Bonjour, bonsoir à toutes et à toutes.

Je m'excuse pour le retard de publication pris sur cette fanfic. S'il y a des lecteurs(trices) qui la suivent encore, je vous apprends qu'elle sera terminée comme toutes les choses que je commence.

RaR :

Floelfe57 : tout d'abord, je te remercie pour ta review. Il est prévu que Milo rencontre Camus mais les circonstances ne seront pas divulguées ^^

Rimini2 : merci pour ta review aussi, le chapitre 5 de cette histoire a été postée un bout de temps sur l'autre site. Je te remercie pour ton discours, même si c'est égoïste ^^

Sans rire, je n'ai pas écrit de nouvelles fics mais je m'y remets doucement, et celle-ci je la terminerais foi de Peri à frange !

Je vous laisse avec le couple number one de tous les temps.

Kyss fra Peri.


Chapitre 5

De bien belles distractions

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Aiolia prépare ses affaires, ce week-end il le passera chez sa petite amie. Il va laisser Milo seul, mais il sait parfaitement que son ami ne le sera pas longtemps… En effet, l'acteur a tout un tas de copains, de connaissances avec qui passer son temps. Son calepin est overbooké. Il n'est jamais seul longtemps parce que Milo déteste la solitude. Il hait le silence pesant. Il n'aime pas se retrouver face à lui-même, alors il s'entoure constamment de gens.

Il parle, rit, plaisante, fanfaronne, se fait remarquer. Bref, il existe aux yeux des autres. C'est le pitre de son cercle d'amis, donc il n'a pas de mal à se faire inviter dans des soirées ou sorties. Ce vendredi soir, il regarde mi-amusé, mi-incrédule son ami ranger ses habits dans son sac de voyage en grignotant un panini.

— Milo, tu ne peux pas faire attention ? Tu fous des miettes au large ! C'est moi qui vais devoir balayer lundi en rentrant… sermonne l'étudiant.

— Et gnia gnia gnia… Tu sais que tu deviens aussi rabat-joie que ma mère ? Sans blague ! Détends-toi Lia', décompresse, hein ! Je le passerai ton coup de balai.

— Oui tu dis ça mais… Bon ce n'est pas grave, de toute manière je ne serais pas là pour contempler le spectacle. Mais s'il te plait… Ne transforme pas l'appart en taudis d'ici ce week-end…

Pour toute réponse, Aiolia reçoit une moue ironique de la part de son ami. Milo plisse les yeux et lui envoie de faux bisous en exagérant la mimique.

— Tu vas faire quoi pendant ces deux jours ? Du glandage encore ? demande monsieur propre.

— Pouh je sais pô… Je vais sûrement sortir, voir deux ou trois potes quoi. Histoire de m'aérer la tête.

— Toujours pas de plan pour cette semaine ?

— De plan… De plan sexe ? demande Milo tout en mordant dans son sandwiche.

— Non rhooo… Pour le taff je te parle.

— Ah ça ! Mais tu t'inquiètes trop ! Non rien de concret… Ah si, je vais avoir mon audition là pour ce film barbant.

— J'espère que tu vas y aller, hein ? C'est peut être important comme production. Et si ça te permet de sortir de ce milieu, ça ne sera pas plus mal.

— Qu'est-ce qu'il a ce milieu ? Il me convient très bien.

— Si tu le dis… Moi je ne trouve pas. Il serait temps de faire autre chose Milo.

— Arrête de t'inquiéter, maintenant tu ressembles à mon père… Sans la moustache ! plaisante le comédien.

Milo détourne la conversation parce qu'elle devient trop intime. Il sait que son ami se fait du souci pour sa vie et pour son métier. Il donne le change. Malgré ses mœurs libérées, le jeune homme n'affectionne pas particulièrement cette profession. Au début si. L'attrait de la nouveauté comme on dit… Tout ceci le grisait, les femmes, les hommes, les gros cachets, les décors paradisiaques mais maintenant… La tournure des choses ne lui convient plus comme avant. Il se rend compte que sa vie part un peu en « live » il est vrai. Changer de partenaire que se soit pour le travail ou le plaisir n'apporte aucune satisfaction à la fin.

