Chapitre 28
Castiel chez lui, passait la soirée seul. Il avait besoin de ce moment de solitude, il était heureux de retrouver Dean mais il avait du mal à gérer son excès d'attention par moment et se sentait incapable de faire quoi que ce soit quand il n'était plus à côté de lui. Dans tous les cas il se sentait handicapé, mal adapté et ça l'inquiétait. Il fit le tour de l'appartement, retrouva ses affaires. Il avait l'impression d'être parti depuis des années.
Il finit par se coucher, s'enroula dans les couvertures et resta là, les yeux ouverts, à repenser à sa famille. Sa famille détruite par la dévotion, tombée à la merci de personnes sans scrupules. Quand il fermait les yeux, il revoyait Samandriel. Son petit frère face à la lui, arme à la main et son regard tellement torturé. Il ne comprenait pas son comportement, se laissant diriger par Luc. Il avait eu besoin d'un modèle en grandissant et il avait eu Crowley et Luc. Il espérait toujours qu'en étant hors de ce cadre, son frère puisse retrouver un semblant de raisonnement. Le docteur Mills lui avait expliqué, pour permettre aux disciples de se défaire de l'emprise des gourous, qu'il fallait leur laisser du temps, répondre à leurs questions, leur expliquer la faiblesse du raisonnement qui leur avait été rabâché. Dans un premier temps, ses frères allaient devoir gérer l'angoisse de ce changement de vie brutal puis ils devront critiquer leur adhésion et en comprendre la cause.
Castiel devait leur montrer sa bonne foi, il voulait les aider et il faisait tout ça pour eux. Le docteur Mills lui avait demandé de la voir tous les jours pendant un moment, il irait la voir demain et lui demanderai son avis sur son comportement à adopter avec Gadreel et Samandriel. Il avait plus de réticence concernant Luc même si ça lui briser le cœur. Il ne se posait même pas la question concernant ses parents, c'était à cause d'eux qu'ils en étaient là.
Castiel fut réveillé par Dean qui se colla à lui en se couchant. Il avait besoin de le prendre dans ses bras, de sentir qu'il était là. Il avait besoin de se rassurer, il était revenu près de lui et Castiel était réchauffé par ses contacts et son comportement. Pendant un mois, il n'avait connu que la suspicion, le mensonge, la peur. Il avait besoin de retrouver une vie normale. Il se rendormi bercé par la caresse de ses doigts dans son cou et entouré de sa chaleur.
Castiel se leva au milieu de la matinée, il se prépara, s'habilla dans la salle de bain pour ne pas réveiller Dean, passa à la cuisine, regarda la cafetière et le frigo sans envie. Il s'assit sur le divan et observa la porte d'entrée. Il allait sortir, seul, se rendre chez sa psychiatre pour parler de ce qui lui était arrivé, de ses frères. Il avait l'impression de tourner en rond, il recommençait. Ses nuits bouffées par l'angoisse, ses pensées parasitées par son passé, son humeur à fleur de peau. Il continuait de fixer la porte d'entrée, et il se demandait maintenant s'il allait parvenir à sortir de l'appartement. Il sentait l'angoisse le grignoter et prendre de plus en plus de place, un poids écrasait ses poumons et raccourcissait son souffle. Il gratta ses poignets et se força à approfondir ses inspirations, il réussit à se calmer petit à petit, il frotta ses poignets l'un contre l'autre pour estomper la sensation. Il se leva enfin et se dirigea vers la chambre et non pas vers la porte d'entrée. Il entrouvrit la porte et observa Dean qui dormait tranquillement, il avait bougé depuis qu'il était sorti du lit et il avait pratiquement prit sa place. Il repensa à ce qu'il lui avait dit, qu'en son absence il avait eu besoin de se raccrocher à quelque chose et qu'il avait cherché son odeur dans ses affaires, qu'il avait passé ses nuits avec un vêtement à lui pour se rassurer. Il continuait de faire la même chose, il recherchait son odeur et sa chaleur dans les draps qu'ils partageaient. Il s'approcha à contre cœur. Il avait besoin de lui, encore, il avait besoin qu'il lui tienne la main. Castiel s'assit sur le bord du lit près de Dean et posa sa main sur son épaule en le secouant légèrement.
- Dean ?
- Mmh ?
- J'ai besoin de toi,… je suis désolé.
