Bien le bonjour/bonsoir/bonne nuit à vous très chers lecteurs de fanfiction !
Après une inspiration soudaine et irrépressible et de longues heures d'hésitation, je vous poste ce deuxième OS qui fait suite au premier. J'ai finalement décidé que ce qui devait n'être qu'un OS à la base deviendrait une sorte de recueil d'OS toujours centrés sur Daphnée et/ou Terence. J'ai déjà le plan en tête et je peux vous dire dès maintenant que les OS ne suivront pas un ordre chronologique, mais que je les écriraient (et les posteraient) au gré de mes inspirations.
Comme d'habitude, tout appartient à J.K Rowling hormis l'histoire qui est de moi.
Bonne lecture !


POV Terence

Je fixais le corps face à moi, celui qui ne bougeait pas et qui ne bougerait sans doute plus jamais malgré mes longues supplications. J'avais prié les divinités de me rendre celle qui me retenait avec un mince fil d'araignée au-dessus de l'abîme de la folie. Je me balançais, semblable à un pantin désarticulé au-dessus de ce gouffre noir et grouillant depuis fort longtemps. Sans doute depuis l'instant où j'avais cédé aux charmes du visage hautain et sarcastique de celui qui savait faire ce qu'il voulait de moi, avec un simple sourire en coin.

Et désormais, j'allais y tomber.

Qu'il serait doux de dégringoler dans cette folie bienfaitrice et réconfortante. J'avais été bien sot de ne pas y céder plus tôt. Il serait si agréable de cesser de se battre, s'abandonner totalement et ne plus avoir à réfléchir. L'esprit à la dérive, le corps relâché, tel une marionnette dont on aurait coupé les fils.

Après tout, Daphnée était heureuse désormais non ? Je l'avais vu se briser, se disloquer, comme la poupée de porcelaine qu'elle était. J'avais été le spectateur attentif et passif de ses déboires, ses peurs, ses envies. La terreur. Ce sentiment était plus fort que tout lorsque la drogue disparaissait de son corps malmené. Ses cris, ses pleurs, ses réclamations d'enfant, tout cela n'était que le produit de ce sentiment dévastateur qui vous glaçait sur place, vous prenait à la gorge tel un étau de fer dont on ne pouvait se détacher. Je n'avais pas à la pleurer, elle était mieux là où elle était, elle avait sans doute rejoint Adrian et ils devaient se rire de moi. Oui, c'était plus agréable ainsi, pour elle et pour moi, je n'aurais plus à me soucier d'elle, plus de risques à prendre pour la petite tête blonde au visage d'ange mais au regard de démon. Plus de risques… Oui… C'était mieux, pas vrai ? Pas vrai ?

« …Elle est mieux là-bas, elle est mieux là-bas… »

J'attrapais la bouteille d'alcool entamée quelques heures plus tôt. Lorsque Daphnée était encore en vie. Je la portais à mes lèvres, il valait mieux que je la finisse au plus vite, elle et toutes les autres, histoire qu'elles ne me rappellent plus des yeux bleus perdus dans l'immensité du monde et un sourire écorché, artificiel, avec la drogue comme origine. Faudrait aussi que je finisse les sachets d'or blanc, que j'utilise les seringues, que je fasse pénétrer dans mon organisme cette substance transparente et épaisse. Le plus vite sera le mieux. Je pourrais aussi m'en débarrasser… Non, valait mieux que je tombe plus jamais dessus, je serais pas tenté.

« …Elle est mieux là-bas, elle est mieux là-bas… »

J'avalais le fond de bouteille au plus vite et en ouvrait une autre avant de m'apercevoir du problème. Les murs se resserraient autour de moi, semblaient se déformer, le plafond prenait de la hauteur et le plancher s'écroulait sous mes pas. Je tombais au sol et me reculait précipitamment espérant échapper à l'abîme noir, grouillant et visqueux qui s'ouvrait sous mes pieds. Des mains noires, hérissées de piques en jaillissaient, semblant vouloir m'attraper et m'attirer dans ce gouffre dont je ne ressortirais jamais.