Le nombre ne remplace pas la qualité.

Et notre jeune hardeur le sait bien. C'est pour cela qu'il est en quête incessante du partenaire idéal. L'homme qui saura le combler autant sur le plan physique que sentimental mais voilà… Il ne cherche pas au bon endroit, ou ne se donne pas les véritables moyens d'y parvenir. En attendant, il ne souhaite pas inquiéter son ami, donc il continue son cinéma genre « rien ne m'atteint, je me contrefiche de tout ».

Une fois Aiolia parti, Milo téléphone à une ribambelle de copain afin de connaître les meilleurs plans de ce vendredi soir. Il se prépare longuement, enfile une tenue hyper fashion et sort tâter le terrain… Ou en langage clair : chasser le minot.


La foule est dense ce soir. Le tout Paris s'est donné rendez-vous, la boîte déborde de clients. L'atmosphère devient suffocante de minute en minute, les fumigènes lâchés n'arrangent rien. Milo transpire, il a chaud. Atrocement chaud, il respire avec difficulté. Ce soir pour gâcher sa sortie, aucun homme n'attire son regard. C'est du vu et revu. Du réchauffé même. Dépité, il se dirige au bar se commander un cocktail bien frais.

Milo délaisse ses amis quand il chasse, il ne supporte pas que l'on marche sur ses plates bandes. Il boit tranquillement son Zombie – à base de rhum ambré, blanc, sirop et citron vert – quand il sent une petite tape sur son épaule l'avertir que quelqu'un quémande son attention… Il se retourne et là son visage prend des traits angéliques, cependant ses canines aiguisées ressortent plus que la normale.

La vue qui s'offre est loin de lui déplaire.

— Je peux vous proposer un verre ? chuchote à son oreille le vil tentateur.

En se penchant, cet inconnu imprime ses sens olfactifs de son parfum frais, discret mais présent.

Milo détaille l'allure générale de ce minet. Un regard appréciateur dévale les courbes de ce corps juvénile, pour tomber sur ses muscles fins. L'appel de la chair fraiche. Voilà ce que pense l'acteur qui se mord la lèvre inférieure dans un geste éhonté.

A son tour, il se baisse au creux de l'oreille du jeune homme en posant sa main sur l'épaule ronde. Cette main s'attarde dessus, en prend possession.

— Avec plaisir charmant jeune homme.

En s'écartant, Milo effleure la joue de l'inconnu subrepticement, ce qui leur provoque à tous deux des frissons d'émois. Le désir naît. Instantanément l'envie de posséder ce jeune ingénu – ou faux ingénu – enflamme la tête de notre héros. Peut être que sa nuit ne sera pas aussi minable finalement…

Il enchaine les verres avec son bel inconnu, pour le temps d'une soirée il sera à lui. Qu'importe son nom, de toute façon il n'entend pas grand-chose à cause de la musique passant sur les platines du DJ. Ce jeune homme le touche, du bout des doigts en s'aventurant sur sa main, terrain inexploré puis en s'affirmant un peu plus. Ses doigts partent à la rencontre de la peau brulante de Milo. Son bras se voit gratifier d'attouchements chastes, voilés de sous-entendus plus qu'explicites. Et l'inconnu monte encore plus haut. Ses doigts connaissent à présent la dureté des pectoraux tendus, sous leurs pulpes, les muscles roulent, se dénouent. C'est un vrai plaisir que de toucher ce dieu grec.

Plus loin sur la piste, dans un coin reculé, les nouveaux amants s'échangent de longs baisers lascifs, invitant à plus de proximité. Milo tient fermement le corps de ce minet entre ses bras, il a voulu jouer et bien qu'il assume maintenant. Une fois la machine lancée rien ne peut l'arrêter. Et quand l'acteur part c'est pour de bon. Ne reste plus qu'à son partenaire de se plier au tempo donné et de résister une bonne partie de la nuit, voire même, toute celle-ci.

