Coucou tout le monde ! Pardon de ne pas avoir pu publier avant, je finissais de relire un peu pour retirer les dernières coquilles. Il est tard donc j'espère que vous n'êtes pas sur votre ordinateur dans l'immédiat, et que vous attendrez une heure plus décente pour votre organisme pour lire ce dix huitième chapitre ! Bonne nouvelle, j'ai aussi fini d'écrire (enfin presque) le dernier chapitre de la fiction. Il y aura donc en tout 19 épisodes !

Je ne laisserai pas de mot en bas de page donc je vous salue chaleureusement ici ! N'hésitez pas à partager vos dernières hypothèses sur la suite, d'éventuelles remarques sur la logique du scénario, bref, vos impressions !

Je remercie au passage les personnes qui ont laissé une review récemment. Vos avis m'intéressent, alors je croise les doigts pour que la fin en approche de cette petite histoire vous plaira :)

En attendant bisous et à la semaine prochaine pour le dernier chapitre ! :D


Fudo ne savait plus depuis combien de temps il était dans cette cellule, à se tourner les pouces. Plusieurs jours s'étaient écoulés depuis le but de la défaite, et toujours aucun signe de la police, ou de Legend Japan. Aucun signe de Kido non plus. Il faisait nuit noire dehors, le port résonnait des murmures marins, les vagues ne cessaient leur petit train, venant du bout du monde pour se jeter et disparaître sur la digue.

《C'est ce soir que les Corbos vont attaquer Legend Japan.》

Kageyama venait de réaparaître ; il faisait ça sans arrêt, se montrer puis s'en aller. Fudo le soupçonnait d'avoir un bureau dans l'entrepôt. Il l'avisa d'un air fatigué.

《Super.》

Ile ne savait plus quoi faire, quoi penser. Il était épuisé et n'avait rien avalé de plus consistant que des barres de céréales depuis longtemps ; l'ancien commandant de la Teikoku avait simplement prévu un stock de barres chocolatées, et Fudo ne s'était jamais autant senti le besoin d'avaler un grand bol de ramen.

Il avait eu le temps de se poser des questions, et de trouver les réponses ; le vrai dessein de Kageyama.

《Et Kido ?》fit-il donc, sarcastiquement.

《Il ne devrait plus tarder.》

Fudo ferma les yeux la tête appuyée avec indolence contre les barreaux de sa petite cage. Kageyama quitta le couloir et descendit les escaliers. Il n'avait qu'un souhait à présent, et espérait qu'on le laisserait se réaliser ; Kido devait le rejoindre au plus vite.


《Endo !》

Le gardien venait de retomber au sol suite au tir surpuissant de l'attaquant des Corbos. Ceux-là restaient impassibles, tandis que les joueurs restant de Legend Japan accouraient soutenir leur capitaine. Endo se redressa maladroitement, le souffle encore coupé par l'explosion de force créée par le tir : il connaissait cette puissance, cette façon de vouloir marquer, avec son coeur plus que tout. Mais... mais... il ne voulait pas y croire. Pas lui, pas alors que Fudo avait marqué contre son camps quelques jours plus tôt... pas Hiroto.

Celui des attaquants adverses qui avait tiré le fixait sans broncher. Endo avait déjà arrêté ce tir de la part du rouquin ; durant l'épisode de la pierre Aliea, sous l'emprise de cette odieuse substance, Hiroto avait autrefois essayé de le vaincre. Avec un même tir fou de rage, qui venait du fond du coeur.

《Endo, ça va, tu m'entends ?》lançait Kazermaru en l'aidant à se relever.

Le capitaine ne pouvait pas laisser faire ça. Les Corbos n'avaient pas envie de les blesser, il le ressentait, malgré toute la hargne qu'ils mettaient dans leur jeu. Si Kido avait été là, il l'aurait peut-être vu lui aussi. Leurs adversaires n'étaient pas les monstres sanguinaires dont on parlait à la télé ; ils étaient manipulés. Endo se leva finalement, quitta les cages sous le regard incrédule de ses équipiers et approcha les deux attaquants ennemis, qui ne bougèrent presque pas (si ce n'était leurs visages, qui s'étaient penchés vers le bas comme par honte).

《Pourquoi vous faites ça ?》demanda-t-il face à eux.

