Hey guys ! Pardon pour mon irrégularité. Je pense arrêter de prétendre que je peux publier tous les week-ends et me mettre à publier aussi souvent que possible, tout simplement.
Le bac approche à grands pas et j'ai des millions de choses à coordonner, non seulement au niveau des cours et des épreuves mais aussi dans mes affaires personnelles, la paperasse pour l'année prochaine, et les amis. Je suis toujours là pour vous servir, malgré tout, votre dose de KdFd quasi hebdomadaire !
Voici le dernier chapitre de Inazuma Eleven Legend. Malheureusement je n'ai pas pu faire de passage sur Phoenix, alors si quelque chose vous échappe sur ce personnage, je suis là pour répondre :) Enjoy ~
Le bus s'arrêta devant l'entrepôt où Fudo avait croupi ces derniers jours ; Kudo avait été contacté par Natsumi, qui se trouvait à l'hôpital, parmi les blessés légers qui s'entassaient dans le hall d'entrée. Elle avait retrouvé Haruna et les autres, sains et saufs, qui avaient préféré la terrasse Peleduce au centre-île pour le feu d'artifice. Elle avait pu prévenir la police, malheureusement pas assez tôt pour qu'une évacuation en ordre s'opère. Il y avait beaucoup de blessés légers, mais elle avait vu passer quelques corps ensanglantés couverts d'une bâche argentée dans des brancards. Elle avait pour l'instant mis la main sur le numéro de chambre de Midorikawa, admis la veille pour son opération miraculeuse, et allait le rejoindre.
Kudo avait déclaré qu'ils avaient des comptes à régler entre eux, mais qu'il s'en chargerait plus tard ; il avait une dizaine de jeunes hommes en pleine santé à proposer aux forces de l'ordre pour la recherche dans les décombres d'éventuelles victimes.
《Allez-y, Kido et moi on vous rejoint.》
A son grand soulagement, les coachs ne lui avaient pas demandé de comptes. Peut-être savaient-ils déjà pour Kageyama. De toute façon, Kudo allait bien finir par remonter les bretelles des imbéciles qui avaient succombé à la tentation de Phoenix ; il expliquerait ce qu'il savait à cet instant.
A peine était-il descendu que le bus avait redémarré en direction du centre-île, aussi ne s'attarda-t-il pas davantage. Il courut jusque dans l'entrepôt, pestant contre les ampoules désuets ou explosées qui servaient d'éclairage d'appoint. Il grimpa les marches de l'escalier au plus vite, sans tomber, et son dos humide de sueur froide : il sentit ses jambes trembler lorsqu'il croisa enfin le regard mort d'inquiétude de Kido, qui faisait les cent pas dans la cage à oiseau. Celui-ci se jeta pour saisir les barreaux en métal lorsqu'il le vit arriver par le couloir, dans la lumière jaune et automatique.
《Fudo !》s'exclama-t-il.
《Ils vont bien. Ils vont tous bien. C'est un miracle.》lâcha le brun, essoufflé, en approchant pour saisir à son tour les barreaux.
Kido sembla se détendre, soupirant d'un air rassuré, collant son front aux barres métallique. Le huit déglutit, hésitant à poser son propre front épuisé contre le sien : c'était difficile d'y résister.
《Fudo...》souffla le milieu emprisonné.《Kageyama ne me laissera pas partir. Il veut m'éloigner du foot, de l'équipe. Il... se prend pour mon créateur encore une fois.》
Fudo s'en était douté. Kageyama avait tout fait pour avoir Kido à ses côtés. Pas par une sorte de besoin profond d'assouvir son désir de possession sur Kido, mais parce que quoi que le châtain en pense, et quoi que le brun en dise, Kageyama se considérait désormais plus comme son père que comme son créateur. Simplement, un créateur a la mégalomanie de voir le fruit de tout son travail atteindre des sommets, et Kageyama aujourd'hui, Fudo l'avait compris ces derniers jours, ne voulait que le bien de Kido. C'était une folie toute autre que de désirer protéger quelqu'un, le huit en avait fait les frais. Ce n'était pas honnorable, ce n'était pas de la bonté : juste du pur égoïsme.
