Bonjour, bonsoir à toutes et à tous,

Je poste le nouveau chapitre parce que je me suis fais harceler (une personne se reconnaîtra…) comme moi je le fais :D

Si on reprend mes techniques ça ne va plus !

Lori, tu voulais du Milo ? Et bien je te sers du Milo tout chaud. Ce chapitre lui est entièrement consacré.

Bonne lecture en compagnie de Mister Milo.

RaR :

Floelfe 57 : merci de t'être arrêtée et pour ton commentaire :) voici la suite, j'espère qu'elle te plaira.

Bises,

Peri.


Chapitre 2

Une vie hors du commun

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Un jeune homme nu enfile un peignoir négligemment, le laissant pendre sur ses épaules carrées. Le corps en nage d'avoir fourni trop d'effort il se dirige vers une table pour prendre une bouteille d'eau minérale. Il en boit une longue gorgée. Ses cheveux indigo qui dégringolent comme une cascade indomptable, perlent également. Quelques mèches collent le front et le bord des joues du jeune homme.

On entend un « coupez ! Pause d'un quart d'heure, tout le monde reprend après », puis tout le monde sur le plateau s'éparpille à droite et à gauche.

Milo finit de se désaltérer tranquillement. Quand l'actrice principale passe à sa portée, il lui frappe le postérieur en riant.

— Oh Milo ! Je ne te permets pas ! En dehors du plateau c'est niet mon beau…

— June ne fait pas ta mijaurée avec moi va ! Je te vois nue à longueur de journée, d'ailleurs excuse-moi de te dire ça mais… Tes fesses hantent mes nuits !

— Mi-lo tu es incorrigible ! dit-elle en le cinglant avec sa serviette éponge. Je vais prendre une douche au lieu de t'entendre dire tes conneries habituelles…

— Oui c'est ça ma belle, on en reparlera tout à l'heure… Et un petit conseil… Ne t'épiles pas avec le rasoir ça pique, utilise la cire c'est nettement mieux pour tes partenaires merci !

La jeune femme se retourne en affichant une mine faussement outrée, elle connait son collègue à force. Milo adore plaisanter et détendre l'atmosphère partout où il se trouve. Ne supportant pas l'ennui ni les pinces sans rire, lui rit constamment de tout. Il n'a pratiquement aucun tabou. A tout bien y réfléchir ce jeune homme ne possède aucun tabou, la preuve en est de son métier peu ordinaire…

Milo Mólis pratique le métier de hardeur. Oui c'est un acteur de film X et il ne s'en cache pas. Il aime le sexe, quel mal y-a-t'il à ça ?

C'est un jeune homme de vingt cinq ans indépendant, il se prend en charge depuis la fin de son adolescence. Il est issu d'une classe ouvrière, ses parents n'avaient pas les moyens de financer ses études, il a dû dégoter des petits boulots pour subvenir à ses besoins et payer son logement étudiant. Seulement, ses jobs d'appoint grignotaient de plus en plus de son temps. Ses cours, il les délaissa pour gagner toujours plus d'argent.

Il a endossé plusieurs casquettes, passant de serveur ou barmaid à vendeur de porte à porte en dérivant par veilleur de nuit. On peut lui reconnaitre son courage comme qualité, Milo est loin d'être un tire-au-flanc. Il connait la valeur de l'argent et ce qu'il représente, ses sous durement gagnés, il ne les dilapide pas en futilités.

D'abord il servait pour payer ses factures et ses impôts mais comme il ne lui restait pas grand-chose pour vivre, il cumulait les travails. N'y tenant plus, il arrêta les cours puis s'éreintant, Milo renonça également à en avoir plusieurs à la fois. C'est par hasard qu'il tomba sur une annonce pour un casting à la recherche de nouveaux talents… Pas farouche pur un sou il s'y rendit sans méfiance. Quelle ne fût pas sa surprise quand le directeur de casting lui demanda d'enlever son t-shirt ainsi que son caleçon et de pratiquer une fellation sur un acteur présent ce jour là !

D'abord choqué notre jeune homme insulta copieusement le dirigeant de cette mascarade, puis quand ce dernier lui expliqua les rouages et principes du milieu – surtout le montant des cachets – Milo essaya, pour voir. Allier plaisir et argent n'est pas à la portée de tout le monde. Depuis ce jour, Milo Scorpio de son nom de scène s'est fait une place dans le milieu du hard.