Au petit matin Milo se réveille groggy de ses folies. Encore une fois il n'a pas su calmer le jeu, c'est qu'une fois au lit personne ne peut arrêter Mister Scorpio… Il se lève en se grattant la tête pour rejoindre sa cuisine et se servir une bonne tasse de café fumante. Il parcourt négligemment ce magasine d'économie laissé par Aiolia en dégustant son précieux nectar du matin. Du matin ou plutôt du début d'après-midi. L'horloge indique treize heures sonnantes et trébuchantes. Milo adore paresser au lit, ceci représente la majeur partie de son passe temps favori lorsqu'il est en repos. Et si on y rajoute un beau gosse pour aller avec, là Milo est au comble du bonheur. Il ne va pas s'en plaindre tout de même.

Un bruit provenant de la chambre indique que son invité vient de se lever. Tout vaseux, les yeux rétrécis par le manque de sommeil, le « minet » s'assoit en face de son amant, au bar de la cuisine. Sa mine s'enjolive et le jeune homme sourit de toutes ses dents, surement dû à sa satisfaction d'avoir passé sa nuit avec un pareil étalon. Milo ne prête aucune attention à lui, il termine sa lecture.

— Tu as bien dormi Milo ? demande l'inconnu.

Tiens, étrange il se souvient de son prénom. Ce qui n'est pas son cas.

— Oui. Et toi ? poursuit l'acteur en plissant ses yeux comme pour formuler une question implicite : quel est ton nom ?

— Super. C'était vraiment bien hier soir non ?

— Avec moi c'est toujours le cas.

Le jeune homme s'esclaffe de toute sa voix. Il a l'air d'avoir une nature enjouée et chaleureuse. Milo se déride et sourit à son tour.

— Excuse-moi mais je vais être cash… Je ne me rappelle plus de ton prénom… Tu peux me le redire ?

— C'est vexant pour le coup mais bon. Moi c'est Hyõga.

— Ah Hyõga… reprend d'un air pensif le comédien. Bon, tu peux prendre une douche si tu veux puis partir.

Le visage de l'amant éconduit se défait instantanément. Une lueur sombre passe dans ses iris clairs.

— Ah oui… C'est tout ? On a couché ensemble et tu me vires ? Sans chercher à plus me connaître ?

— Rectification mon mignon… Nous n'avons pas ʺcouchés ensembleʺ mais baiser. Véritablement baiser. Et si ce mot te rebute ou te choque je m'en fiche. Moi, je ne fais l'amour qu'avec les personnes que j'aime… Or je ne te connais pas, donc entre nous l'histoire se résume au sexe, point final. Ne t'attends à rien d'autre de ma part.

Hyõga encaisse le coup. Il ne résonne plus en des termes convenables. Là il vient de se faire humilier en beauté. Pas qu'il soit naïf au point de penser que pour coucher avec quelqu'un il faut avoir à tout prix des sentiments mais tout de même… Un minimum de courtoisie serait le bienvenu. Il n'est plus vierge, ni né de la dernière pluie mais Milo l'assassine avec son franc parlé.

Baiser. Ce mot est d'une laideur incroyable. Ce sont les animaux qui pratiquent se genre de coït pas lui.

— Waouh ! Merci de ta franchise, ça m'instruit dis-donc… Je sais parfaitement qu'entre nous ce n'est pas de l'amour mais tu pourrais me considérer autrement qu'un bout de viande. Et maintenant que je suis passé dans ton lit, un bout de viande avarié. Franchement merci : super quoi !

— Oh, ne fais pas ton outré va. Tu t'es donné à moi, dois-je te rappeler que c'est toi et uniquement toi qui m'a dragué hier soir ouvertement ? Je ne t'ai pas forcé à ce que je sache. Tu m'as plu alors j'ai pris. Quel mal y-a-t'il à ça ? Bon on ne va pas épiloguer cent sept ans, finit ton petit déj' et rentre chez toi mon beau.

