de vaisselle. Et son regard se posa sur Balthazar qui était collé à Amanda. Elle était appuyée contre l'évier et Balthazar dos au salon avait entrepris de recouvrir son corps de caresses. Gabriel, face à cette scène, fut envahi de sentiments contraires. Une nausée le pris quand Balthazar se resserra encore plus contre elle. Il fit demi-tour et repris sa place sur le canapé à côté d'Adam. Celui-ci vit que quelque chose n'allait pas, il le regarda, laissant sa question muette. Gabriel lui sourit et lui répondit que tout allait bien, un petit moment de fatigue qui devrait passer avec une sucrerie. Rien de bien méchant, pensa Gabriel, juste un ami dans une situation qu'il n'avait pas anticipée.
Qu'est-ce qu'il ressentait ? Il savait bien que Balthazar ne voulait pas de lui, qu'il avait rencontré cette fille et qu'il espérait plus comme il l'avait dit à Adam mais il ne s'était pas préparé à ça, comme si ça ne pouvait pas arriver. Il n'était pas énervé, Balthazar avait le droit d'embrasser qui il voulait, ils n'étaient que des amis. Il n'était pas jaloux, lui il avait Adam. C'était un garçon gentil, intelligent et amusant, qui plus est amoureux de lui. Il ne savait pas ce qu'il ressentait mais il savait que ça ne lui plaisait pas, il avait eu l'impression d'un vide immense qui avait rempli sa cage thoracique. Ce n'était pas encore le bon moment pour eux mais il ne pouvait pas supporter de le voir avec quelqu'un d'autre ce qui était totalement égoïste, il s'en rendait bien compte. Il mit sa réaction sur le compte de la surprise et se rapprocha d'Adam, lui prit la main et déposa un baiser dans son cou. Il le sentit bouger et se rapprocher de lui, il sentit ses bras se refermer autour de son corps. Cette impression de vide se combla légèrement. Oui, ça allait, il était aimé, il était entouré de ses amis et ils passaient une bonne soirée. Quand Adam desserra son étreinte, Gabriel se recula et aperçu Balthazar et cette fille, assis face à eux.
- Amanda, c'est ça ?, lança-t-il.
- Oui.
- Les gardes fonctionnent par niveau de mérite. Celui qui est le plus doué à la garde du réveillon pour réceptionner tous les idiots qui se sont mutilés par mégarde ? Il n'aurait peut-être pas dû formuler sa question de cette façon, et son ton était peut-être un peu trop sec aussi. Il sourit pour faire passer cette pique pour une plaisanterie.
- Non,… on s'arrange en partie entre nous. Elle lui lança un sourire crispé. Elle n'était pas à l'aise, pourtant il ne faisait que la conversation. Adam l'interrompit quand il allait reprendre la parole.
- Tu as une spécialité ?
- Oui, chirurgie.
- Oui, boucher, marmonna Gabriel. Il leva les yeux et s'aperçu du regard de Balthazar sur lui. D'accord il avait un peu déconné là. C'est très impressionnant, commenta-t-il, on n'est pas habitué à recevoir des grosses têtes ici, en lui lançant le plus beau sourire dont il était capable dans cette situation.
- Tu nous traites d'idiots, rétorqua Dean.
- Ne fais pas celui qui est surpris, comme si tu ne le savais pas ! répondit Gabriel en riant.
- Très drôle, Gabriel. Je suis plus intelligent que Megan ça me convient.
- Hé ! Retire ça de suite.
- Quoi, tu ne sais pas que j'ai toujours raison ?
- Tu fais chier Dean !
- Dean a toujours raison ?, demanda Adam d'un air étonné.
- Non en fait ça ne fonctionne qu'avec Meg'. Gabriel expliqua devant l'air interrogateur de son petit ami. Vu qu'ils se prenaient toujours la tête à savoir celui qui avait raison, on a organisé un match de foot et le gagnant a raison à vie.
- Et donc Dean a gagné et à toujours raison face à Megan ?, demanda Adam avec un air incrédule.
- Oui. Solution simple pour régler les conflits. Et on doit cette brillante idée à Balthazar, ajouta Gabriel en lui souriant doucement.