C'est un professionnel très demandé, autant pour les films à tendance hétérosexuel que gay. Sa renommée monte en flèche depuis deux ans, on l'invite même à des évènements comme le Salon de l'Erotisme ou des choses du genre. Sa bonne humeur contribue à son succès, tout le monde l'apprécie. Personne ne peut se vanter d'un tel avènement. Personne sauf peut être… Son plus terrible rival… En tout les cas Milo sait dissocier sa vie privée de son métier, le sexe chirurgical, machinal il le pratique au boulot. Tandis que le plaisir des sens il va le chercher dans des endroits branchés pour dénicher « le partenaire idéal », celui qui saura le faire grimper aux rideaux sans le faire décoller du matelas.

C'est un homme au sang chaud, plus que chaud. Magmatique dira-t'on…

La pause se termine, tout le monde reprend son poste.

Milo se dénude et donne son peignoir à une assistante qui ne le regarde même pas, habituée à voir défiler tous les attributs masculins de Paris devant ses yeux.

Le metteur en scène enchaine.

— Bon les enfants écoutez-moi ! Milo arrête de rire s'il te plait… On reprend à la scène trois, quand June fait semblant de dormir… C'est là que Milo tu entres en scène, ok ? Tout le monde a compris ? A toi de jouer mon grand… Silence, moteur on tourne !


Une fois sa journée terminée il rentre chez lui se délasser un coup avant de sortir s'aérer la tête. Ce n'est pas ce qu'on croit, acteur n'est pas un métier facile. Et encore plus pour un acteur de son style, il faut une condition physique à toute épreuve et une endurance hors norme pour tenir plus de huit heures sur un plateau. Enchainer les positions du Kâma-Sûtra sans s'arrêter relève de l'exploit. Certains prennent des substances illicites pour se booster mais pas Milo. Il ne touche pas à ces saloperies. Bien évidement qu'il a essayé comme tout le monde, mais le bad trip reste une aventure épique donc il ne réitère plus l'expérience. Pareil, quelques acteurs se bourrent de Viagra pour tenir la distance, mais à la longue les molécules provoquent des effets secondaires indésirables. Mieux vaut ne pas jouer avec sa santé.

Le jeune homme se rend directement sous la douche pour délasser ses muscles engourdis, c'est qu'ils sont constamment sollicités. Non seulement il doit garder la forme mais aussi faire attention à son alimentation et ne pas se bourrer de cochonneries. Sur les tournages il peut rester des heures sans manger, autant ne pas sauter sur des sucreries entre deux pauses. Une alimentation saine dans un corps sain. Surtout, ne pas être alourdi pendant les scènes d'acrobatie. En sortant de sa douche il noue une serviette éponge autour de ses hanches et s'essuie succinctement sa longue crinière Klein.

Il va dans la cuisine pour se servir un jus de fruit, l'eau accrochée à ses cheveux dégouline par terre. On tonne à ses oreilles.

— Mais tu ne peux pas faire attention Milo ? C'est qui, qui récure ici ?

Tout en sirotant son jus, le jeune homme se retourne pour voir son ami l'air contrarié.

— Aller, ne râle pas Lia', ça va… Je nettoierai demain n'en fais pas un drame.

— C'est toujours pareil avec toi, tu remets tout au lendemain. Et rien ne se fait ! Tu m'épuises tiens !

— Sinon ta journée c'est bien passé mon minet ?

— Comme d'hab' rien à signaler et toi ?

— Ma foi la routine. T'as été en course ? Je vois qu'il n'y a plus rien à becter dans le frigo…

— T'es pénible Milo ! Je n'ai pas que ça à faire. Toi aussi tu peux y aller tu sais, l'entrée du supermarché ne t'es pas interdite… Au lieu de te rendre en boîte pratiquement toutes les nuits, essaie le chemin du magasin ça te changeras tu verras… C'est nettement moins palpitant mais plus rentable…

Milo éclate de rire.

— Oh ça c'est toi qui le dis… Quand je vais en boîte la soirée est toujours rentable et productive si tu vois ce que je veux dire…

— Oui je vois merci… Pas la peine de t'étendre sur le sujet…

— Je m'étends sur autre chose mais pas sur le sujet, s'esclaffe notre comédien.

— Décidément on ne peut rien te dire. Tu tournes tout à ton avantage, reconnait Aiolia.

Milo s'avance vers son ami et lui met une grande tape sur l'épaule.

— Que veux-tu, je suis plus fort que toi sur bien des points… Tu ne m'égaleras jamais mais je veux bien concéder à aller en courses demain. Ca te reposera un peu…

— Merci j'en ai besoin, il faut que je révise mes partiels. Tu ne travailles pas demain ?