- Quoi ? Dean glissa sa main sur le genou de Castiel.
- Je peux pas …
- Qu'est-ce que tu veux Cas' ?, il tentait d'ouvrir les yeux.
- Est-ce que tu peux venir avec moi voir le docteur Mills ?
- Oui, bien sûr. Il se frotta les yeux pour chasser le sommeil et se redressa. Il déposa un baiser sur ses lèvres. Laisse-moi cinq minutes d'accord ?
Castiel s'en voulait, il se sentait comme un enfant dépendant. Il se leva et attendit dans le salon. Il restait debout sans savoir quoi faire, incapable de faire les cent pas et incapable de s'assoir. Dean sorti cinq minutes après, habillé, et avala un café. Il attrapa la main de Castiel, lui sourit et lui demanda s'il était prêt. Castiel acquiesça et se força pour lui rendre un sourire qui ne ressemblait pas à une grimace. Il suivi Dean pour franchir le seuil de leur appartement et il serra sa main un peu plus fort quand ils se retrouvèrent dans la rue. Depuis qu'il était revenu, il se sentait angoissé, ayant toujours peur qu'il se passe quelque chose de mauvais. Les idées noires se battaient dans son esprit, il avait peur de perdre la raison, de perdre Dean, de perdre complètement ses frères, de ne pas réussir à reprendre sa vie où il l'avait laissée. Dean lui parlait, du temps, de Balthazar, de la ville, de lui. Il essayait de lui faire penser à autre chose que ses angoisses, il avait beau essayer de se concentrer sur ce qu'il lui disait, il ne parvenait pas à rester attentif longtemps et son esprit se laissait de nouveau parasité par les idées noires. Ils arrivèrent chez le docteur Mills et ils s'assirent dans la salle d'attente, Castiel ne desserrant pas la main de Dean. Celui-ci posa la sienne par-dessus celle de Castiel pour le rassurer, lui montrer qu'il était là pour lui. Il tentait de cacher son inquiétude mais Castiel la ressentait et l'observait. Il se mordillait la lèvre inférieure, sa jambe gauche tressautait pour évacuer son anxiété. Il ne voulait pas l'inquiéter mais il ne pourrait pas s'en sortir sans lui.
- Je suis désolé.
- Désolé de quoi Cas' ?
- De t'avoir obligé à venir ici car je suis incapable de venir seul. Je suis désolé Dean d'être … Les sanglots l'étouffèrent et l'empêchèrent de terminer sa phrase. Il se sentait tellement diminué, incapable de vivre librement. Il inspira pour éviter de craquer et de se mettre à pleurer.
Dean posa sa main sur sa joue pour le caresser, puis il la fit glisser sur sa nuque pour le rapprocher de lui et déposa un baiser dans ses cheveux.
- Je suis là pour toi Castiel. Je ferais tout ce qu'il faut pour t'aider. Castiel laissa échapper les sanglots qui l'asphyxiaient et plongea sa tête contre le torse de Dean. Il voulait fuir ce monde, ça serait plus simple. Il voulait juste Dean, il aimerait n'avoir besoin que de lui pour retrouver son équilibre et son bonheur. Il aimerait ne pas se soucier du reste.
La porte s'ouvrit sur le docteur Mills qui raccompagnait un patient. Quand elle revint à son bureau, elle s'arrêta pour les observer. Castiel semblait se raccrocher de toute son âme à Dean tout comme lui, l'avait fait, quand Castiel était parti. Dean lui avait raconté son départ et son désespoir, il avait tout raconté ce qui avait surpris la psychaitre mais elle comprit par la suite qu'il s'était livré pour être capable d'aider au mieux Castiel quand il reviendrait. Il avait voulu tout lui dire pour qu'elle puisse l'aider à prendre soin de Castiel. Et il était là, à le rassurer, à l'accompagner alors qu'il devait faire une crise d'angoisse et il le maintenait à la surface. Castiel n'était pas bien mais il avait tout ce qu'il fallait autour de lui pour se reconstruire.
- Castiel, venez avec moi, elle s'adressait à lui d'une voix douce, en posant sa main sur son épaule.
Au bout d'un moment, Dean et le docteur Mills se regardèrent, ne voyant pas réagir Castiel, quand celui-ci releva doucement la tête.
