Chapitre 2

Une fois de plus, je me retrouve nez contre le tapis.

« - Debout. »

La voix de Lincoln claque dans la pièce. Je me relève difficilement mais me remets tout de même en position de combat. Lincoln me regarde quelques instants et récupère sa veste à terre.

« - C'est tout pour aujourd'hui.

Quoi ? Non, ça fait moins d'une heure que nous sommes là ce n'est pas le temps de d'habitude.

Tu n'es pas en forme comme d'habitude non plus.

Dis pas n'importe quoi, je vais bien.

Écoute Kit, tu peux essayer de tromper qui tu veux, même toi si ça te fait plaisir mais je vais pas te laisser te blesser intentionnellement. Je suis persuadé que tu as des côtes fêlées.

Très bien je trouverais quelqu'un d'autre. »

Je ramasse mes affaires en tentant d'ignorer la douleur qui lacère mon estomac.

« - Kit, arrête de te punir. Tu n'y es pour rien. »

Je reste immobile quelques instants, ses mots se répercutant dans ma tête.

« - Ne parle pas de ce que tu ne connais pas Linc. »

Je sors précipitamment de la salle et me dirige vers les douches. Je reste peu de temps sous l'eau tiède, mes jambes ankylosées me tenant à peine. Les mots de Lincoln continue à trotter dans ma tête et me dérangent . Peut être a-t-il raison à près tout. Peut être qu'inconsciemment je tente de me punir. La douleur physique apaise momentanément ma douleur mentale,alors pourquoi est ce que je m'en passerai ?

Je longe les couloirs du bâtiment, perdue dans mes pensées, avant de percuter quelqu'un. Abby.

« - Tiens Kitry, je te cherchais. Lincoln m'a dit que tu avais peut être besoin d'une auscultation. »

Je serra la mâchoire en maudissant Lincoln. Ce garçon est adorable mais je n'ai jamais croisé plus entêté que lui. Je suis donc Abby sans rechigner et m'allonge sur la table d'auscultation qu'elle me présente. Elle me fait un examen rapide avant de me regarder, consternée.

« - Qu'est ce qu'il s'est passé Kitry ? »

Je fronce les sourcils et lui lance un regard interrogateur .

« - Quatre côtes fêlées, des hématomes partout et... Kitry, tes cicatrices. »

Je jette un coup d'œil à mes jambes et à mes bras que j'avais tenté tant bien que mal de cacher depuis mon arrivée ici. Même si les radiations n'ont pas été mortelles pour moi, elles m'ont laissé des souvenirs à vie.

Je secoue la tête, sentant les larmes affluer à mes yeux.

Abby soupire.

« - Je ne te forcerai pas à m'en parler mais...Accepte au moins que je te soigne, tu veux bien ? »

Je hoche la tête, bien obligée. J'écoute vaguement les recommandations qu'elle me donne et sort de l'infirmerie aussi vite que possible. Le ventre vide, je me dirige vers le réfectoire où de nombreux habitants du camp prennent déjà leur petit déjeuner. De loin, j'aperçois Raven, assise avec ses amis. Malheureusement, elle aussi me voit puisqu'elle me fait de grands signes pour que je les rejoigne. Moi qui voulais prendre quelque chose à manger sur la route. Je soupire et attrape une pomme puis me dirige vers leur table, en prenant bien soin de montrer à Lincoln combien je suis énervée contre lui en un seul regard. Il affiche un mine désolée.

Je m'assois donc à la table et les conversations reprennent. Lincoln se penche discrètement vers moi.

« - J'avais raison pour les côtes ? »

Je hoche la tête avec regret.

« - Combien ? »

Je lui mime le chiffre 4 avec mes doigts, il grimace. Rien qu'avaler me provoque de grosses douleurs, et j'avoue que je vais suivre à la lettre les consignes d'Abby.

Je finis rapidement ma pomme et pars le plus discrètement possible. Une fois dans ma chambre, je sors un livre de la table de chevet et me replonge dans une de mes pièces de théâtre préférée . « Antigone ».

Plongée dans mon livre, je n'entends pas la porte s'ouvrir.

« - Pourquoi tu n'es pas restée avec nous ? »

Je lève les yeux et vois Raven, l'air peiné.

« - J'apprécie tes amis Raven mais... Je me sens mal à l'aise avec autant de monde autour de moi. »

Elle baisse la tête.

« Je comprends. Prends le temps qu'il te faudra. »

Et elle ressort aussi sec de la chambre

Le soir même

Incapable de trouver le sommeil, je sors discrètement de la chambre et me dirige vers la cour du camp. Je marche quelques instants avec d'entendre un long gémissement. Je me dirige donc vers la source de ce bruit et découvre Jasper, presque ivre mort.

« - Jasper, qu'est ce qu'on va faire de toi... »

Je m'assois à côté de lui. En peinant, il réussit à ouvrir un œil. Plus le deuxième et grimace un sourire. Il me tend la bouteille presque vide.

« - Après tout, je n'ai plus rien à perdre. »

Je bois une grande gorgée, lui retends sa bouteille et m'allonge à ses côtés.

« - Tu vois les étoiles là haut ? »

Il grogne, ce que j'interprète comme une oui.

« - Quand j'étais gamine, ma mère me disait que chaque astre correspondait à une personne décédée qui a aimé et a été aimée . Elle me disait que nos ancêtres veillaient sur nous de là haut et qu'ils étaient fiers. »

Il ne dit rien pendant quelques moments.

« - Pourquoi est ce que c'est la première fois que je t'entends parler ?

Parce que tu t'en rappelleras pas demain. »

Il rigole pendant quelques instants et tourne la tête vers moi.

« - Bonne réponse. »

Il tourne de nouveau la tête vers les astres et un silence tout sauf gênant s'installe.

« - Tu pense que Maya nous regarde de là haut ?

C'est ce que je me dis tous les soirs. Peut être pour me rassurer.

Tu pense qu'elle est fière de nous ?

Tu parle, elle nous botterait bien le cul ouais. »

On rigole pendant quelques minutes avant que la réalité nous rattrape. Jasper regarde sa bouteille et ouvre la bouche.

« - Tu pense que l'on peut devenir addict à tout ?

Je trouvais les addictions stupides avant. Maintenant je les comprends.

Tu es addict à quoi toi Kitry ? »

Et suite sa déclaration, dite avec la voix la plus enfantine possible, la réalité me frappe de plein fouet.

« - A la douleur. »

Holà les p'tits lous, merci pour les gentils reviews que j'ai reçu ! J'espère que la fic vous plait pour le moment, à vrai dire j'essaie de faire en sorte que vous ne deviniez pas avec qui Kitry va finir mais avez vous une idée ?

J'ai essayé de ne pas poster ce chapitre trop tard pour me faire pardonner pour le temps que j'ai mis à écrire le premier.

- votre chère webmiss, anonyme pour le moment