— Ouais, c'est important ne néglige pas tes études. En plus tu as bientôt terminé se serait dommage de tout faire capoter. Non le dernier jour de tournage était aujourd'hui… Je n'ai plus de projets pour le moment… Ca va être calme pendant quelques semaines. J'aurai plus de temps, alors reposes-toi et consacres-toi à tes études.

— Oui chef ! répond Aiolia en mettant sa main au niveau de sa tête pour imiter le salut de l'armée. Mais tu ne vas pas ramener tes conquêtes à l'appartement non ?

— Non pas quand tu y seras… J'irai autre part.

— Où ?

— Autre part, cela ne te regarde pas. Bon moi j'ai la dalle, on sort ?

— Si tu veux, je prends ma veste et j'arrive.


Le comédien partage son appartement ainsi que sa vie avec Aiolia un très bon ami, son meilleur en vérité. Ils se côtoient depuis des années, ils vivent en collocation. Milo encourage son ami à ne pas abandonner ses études, chose que lui n'a pas faite. Justement il le regrette maintenant, il aurait un meilleur avenir qui s'ouvrirait devant lui. Alors pour ne pas commettre deux fois la même erreur il pousse Aiolia à poursuivre son cursus universitaire, en attendant ils vivent ensemble et partagent tout. Les factures, les loyers impayés, les courses, les fous-rires, les ennuis, les emmerdes et les joies.

Aiolia suit des études de management et de commerce, c'est un étudiant brillant qui entame sa dernière année. A côté lui aussi effectue un travail d'appoint, il prend la fonction de cariste dans une usine à mi-temps et pendant les week-ends. Cela lui permet de continuer d'aller en cours. Milo l'encourage quand il subit des baisses de régime ou quand son moral vacille. Les deux jeunes hommes se soutiennent mutuellement.

Milo n'est pas en reste d'amis, sa sphère privée croît sans arrêt. Normal, partout où il se rend il arrive à tisser des liens avec de parfaits inconnus. Un sourire, une parole, un clin d'œil et hop, notre homme noue un embryon d'amitié. Personne ne résiste à son charme désarmant. En outre, il est doté d'une tchatche sans pareille et sait manier les mots comme personne. Son art d'embobiner les gens se conjugue à son talent de séduction. Quand Milo nous parle et bien on plie devant ses arguments, il parvient – dieu sait comment – à imposer son point de vue à force de persuasion.

Il part donc dîner avec son ami avant sa sortie nocturne. De retour il s'apprête comme un prince… Un prince de la nuit, subjuguant et tapageur. Il enfile un pantalon Japrag noir huilé, le top de la mode ; incrusté de rivets et agrémenté de multiples poches. Ce jeans ultra flashion flatte sa silhouette sculptée, surtout ses abdos-fessiers. Comme haut, il porte un T-shirt moulant col V d'un rouge sombre tirant sur le carmin profond. Il agrémente sa tenue d'un chapelet qu'il noue en collier – Milo ou l'art de la provocation.

— Tu ne veux vraiment pas venir avec moi Lia' ? demande le charmeur en s'admirant dans le miroir de la salle de bain.

— Non merci mais je suis claqué. Et puis demain je prends mon poste à l'usine à cinq heure du mat'. Il faut que je dorme un minimum. Je suppose que je ne te verrai pas demain à mon réveil…

— Je ne sais pas pour être franc… S'il n'y a rien d'intéressant à me mettre sous la dent je risque de rentrer plus tôt que prévu. On se croisera peut être. Je t'achèterai des croissants tous chauds.

— Oh que c'est aimable à toi… Dis donc, tu t'es fais beau gosse là… siffle Aiolia.

— Il faut au moins ça pour plaire de nos jours.

— Tu plaisantes ? Tu n'as pas besoin de tous ces artifices pour plaire. Heureusement que tu es gay, parce que sinon je me ferais du souci concernant ma copine…

Milo fait entendre son rire éclatant.

— Comme tu dis, heureusement… Bon aller je te laisse, couches-toi de bonne heure mon minet. Shuss !