Fudo venait de trahir ses coéquipiers pour le bien de sa mère. Il avait laissé Kido enfermé aux mains de Kageyama pour le protéger des possibles dangers de Phoenix sur l'île, sans savoir si ils seraient toujours là quand il reviendrait le chercher. Protéger quelqu'un n'était pas glorieux. Kageyama n'avait rien d'un saint, et lui, rien d'un héros.
《Fudo... tu ne me laisse pas tomber hein ?》
La voix de Kido se brisait sur ses dernières syllabes. Non, il ne le laissait pas tomber. C'était hors de question. Fudo avait joué sur plusieurs tableaux, il avait profité de savoir que Kageyama ne ferait pas de mal à Kido pour rattraper ses erreurs auprès de l'équipe. Il avait compté sur sa bonne étoile -et avec du recul, il commençait à se dire qu'il devait être le type au pire karma du monde, et que faire confiance à sa chance était sans doute une idée stupide.
《Je reviens te chercher ok ?》
Fudo quitta les barreaux, tandis que Kido le fixait d'un air perplexe et paniqué. Il allait négocier avec Kageyama ; le revenant savait qu'il ne pouvait pas oeuvrer pour le bien de Kido sans lui faire de mal, le brun devait lui faire comprendre que lui, il en était capable.
《Kageyama !》s'exclama-t-il en arrivant dans le hangar.
La silhouette cassée et majestueuse de l'ancien commandant se découpa dans la lumière argentée de la lune qui entrait par l'ouverture sur le port. Fudo savait que convaincre le vieil homme ne serait pas facile. Il s'approcha, déglutissant.
《Laissez-moi emmener Kido.》dit-il sans détour ; de toute façon, Kageyama savait déjà pourquoi il était revenu.
《Tu me demandes d'abandonner Kido à un malheur certain.》
《Vous croyez qu'il sera plus heureux dans votre cage ?》
Fudo avait le coeur qui battait à tout rompre. Il avait envie de protéger Kido, il en éprouvait un besoin consummant. Mais comment l'exprimer ? Il n'en savait rien. Comment convaincre Kageyama que Kido comptait pour lui autant que sa propre personne ?
《Tu es un monstre. Tu n'as pas hésité à le trahir pour ta mère. Et tu voudrais que je te confie son bonheur ?》
《Vous vous foutez de moi ?! Vous parlez de me confier Kido ? Mais c'est un être humain bordel, une personne ! Pas une chose, ni la vôtre, ni la mienne !》
Fudo serra les poings, tentant de saisir l'expression qui s'imprimait sur les traits marqués de l'homme.
《Oui, je ferais tout pour ma mère. Oui, Kido a fait les frais de ma folie. Mais... c'est quand une amitié peut traverser ce genre d'épreuve qu'elle devient invincible.》
《Tu penses que ton amitié avec Kido est invincible ?》
Son amitié avec Kido dissonnait un peu, Fudo s'en rendait compte, elle sonnait aussi bizarrement que les derniers mots de Kageyama. Il apréciait le châtain plus que ce qu'il prétendait, sans vraiment l'admettre. Ça allait au delà de toute cette amitié virile. Ça avait cette rage, cette passion, cette colère que seule une amitié pouvait subir sans se briser, mais c'était doux et coupant, c'était invincible et fragile comme si c'était bien plus que ça... et Fudo le savait, au fond. La raison pour laquelle il devait avoir Kido près de lui à l'avenir, la raison pour laquelle il devait convaincre Kageyama, était à la fois toute altruiste et paradoxalement égoïste. Il voulait être celui qui se mettrait en colère lorsqu'on attentait au châtain, celui qui marche devant pour le rattraper si il devait tomber. Il voulait être celui qui aurait le privilège de voir son visage endormis, qui aurait le pouvoir de visiter le monde exceptionnel qui s'agitait dans le creux de ses bras. Il rougit, agacé, tandis que Kageyama haussait les sourcils.
《Je n'ai jamais supplié personne. Je n'ai jamais prétendu pouvoir faire le bonheur de quiconque. Je n'aurai jamais imaginé dire que Kido est comme un orage dans ce désert de vie. Bordel de merde, si je dois me mettre à genoux, je le ferai, alors...》
Sa gorge se nouait, Fudo sentait ses joues le piquer, son ventre s'embraser. Aurait-il le courage de mettre un mot sur cette tempête rouge qui secouait son être ? Parviendrait-il à regarder Kido dans les yeux après ça ? Il se sentait stupide. Stupide, sur le point de s'envoler, et sur le point de s'écrouler. Il n'avait jamais pensé pouvoir être ainsi ravagé par des sentiments.
