Chapitre 26
Bonjour à toutes, lectrices, revieweuses, assidues ou de passage.
Je laisse Castiel et Gabriel reprendre le cours de leur vie.
L'ambulance arriva à l'hôpital, le docteur Mills les attendait déjà. Ils furent pris en charge sans attendre, Gabriel recevant des soins pour son épaule et Castiel reçu par sa psychiatre. Elle voulait éviter qu'ils souffrent d'un état de stress post-traumatique, elle devait les faire parler rapidement de la situation traumatisante et les enregistrer pour les inspecteurs. Castiel lui parla de la situation qui avait dégénérée, ses frères s'étaient retournés contre lui, Samandriel avait voulu lui faire du mal mais Gadreel et Chuck l'avait protégé. Il s'inquiétait pour Anna et Samandriel. Pour sa sœur, il avait demandé à Bobby si elle pouvait être accueillie dans un centre avec son mari et leur fils, et il lui avait promis de s'en occuper. Il ne les laisserait pas ici, ils partiraient avec lui de la communauté. Et pour Samandriel, il avait vu sa réaction en se rendant compte qu'il avait failli tuer quelqu'un, et il savait qu'il pouvait encore espérer qu'il change, il n'était pas totalement perdu. Dean attendait à l'extérieur de la chambre, anxieux d'être séparé de Castiel même si c'était maintenant simplement par une porte et un couloir. Il faisait les cent pas, un gobelet de café dans les mains pour se réchauffer. Il était tendu, fatigué, Castiel avait subi beaucoup d'émotions mais lui aussi, il avait cru l'avoir perdu au bruit du coup de feu. Il n'avait pas réussi à le lâcher pendant leur trajet dans l'ambulance, il lui avait murmuré à l'oreille des mots doux, il lui avait répété inlassablement qu'il ne le laisserait plus partir. Castiel n'avait rien dit, il avait répété son prénom pour se raccrocher à lui et ne desserrait pas sa prise sur ses vêtements.
Le docteur Mills fini par sortir. Dean la regarda avec appréhension, il redoutait de mauvaises nouvelles ou qu'elle lui dise qu'il ne pouvait pas rester avec Castiel. Elle s'avança vers lui et lui sourit pour le rassurer. Castiel lui avait parlé, il devait se reposer pour le lendemain, il pouvait rester avec lui. Il devait éviter de lui parler de ce qu'il avait vécu, à part si c'était Castiel qui lui en parlait. Il devrait essayer de lui parler de ses amis, de ce qu'il avait fait en son absence. Il acquiesça, il ferait tout ce qu'il faut pour pouvoir rester près de lui. Elle lui rappela ce dont ils avaient parlé ensemble pendant l'absence de Castiel et le comportement qu'il devait adopter.
Balthazar était revenu avec les policiers, d'autres voitures étaient arrivées avant qu'il ne parte, pour isoler les lieux pour l'enquête. Anna et son mari, d'après ce qu'il avait compris, étaient conduits dans un centre qui accueillait les membres de sectes qui s'échappaient et les frères de Castiel étaient conduits au commissariat pour être entendus. Ils passeraient surement les prochaines années en prison. L'inspecteur Singer était heureux d'avoir sorti Castiel de là mais aussi d'avoir récupéré la clé USB qui pourrait leur donner de quoi inculper Crowley. Sur la route du retour, Balthazar pensait à Gabriel, il ne savait comment il s'était retrouvé mêlé à ces règlements de compte en famille, mais il était heureux qu'ils s'en soient sorti tous les deux avec si peu de dégâts. Les conséquences psychologiques seraient peut-être plus difficiles et plus longues à panser.