- Tu m'attends ? demanda-t-il à Dean d'une petite voix craintive qui lui serra le cœur.
- Oui, oui je t'attends ici, je ne vais nulle part. Il caressa la main de Castiel de son pouce et la lâcha. Vas-y.
Castiel se leva doucement et suivi le docteur Mills dans son bureau. Dean le suivi du regard l'angoisse l'étreignant. Il paraissait si fragile, incapable de faire face au monde. Il serait fort pour lui, il l'aiderait à redevenir celui qu'il avait connu, dont il était tombé amoureux.
Castiel s'assit face à son médecin et ne bougea plus.
- Castiel, parlez-moi. Il garda le silence un moment.
- J'ai peur.
- De quoi avez-vous peur ? Elle le vit réfléchir.
- Je ne sais pas, de tout.
- De quoi avez-vous peur ?
- De ne pas redevenir comme avant. De ne plus être celui dont Dean est tombé amoureux.
- Pourquoi vous pensez que vous avez changé ?
- Parce que j'ai fait des choses… qui m'ont changé. J'ai servi le guide… Crowley. J'ai servi Crowley. J'ai participé à l'endoctrinement de gens pour lui. J'ai fait ce qu'il a fait à ma famille quand il l'a détruite.
- Et pourquoi avez-vous fait ça Castiel ?
- Pour être accepté.
- Oui. Et qu'est-ce que vous avez pu faire ? Castiel leva la tête sans la regarder. Même si elle connaissait beaucoup de choses le concernant c'était difficile. Vous avez pu gagner leur confiance et accéder à des informations importantes pour les inspecteurs.
- Ça n'excuse pas le fait que j'ai pu détruire leur vie.
- Vous n'avez pas détruit leur vie. Vous avez détruit le cadre qui les maintenait prisonnier d'un leurre. Ces personnes vont être accueillies dans des centres, elles vont retrouver leur famille et on va les aider à se réadapter au monde. Elle l'observa un moment. Castiel vous voulez me parler de vos frères ?
Elle le senti se tendre immédiatement.
- Je voudrais les voir. Je pourrais ?
- Pourquoi voulez vous les voir ?
- Je veux leur expliquer pourquoi j'ai fait ça. Et je veux comprendre pourquoi ils ont fait ce qu'ils ont fait. Castiel grata ses poignets sans s'en rendre compte. Le docteur Mills l'observa. Je ne veux pas perdre encore une fois ma famille.
- Je vais en parler avec l'inspecteur Singer. Vous voulez bien m'attendre dans la salle d'attente avec Dean.
Il se leva sans rien dire et rejoignit Dean. Quand ils se retrouvèrent seuls, Castiel lui expliqua qu'il avait demandé à revoir ses frères et que le docteur Mills se renseignait auprès de Bobby.
- J'ai parlé avec l'inspecteur Singer. Il peut organiser une rencontre avec vos frères dans deux jours. Ils ont été mis en inculpation, ils doivent maintenant recevoir leurs avocats mais il faut qu'ils soient d'accord pour vous voir.
- D'accord. Castiel hocha la tête. Je vais attendre.
Elle les laissa sortir pour rentrer chez eux. Elle posa sa main sur l'épaule de Dean et l'encouragea à continuer comme ça.
Le soir même Balthazar et Gabriel arrivèrent au bar ensemble, les employés arrivèrent les uns après les autres toujours avec un sourire plus ou moins malicieux sur le visage quand ils les saluaient. Ils travaillèrent comme d'habitude, sans gestes de tendresse. Ils avaient passé leur après-midi à discuter, Gabriel lui avait raconté en détails ce qu'il s'était passé dans la secte, il lui avait parlé des frères de Castiel et du gourou. Puis il en était venu à parler d'Adam, qu'il s'était rendu compte de leur comportement quand ils s'étaient retrouvés, lui et Balthazar, et Balthazar lui expliqua qu'il l'avait empêché de le voir à l'hôpital et qu'il n'avait pas voulu le retrouver au commissariat pour ne pas rendre les choses plus compliquées. Gabriel comprenait maintenant pourquoi il n'avait pas vu Balthazar après sa sortie. Il hésita un moment et demanda des nouvelles d'Amanda et Balthazar lui avoua qu'il n'en avait plus depuis le nouvel an, qu'elle avait compris bien avant lui et qu'elle l'avait encouragé à se rapprocher de lui. Gabriel avait conclu en disant qu'il voulait laisser tout ça derrière eux et qu'ils commençaient une nouvelle vie.