《Je vous en supplie, je ferai tout ce que je peux pour que Kido soit heureux.》
Kageyama le fixait sans mot dire, le visage implacable, indéchiffrable, comme un cadenas un peu rouillé. Fudo déglutit. Il sentait ses joues chauffer, et se sentait vraiment idiot de rougir dan un moment pareil : il devait avoir l'air d'un collégien un peu naïf, il ne supportait pas cette idée. Il espérait que l'homme de l'ombre le prendrait au sérieux.
《Un orage dans ton désert hein ?》sourit sombrement l'ancier chef de la Teikoku.
Il lâcha un rire à mis chemin entre l'amusement et l'amertume.
《Je serai toujours là, si un jour rien ne va plus, pour refaire le monde pour Yuuto. Je sais qu'il ne peux pas être heureux avec moi. Juste en sécurité. Je fais cette concession mais...》
Fudo cilla. Kageyama passa à sa hauteur pour laisser tomber la clé de la cellule.
《Je te ferai tuer si tu fais du mal à ce garçon.》
Un instant de flottement, le revenant disparut dans l'ombre du hangar, à nouveau, et Fudo entendit au dehors le battement assourdissant des pales d'un hélicoptère. Alors... il avait réussi ? Il inspira profondément et saisit les clés au sol. Il remonta les escaliers en courant, manquant de tomber, et arriva à l'étage en haletant, sans savoir pourquoi son coeur battait en vérité. Il s'appuya contre le mur du couloir, croisa le regard rouge insoutenable de son équipier, qui avait accroché ses lunettes au col de son t-shirt. Est-ce que Kido avait entendu ce qu'il avait dit à Kageyama ? Il déglutit et s'approcha, inserra la clé dans la serrure pour ouvrir la porte grinçante. Kido sortit lentement, perplexe, s'attendant à voir Kageyama surgir du couloir probablement.
《Il est parti.》fit Fudo sans oser regarder le stratège en titre.
《Qu'est-ce qui s'est passé ?》
《On a conclu une sorte de marché.》
Kido cilla et avisa vaguement la cellule.
《J'espère que tu n'as pas signé pour une folie cette fois.》
Le brun releva la tête. La lumière grésillante donnait à Kido un air d'illusion informatique sur le point de s'envoler. Il avait besoin de vérifier que Kido était là, bien là.
Il posa sa main dans sa nuque, caressa inconsciemment le duvet blond qui y courait, plaqua dans un frôlement langoureux le coin de ses lèvres sur la tempe du quatorze. Il sentait la transpiration un peu, à cause du stress sans doute, et toujours cette odeur indéfinissable, à la fois comme celle d'un ange, et comme celle d'un homme. Il sentait l'air frais, les nuages, le sel de la mer. Fudo lâcha un soupir tremblant et sentit le châtain se tendre sous une minuscule caresse à la base de son crâne ; le stratège en titre agrippait son poignet, ses muscles bandés comme si n'importe quoi pouvait arriver. Fudo ne résista pas à l'envie de caller sa main contre le creux de son dos et déglutit, conscient que son vis-à-vis pouvait tout entendre, jusqu'au sang qui battait dans sa gorge.
《Fudo, qu'est-ce que tu lui as dit ?》souffla le châtain, tendu.
《Que je veillerai sur toi.》
Kido lâcha un soupir grondant en mordant à pleine dent le coin de sa mâchoire. Fudo sentit son corps s'embraser, un frisson chaud parcourir son échine depuis le bas de son bassin jusqu'à la pointe de ses cheveux, et commença à avoir besoin d'espace. Il déglutit à nouveau tandis que Kido rapprochaient leurs corps dans un soupir agacé et impatient.
《Essaie toujours》lâcha-t-il dans son oreille, et le brun sut qu'il n'aurait jamais pu repartir sans Kido.
Suite aux explosions terroristes sur l'île du football, Liocott, le 11e tournoi Football Frontier International, a été annulé. Nous dénombrons aujourd'hui une vingtaine de blessés graves, ainsi qu'une dizaine de morts. Les autorités ont pu révélé l'identité du commanditaire d'un tel massacre ; il se présente comme médecin chercheur sous le nom de Walter White Phoenix. Fenikkusu Taiyo de son vrai nom, est aujourd'hui activement recherché par la police.