En arrivant au commissariat, Balthazar prit sans attendre la direction de l'hôpital, il arriva en fin d'après-midi. Il chercha pendant un moment où ils pouvaient être, on lui indiqua enfin le numéro de la chambre de Gabriel et il frappa doucement. La porte s'ouvrit sur Adam qui referma derrière lui en sortant dans le couloir. Balthazar lui demanda des nouvelles de Gabriel, Adam le rassura, il avait passé des examens, sa blessure était bégnine et il ne devrait pas avoir de séquelles. Il lui demanda à le voir et il senti Adam se tendre. Celui-ci lui expliqua que Gabriel dormait et qu'il avait besoin de repos, Balthazar insista et fit un pas en avant mais Adam le stoppa en posant sa main sur son torse et lui dit que ce n'était pas une bonne idée, qu'il devrait attendre un peu. Balthazar resta interdit un moment, il fronça les sourcils se demandant pendant quelques secondes s'il pouvait casser la figure à Adam pour passer de force, mais il se ravisa, il faisait ça pour Gabriel. Il finit par lui dire qu'il comprenait et lui expliqua que le lendemain, ils étaient attendus au commissariat pour faire leur déposition, un agent viendrait les chercher pour les accompagner. Adam le remercia et retourna auprès de Gabriel, Balthazar resta un instant immobile au milieu du couloir. Adam devait se douter de quelque chose, il connaissait son attachement à Gabriel en tant qu'ami, il ne l'aurait jamais laissé sans le voir avant cet épisode mais son comportement avec Gabriel quand il l'avait revu n'avait rien eu d'amical. Et Adam s'en était rendu compte. Balthazar se senti mal, il ne pouvait pas s'immiscer ainsi entre Gabriel et Adam, il serait là pour son ami et tiendrait le rôle qu'il voudrait bien lui donner.
Balthazar fini par s'éloigner et rechercha la chambre de Castiel, il frappa et entra. Castiel allongé, Dean était installé dans le fauteuil près du lit, il l'invita à entrer et Balthazar ne se fit pas prier. Il lui demanda des nouvelles de Gabriel. Balthazar détourna le regard et lui dit qu'il n'avait pas pu le voir. Dean fronça les sourcils et se pencha en avant pour observer son ami. Il lui demanda alors si c'était Adam qu'il l'en avait empêché, il s'était rendu compte lui aussi du regard d'Adam quand ils s'étaient retrouvés, Gabriel et lui. Dean, face au silence de Balthazar, compris que c'en était bien la raison, il commença à se lever d'un air énervé mais Balthazar l'arrêta en l'attrapa par le bras. Il lui demanda de s'assoir, Adam faisait ça pour Gabriel. Mais Dean s'emporta, il faisait ça pour lui-même, pas pour Gabriel. Balthazar lui demanda encore une fois de se calmer, demain ils devraient faire leur déposition, ce n'était pas le moment de parler de ça. Castiel était resté muet, les écoutant parler de Gabriel et il découvrait l'attachement de Balthazar pour lui. Balthazar, qui était si secret sur ses sentiments et sur sa vie personnelle, s'était ouvert à Dean et parlait de ses sentiments même si c'était à demi-mots.
Quand Balthazar fut parti, Dean se déchaussa et s'allongea à côté de Castiel. Il le prit dans ses bras et Castiel se cala entre ses bras. Dean suivi les conseils du docteur Mills et commença à raconter à Castiel ce qui s'était passé en son absence. Il lui raconta qu'il avait appris pour Balthazar et Gabriel avant les fêtes de fin d'année, qu'il s'en était pris à lui. Dean le serra un peu plus fort, il avait été tellement mal en son absence qu'il s'en était pris à Balthazar, lui en voulant de ne pas avoir le courage d'aller voir Gabriel et de tout lui dire alors que lui espérerait revoir son amant. Castiel posa sa main sur la sienne et le rassura, Balthazar n'avait pas l'air de lui en vouloir. Dean lui expliqua qu'il avait des réticences, il avait peur de ce qui pouvait se passer avec Gabriel et cette peur le retenait encore de lui parler et de tout lui avouer, et maintenant il y avait Adam en plus au milieu qui semblait tenter de tenir éloigné Balthazar.