Jo, comme prévu, les avais rejoint chez Gabriel, elle avait frappé avant d'entrer, ils l'attendaient dans le salon. Elle les avait observés un moment sans parler, ils étaient assis côte à côte, Balthazar avait passé son bras sur les épaules de Gabriel et le tenait serré contre lui. Ils étaient beaux tous les deux ensemble, sereins et heureux. Elle les avait pris dans ses bras et les avait embrassés. Ils allaient être heureux tous les trois ensemble.
Dans la soirée Gabriel fit le tour des tables pour saluer les habitués. Balthazar l'observait parler avec un homme depuis cinq minutes. Gabriel lui souriait, se penchait vers lui pour lui parler. Balthazar tentait de faire attention à autre chose mais son regard était toujours attiré par Gabriel. Celui-ci revint vers Balthazar avec un grand sourire et se posta à côté de lui dos à la salle, adossé au bar.
- C'est qui cet homme avec qui tu parlais ? Il s'appuyait sur le bar de sa main gauche et faisait face à Gabriel.
- Gary, il est nouveau dans le quartier, il vient faire ses études et … Balthazar le regardait avec des yeux noirs. Tu es jaloux ? demanda prudemment Gabriel avec un sourire en coin.
- Je veux juste savoir qui c'est, vu que tu as parlé avec lui depuis au moins un quart d'heure.
- Si tu veux je peux me promener avec une pancarte autour du cou « Propriété de Balthazar ». Balthazar secoua la tête, il ne le prenait pas au sérieux. Non, non, j'ai mieux, tu sais comme ceux qui font des pubs, les hommes sandwich. Une pancarte devant et derrière. Gabriel s'amusait déjà de l'idée.
- Ne te moque pas de moi, lui répondit-il sèchement.
- Je ne me moque pas, je te taquine. Gabriel attira Balthazar contre lui pour l'embrasser tendrement.
- Le pire c'est que tu serais capable de le faire. Balthazar se détendit en voyant Gabriel lui sourire. Il n'était pas habitué à cette tendresse qu'il lui témoignait et ça calmait toutes ses appréhensions.
- Bien sûr. Ça pourrait être drôle. Le risque c'est qu'on me demande pour qui je serais capable de faire ça, tout le monde saurait que tu es l'homme parfait et j'aurai beaucoup plus de concurrence. Gabriel grimaça. Non on va oublier l'idée. Il se resserra contre lui pour l'embrasser encore. Quand ils se séparèrent, Gabriel arborait un sourire espiègle.
- Tu penses encore à ton histoire de pancarte. Il retrouvait son côté joueur qu'il aimait tant.
Gabriel passa sa main dans les cheveux de Balthazar et se perdit dans ses yeux.
- Je t'aime Balthazar.
- Tu dis ça pour m'acheter, plaisanta-t-il pour masquer son trouble.
- Je t'aime réellement et je te le dirais tous les jours de ma vie. Tu finiras bien par le croire…
- Je te crois…j'ai juste besoin d'accepter l'idée que tout va bien se passer maintenant.
...
Le lendemain, fut presque la même journée. Castiel se prépara pour aller voir le docteur Mills. Il tourna un instant dans l'appartement. Il ne voulait pas déranger Dean, il avait besoin de dormir. Il pouvait y aller seul, tout s'était bien passé hier, mais il n'était pas seul hier. Il tournait en rond quand la porte de la chambre s'ouvrit.
- Tu me laisse cinq minutes, le temps de boire un café ?
Castiel lui sourit en hochant la tête, il fut envahi par une reconnaissance éternelle pour son amant. Dean le prit par la main et l'accompagna à sa séance. Il attendit la fin et ils rentrèrent ensemble. Il sentait Castiel beaucoup plus angoissé que la veille. Il voulait revoir ses frères mais ça lui faisait peur, il avait encore un jour à attendre. Ils passèrent un moment ensemble puis Dean parti se coucher quelques heures et quand il ressortit de la chambre, Castiel était assis dans le canapé où il l'avait laissé.
- Cas', ça va ? Il hocha la tête pour toute réponse. Dean voyait ses mains s'agiter. Il s'approcha doucement.