"Les FFI ont été tâchées par le sang des victimes du gymnase central de Liocott [...] Heureusement nous ne comptons pas de victimes sur l'auberge de Legend Japan. [...] Nous présentons nos plus sincères condoléances aux familles des victimes, et travaillons dès à présent à l'avènement d'un tournoi plus sûr et sécurisé. L'esprit du sport l'emportera toujours sur la haine et la violence" -Comité du FFI.
Les individus terroristes ayant provoqué les incendies criminels aux auberges des équipes argentines et italiennes se sont rendus au comité et à la police pour expliquer la manipulation dont ils avaient été victimes. Une amende de trente mille dollars leur a été appliqué en guise de sanction, le comité souhaite avant tout faire table rase du passé, dans l'esprit actuel de deuil. Nous rappellons que ces incendies n'avaient causé aucune victime.
Aucune sanction plus sévère ne sera visiblement prise à l'encontre des jeunes terroristes, qui ont été hier retirés de leur suspension de football. Le coach de Legend Japan a annoncé ce matin qu'il prendrait ses propres mesures à l'encontre des joueurs concer-...
Hiroto éteignit le télé.
《Tu ne devrais pas regarder ça.》
《Je me tiens au courant, c'est tout. Dire que tu aurais pu mourir...》
Hiroto déglutit, et rendit son regard à son ami. Midorikawa avait été sorti de l'hôpital de Liocott et transféré dans un hôpital japonais lorsque le drame avait eu lieu. Il en était sorti le lendemain, et Hiroto avait pu le rejoindre, rappatrié suite à un interrogatoire des services de renseignement et de la sécurité de Liocott. Les FFI avaient été annulées pour cette année, et Midorikawa ne cessait de s'enthousiasmer à l'idée de jouer le prochain tournoi. Finalement Phoenix avait au moins tenu la parole à ce sujet.
Il entendit un petit bruit de pas dans le couloir, et se tourna vers la porte d'entrée. Un petit garçon aux cheveux bruns passa timidement sa tête par l'ouverture.
《Izumi ? Retourne à la sieste, il est encore tôt.》fit Hiroto en avisant l'horloge dans la salle de jeu.
《Arrive pas à dormir...》murmura le petit.
《Essaie mon bonhomme. Tu veux aller boire un peu avant de retourner dormir ?》suggéra Midorikawa.
Le gamin hocha la tête et le jeune homme lâcha son petit linge à plier pour se lever du sol et donner la main au petit garçon. Hiroto les regarda quitter la pièce, nostalgique. La vie au Sun garden lui avait manqué...
《Et bien. Votre tendon est comme neuf on dirait. Il suffisait de laisser passer un peu de temps.》
Goenji remettait sa chaussure calmement. Il avait ressenti le besoin de vérifier que sa tendinite était guérie, peu après l'incident à Liocott et le rappatriement de l'équipe au Japon. Il se souvenait encore du sacré savon que leur avait passé Kudo en rentrant, à Fudo, Hiroto et lui. C'est vrai qu'ils avaient été stupides, sacrément stupides, pour suivre aveuglément ce type qui avait l'air bien louche avec ses manigances. Kudo s'était emporté, leur disant que si les FFI avaient été maintenus, il les aurait tous les trois viré de l'équipe, et qu'il trouverait un moyen de les punir plus tard. Il avait dit que pour commencer, il allait les suspendre de l'équipe quelques temps. C'était à la fois une punition, et une façon de calmer un peu les médias, qui s'étaient emparé de l'évènement comme des corbeaux sur un animal mort.
Le médecin lui expliquait comment faire attention à son corps de façon à ce que cette tendinite ne se produise plus.
Il avait eu l'occasion de discuter calmement avec Endo. Parler un peu de ce qui l'avait poussé à faire ça. Son rêve de réaliser les rêves du capitaine. Endo l'avait écouté en silence, sans rire, sans se mettre en colère. A la fin, il avait simplement sourit, un sourire triste qui avait déchiré le coeur du blond, et dit que son rêve n'avait plus aucune valeur, si il impliquait de sacrifier un ami. Il avait caressé sa joue. Il l'avait embrassé. Et Goenji s'était excusé à chaudes larmes. Il avait senti que Endo serait incapable de lui en vouloir, il aurait été incapable de le haïr alors que lui, avait été aveuglé par son amour. Endo ne voyait que le principal : ses intentions. Le reste, il l'avait bien compris. On avait manipulé Goenji à cause de lui, et il avait fini par dire à son ami ce qui lui manquait pour retrouver la paix : c'était tout l'amour de Endo, qui agissait comme un remède miracle.