- Je suis assez fier de moi sur ce coup-là, répondit Balthazar. Et tout le monde acquiesça aux bons souvenirs de cet après-midi, Dean et Castiel s'échangeant un regard complice.
- Et ça a réglé le problème ?, continua Adam.
- Pas vraiment mais leur disputes sont beaucoup plus rapides, précisa Castiel.
- Exactement, on n'a pas besoin de les entendre discuter pendant des heures avec des raisonnements absurdes, compléta Garth.
- Si vous voulez des raisonnements absurdes, Adam est un chef à ce jeu, intervient Gabriel.
- Dis celui qui fait exprès de me mettre en colère pour que je lui saute dessus. Adam pris un coup dans les côtes et surjoua la douleur pour faire rire l'assistance.
Balthazar baissa la tête, il eut un petit pincement au cœur en entendant Adam parler de Gabriel. Il posa son regard sur sa main qui tenait celle d'Amanda, il leva les yeux sur elle. Il ne voulait pas être avec Gabriel, il était son ami, ça ne changerait pas mais leur discussion récente avait tout fait vaciller. Il n'avait pas flanché mais il allait lui falloir du temps pour pouvoir tout refouler comme avant. Elle le regardait, elle avait un regard si doux qu'il se sentit immédiatement mieux.
- Je devrais sortir le champagne si on veut célébrer cette nouvelle année. Il embrassa Amanda et se leva en direction de la cuisine. Dean se leva pour le suive.
- Ça va Balth' ?
- Oui, il faut que je sorte les bouteilles de champagne. Tu m'aides ?
- Oui bien sûr. Après un moment d'hésitation Dean ajouta, je voulais te dire que je savais.
- Que tu savais quoi ?
- Pour Gabriel. Enfin j'ai deviné, je veux dire. Balthazar marqua un arrêt. Si tu veux en parler je suis là ou même si tu veux juste de la compagnie. Balthazar se retourna pour regarder Dean et hocha la tête sans rien dire.
Il ne l'avait jamais vu aussi triste et il trainait cet état de façon plus ou moins marquée depuis sa dispute avec Gabriel même s'il s'efforçait de mieux le dissimuler quand Gabriel était dans les parages. Il avait l'air las, fatigué de cette situation et Dean voulait qu'il sache maintenant qu'il était au courant, qu'il était là s'il en avait besoin. Il voulait être là pour lui, comme il l'avait fait dans le passé pour l'aider. S'il ne voulait pas en parler, il pouvait être simplement là pour lui et attendre qu'il se décide.
- On devrait apporter ça, sinon on ne sera jamais prêt à minuit. Dean le suivi sans rien ajouter.
Les douze coups de minuit approchaient. Balthazar et Dean distribuèrent les coupes de champagne. Garth lança le décompte suivi de tout le monde. Quand minuit sonna, des cris s'élevèrent, des baisers s'échangèrent, des accolades, des feux d'artifices dans les rues. Dans un recoin de la pièce Dean et Castiel se souhaitaient une bonne année.
- Cas', je te souhaite une année pleine de découvertes, de joie et d'amour.
- Dean, …
- Et forcément avec moi, hein ? Castiel s'avança pour l'embrasser tendrement et passionnément.
- Dean, je souhaite qu'on passe cette année à partager nos rires et vivre la vie que j'ai rêvée pour nous.
- On va être obligé d'embrasser tout le monde pour souhaiter la nouvelle année mais après on disparait dans un coin tranquille, en lui faisant un clin d'œil.
Dean enlaçait Castiel en lui donnant un baiser doux. Sam tenait Jessica serré contre lui et ils s'échangeaient des souhaits de bonheur. Gabriel était collé à Adam, échangeant un baiser passionné. Il avait besoin d'y croire, il voulait s'y noyer. Adam le rassura en lui promettant d'être là pour tout partager avec lui. Balthazar de l'autre côté de la salle, embrassait Amanda. Il lui récita une série de souhaits, de ceux qu'on lance aux personnes que l'on ne connait pas et ne sachant pas quoi leur dire. Elle lui sourit en lui rendant la pareille. Puis tout le monde se sépara pour aller à la rencontre des autres. Balthazar attrapa Jo dans ses bras et la souleva de terre. Il la déposa et l'embrassa sur la tête.