- Je pensais … Il s'interrompit dans sa phrase.
- Qu'est-ce que tu fais ? Dean s'assit à côté de lui et attrapa une de ses mains, ses ongles étaient maculés de sang. Cas' ! Qu'est-ce que tu fais ? Arrête ça. Il attrapa sa deuxième main qui continuait de lui écorcher la peau, il regardait ses poignets, il s'était gratté jusqu'au sang. Il était effrayé de le voir dans cet état second et se sentait désemparé.
- Je peux pas… je les sens toujours.
- Tu sens quoi Cas' ?
- Les menottes sur mes poignets. Je n'arrive pas à faire partir cette impression. Castiel releva la tête et lui lança un regard perdu et troublé. Ce regard le détruit sur place. Il était abîmé et tourmenté par ce qui lui était arrivé.
- Des menottes ? Ils t'ont menotté ? Castiel se rendit compte à cet instant que Dean ne savait pas ce qui c'était passé dans la maison avec ses frères. Il en avait parlé avec Bobby, avec le docteur Mills mais personne ne lui avait expliqué, il resta face à lui sans réagir. Dean était inquiet, pourquoi ils lui avaient fait ça ? Il reprit tant bien que mal le contrôle de son corps. Je vais chercher de quoi te soigner, ne bouge pas.
Castiel reposa son regard sur ses mains. Il se retint de recommencer à se gratter, il avait pensé que blesser sa peau lui permettrait d'effacer ces sensations mais elles étaient toujours là.
Dean face à la glace de la salle de bain, se tenait au rebord du lavabo. Il n'arrivait pas à retenir les larmes mais il évitait de se laisser aller. Il avala la boule qui grossissait dans sa gorge, essuya rageusement ses yeux, souffla et se mit à chercher la trousse de soins. Il revint dans le salon et s'agenouilla devant Castiel en baissant la tête pour qu'il ne voie pas ses yeux rougies. Il installa les compresses et le désinfectant sur le canapé, releva les manches de la chemise de Castiel pour pouvoir le soigner, il prit doucement sa main gauche en glissant son pouce dans sa paume. Il observait les dégâts, le tour complet de ses poignets était entamé plus ou moins profondément. Il imbiba une compresse de désinfectant et tapota la plaie. Castiel essaya de retirer sa main en sentant la douleur mais Dean le retint. Celui-ci se racla la gorge.
- Je suis désolé mais je dois te soigner. Castiel resta silencieux un moment, laissant Dean faire.
- C'est dans la maison où tu m'as retrouvé… Gadreel m'avait attaché. Dean suspendit un moment ses soins. Il n'avait pas voulu demander à Castiel les détails de ce qu'il avait vécu, il avait préféré lui parler de leur futur. Il avait laissé le docteur Mills et les inspecteurs lui parler de ce cauchemar, lui s'était concentré sur la suite comme lui avait demandé le docteur. Castiel reprit, Luc voulait reprendre le contrôle de la secte par l'intermédiaire de Samandriel mais Crowley m'avait rapproché de lui et m'avait donné la place de Samandriel.
- Tu n'es pas obligé de m'en parler si tu ne veux pas. Castiel passa sa main droite dans ses cheveux.
- Je veux que tu saches tout de moi, même si ce ne sont pas toujours des choses faciles à dire.
Dean écouta tout ce que Castiel lui raconta, en le soignant. Quand il eut fini, il déroula une bande et entreprit de lui bander les poignets.
- Non, non. Enlève ça. Je veux pas. Castiel retira brutalement ses mains. Voir la bande s'enrouler autour de ses poignets et la sensation d'être attaché l'angoissa.
- Ça va. Ok, je te laisse comme ça. Il reprit ses mains dans les siennes et déposa des baisers dans ses paumes. On va laisser ça comme ça, d'accord ? Castiel hocha la tête. Je vais téléphoner au docteur Mills maintenant. Je dois la tenir au courant.
Dean attrapa son portable, s'assit à côté de Castiel et le prit dans ses bras. Il téléphona au docteur Mills qui l'invita à conduire Castiel à l'hôpital cet après-midi où elle le verrait. Ils restèrent ainsi une bonne partie de la journée, dans les bras l'un de l'autre. Dean repensait à ce qu'il lui avait raconté, il ne parvenait plus à se mettre en colère, il était désespéré que Castiel ai eu à supporter tout ça de la part de sa famille. C'était lui sa famille maintenant et il allait effacer tous ces mauvais souvenirs, il y était arrivé une première fois, il pouvait recommencer et le rendre heureux à nouveau.