Castiel se retourna pour lui faire face, il lui expliqua qu'il avait pensé à lui tous les jours pour pouvoir tenir le coup et pour trouver le courage de faire ce qu'il avait à faire. Castiel posa sa main sur sa joue et le regarda. Il ne s'était pas rendu compte que pendant son absence Dean avait autant souffert. Il s'excusa de lui avait fait supporter tout ça. Dean observait son regard, il essayait d'y lire les sentiments qu'il pouvait cacher ou qu'il ne pouvait pas exprimer pour l'instant. Ses mensonges face aux membres l'avaient torturé mais il avait fait ça pour les aider au final et Dean avait dû endurer son absence et s'était inquiété. Dean le rassura, il savait qu'il devait le faire et que c'était la seule solution pour les sortir de là. Le plus important maintenant c'est qu'il était de retour, qu'ils étaient réunis, et qu'il ne le laisserait plus repartir. Castiel se resserra contre lui et se cacha entre ses bras. Il s'inquiétait pour ses frères et sa sœur. Il lui demanda d'une petite voix de téléphoner à Bobby pour savoir où ils étaient. Dean le fit dans l'instant, il allait lui tendre le téléphone mais Castiel refusa et Bobby le renseigna. Il avait peur de ce qu'il allait apprendre à leur sujet et il préférait que ce soit Dean qui lui explique. Quand celui-ci raccrocha, il lui expliqua qu'Anna et Chuck étaient bien dans une maison d'accueil, Samandriel, Gadreel et Luc quant à eux étaient en cellule. Ils avaient été entendus mais ils leur restaient des questions à leur poser, ils ne pouvaient pas lui parler de ce qu'ils avaient appris, ils devaient d'abord parler à Castiel.
Le lendemain, des agents passèrent les chercher tous les quatre pour les conduire au poste. La nuit n'avait pas été des plus reposantes, les cauchemars et les angoisses se partageaient leurs esprits. Dean observait Castiel pendant qu'il se préparait, il était angoissé, il se perdait fréquemment dans ses pensées et semblait revenir à lui au bout d'un moment, il avait des cernes sous les yeux et il remarqua à cet instant son amaigrissement. Dean le pressa gentiment, on les attendait, ils devaient partir. Castiel le suivit sans poser de questions. Le trajet jusqu'au poste se fit dans un silence tendu, Castiel appréhendait de revoir ses frères. Ils se rendirent tous les quatre au bureau de l'inspecteur Singer, celui-ci les attendait assis à son bureau. Il se leva en les voyant arriver, il regardait Castiel s'approcher, suivi de près par Dean. Castiel leva la tête et le vit les observer. Il repensa à tout ce temps qu'ils avaient passé ensemble, Castiel lui avait tout raconté et Bobby avait été patient avec lui, prenant toujours le temps dont il avait besoin. L'inspecteur fit un pas en avant et Castiel accéléra le pas, il se jeta dans les bras de l'inspecteur et l'étreignit. Il avait besoin de le remercier pour tout ce qu'il avait fait pour lui, il avait toujours été là pour le recevoir et il l'avait en partie sauvé quand il s'était enfui et il recommençait aujourd'hui. Bobby le serra dans ses bras lui aussi, il s'était occupé de lui depuis cinq ans, il s'était attaché à lui au-delà de son implication dans l'affaire et il avait eu presque l'impression de l'adopter.
- Moi aussi fiston je suis content de te voir.
Il le relâcha et salua les autres et les accompagna à une salle de réunion. Sur le chemin, Gabriel observait autour de lui, cherchant Balthazar, espérant qu'il soit là, près de lui dans cette épreuve. Adam l'observait sans rien dire, il n'avait pas imaginé les sentiments cachés lors de leurs retrouvailles. Gabriel et Balthazar s'aimaient et il se senti déçu du comportement de Gabriel. L'inspecteur Turner les attendait et les salua.
Les inspecteurs expliquèrent à Castiel, Gabriel et Adam qu'ils allaient les interroger sur ce qu'ils avaient vécu, qu'ils seraient enregistrés. L'inspecteur Turner demanda dans un premier temps à Gabriel de le suivre jusqu'à une salle d'interrogatoire et lui posa une série de questions. Gabriel lui raconta son séjour dans la communauté, ce qu'il avait observé et écouté. Puis il lui raconta ce qu'il s'était passé dans la maison, Castiel attaché sous la garde de Gadreel, Samandriel accompagné de Luc et celui-ci qui l'influençait et qui lui soufflait ses actes. Puis ce fut au tour d'Adam et l'inspecteur les remercia après tout ça, ils pouvaient partir s'ils le souhaitaient, ce qu'ils firent.