« …Elle est mieux là-bas, elle est mieux là-bas… »

Espérer qu'il arrive était une chose, le voir en était une autre. Je poussais un cri retentissant, semblable à ceux que produisaient autrefois les cordes vocales de Daphnée. Daphnée… Je me jetais sur les seringues et y plaçait l'héroïne sans vraiment voir ce que je faisais. Je sentais la sueur dévalait mon front, chaque goutte semblant peser plus lourd que la précédente. Je tremblais sous la lueur opaline de la lune qui perçait par la fenêtre. Le flacon se brisa à terre et je tentais de piquer l'une de mes veines, n'importe laquelle. Ma vision se faisait trouble, je respirais trop vite, trop fort, l'oxygène me brulant les poumons. Après plusieurs tentatives vaines, l'aiguille non-stérilisée entra dans mon bras et je me laissais tomber en arrière sur le matelas miteux.

« …Elle est mieux là-bas, elle est mieux là-bas… »

J'attendis plusieurs minutes avec l'impression d'être torturé. La sueur qui dévalait mon visage était de moins en moins supportable, les gouttes semblaient s'enfoncer dans ma peau au fur et à mesure de leur progression, me meurtrissant toujours un peu plus. Les murs autour de moi se défaisaient de leur couche de papier peint pour révéler une sorte d'immense organe rouge et purulent, suintant par tous les pores un liquide blanchâtre et visqueux, les murs battant la mesure d'un cœur tranquille. Je poussais un cri d'animal à l'agonie et m'éloignait des murs le plus vite possible. La pourriture semble envahir l'appartement, courant sur le sol, zébrant le plafond, se logeant par-dessus l'organe à vif que semble être devenu ce qui était autrefois notre lieu d'habitation à Daphnée et moi.

« …Elle est mieux là-bas, elle est mieux là-bas… »

Je me refusais toujours à descendre du matelas, ce radeau qui flottait au milieu de cet océan de folie, m'offrant un maigre réconfort procuré par une sécurité aussi précaire qu'illusoire. La lumière de la lune devenait trop abondante, trop vive, elle s'insinuait partout, creusant les murs devenus chaires à vifs, chauffant mes rétines à la limite du supportable. Mais elle semblait épargner le gouffre au-dessus du quel je me maintenais, terrifié. Le plafond s'effondrait au-dessus de moi, libérant un flot d'insectes qui rejoignaient la pourriture qui progressait et le gouffre toujours aussi effrayant avec les longs membres décharnés, hérissés et noirs qui tentaient de m'atteindre. Ils semblaient commencer à monter sur le matelas, je tâtonnais autour de moi et attrapais une bouteille que j'envoyais se briser un peu au hasard sur les formes effrayantes. Lorsque le récipient en verre se brisa, une désagréable odeur d'alcool s'éleva dans la pièce, m'enserrant la gorge et me tordant les tripes. Je manquais de rendre la barquette dégueulasse que j'avais avalé quelques heures plus tôt, mais seule de la bile sortit de mes boyaux.

« …Elle est mieux là-bas, elle est mieux là-bas… »

Alors, au milieu de cet enfer, je me recroquevillais sur mon matelas, désirant simplement que ces visions de folie disparaissent et avec elles, tout ce que je pouvais ressentir dans mon cerveau qui ne répondait plus, comme plongé dans l'éther. Pourquoi elle était partie putain ? Pourquoi ils m'avaient abandonnés ici, tout seul ? Je voulais qu'ils soient là, ils n'avaient pas le droit de me laisser tout seul comme ça. Alors, les sanglots que je réprimais depuis de longues minutes explosèrent. Et, recroquevillé sur mon matelas, je gémissais, je reniflais, je pleurais, ne trouvant pas la force d'appeler ceux qui me manquaient tant, je me laissais sombrer.

« …Elle est mieux là-bas, elle est mieux là-bas… »


Alors ? J'espère que ça vous aura plu. Comme d'habitude n'hésitez pas à me laisser vos avis en commentaire, je suis ouverte aux critiques, positives comme négatives ^^
A bientôt !