Ils ne l'avaient pas dit à l'équipe. Endo était comme ça, du genre à profiter de la vie sans se poser de questions. Il sortit du cabinet en remerciant le docteur ; le capitaine l'attendait dans la salle d'attente. Il discutait avec Kido. Ils s'étaient croisés ici ?
《Salut.》fit-il en s'approchant.《Tu viens pour ta cheville ?》
《Non, il vient rendre visite à la mère de Fudo. Pas vrai Kido ?》rigola gentiment le brun sous le regard un peu embarrassé du châtain.
《Tu veux qu'on t'accompagne ?》demanda Goenji d'un ton hésitant.
《Non, on va rentrer nous, hein, Shuu. On te laisse Kido.》
《Endo... c'est pas ce que tu...》
《Salut !》
Les deux jeunes joueurs étaient partis sans lui laisser le temps de finir. Ils avaient l'air de s'entendre à merveille. Kido les jalousait presque. Il voulait vraiment que ce soit aussi simple avec Fudo. Malheureusement, ils aimaient tous les deux se prendre la tête, beaucoup trop. Il se leva, chassant ses pensées naïves, agacé. Il détestait qu'on puisse lire sur son visage, lui qui se maîtrisait si bien... Il atteignit la chambre de la mère de Fudo, frappa timidement à la porte avant d'entrer. Les mains agrippées à son bouquet de fleur, il avisa la femme, le visage creusé de fatigue, caressant les cheveux de son garçon en souriant pensivement. Garçon qui semblait somnoler, car il n'avait même pas entendu la porte s'ouvrir, et gardait sa tête posé lourdement sur ses bras pliés.
《Bonjour jeune homme. Vous devez être Kido Yuuto.》
《Bonjour... Fudo vous a parlé de moi ?》
《Il m'a dit qu'il vous trouvait énervant... sans doute parce que sans ça, il serait incapable de dire du mal de vous.》
《Oh...》
Voilà pourquoi il aimait Fudo ; il était tout de l'essence même de la vie. Toute la spontanéité, et la fierté du monde se lisait dans son regard. Et il disait des choses fichtrement belles pour peu qu'il ait un peu bu, où qu'il accepte de se confier. Kido posa son bouquet dans un vase vacant et arrangea les feuilles.
《Il vous a dit ça ? J'aurai dû venir plus tôt.》
《Ahahah, Akio ne dit jamais les choses les plus agréables aux concernés.》
Le visage de Fudo était si appaisant dans son sommeil. Kido résistait difficilement à l'envie de l'embrasser.
《Je crois que je dois vous remercier. Vous êtes le meilleur ami que mon petit ait eu depuis bien longtemps.》
《J'aimerai vraiment être à la hauteur.》
《Akio n'attend rien des autres. C'est quand ils lui donnent d'eux même que tout prend son sens. Même s'il ne le dit pas, il est heureux de vous avoir comme ami. Ainsi que le capitaine. Il l'aime aussi beaucoup.》
Kido sourit : il avait bien fait de venir. Il ne s'attendait pas à en apprendre autant. C'est vrai que depuis la fois où ils s'étaient emportés dans le hangar, à s'enlacer comme s'ils en avaient le droit depuis la nuit des temps, à soupirer en espérant que l'autre comprendrait le désespoir dans leurs gestes... depuis cette nuit-là, Kido avait à peu près compris que Fudo tenait à lui. Il espérait que Fudo avait compris que c'était réciproque. Il espérait que le brun et lui finiraient par briser leur quatrième mur commun, finiraient par arrêter de jouer un rôle et commencer à intéragir ensemble. Kido avait juste envie de l'embrasser maintenant. Et de sentir leurs corps glisser l'un contre l'autre dans des gémissements incongrus. Il essaya de ranger ce projet dans un coin de sa tête.
《Nous aussi, on tient à lui.》répondit-il.