De son côté Castiel fut interrogé par l'inspecteur Singer. Il lui raconta ce qu'il avait fait dans la communauté, les manipulations faites par Crowley. En expliquant tout ceci Castiel s'effondrait petit à petit sur lui.
- Je l'ai fait aussi…
- Quoi donc ?
- J'ai menti à ces gens, j'ai participé à leur endoctrinement.
- Castiel ? Castiel regarde-moi. Castiel leva la tête et posa sur Bobby un regard tellement triste que l'inspecteur dû s'empêcher de se lever pour le prendre dans ses bras. Tu as fait ça pour leur bien. Tu as fait ça pour les sortir de cette prison. Castiel restait vouté, les mains entre les jambes.
- Je n'aurais fait ça pour eux que le jour où cette communauté fermera et que Crowley sera hors d'état de nuire. Charlie a-t-elle trouvé des informations intéressantes ?
- Elle est en train d'y travailler. Tu dois me raconter ce qu'il s'est passé dans la maison… avec tes frères. Castiel posa ses mains sur la table et se mit à frotter ses poignets de ses paumes. L'inspecteur le vit déglutir et ouvrir la bouche avant de la refermer. Il lui laissa un moment mais il allait devoir le pousser s'il n'arrivait pas à parler.
- Je me suis retrouvé attaché car Luc voulait reprendre le contrôle.
- Le contrôle ?
- De Samandriel et de la communauté dans le futur. Castiel remarqua que Bobby ne comprenait pas et il lui expliqua la place de Samandriel comme second et futur image de la secte. Il lui expliqua qu'il avait tellement bien joué son rôle que Crowley l'avait gardé près de lui car il savait parler aux gens et que son retour dans la communauté donnait un poids encore plus important à ses idéologies. Il était le symbole vivant que la vie dans la communauté était préférable à la vie extérieur. Bobby acquiesça. Il avait donc hérité de l'attention de Crowley au détriment de Samandriel. Celui-ci se senti lésé et Luc eu peur de perdre le contrôle de son petit monde.
- Qui t'a attaché ?
- Gadreel mais il ne faisait qu'obéir aux ordres de Luc, s'empressa-t-il de préciser.
- Qui te tenait en joue ?
- Samandriel mais il a été influencé par Luc. Ce n'est pas sa faute.
- Qui a apporté l'arme ?
- Luc, il devait l'avoir sur lui, je crois. Castiel avait recommencé à frotter ses poignets.
- Est-ce que tu te souviens pourquoi Samandriel a tiré ?
- Je crois qu'il a eu peur, il a été surpris par l'arrivée de Gabriel. Je ne pense pas qu'il ait voulu lui tiré dessus, c'était un accident.
Bobby comprenait que Castiel voulait protéger son frère, il lui en avait tellement parlé, il savait qu'il se sentait coupable de l'avoir laissé là-bas mais si Samandriel avait sciemment tiré sur Gabriel, il devrait être inculpé et condamné.
Le chemin du retour se fit en silence dans la voiture de patrouille entre Gabriel et Adam. Le policier les déposa et reparti aussitôt en les laissant en tête à tête. Gabriel restait silencieux, il pensait à Balthazar qui n'était pas venu le voir. Il ne comprenait pas pourquoi il n'avait pas été à ses côtés. Il pensait que tout allait bien se passer maintenant mais Balthazar restait loin de lui. Il était perdu dans ses pensées quand Adam l'appela.
- Gabriel ? Ça fait trois fois que je t'appelle. Ça va ?
- Oui, oui, ça va… Il devait savoir, même si c'était mal venu qu'il demande à Adam, il devait savoir. Tu sais pourquoi Balthazar n'est pas venu ? Adam se figea à sa demande.
Adam senti la colère grandir en lui. Il était là près de lui et Gabriel pensait à Balthazar.