Milo se lève pour poser son bol dans l'évier, il ne pressent pas ce qu'il va suivre. D'un bond Hyõga le suit, le retourne face à lui en l'acculant contre le bord en émail. Le blond s'empare de la mâchoire de son amant d'un soir et l'embrasse de force. De toutes ses forces. Son baiser exprime toute la vigueur de son âge, il se veut destructeur. Son petit amour propre vient d'en prendre un sacré coup, alors dans l'impulsion du moment il répond à l'arrogance des propos de l'acteur. Le plus jeune lui montre de quoi il est capable. Cet homme il désire le revoir, il ne sait pas pour quelle raison mais son empressement grandit. Milo est trop sensuel, trop torride, trop… Que de qualificatifs similaires s'accordent avec sa personnalité.

Une fois repus de leurs cajoleries, Milo s'en va sous la douche mais en chemin il empoigne le poignet du jeune blondinet pour l'amener dans la salle de bain. Leur liaison ne se terminera sans doute pas aujourd'hui…

OoOoO

Manoir Serroux de Touque

Camus se ronge les sangs, debout, les bras croisés il fait les cents pas en se mordillant l'index. Ce qui traduit incontestablement son anxiété. Assis face à lui sur un divan style Louis XVI, Aphrodite regarde son ami marcher de long en large en appréciant son infusion.

— Ce n'est pas croyable Aph' enfin ! Qu'est-ce qu'il t'a pris de semer mon frère hier soir ? Et où a-t-il disparu saperlipopette !? Tu es le plus âgé, je te faisais confiance. Nous n'avons pas de nouvelles depuis qu'il est sorti de cette maison.

Imperturbable, le jeune homme termine sa tasse de thé et la repose doucement sur le guéridon en face. Il se recoiffe en passant ses mains dans ses boucles ciel. Puis, secoue sa tête pour replacer sa chevelure épaisse. Il hausse les épaules et daigne enfin répondre d'un ton condescendant.

— Camus, pas de panique… Il est majeur et vacciné ton petit Hyõgy. Tu ne sais pas à quel point il peut être déluré en soirée. Je ne l'ai pas semé déjà et d'une… Pour ta gouverne, sache qu'il a échappé à ma vigilance.

— Elle ne devait pas être bien élevée ta vigilance, excuse-moi du peu.

— Oh mais je t'excuse mon cher Camus, parce que de deux, c'est ton frère adoré qui m'a fait faux bon en me laissant seul à notre table. Je me suis retourné et en une fraction de seconde il avait disparu de mon champ de vision. Ce n'est pas de ma faute s'il a le feu aux fesses…

— Aph' ! Que dis-tu !?

Camus en reste estomaqué. Véritablement. Alors que son ami sort des vulgarités il conserve son apparence dignitaire, c'est incroyable comme il reste classe en toute circonstance. De plus, son attitude maniérée accentue cet état de fait. Aphrodite pourrait jurer comme un charretier qu'il demeurerait noble.

Sa désinvolture l'irrite par moment.

— Bon. On ne va pas rester ici comme deux tondus. Allons voir Shura un peu. Cela te détendra tu verras…

— Je n'ai pas la tête à sortir.

— Tu comptes tourner en rond le reste de ta journée en attendant que ton Hyõgy ne rentre ? Pour te raconter quoi ? Sa nuit d'extase avec un type rencontré dans cette boîte ? Parce que si tu veux mon avis…

— Non je m'en passerais, le coupe l'éditeur.

— Si tu veux mon avis, la raison de son absence est sûrement due à un bel Apollon aux muscles d'aciers… Hum… Il me rend fier ce petit…

— Tu divagues mon pauvre ami, souffle Camus. Allons-y ! Rendons visite à Shura, au moins pendant ce temps là tu cesseras tes digressions.

Aphrodite se lève promptement, remet les plis de ses habits en place et devance son ami à l'entrée de la pièce.

— Dépêches-toi rhooo !

L'héritier le suit résigné, Aphrodite se manifeste plein d'entrain dès qu'il s'agit de voir du pays.


Ils se rendent chez Shura comme prévu, au moins cela contentera Aphrodite. Une fois la voiture de Camus garée devant le loft de leur ami, ils sonnent de suite.

Leur ami vient leur ouvrir sans expression réelle de contentement sur son visage. Parfois il ressemble à l'éditeur ; on ne perçoit pas leur émotion, il faut les deviner ce qui s'avère épuisant pour leur entourage.