Hiroto détourna le regard sous son costume, et Endo comprit qu'il avait raison. Il sentit soudain une main gantée essuyer lentement sa joue, couverte de poussière depuis sa chute : l'autre attaquant le nettoyait d'un geste si doux, et si désespéré, que Endo crut perdre l'équilibre. Il savait exactement qui se cachait sous ces masques noirs, et n'osait pas croire ce qu'on avait pu leur dire pour leur faire faire une chose pareille.

《Pardonne-nous, Endo...》


Kido et Natsumi avisèrent l'entrepôt désafecté, perplexe. Si ils avaient bien interprèté l'inscription sur le mémorial, alors Fudo devait se trouver ici. Le quatorze inspira profondément, entra par la porte de secours entrouverte, sur le qui-vive. Le hangar était vide, et les ouvertures sur le port laissaient pénétrer la lumière de la lune. On distinguait difficilement l'armarure métallique de l'édifice dans la pénombre, mais on l'entendait grincer sous les efforts du vent marin. Natsumi lui désigna un escalier ; il y avait un étage. Il s'engagea sur les marches, suivi par la coach, qui gardait son portable à la main pour s'éclairer.

Une lumière jaune s'alluma à l'étage lorsque Kido mit le pied sur la plateforme. Il releva la tête. Un détecteur de mouvement ? Il ne voyait pas l'intérêt d'un tel dispositif ici... Il entendit un clinquement métallique, comme si on cognait quelques chose contre une surface en acier.

Il s'approcha doucement, faisant signe à Natsumi que le bruit venait de l'angle du couloir. Pas à pas, le plus silencieusement possible, il se pencha pour relever une présence humaine ; à vrai dire, il ne savait pas trop à quoi s'attendre.

《Sors de ton trou, espèce d'abruti.》railla soudain une voix rauque et familière. Il échangea un coup d'oeil surpris avec Natsumi et sortit de sa cachette pour s'approcher.

《Fudo, c'est toi ?》

《Nan, c'est la reine d'Angleterre.》

Pas de doute, Fudo Akio se tenait derrière ces barreaux en métal. Natsumi semblait avoir envie de faire une plaisanterie sur le fait qu'il était temps qu'on le fiche en cellule, mais avait dû se raviser en se souvenant des circonstances tragiques dans lesquelles ils s'étaient tous quittés. Fudo lui-même sembla s'en rendre compte car son air insolent se chargea de sérieux -un sérieux que Kido ne lui avait jamais vu.

《Kido...》commença-t-il, avant de se lever de sa couchette et de venir saisir les barreaux de sa cage en fer.《Il faut que tu le saches. Kageyama est vivant.》

Kido déglutit en silence. Natsumi semblait un peu secouée par la révelation, mais gardait son calme, jaugeant simplement les stratèges. Le châtain s'en était douté. Il s'en était douté dès qu'il avait vu le "Trouve Kageyama" sur le mémorial. Il avait espéré qu'il y ait une autre explication, mais au final, tout collait parfaitement. Kageyama était donc mêlé à tous ces évènements étranges qui secouaient l'île. Les Corbos et la trahison de Fudo...

《Je savais.》répondit-il simplement, et le brun soupira en posant son front aux barreaux.

《Il veut te reprendre.》poursuivit le brun.

《Je m'en doutais aussi.》

Et comme pour souligner leurs dires, des pas résonnèrent dans la pénombre au bout du couloir, et le survivant apparut dans la lumière frémissante de l'éclairage.

《Bonsoir Kido...》fit gravement Kageyama, le regard caché derrière ses lunettes noires.

《Bonsoir, sousei...》

Kido sentait ses muscles se crisper rien qu'à la vue de cet homme : son ombre avait été la sienne pendant si longtemps, qu'il avait toujours eu du mal à se construire lui-même. Il ne voulait plus être le pantin de personne, et depuis qu'il avait pris cette décision dix ans plus tôt, rien ne l'avait plus soulagé que la mort de son mentor. Alors le voir ainsi droit et vivant devant lui, ça lui faisait froid dans le dos : cet homme qui lui avait tout appris...

《Tu as grandi.》fit remarquer le revenant.

《Qu'est-ce que vous faites ici ?》

《Je ne t'ai pas appris à poser des questions, Kido. Mais à y répondre.》

《J'ai appris depuis qu'il fallait parfois compter sur quelqu'un d'autre pour trouver une solution.》

Kido sentit sur son visage le regard bleu perçant de son équipier : il s'était reconnu.

《Et toi, tu comptes sur Fudo ?》demanda Kageyama d'un ton froid, presque moqueur.