- Regarde-moi Gabriel ! Regarde-moi bien en face !, en serrant les poings pour maintenir sa colère qu'il sentait grandir en lui. Est-ce que tu m'aimes ? Non, attend j'ai une meilleur question, est-ce que tu m'as déjà aimé ? Gabriel le regardait sans oser bouger, il baissa les yeux, honteux de lui avoir fait croire en des sentiments non partagés. Il savait que ce moment allait arriver et il y était.
Adam donna un coup de pied dans la table et la renversa.
- Regarde-moi et dit le Gabriel. Je veux l'entendre. Vas-y, dis-le !, cria-t-il. Gabriel leva les yeux vers lui. Il vit toute la douleur qu'il ressentait, la colère qu'il ne maitrisait plus. Il ne pouvait rien dire, il n'avait aucune excuse. Adam tournait en rond dans la pièce, se tenant la tête dans les mains, jetant des coups d'œil à Gabriel. Il l'énervait de ne pas répondre, de le laisser se torturer. Il se campa devant lui.
- Dis-le ! Adam ne bougeait pas. Il attendait son aveu.
- Non, je ne t'aime pas. Je suis désolé, lui répondit-il d'une petite voix.
Adam recula d'un pas sous l'impact de la phrase. Comment il avait pu être aussi aveugle.
- Tu es désolé ? Adam se mit à rire de dépit. Il se recula encore et tourna le dos à Gabriel, il prit une profonde inspiration. Je vais partir. Il avait espéré une protestation de Gabriel mais celle-ci ne vint pas. Il secoua la tête, il était vraiment idiot de s'être attaché à Gabriel, il l'avait bien senti qu'il y avait quelque chose entre lui et Balthazar depuis le début mais il avait préféré fermer les yeux, espérant que peut-être il l'aimerait et Balthazar lui assurant qu'il était ce qu'il fallait à Gabriel. Je vais partir, je déménage. J'ai eu une offre dans un journal hier soir après avoir envoyé une ébauche de mon article.
Adam parti dans la chambre, il ramassa des affaires à lui qui trainaient, fit la même chose dans le salon puis revint vers Gabriel. Gabriel restait assis sans bouger, il se sentait tellement misérable, comment il avait pu utiliser Adam comme ça. Il y avait cru au début, il l'avait charmé, il avait aimé ses attentions. Mais sa discussion avec son thérapeute avait remis Balthazar au premier plan, il avait compris, ou plutôt admis qu'il l'aimait. Et après ça, tout s'était compliqué, il avait essayé de le faire comprendre à Balthazar mais il s'était braqué et n'avait pas voulu l'écouter et lui il avait utilisé Adam, pour ne pas rester seul, pour avoir quelqu'un à ses côtés, quelqu'un qui s'occupe de lui. Et il avait voulu y croire encore un peu, qu'il pouvait l'aimer pour son bien et pour être heureux.
- Je suis désolé…
- Je sais…moi aussi. Adam fit demi-tour et sorti.
Gabriel observa la porte se refermer sur Adam. Il avait joué avec ses sentiments, chose qu'il avait reprochée à Balthazar. Il se retrouvait seul, encore. Se sentant encore plus misérable que lors de ses dernières crises. Mais il ne voulait pas se laisser aller, il ne ferait pas la même erreur que la dernière fois. Il resta à cogiter une bonne partie de l'après-midi, puis il se décida, se leva. Prit une douche en faisant attention à sa plaie. Il avala quelques antidouleurs au passage. Il alla dans sa chambre et s'assit sur le lit, il devait agir maintenant. Il ne pouvait pas rester seul pour faire face à tout ça. Il n'avait jamais connu autant de stress que la veille, son ami avait failli être abattu devant ses yeux et c'est lui qui avait reçu la balle, et aujourd'hui il se sentait abandonné. Par Balthazar en premier lieu, il n'était pas venu le voir, il n'avait pas été à ses côtés dans cette épreuve, et par Adam qui le quittait. Il savait qu'il avait raison de faire ça mais ça faisait mal quand même quand vos erreurs vous revenaient en pleine figure et cette culpabilité qui vous étouffait.