Aphrodite fait comme chez lui, il entre sans attendre d'y être convié, s'empresse d'aller côté jardin sous la véranda. Il s'extasie sur les dernières acquissions florales de son ami. Shura part dans sa cuisine apporter les rafraichissements. Les trois hommes s'installent autour du salon de jardin.

— Oh Shura ils sont magnifiques tes pieds de rosiers ! Où les as-tu achetés ?

— C'est un Baron de Bonstetten. C'est un horticulteur du Sud de la France qui les conçoit.

— Puis-je ? ose Aphrodite d'un ton modeste qu'on ne lui connaît pas.

— Oui.

Passionné de rose, le jeune homme s'empare d'un sécateur et coupe une tige délicatement comme si la fleur risquait de s'effriter entre ses doigts. Il la prend paume ouverte, elle repose dans sa main. Sa main épouse la forme de la corolle pour ne pas la froisser. Puis il la porte devant son visage pour en humer le parfum. La fleur tire sur un rose franc virant au mauve. Sa couleur reste unique, décadente, voyante mais terriblement romantique en même temps. Elle allie le temps ancien avec la modernité. Le jeune homme se coupe du monde ainsi que de ses amis, plus rien de compte que cette perle fuchsia.

Les deux autres protagonistes échangent sans l'intervention du troisième. Monsieur se perd dans les pétales roses qui l'envoûtent.

— Et tu en es où avec l'adaptation de ce roman ? s'informe Shura en servant son ami en thé glacé.

— Ca avance. Je ne suis pas mécontent de la tournure des évènements. Mais je reste méfiant pour la suite.

— Pour quelle raison ? Tout semble rouler, non ?

— J'ai peur que le producteur ne veuille insérer des scènes graveleuses et donner un aspect plus ʺvendeurʺ au film. Ce qui trahirait le travail de mon écrivain.

— Quelles genres de scènes veut-il mettre ?

— Du sexe ni plus ni moins.

— Oh je vois… Mais ton petit protégé là… Il n'a pas écrit un livre pour les bisounours. Donc je ne vois en quoi cela est choquant… Tant que c'est bien amené et tourné dans un esprit sensuel ou dramatique, peut être que le résultat sera probant… Si la dimension artistique est gardée cela apportera un plus mais ne nuira pas au roman initial.

Un sourire en coin s'accroche sur les lèvres de l'éditeur. Il apprécie grandement la philosophie de vie de son ami. Shura a réponse à tout, et ce en gardant son sang froid en toute circonstance. Lui aussi, mais il est bien trop proche de ce projet pour discerner les aspects positifs ou négatifs.

— Et toi Shura, tu en es où ?

— Oh moi… Je me prépare à partir pour mon rallye.

— Il se déroule où cette année ?

— Dans le désert marocain, pour deux mois environ.

— Tu as des sponsors ?

— Les mêmes que l'année dernière. Tu sais ils me suivent quoi que je fasse, ça leur fait de la bonne pub gratuite à eux… Moi ce qui compte c'est de ramener des fonds pour les enfants, le reste je m'en moque.

— Fais attention tout de même Shura… Je sais que tu es un compétiteur et que tu es encore endurant, mais ne présume pas de tes forces.

— Ne t'inquiète pas, en plus j'ai une bonne équipe autour de moi.


Shura passe son temps à rassembler des fonds pour diverses œuvres caritatives. Que se soit sous forme de rallye, de régate peu importe, il se dépasse sans compter. Etant un ancien sportif de haut niveau, il conserve sa forme olympique.

Il fut escrimeur pendant longtemps. En vérité depuis tout petit. Ce sport l'attirait déjà enfant, son haut niveau ainsi que ses performances l'ont poussé au devant de la scène. Il s'est fait remarquer assez tôt pour entrer dans un centre d'entrainement spécialisé, puis a intégré l'équipe de France pour participer aux J.O. Un jour il se blessa, comme tout à chacun – le risque des sportifs professionnels – à l'épaule, depuis il a dû abandonner sa carrière et prendre sa retraite anticipée. Et Shura abhorre l'inactivité. C'est le plus naturellement du monde qu'il s'engagea dans cette nouvelle voie… Sa renommée facilite la plaidoirie de sa cause, il est invité sur des plateaux télé, on le convie à des évènements mondains. N'aimant pas ce genre de soirée, il se force à y participer pour dénicher d'éventuels sponsors.