《Il m'a sorti de plus de pétrin qu'on ne le pense.》

《Kido, Kageyama a un associé. Il s'appelle Phoenix...》

《Phoenix ?》intervint Natsumi.《C'est cet homme qui est supposé être à l'origine des Corbos. Kudo et Hibiki sont sur sa piste en ce moment.》

《Pourquoi s'associer à cet homme ? Sousei, vous aviez fait une croix sur ça !》

Kageyama restait calme. Il avança vers les jeunes gens et sortit de sa poche un petit appareil assez léger, en métal, surmonté d'une diode rouge clignotant et d'un cadran numérique, qui affaichait quatre zéros. Kido déglutit.

《Une bombe.》souffla Natsumi.

《Celle-ci est désactivée.》fit remarquer l'homme d'une voix grave.

《Celle-ci ?》

Il y en avait d'autres, activées ?! Sur l'île ?!

《Phoenix est un homme brillant. Un scientifique qui a fait de grandes choses... Sa molécule, Excelsior, permet des greffes d'organes synthésiques réduisant les risques de rejets de 89%. A l'époque, il a accepté de ne jamais diffuser l'existence de cette molécule, et ce n'est que quelques années plus tard que la maladie cardiaque de son fils a été révélée. L'ONU le surveillait, il ne pouvait pas sauver son propre fils. Il est mort des suites d'un match de football, parce qu'il portait une prothèse métallique augmentant la force de tir, signé WSR. Phoenix ne leur a jamais pardonné. Cette compétition est sponsoriée par la WSR. Si ça s'avérait être un fiasco, l'entreprise perdrait une belle somme d'argent, et ferait peut-être même faillite.》

Kido avait tout écouté, sous le choc ; dire qu'il n'avait rien vu venir... Natsumi avait l'air sidérée. Fudo déglutit et soupira en détournant le regard.

《La majorité des équipes du FFI est hébergée dans le gymnase central de l'île suite aux incendies causées par les Corbos. Quant à Legend Japan, ils affrontent les Corbos en ce moment même. Phoenix a choisi le soir du feu d'artifice pour faire exploser le gymnase central et l'auberge de Legend Japan.》

《Quoi !?》

Kido sentait ses jambes sur le point de lâcher. Des bombes, il y avait des bombes au gymnase et à l'auberge. Il fut le premier à reprendre ses esprits.

《Natsumi, appelle Kudo-kantoku, je retourne à l'auberge !》

《Non !》

La main de Fudo entourait fermement son bras, et son regard paniqué lui disait mieux que tous les livres toute la peur qu'il ressentait en lui à cet instant.

《C'est déjà toi de sauvé. Ouvre la porte et j'irai ; toi tu restes là.》

《C'est hors de question. Nos amis vont peut-être mourir, je ne peux pas rester ici !》

《Tu n'as pas le choix.》intervint Kageyama.

《Quoi ?!》

L'homme ouvrit la porte de la petite prison, et saisit Kido par le bras en profitant de sa surprise pour l'enfermer dedans, tandis que Fudo sortait. Le quatorze secoua les barreaux.

《Kageyama ! Sortez-moi de là !》

《Je croyais qu'il fallait parfois compter sur d'autres pour résoudre un problème ?》

Kido déglutit. Dans la précipitation, il n'avait pas vu Natsumi et Fudo partir ; il ferma les yeux très fort, posant son front contre les barreaux de la cage. Pitié, que tout se passe bien..


L'avion venait de se poser, et Kudo grimpait dans la voiture noire en réallumant son téléphone. Hibiki prit le volant.

《J'ai un appel manqué de Natsumi.》fit-il.《Je la rappelle.》

Il appuya sur l'icône de téléphone vert et porta l'appareil à son oreille. Deux tonalités eurent le temps de retentir avant que la voix essoufflée de Natsumi ne réponde à l'appel.

《Natsumi ? Qu'est-ce que tu fais ?...》

《Je vais au... commiçariat en centre... île... Il y a... des bombes...!》

《Des... quoi ? Je comprends pas, articule !》

《Des BOMBES !.. Ah... hhah... Fudo est allé prévenir les gars à l'auberge... il faut que vous trouviez le car !》

Kudo mit un instant à percuter. Il finit par demander d'un ton pressé à Hibiki de prendre la direction de l'auberge au plus vite... il essaya d'appeller pour joindre un des joueurs, mais le téléphone sonnait vraisemblablement dans le vide. Le décor filait à tout allure sur les côtés, le chauffeur demanda ce qui se passait, inquiet. Kudo inspira, tremblant. Des bombes.