- J'ai droit à mes vœux habituels.
- Bien sûr. Je te souhaite ma chérie, des épopées épiques, un prince charmant digne de toi et de profiter de ceux qui t'entoure.
- Merci Balthazar. Je souhaite en cette nouvelle année, le courage pour accomplir ce qui te tient à cœur.
- Ce sont des vœux très particuliers cette année ! Merci.
- Oui je sens que cette nouvelle année nous surprendra.
Balthazar embrassa Dean et Castiel en leur souhaitant de profiter de chaque instant, tout comme à Sam et Jessica. Il vit Adam et s'avança vers lui pour lui souhaiter une bonne année et d'être heureux avec Gabriel. Puis il chercha Gabriel des yeux, il n'était plus dans la salle. Il sortit et le trouva debout devant la porte. Il était emmitouflé dans sa veste et son écharpe, en train de fumer.
- Gabriel…
- Pas de sermon, tu sais que j'ai droit à une cigarette par an. Sa phrase était plus informative qu'irritée. Il savourait cette cigarette qui lui permettait de se détendre après avoir supporté la présence d'Amanda toute la soirée.
Balthazar ne répondit pas et avança d'un pas pour se placer à côté de lui. Gabriel tira sur sa cigarette puis libéra la fumée lentement, Balthazar lui prit la cigarette des mains. Gabriel allait protester quand il le vit la porter à sa bouche. Il tira sur la cigarette et souffla la fumée.
- Je ne comprends pas le plaisir que vous prenez avec ça, dit-il en grimaçant et en la lui rendant.
- C'est une addiction comme une autre, on sait que c'est mal et qu'on ne devrait pas, mais on ne peut pas s'en empêcher. On profite du plaisir immédiat sans se soucier du futur danger possible. C'était exactement ça le problème de Balthazar, celui-ci savait résister mieux que quiconque à ses désirs possiblement dangereux, ce qui le fit soupirer. Je n'ai pas droit à mes vœux cette année ?, reprit Gabriel.
- Si c'est pour ça que je te cherchais. Il se tourna pour le regarder. Gabriel écrasa sa cigarette et se tourna vers son ami. Il resserra sa veste autour de lui après avoir frissonné.
- Je te souhaite de trouver le bonheur Balthazar. Celui-ci lui sourit tristement.
- Tu es mon meilleur ami Gabriel. Le reste de sa phrase se coinça dans sa gorge, il voulait s'excuser, lui expliquer encore une fois mais il ne ferait que retourner le couteau dans la plaie pour tous les deux.
- Toi aussi. Il s'approcha pour le serrer dans ses bras. Il inspira profondément, ses poumons se remplissant d'air froid et ses narines de l'odeur de son ami. Balthazar le serra aussi dans ses bras s'empêchant au dernier moment de glisser sa main dans ses cheveux. Il n'avait pas ces envies aussi conscientes avant que Gabriel ne lui parle mais maintenant il devait lutter pour réfréner certains gestes que son corps initiait naturellement.
- Si tu traverses l'enfer, continue d'avancer. Je te souhaite d'être heureux Gabriel et de continuer d'avancer en surmontant ce qui te fait souffrir. Puis il se recula. Je dois retrouver Amanda, elle m'attend. Il évita le regard de son ami à la fin de sa phrase et se racla la gorge sentant qu'elle se serrait.
- Oui, vas-y. Je reste encore un peu dehors.
Balthazar disparu. Gabriel lança un sourire las à la lune, il a son amitié, peut être encore plus forte qu'avant. Il a l'air d'aller bien, c'est l'essentiel après tout. Ils ont réussis à se rapprocher presque comme avant et Balthazar à quelqu'un dans sa vie. Pour lui ça va prendre un peu plus de temps, il pensait que tout allait changer pour cette nouvelle année mais ce n'était pas encore le moment. Balthazar niait ses sentiments, lui pouvait les ignorer. Il savait être patient quand quelque chose lui tenait à cœur. Il frissonna encore une fois et décida de rentrer pour retrouver la chaleur de cette famille recomposée.