Arrivé au Meet Night Café, lieu hyper branché, Milo se commande une boisson au bar. L'ambiance est électrique, les lumières rose, bleu, violette éclairent parcimonieusement l'endroit. La décoration se compose d'éléments noirs comme les banquettes en cuir attenantes aux tables en aluminium. Le bar laqué noir également prend une place importante dans la salle principale. De charmants serveurs se baladent à moitié dévêtus. On sait où l'on se trouve indéniablement, il n'y a pas matière à douter. Nous sommes dans un club gay de la capitale. Tout le gratin de la jet-set ou underground s'y retrouve. Notamment certains confrères qui sirotent leurs verres assis autour d'une table. Un acteur voit Milo, de suite il se lève et le hèle pour l'inviter à les rejoindre.

Milo se laisse tenter. Il salue ses collègues et entame la discussion. Cependant un détail le turlupine… Il ne semble pas là ce soir… Il représente son homonyme, un autre acteur qui lui vole la vedette depuis quelques mois. Cet homme le nargue à chaque fois qu'ils se croisent sur les plateaux de tournage ou dans des évènements du milieu. Et notre comédien n'apprécie guère ces entrevues, encore moins la personnalité déviante de son propriétaire. Il s'informe auprès d'un de ses amis.

— Il n'est pas là j'espère ? Sinon je me barre directe !

Le jeune homme blond à côté lui répond.

— Non ne t'inquiète pas, il n'est même pas en France. En ce moment il termine un film en Espagne je crois… Avec le réalisateur Carmel Cord (1), tu ne le verras pas. D'ailleurs on le voit moins ces temps-ci.

— Tant mieux ! A moi il ne me manque pas !

— Reste avec nous, je paie ma tournée et la bouteille bien sûr.

— Ouais pourquoi pas.

Milo trinque avec ses collègues, le temps de s'enfiler quelques verres pour chauffer ses sens. Même s'il n'a pas besoin d'utiliser de tels stratagèmes pour se mettre dans l'ambiance, qu'importe. Il aime faire la fête donc il profite.

Une fois sur la piste, il chauffe la salle de par ses mouvements lascifs. Lascifs et extrêmement sensuels. Sans se forcer, beaucoup de regards se tournent dors et déjà en sa direction. Milo incarne le soleil. Un astre rayonnant qui calcine tous les êtres traversant son périmètre. Les pauvres nuages qui s'aventurent près de sa personne s'évaporent instantanément, puisque Milo les dissout.

Ses déhanchements savamment orchestrés mettent en déroute quelques beaux éphèbes qui se pâment devant ce spectacle. Avec son regard perçant, notre héros repère le plus beau, le plus innocent. Il veut l'avoir ce soir, dès cet instant T. Alors il s'avance jusque vers le jeune homme avec son sourire faussement ingénu, se penche au niveau de ses oreilles pour se présenter. Il enchaine en ne laissant pas l'opportunité à sa proie de parler, il le fait pour deux. Son but étant de saouler son prétendant par le flot de ses mots. Il blague, plaisante, touche mine de rien le bras opposé, caresse subtilement au bon moment une joue, une mèche… Le poisson est ferré. Milo l'embarque dans l'intimité d'une niche, sur une banquette confortable.

Et là… Là Milo joue de ses charmes autant que de sa langue… Le jeune homme pris au dépourvu choit dans les bras virils du comédien. Ce dernier gagne la partie.

En rentrant chez lui au petit matin – sur les coups de huit heures – il ne croise pas son ami qui est déjà parti travailler. Comme d'habitude Milo a passé sa nuit dans le lit d'un jeune garçon affriolant. Son plaisir ne fut pas des plus orgasmiques comme on dit. C'est-à-dire que le comédien est très exigent en la matière… D'autant plus que son métier lui impose des partenaires multiples aux talents indéniables donc… Et bien il est très difficile de se contenter de performance d'individus lambda quand on passe des bras de « professionnels » à ceux d'amateurs. En gros, personne ne le satisfait véritablement. Qu'à se la ne tienne, aujourd'hui il va prendre du bon temps puisque qu'aucun contrats ne lui est proposé en ce moment. Il va feignanter un peu, cela ne lui fera pas de mal.


Avachi dans son canapé entrain de manger des céréales, son téléphone sonne. Milo regarde de qui provient l'appel… Kardia… Son manager. Son manager ! Mais que veut-il ?

Il décroche résigné – s'il ne le fait pas, son manager le harcèlera jusqu'à ce qu'il craque.

— Ouiiii qu'est-ce que tu veux ? demande blasé le hardeur.

Bonjour à toi aussi Milo. Comment vas-tu ? Bien ? Oh j'en suis content tiens… Ca t'arracherais la bouche de me poser la même question ? Genre de savoir si moi je vais bien non ? Ca ne te soucie pas ? La politesse tu connais ?