Castiel fut libéré en fin de journée. Il avait demandé à voir Gadreel et Samandriel, Bobby lui promis d'essayer de faire ce qu'il pouvait, mais il ne pourrait pas les voir aujourd'hui. Il retourna chez eux avec Dean, quand il entra dans l'appartement il ne se senti pas chez lui. Une impression de ne plus être à sa place et il se tourna vers Dean, il avait besoin de voir ses réactions pour essayer de comprendre. Dean le rassura, il devait reprendre ses marques, ça prendra le temps qu'il faut mais tout redeviendra à la normal. Castiel hocha la tête, il était docile, Dean avait l'impression qu'il avait perdu son raisonnement à être resté trop longtemps dans cet endroit. Il passa sa main dans ses cheveux et déposa un baiser léger sur ses lèvres. Le docteur Mills avait conseillé à Dean de garder ses habitudes et de laisser Castiel seul pour qu'il ait des moments où il pouvait se retrouver. Il prévint donc Castiel que le soir même il allait travailler, qu'il pouvait l'appeler s'il en avait besoin et qu'il reviendrait immédiatement. Castiel le remercia, il partit dans la chambre pour se changer tandis que Dean sortait de quoi manger. Quand ils eurent fini, il se leva prit sa veste à la main en regardant avec inquiétude son amant. Il lui demanda encore une fois de l'appeler s'il en avait besoin et qu'il rentrerait vite. Il se pencha en avant et l'embrassa tendrement. Castiel le rassura et il partit.
Balthazar était reparti travailler au bar. Jo l'avait retrouvé et il lui demanda des nouvelles de Gabriel, elle fut surprise de sa question pensant qu'il l'avait vu mais il lui expliqua qu'il avait préféré le laisser se reposer. Elle lui expliqua donc qu'elle avait pu le voir un quart d'heure et rien que de savoir qu'il n'était plus là-bas, elle avait été soulagée. Dean arriva et se mit au travail comme si de rien été, tout le monde fut surpris de le voir là mais il expliqua que c'était une demande du docteur Mills et ils ne posèrent plus aucune questions.
Gabriel approchait du bar, il s'était rongé les sangs tout au long de la route. Il ne pouvait pas rester seul mais il avait peur de revoir Balthazar ne sachant pas pourquoi il n'était pas venu le voir. Il entra et Balthazar fut autant surpris que les autres. Tout le monde vint prendre de ses nouvelles, à part Balthazar qui resta derrière le bar et Jo en profita pour le prendre dans ses bras. Balthazar les observait, qu'est ce que faisait Gabriel ici, et où était Adam? Gabriel demanda à Jo, au bout d'un moment, de le laisser parler avec Balthazar. Gabriel prit place au bar face à lui, la tête baissée. Il inspira pour prendre courage et leva la tête.
- Adam m'a laissé tomber, il attendit un instant pour voir la réaction de Balthazar. Il est parti… et j'ai besoin de mon ami.
Balthazar resta là, sans parler et sans réaction. Il essayait d'analyser ce qu'il venait de lui dire. Adam parti, Gabriel seul, demandant son ami. Ça voulait dire qu'entre eux tout était possible et Balthazar senti la peur prendre le contrôle. Son cœur cognait dans sa cage thoracique, l'adrénaline courait dans ses veines, il pouvait prendre la fuite, son corps était prêt mais ses pieds restaient collés au sol. Le regard de Gabriel changea devant sa non réaction. Il se leva, il ne pouvait pas supporter de se faire rejeter deux fois en si peu de temps.
- Tu ne sais pas ce que tu veux ... en secouant la tête. Il fit quelques pas, puis se retourna et revint sur ses pas. Décide toi Balthazar, tu ne peux pas jouer comme ça. Souffler le chaud et le froid. J'ai menti et j'ai fait souffrir Adam. Si on est vraiment ami, ne me laisse pas souffrir. Et il partit.
Balthazar ne l'avait pas lâché des yeux, toujours incapable de bouger.
Je vous remercie de prendre le temps de passer un moment avec cette histoire. Je vous embrasse.