Les deux amis parlent sans se soucier du sort du troisième, toujours accaparé avec sa rose…


Après dîner, Camus raccompagne Aphrodite chez lui puis rentre au manoir. Quand il passe dans le couloir pour entrer au salon, il perçoit des voix émaner de l'entrebâillement de la porte. Ce n'est autre que son père qui dispute son cadet. Décidément il n'en rate pas une. Son discours se porte sur son manque d'entrain, de motivation pour le travail ainsi que sur le baobab qui lui pousse dans la paume de sa main… Se rajoute à ça, sa disparition de la veille, ou en des termes plus clairs : son découchage. Augustin est intarissable sur l'attitude désinvolte de son fils adoptif. L'aîné, soulagé sent la tension s'évacuer de son corps et remonte se prendre un bon bain chaud.

Plus tard dans sa chambre, il corrige quelques manuscrits d'un de ses auteurs. Il adore son métier, les heures passées à lire et reprendre une intrigue ou même des fautes de français ne s'apparentent pas à une corvée, bien au contraire. Hyõga se risque à rentrer après avoir frappé à la porte. Il s'allonge directement sur le lit de son frère, de côté avec un bras replié qui soutient sa nuque.

— Tu fais la tête Camus ?

Point de réponse mot.

— Tu vas te décider à me reparler avant la Saint-Glinglin ?

Le silence s'invite entre les deux hommes.

— Oh oh Camus ! Je suis là ! Je te parle !

Pour dérider son aîné, le plus jeune se met à parler encore et encore. Rien ni personne ne l'arrête, il discourt tout seul. Le but est de faire plier Camus. A bout de patience il va bien finir par réagir… Ce qui fonctionne, puisqu'au bout de cinq minutes de balivernes qui lui vrille les oreilles, notre littéraire se retourne, main en appui sur le dossier de sa chaise de bureau et dévisage son frère.

— Hyõga…

Le blondinet continue sa tirade.

— Hyõga… Arrête… J'ai dit arrête ! Tu n'as plus besoin de piailler comme ça ! Je t'écoute.

— Ah enfin ! Voilà tu m'accordes ton attention, se satisfait le cadet en exposant un sourire triomphant.

— Tu me veux quoi ? Je suis occupé là.

— Tu m'en veux pour hier soir ? S'il te plait, ne rejette pas la faute sur Aphrodite, je suis majeur c'est moi qui suit parti m'amuser. J'ai l'habitude de ce genre de soirée, à Cambridge je participais à quasiment toutes les fêtes.

— Et tu penses que c'est une gloire ? Tu t'en vantes ? Imagine si tu étais tombé sur de mauvais types ? Ou que tu t'étais fait agresser ?

— Je ne mène pas la même vie que toi tu sais… Je suis majeur, je sais me défendre.

— Inepties ! Tu te prétends homme mais tu n'es qu'un enfant. J'ajouterais un gosse capricieux. Bien sûr que je me suis inquiété ! Et nos parents également. Enfin, je suppose que mon avertissement t'est égal, soupire Camus.

— Tu ne veux pas que je te raconte ma soirée ? s'enthousiasme Hyõga.

— Non merci.

— Tu ne veux rien savoir de la personne que j'ai rencontré ?

— Oh que non grand dieu ! Garde tes frasques pour toi.

— Aller Camus…

— Hyõga… Sors s'il te plait. Et ne divulgue pas tes coucheries à ton entourage aussi facilement. Cela n'est pas convenable, merci à demain.

Résigné, le plus jeune quitte les lieux sans avoir détailler sa nouvelle rencontre. Sa nature légère et dissipée le pousse à commettre des étourderies, des bêtises. Le pire c'est qu'il se complait à les décrire à ses amis ou frères. Hyõga ne possède pas le sens des responsabilités et contemple son petit nombril sous tous ses aspects.

Espérons qu'un jour prochain il prenne un peu du sérieux de son frère de cœur.

(suite...)