— Kardia… Arrête d'en faire des caisses je t'en prie, ça ne marche plus depuis longtemps le coup des remords…

Ce n'est pas la question mais bon, vu que tu ne passes plus au bureau je me permets de t'appeler pour savoir si tu es toujours en vie… Tu pourrais te retrouver overdosé dans un hôtel miteux, ou pris dans un gang-bang que sais-je… Je n'ai pas de nouvelles je peux supposer plein de choses te concernant. Alors tu vas bien ?

— Si j'étais pris dans un gang-bang comme tu dis je ne te répondrai pas… Et au moins je m'éclaterais un peu plus… Bon tu appelles pour te rencarder sur ma vie sexuelle ou tu as mieux à me dire ?

Milo… Mon petit : je m'en fiche de ta vie sexuelle comme de l'an quarante ! Rapplique tes sublimes miches dans mon bureau le plus vite possible. J'ai une super nouvelle te concernant !

— Ouais, ouais… On verra… Je me repose là tu vois.

Tu te fous du monde !? Viens le plus vite possible Milo Mólis sinon je t'émascule !

— Des promesses, toujours des promesses mon cher Kardia… Bon tu veux que je passe quand ? Pas aujourd'hui si possible j'ai envie de profiter.

Profiter de quoi ? De ne rien foutre ? Et bien passe demain le plus tôt que tu puisses. Neuf heures serait parfait.

— Quoi !? hurle Milo en se redressant. Tu rigoles ? J'émerge seulement vers les dix heures ! Oh Kardia t'as vu la vierge Marie ou quoi ?

Milo là je ne plaisante plus. Il s'agit de ton avenir professionnel. Redeviens sérieux cinq minutes et écoute-moi. Il faut impérativement que tu viennes le plus vite possible parce que je vais te mettre sur un gros coup… Un très, très gros coup… Si ça marche, ta vie va changer mon petit poulain…

Incrédule le jeune homme accepte de mauvaise grâce le rendez-vous de son agent pour le lendemain tôt aux aurores. Donc neuf heures tapantes. Milo devra régler son réveil pour ne pas louper l'heure, ou ne pas sortir cette nuit au choix.

Il entretient un lien particulier avec Kardia. Il le connait depuis qu'il a commencé sa carrière. A ses débuts Milo jouait dans des films glauques pas franchement recommandables. On peut vite se retrouver abuser dans ce milieux là. Si on ne fait pas attention et surtout, si on ne connait pas les bonnes personnes sa réputation peut tomber aussi vite qu'elle croît. Mais pire, quelqu'un de non aguerri aux codes du X peut se retrouver exploité et tomber en dépression. C'est qu'il faut avoir un sacré mental pour supporter ces « exercices particuliers » et encore plus pour les mauvais films. Les nanars… Et puis il y a toute sorte de pervers, autant les réalisateurs que les amateurs. Les fantasmes scabreux et scrogneugneu très peu pour Milo. Ce n'est pas parce qu'il utilise son corps comme outil de travail qu'il doit tout accepter – surtout n'importe quoi.

Il y a des genres dans ce domaine qui restent tabou. Tabou et pour le moins dégoutant, hors lui n'est pas de cet acabit là.

Kardia est entré en scène au bon moment, il gère la carrière de son protégé sérieusement. Il ne lui propose que des films de valeur avec des scénarios qui ne tiennent pas que sur un timbre poste. Aussi les professionnels avec qui il collabore sont intègres, Milo a toute confiance quand il se rend sur un plateau. On ne l'oblige jamais à pratiquer des choses qu'il ne désire pas. Et surtout, chose primordiale : on le respecte pour ce qu'il est.

Maintenant grâce au travail de fourmi de Kardia, notre héros voit sa renommée exploser. Les médias parlent de lui. Oh pas la télévision mais dans son milieu il possède un nom dorénavant. Quand un film sort avec en tête d'affiche Milo Scorpio on peut être sûr et certain de son succès !

Donc si son agent lui certifie qu'il a déniché un bon plan pour booster encore plus sa carrière, il lui fait totalement confiance.

En attendant il retourne léguminiser sur son canapé en se goinfrant de sucres saturés.

(suite...)


(1) Anagramme de Marc Dorcel, célèbre metteur en scène du milieu.


NdA :

Le patronyme de Milo signifie "juste" en grec, ce qui le représente parfaitement.

Concernant celui des futurs personnages, ils veulent tous signifier quelque chose seulement je ne sais plus quoi... :D

J'ai une mémoire de poisson rouge mais je le vis bien.