《Goenji...》fit Endo, la gorge serrée.

《Pardon Endo... j'ai été stupide.》

Le Corbo retira son masque, le jeta au sol, dans un geste désespéré. Les joueurs de Legend Japan étaient sidérés. Goenji se redressa, d'un air triste et torturé, résolument coupable. Il se tourna vers Marco et lança, plein de volonté.

《Désolé. Je sais que vous défendez vos rêves les gars. Vous m'en voudrez pas de défendre le miens.》

Goenji jeta sa cape noire au sol et se posta près de Endo d'un air résolu. Il avisa Hiroto, lui faisant comprendre que pour gagner sur Legend Japan, il faudrait lui passer sur le corps. Hiroto jeta son masque lui aussi, et s'exclama, d'une voix serrée :

《Je ne laiserai personne m'empêcher de rendre ma dette à Midorikawa !》

《Quelle dette ?》s'enquit le capitaine, déboussolé.

《Phoenix va lui rendre un poumon si je vous bats. Désolé... je dois le faire...》

《Les gars, je veux pas jouer les rabats-joie, mais c'est quoi ça ?》

Le Corbos qui venait de parler montrait du doigt la cape de Goenji, au sol, sous laquelle on distinguait le clignotement d'une petite diode rouge. Marco s'approcha.

《Je n'ai pas ça sur ma cape. Goenji, tu sais ce que c'est ?》

《Non... je ne savais pas que je le portais sur moi...》

Marco baissa les yeux vers le tissu sombre, et d'un geste incertain, l'écarta. Il se redressa précipitamment, d'un air paniqué, en constatant de quoi il s'agissait.

《Marco ?》lança un joueur Corbos.

《C'est... c'est une bombe les gars ?》

《Une bombe ?!》

Une voiture déboula soudain sur la plage, freinant difficilement sur la cours. Kudo sortait du véhicule en courant. Endo écarta le blond pour se pencher sur l'appareil : il leur restait dix minutes pour partir le plus loin possible, puisqu'ils ne savaient pas la portée de cet engin. Kudo arriva à leur niveau, essoufflé.

《Il faut fuir en vitesse.》souffla-t-il.《Tous, montez dans la Caravane Inazuma.》

Les joueurs, paniqués, ne se firent pas prier ; Endo s'assura de la présence de tout le monde, comptant le nombre de ses joueurs et vérifant que Goenji, Hiroto, et les autres Corbos venaient avec eux. Il arriva au bus le dernier, sous le regard plein de peur du blond. Il soutint son regard un court instant, conscient qu'une discussion allait devoir s'imposer plus tard. Dans l'immédiat, il y avait plus urgent.

《Furukabu-san est sur l'île le soir, avec des amis. C'est lui qui a les clés.》fit soudain remarquer Kazemaru.

Et comme pour le contredire, la porte avant s'ouvrit dans un couinement mécanique. Fudo apparut aux commandes du bus, l'air soulagé.

《Fudo ?》fit Kudo, surpris, et il reprit en fronçant les sourcils, un peu méfiant.《Qu'est-ce que tu fais là ?》

《Je me suis échappé, je suis arrivé devant la caravan. J'ai déjà volé une voiture, je saurai la faire démarrer alors grimpez.》

Les Corbos ne se firent pas prier. Certains saluèrent Fudo au passage, comme s'il était des leurs. Kazemaru monta à son tour, jaugeant le brun d'un air accusateur, bientôt suivi par le reste de l'équipe, muette. Goenji semblait bien piteux, et lançait des regards incertains à Endo de temps en temps. Hiroto semblait complètement déconnecté. Les coachs montèrent à leur tour lorsqu'il réussit enfin à bidouiller assez les fils pour faire démarrer le moteur. Endo fut le dernier à monter. Il lui sourit d'un air reconnaissant, et Fudo se dit qu'il ne rendrait jamais assez la pareille à ce type. Il déglutit en laissant la place du chauffeur à Hibiki.

《Kido est au port nord, près du quartier suédois. Allons le chercher.》

Le vieux coach hocha la tête, démarra en trombe sans prendre le temps de fermer la porte du car. Ils entendirent au bout de quelques minutes la détonation profonde de l'explosif derrière eux, et le souffle de l'explosion balayer les arbres en brodure de route. Une autre détonation retentit, et une fumée sombre s'éleva au dessus du centre de l'île. Fudo ferma les yeux. Pourvu qu'il n'y ait pas de blessé. Pourvu que ce cauchemar prenne bientôt fin.