Quand ils arrivèrent à l'hôpital, le docteur Mills demanda à Dean de laisser Castiel et de partir travailler. Dean le prit dans ses bras, le cajola un moment, lui expliqua qu'il le laissait avec son médecin mais qu'il pouvait l'appeler au moindre problème. Castiel acquiesça et s'assit dans la salle d'attente. Elle reçut Castiel dans son bureau un quart d'heure après. Elle vérifia les soins de Dean, il avait fait ça comme il fallait et expliqua à Castiel qu'il avait besoin de pansements pour permettre à sa peau de guérir. Il la laissa faire à contre cœur, puis elle le fit parler de son comportement, il se livra difficilement au début puis lui parla de son inquiétude de revoir ses frères. Elle l'écouta, observant ses doigts gratter les pansements qu'elle lui avait faits. Quand ils eurent terminé, elle le rassura et lui proposa de l'accompagner pour voir ses frères, ce qu'il accepta. Puis elle s'étira et sourit à Castiel.
- J'ai besoin de sortir ce soir. Je vous accompagne au bar dont vous m'avez parlé. Allez, on y va. Elle se leva et Castiel la regarda sans comprendre.
- Non, je ne crois pas que je peux …
- Vous avez besoin de vos amis Castiel. Et besoin de penser à autre chose. Je suis sure qu'on va passer une bonne soirée.
Quand ils arrivèrent au bar, Castiel prit une profonde inspiration avant de pousser la porte. Il l'ouvrit et observa la salle, Dean derrière le bar avec Balthazar et Gabriel assis face à lui. Megan en train de plaisanter avec un client, Jo en train de servir, il entendait Garth en train de chanter, Sam observait Jessica faire le tour de la salle. Puis il entendit son nom, il se retourna et vit Gabriel lui sauter dans les bras. Il n'eut pas le temps de répondre à ses questions quand Jo se jeta sur lui pour l'embrasser, suivie par Megan, Jessica, Sam et Balthazar. Garth ne tarda pas à les rejoindre en entendant l'agitation de ses collègues. Il prit Castiel lui aussi dans ses bras et fut éloigné par Dean, qui préférait éviter que Castiel soit asphyxié. Il leur sourit à tous, il était tellement heureux de les revoir, il avait beaucoup d'appréhension de revenir mais en quelques secondes ils avaient réussis à balayer ses inquiétudes et tout ceci était oublié. Il présenta le docteur Mills à ceux qui ne la connaissaient pas, elle fut accueillie presque aussi chaleureusement que Castiel et on les invita à s'assoir au bar. Les serveuses prirent un moment pour prendre de ses nouvelles avant de retourner s'occuper de leurs tables. Quand l'effervescence retomba, Gabriel s'assit à côté de Castiel.
- Ça va ?
- Et toi ? Gabriel regarda Balthazar qui discutait, Castiel suivi son regard.
- Oui, ça n'a jamais été aussi bien, en reposant son regard sur Castiel et en souriant. On va vivre ensemble, chez lui. Garde le pour toi, il ne le sait pas encore.
- Tu es heureux.
- Oui et toi, comment tu vas ?
- Je dois finir de régler certaines choses. Il perdit son sourire. Demain je vois mes frères et je crois qu'après, quoi qu'ils me disent, je tournerai la page. Il regarda de nouveau Gabriel. Je voulais te remercier pour ce que tu as fait pour moi là-bas.
- Ça me fait une blessure de guerre et ça rajoute à mon charme !
Castiel passa une soirée agréable, loin de ce qui l'attendait le lendemain. Ses amis réussissaient à le faire parler et le faire rire. Megan et Dean toujours en train de se chicaner, Gabriel et Balthazar échangeant des baisers, Sam et Jessica toujours aussi adorables. Il était entouré de joie de vivre et d'amour, et en cet instant il se sentait chez lui, rassuré et heureux.
Tout rentre dans l'ordre petit à petit. Il reste une dernière étape à Castiel pour se libérer de tout ça et pouvoir reprendre sa vie.
Je vous embrasse, à bientôt.
Bises