Un infirmier entra avec un fauteuil roulant, et Kido s'écarta pour le laisser s'approcher du lit. La mère de Fudo se redressa toute seule, prète à monter sur le fauteuil, tandis que l'infirmier réarrangeait les fils de ses perfusions. Il la salua en chuchotant lorsqu'elle lui fit signe de prendre soin de Fudo, toujours endormis, et la suivit du regard lorsque l'aide soignant la conduisit sur le fauteuil vers la salle d'examen. Il était désormais seul avec le brun.
Il déglutit, enleva son manteau pour l'accrocher au porte-manteau à l'entrée et fit le tour du lit pour poser ses mains sur les épaules du brun. Il dormait vraiment profondément.
《Fudo..?》
Pas de réponse. Kido s'assit sur une chaise visiteur, au chevet du lit désormais vide, en face du brun. Il céda à l'envie de plonger sa main dans la crinière indomptable du jeune homme, caressa seulement lentement son crâne du bout des doigts. Il savait que quelque chose se tissait entre eux. Prétendre le contraire aurait été vraiment aveugle... ils se regardaient trop intensément pour pouvoir encore mettre ça sur le compte d'un intérêt passif, ils retenaient trop de gestes débordants de tendresse pour que ça passe inaperçu à leurs yeux. Si Kido s'écoutait, il aurait déjà déclaré forfait, saisi les hanches de Fudo pour le plaquer contre un mur, et goûter sa fleur de peau, son sourire charmeur et parcourir ses recoins les plus sensibles.
Mais la lenteur de leur avancement avait un charme qu'il ne parvenait pas à briser. Le mystère dans les yeux de Fudo, les quelques embrassades viriles qu'ils s'autorisaient, avaient toujours cet arrière-goût amoureux, cet arrière-goût acide et sucré comme une pomme verte. Ça rendait Kido spécialement heureux.
Soudain, la main de Fudo vint saisir celle que Kido passait dans ses cheveux ébouriffés. Loin de se retirer, le châtain caressa son cuir chevelu du pouce, ses autres doigts emprisonnés par ceux de son équipier.
《Tu es là depuis longtemps ?》marmonna doucement le huit, le visage toujours enterré contre le lit d'hôpital.
《Pas vraiment.》
《Tu peux rester encore un peu ?》
《Oui.》
Fudo releva la tête, la main de Kido tomba contre sa joue un instant, avant que le stratège remplaçant ne la saisisse de nouveau pour la coller à ses lèvres chaudes.
《Y a tellement de choses que je voudrai dire, Kido.》continua-t-il.
《Dis-les alors.》
《Ça ferait trop d'un coup.》
Kido laissa échapper un soupir amusé.
《Dis-moi le principal.》
《Tu le sais déjà.》
C'était ça, juste ça. Quelques mots qui veulent tout dire, sans que rien ne soit jamais révélé. Kido savait qu'ils en avaient encore pour quelques temps. Le temps de se lasser. Le temps d'accumuler trop de choses à vouloir dire, à vouloir faire.
Fudo avait des yeux à mourir. La façon dont il battait des cils, simplement et insolemment, comme un enfant qui observe un papillon, les sourires insoupçonnables qui fleurissaient sur ses lèvres, bientôt, Kido ne tiendrait plus à l'envie de les avoir pour lui seul. Juste le temps qu'il ne puisse plus se contrôler, et toute la passion qu'il ressentait exploserait entre eux.
Juste le temps de ne plus résister...
Ça doit être une de mes seules fictions où Kido et Fudo ne sont pas officiellement ensemble à la fin x)
Je trouvais plus raisonnable de m'en tenir là, conclure leur histoire aurait été un peu rapide selon moi, alors que toute la fiction durant, ils ont pris un temps monstre à comprendre leurs sentiments. Du coup j'espère que ça vous convient et que vous ne vous sentez pas frustrées (tout vient à point à qui sait attendre, ce n'est que partie remise ;)
Ma prochaine fiction est totalement terminée, je la commencerait donc au plus tôt. On revient à un KdFd plus traditionnel en AU, qui pourrait s'avérer du même calibre que Valeur Interdite au niveau du sérieux.
N'hésitez pas à laisser une petite review pour cette fin, et dites-moi ce que vous en avez pensé :) Bisous à tous, à très bientôt ! *kiss*
